Contre les licenciements et les suppressions d’emplois : le succès de la manifestation du 23 janvier doit en appeler d’autres !
La manifestation pour l’interdiction des licenciements et des suppressions d’emplois, à l’appel des travailleurs de TUI ce samedi 23 janvier à Paris, a réuni plus de 2 000 personnes. Un réel succès dans une ambiance générale plutôt atone, et obtenu à la force du poignet. Car cette initiative est venue de syndicats de base.
Lancé par la CGT de TUI, plus d’une trentaine de syndicats (CGT, Sud, FO…) de différentes entreprises menacées avaient signé l’appel à manifester et y ont répondu par des délégations de toutes tailles : les salariés de TUI, ceux de Total Grandpuits en grève depuis près de trois semaines, venus avec tenues et tambours, de General Electric Villeurbanne, de Sanofi à Vitry, de SKF Avallon dans l’Yonne, de Geodis à Gennevilliers, de Cargill dans le Nord, de Renault Lardy ou Guyancourt, de MBF Aluminium dans le Jura, de Monoprix, d’EDF, de Fedex, d’Airbus, des salariés de Seris/Securitas de Roissy, ou encore des salariés de la société de jeu vidéo Blizzard à Versailles (notamment producteur du célèbre World of Warcraft), des salariés de la Poste, de PSA, de la SNCF et bien d’autres…
Un cortège de Gilets jaunes était venu soutenir les ouvriers en lutte : l’un d’eux, au chômage, justifiait sa solidarité avec les salariés menacés : « Nous sommes ici parce qu’on se fait tous exploiter, qu’on ait un emploi… ou pas ! ». Des délégations sont venues parfois de loin, en bus, en train ou en voiture, de Lille, Grenoble ou Rouen pour battre le pavé face aux lieux de pouvoir : l’Assemblée nationale, le ministère du travail ou encore le siège du Medef.
Des personnalités politiques avaient emboîté le pas, comme Jean-Luc Mélenchon et Clémentine Autain de LFI, Fabien Gay du PCF ou encore Olivier Besancenot et Philippe Poutou du NPA qui avaient soutenu l’appel.
(Source photo : bruno arlequin9969 via Flickr.com)
Tous à la manifestation contre les licenciements… et contre l’isolement !
Tous les salariés menacés présents à la manifestation pouvaient se retrouver sur un point : contre les licenciements, les suppressions de postes et fermetures de sites, il n’est plus question de rester seuls, entreprise par entreprise ou site par site. Beaucoup le disaient : c’est en se rassemblant et en se coordonnant que nous pourrons en entraîner d’autres et faire reculer tant les patrons licencieurs que le gouvernement qui les protège, les subventionne et supprime également des emplois.
On a vu dans cette manifestation bien des militants syndicaux qui se ralliaient pour la première fois à ce type d’initiative à l’appel d’une entreprise menacée. Les discussions ont été nombreuses, comme l’ont été les contacts pris entre les salariés des différentes entreprises. Chacune cherchant dans sa propre région, mais aussi au-delà, des soutiens chez les autres pour les prochaines échéances qui les menacent : dépôt de PSE, annonces des postes supprimés, pour la grève déjà entamée ou déjà programmée… Toutes décidées à rendre les soutiens apportés, afin que les luttes des uns rendent visibles celles des autres et qu’aucun salarié ne soit plus seul face aux licenciements, restructurations ou fermetures de sites…
Puisque les directions syndicales refusent de coordonner, il faudra bien le faire aussi sans elles !
Les grandes confédérations syndicales n’ont finalement pas voulu se sentir solidaires de la démarche, privilégiant le rendez-vous national du 4 février comme si les deux s’opposaient. Comme le disait un salarié CGT dans la manifestation : « Je suis là aujourd’hui, je serai de nouveau dans la rue le 4 février, c’est pour préparer le 4 qu’on défile à l’appel des TUI. » Un autre, travailleur CGT dans une grande entreprise signataire de l’appel, formule ainsi ses critiques contre sa propre confédération : « Quand j’étais jeune, j’étais dans la “ligne”, aujourd’hui la “ligne” c’est nous qui la faisons ! » Pour beaucoup, c’est donc aux salariés eux-mêmes de se coordonner et de se regrouper malgré les confédérations syndicales qui prêchent le « chacun chez soi, chacun pour soi ». Cette même stratégie qui a amené à bien des défaites successives face aux licenciements, sans parler des sacrifices que les syndicats eux-mêmes ont demandé d’accepter ces dernières années, soi-disant « pour sauver l’emploi ». Mais pour bien des salariés il n’est pas question de « négocier » la destruction de l’emploi, les licenciements « boîte par boîte » ou « site par site », il s’agit bel et bien de lutter.

