<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L144xH18/siteon0-6badf.png?1787993460</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>18</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> 17 octobre 1961 : la police assassine
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/17-octobre-1961-la-police-assassine</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/17-octobre-1961-la-police-assassine</guid>
		<dc:date>2022-10-10T14:05:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>1961 : en Alg&#233;rie colonis&#233;e, le gouvernement fran&#231;ais fait la guerre aux Alg&#233;riens qui r&#233;clament l'ind&#233;pendance. Le soir du 17 octobre, &#224; Paris, les travailleurs alg&#233;riens bravent un couvre-feu discriminatoire et manifestent par dizaines de milliers. L'&#201;tat l&#226;che ses chiens. La police de la R&#233;publique tabasse, noie, massacre. Plusieurs centaines d'Alg&#233;riens sont tu&#233;s, des milliers bless&#233;s et arr&#234;t&#233;s. Aucun policier, aucun responsable ne sera puni. Un crime d'&#201;tat commis par une&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1961 : en Alg&#233;rie colonis&#233;e, le gouvernement fran&#231;ais fait la guerre aux Alg&#233;riens qui r&#233;clament l'ind&#233;pendance. Le soir du 17 octobre, &#224; Paris, les travailleurs alg&#233;riens bravent un couvre-feu discriminatoire et manifestent par dizaines de milliers. L'&#201;tat l&#226;che ses chiens. La police de la R&#233;publique tabasse, noie, massacre. Plusieurs centaines d'Alg&#233;riens sont tu&#233;s, des milliers bless&#233;s et arr&#234;t&#233;s. Aucun policier, aucun responsable ne sera puni. Un crime d'&#201;tat commis par une police toujours pr&#233;sente 61 ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La rafle du V&#233;l d'Hiv, Paris, juillet 1942, de Laurent Joly
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-rafle-du-Vel-d-Hiv-Paris-juillet-1942-de-Laurent-Joly</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-rafle-du-Vel-d-Hiv-Paris-juillet-1942-de-Laurent-Joly</guid>
		<dc:date>2022-06-19T00:44:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>Les 16 et 17 juillet 1942 plus de 8 000 hommes et femmes, pour la plupart des Juifs originaires d'Europe centrale, notamment de Pologne, et 4 000 enfants, qui le plus souvent avaient eux la nationalit&#233; fran&#231;aise, &#233;taient arr&#234;t&#233;s en r&#233;gion parisienne par la police de Vichy sur ordre de l'occupant. Conduits au stade couvert du V&#233;lodrome d'Hiver, complexe sportif qui se trouvait dans le 15&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris et &#233;tait d&#233;di&#233; aux comp&#233;titions cyclistes, ils furent parqu&#233;s dans des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L103xH150/arton18513-a31d9.jpg?1787848263' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les 16 et 17 juillet 1942 plus de 8 000 hommes et femmes, pour la plupart des Juifs originaires d'Europe centrale, notamment de Pologne, et 4 000 enfants, qui le plus souvent avaient eux la nationalit&#233; fran&#231;aise, &#233;taient arr&#234;t&#233;s en r&#233;gion parisienne par la police de Vichy sur ordre de l'occupant. Conduits au stade couvert du V&#233;lodrome d'Hiver, complexe sportif qui se trouvait dans le 15&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris et &#233;tait d&#233;di&#233; aux comp&#233;titions cyclistes, ils furent parqu&#233;s dans des conditions effroyables, puis dirig&#233;s vers des camps en France, notamment celui de Drancy, avant d'&#234;tre envoy&#233;s par convois entiers &#224; Auschwitz pour y &#234;tre gaz&#233;s. Sur les 12 884 personnes arr&#234;t&#233;es, &#224; peine une centaine surv&#233;cut. Ce fut la plus grande rafle organis&#233;e en Europe occidentale et elle n'aurait pu avoir lieu sans l'aide active et la collaboration pleine et enti&#232;re du r&#233;gime P&#233;tain, contrairement aux &#226;neries d&#233;bit&#233;es jadis par Jean-Marie Le Pen et reprises aujourd'hui par &#201;ric Zemmour et ses supporters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'apporte de nouveau l'ouvrage de Laurent Joly, directeur de recherche au CNRS et sp&#233;cialiste de Vichy, sur un &#233;v&#232;nement d&#233;j&#224; tr&#232;s connu, tr&#232;s document&#233; et d&#233;sormais entr&#233; dans l'histoire ? Un &#233;clairage &#224; hauteur humaine. Il ne se contente pas d'&#233;voquer le contexte historique et politique de l'&#233;poque. Il va plus loin. Il essaie de comprendre quelles &#233;taient, &#224; ce moment-l&#224;, la mentalit&#233; des victimes mais aussi celle des bourreaux, actifs ou passifs, des voisins des personnes que l'on arr&#234;tait, des concierges qui les d&#233;non&#231;aient ou aidaient &#224; les soustraire &#224; la police, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela, Joly a &#233;pluch&#233; des centaines de t&#233;moignages de victimes, a scrut&#233; les archives de la police, de l'administration, de la justice et des Renseignements g&#233;n&#233;raux, a d&#233;pouill&#233; 4 000 dossiers d'&#233;puration des agents de la pr&#233;fecture de police de Paris et a eu acc&#232;s aux registres des h&#244;pitaux et aux enqu&#234;tes m&#233;dico-l&#233;gales. Il a pass&#233; au crible des rapports d'arrestation et des lettres de d&#233;nonciation, etc. Cela donne un tableau tr&#232;s r&#233;aliste, mais &#233;tonnamment nuanc&#233;, de la vie quotidienne &#224; cette &#233;poque dans la capitale et une description tr&#232;s pr&#233;cise des conditions dans lesquelles se d&#233;roula cette trag&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, il faut souligner, mais cela &#233;tait d&#233;j&#224; connu, que l'immense majorit&#233; des policiers et des fonctionnaires qui prirent part, directement ou indirectement, &#224; la rafle ne furent pas inqui&#233;t&#233;s apr&#232;s guerre. Seule une infime minorit&#233; fut sanctionn&#233;e, et la plupart du temps de fa&#231;on b&#233;nigne. Beaucoup de ces policiers, devenus soudain &#171; r&#233;sistants &#187; vers la fin de la guerre, eurent la bonne id&#233;e de participer &#224; la lib&#233;ration de Paris en ao&#251;t 1944 ce qui leur permis de se voir d&#233;cerner un brevet de patriotisme et d'&#233;chapper aux poursuites. Et, dix ans plus tard, certains d'entre eux furent en premi&#232;re ligne dans la r&#233;pression contre les Alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preuve que les r&#233;gimes passent, mais que la police reste &#233;gale &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Li&#233;vin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Livre : Alexandra Kollonta&#239;, la Walkyrie de la R&#233;volution, d'H&#233;l&#232;ne Carr&#232;re d'Encausse
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Alexandra-Kollontai-la-Walkyrie-de-la-Revolution-d-Helene-Carrere-d-Encausse</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Alexandra-Kollontai-la-Walkyrie-de-la-Revolution-d-Helene-Carrere-d-Encausse</guid>
		<dc:date>2022-05-26T17:58:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des femmes
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution russe de 1917
</dc:subject>

		<description>L'autrice est une sp&#233;cialiste de la Russie qui a publi&#233; de nombreux ouvrages notamment sur les Romanov, L&#233;nine, l'&#233;clatement de l'Union sovi&#233;tique, etc. &lt;br /&gt;Son livre est une biographie tr&#232;s fouill&#233;e et extr&#234;mement compl&#232;te d'Alexandra Kollonta&#239; (1872-1952) rest&#233;e c&#233;l&#232;bre dans l'histoire pour ses luttes f&#233;ministes, d'abord &#224; l'int&#233;rieur du mouvement socialiste russe et international, ensuite au sein du Parti bolchevique et du premier gouvernement r&#233;volutionnaire d'Octobre 1917, puis&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Droits-des-femmes-+" rel="tag"&gt;Droits des femmes
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolution-russe-de-1917-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution russe de 1917
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L94xH150/arton18350-4ce5c.jpg?1788059049' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'autrice est une sp&#233;cialiste de la Russie qui a publi&#233; de nombreux ouvrages notamment sur les Romanov, L&#233;nine, l'&#233;clatement de l'Union sovi&#233;tique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son livre est une biographie tr&#232;s fouill&#233;e et extr&#234;mement compl&#232;te d'Alexandra Kollonta&#239; (1872-1952) rest&#233;e c&#233;l&#232;bre dans l'histoire pour ses luttes f&#233;ministes, d'abord &#224; l'int&#233;rieur du mouvement socialiste russe et international, ensuite au sein du Parti bolchevique et du premier gouvernement r&#233;volutionnaire d'Octobre 1917, puis enfin dans l'Internationale communiste &#224; ses d&#233;buts o&#249; elle retrouva la r&#233;volutionnaire allemande Klara Zetkin qui, comme elle, avait fait de l'&#233;mancipation de la femme un de ses objectifs prioritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issue d'un milieu ais&#233; de la petite noblesse, ayant b&#233;n&#233;fici&#233; d'une &#233;ducation soign&#233;e, parlant couramment cinq langues, elle ne supporta pas les injustices qu'elle voyait autour d'elle et rejoignit en 1898 le Parti ouvrier social-d&#233;mocrate de Russie dans lequel elle fut plus tard proche des mencheviks. L&#224; elle prit une part active &#224; d&#233;finir une politique pour les femmes au sein du mouvement marxiste r&#233;volutionnaire qui, contrairement aux anarchistes, &#233;tait assez herm&#233;tique sur la question et qualifiait de &lt;em&gt;&#171; f&#233;minisme bourgeois &#187;&lt;/em&gt; toute tentative d'organiser des associations autonomes de femmes. Par exemple, en 1911, alors qu'elle vivait en exil en France, elle tenta d'organiser avec Nadejda Kroupska&#239;a, la compagne de L&#233;nine, une &#233;cole pour les femmes &#224; Longjumeau, non loin de Paris, projet qui &#233;choua du fait de l'opposition d'une majorit&#233; de cadres bolcheviks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Premi&#232;re Guerre mondiale approchant, elle se rapprocha de L&#233;nine qu'elle soutint dans l'organisation de la conf&#233;rence internationale de Zimmerwald contre la guerre en 1915. Revenue en Russie, elle fut, apr&#232;s la r&#233;volution d'Octobre, nomm&#233;e commissaire du people &#224; l'Assistance publique (c'est-&#224;-dire aux Affaires sociales et &#224; la Sant&#233;). Pendant toute cette premi&#232;re partie de sa vie, elle tenta d'int&#233;resser ses camarades de combat &#224; des questions comme l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes, la maternit&#233;, la sexualit&#233;, les questions du couple, l'&#233;ducation des enfants, la famille du futur, etc. Sans grand succ&#232;s. Il faut dire qu'&#224; l'exemple de L&#233;nine lui-m&#234;me, les bolcheviks avaient des positions tr&#232;s conventionnelles sur ce type de sujets, &#233;tant parfois horrifi&#233;s par les th&#233;ories de Kollonta&#239; sur l'amour libre ou l'&#233;clatement de famille traditionnelle. M&#234;me Trotski, qui fut un des rares &#224; s'int&#233;resser et &#224; &#233;crire abondamment sur les questions de la vie quotidienne, pensait qu'au final, et de fa&#231;on tr&#232;s g&#233;n&#233;rale, l'av&#232;nement du socialisme r&#233;soudrait le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du milieu des ann&#233;es 1920, Kollonta&#239; se rallia &#224; Staline. Elle qui avait &#233;t&#233; un temps membre un temps de l'Opposition ouvri&#232;re, qui, &#224; sa fa&#231;on, d&#233;non&#231;ait la bureaucratisation du r&#233;gime, rentra dans le rang et finit par chanter les louanges du Petit P&#232;re des peuples qui effa&#231;a toute trace d'&#233;mancipation de la femme dans la constitution sovi&#233;tique. Pour la r&#233;compenser, &#224; partir de 1927, ce dernier la nomma ministre pl&#233;nipotentiaire, d'abord au Mexique, puis en Norv&#232;ge et enfin ambassadrice en Su&#232;de. Ce qui lui permit de se tenir &#224; distance de l'URSS, et sans doute d'&#233;chapper aux purges. Elle mourut dans son lit &#224; Moscou, en 1952 (un an avant Staline) ce qui en fait un cas unique parmi les &#171; vieux bolcheviks &#187; dont la plupart furent ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre instructif et tr&#232;s complet. Mais &#224; l'&#233;vidence l'autrice n'a pas, c'est le moins que l'on puisse dire, une sympathie d&#233;bordante pour L&#233;nine et les bolcheviks. Cela se voit &#224; travers nombre de ses appr&#233;ciations. Elle &#233;crit par exemple : &lt;em&gt;&#171; Ainsi &#224; l'&#233;t&#233; 1918, la Russie est plac&#233;e sous un r&#233;gime de terreur : le peuple vit dans la haine et la peur d'un pouvoir sans scrupules. &#187; &lt;/em&gt; (p. 142) Le pouvoir en question &#233;tait celui des ouvriers et des paysans organis&#233;s en soviets encore bien vivants ce qui, &#224; l'&#233;vidence, n'&#233;tait pas au go&#251;t de la tr&#232;s conservatrice H&#233;l&#232;ne Carr&#232;re d'Encausse, par ailleurs secr&#233;taire perp&#233;tuelle de l'Acad&#233;mie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Li&#233;vin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Une sortie honorable, d'&#201;ric Vuillard
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Une-sortie-honorable-d-Eric-Vuillard</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Une-sortie-honorable-d-Eric-Vuillard</guid>
		<dc:date>2022-05-22T15:16:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>Apr&#232;s le nazisme ou la r&#233;volution fran&#231;aise, Vuillard continue de s'attaquer &#224; des &#233;v&#232;nements historiques en mettant en sc&#232;ne soit la population, soit les puissants ou leurs repr&#233;sentants. Il est question ici de la guerre d'Indochine de 1950 &#224; 1954, lors de la d&#233;route fran&#231;aise de Di&#234;n Bi&#234;n Phu. Un pamphlet brillant et assassin, o&#249; l'on assiste au cirque parlementaire de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique, &#224; l'incomp&#233;tence pr&#233;tentieuse des g&#233;n&#233;raux sur le terrain, au contentement des profiteurs de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L79xH150/arton18314-00e24.jpg?1787848263' class='spip_logo spip_logo_right' width='79' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le nazisme ou la r&#233;volution fran&#231;aise, Vuillard continue de s'attaquer &#224; des &#233;v&#232;nements historiques en mettant en sc&#232;ne soit la population, soit les puissants ou leurs repr&#233;sentants. Il est question ici de la guerre d'Indochine de 1950 &#224; 1954, lors de la d&#233;route fran&#231;aise de Di&#234;n Bi&#234;n Phu. Un pamphlet brillant et assassin, o&#249; l'on assiste au cirque parlementaire de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique, &#224; l'incomp&#233;tence pr&#233;tentieuse des g&#233;n&#233;raux sur le terrain, au contentement des profiteurs de guerre lors des conseils d'administration, sans oublier le cynisme des repr&#233;sentants am&#233;ricains pr&#234;ts &#224; prendre le relai&#8230;Verve, art du portrait, pr&#233;cisions implacables des situations. Une initiation historique tr&#232;s instructive !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> 19 mars 1962. Il y a 60 ans la fin de la guerre d'Alg&#233;rie et l'escroquerie des accords d'&#201;vian
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/19-mars-1962-Il-y-a-60-ans-la-fin-de-la-guerre-d-Algerie-et-l-escroquerie-des</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/19-mars-1962-Il-y-a-60-ans-la-fin-de-la-guerre-d-Algerie-et-l-escroquerie-des</guid>
		<dc:date>2022-03-19T10:45:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>Il y a 60 ans, le 19 mars &#224; midi, le cessez-le-feu en Alg&#233;rie consacrait la fin de pr&#232;s de huit ans de guerre (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954-19 mars 1962) en application des accords sign&#233;s la veille &#224; &#201;vian entre le FLN alg&#233;rien, ou plus exactement le Gouvernement provisoire de la R&#233;publique alg&#233;rienne (GPRA) et le gouvernement fran&#231;ais. L'Alg&#233;rie, colonis&#233;e depuis 132 ans acc&#233;dait &#224; l'ind&#233;pendance. &#192; en croire le langage des gouvernements fran&#231;ais successifs, ces huit ans n'&#233;taient pas une&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton17869-33424.jpg?1789190958' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a 60 ans, le 19 mars &#224; midi, le cessez-le-feu en Alg&#233;rie consacrait la fin de pr&#232;s de huit ans de guerre (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954-19 mars 1962) en application des accords sign&#233;s la veille &#224; &#201;vian entre le FLN alg&#233;rien, ou plus exactement le Gouvernement provisoire de la R&#233;publique alg&#233;rienne (GPRA) et le gouvernement fran&#231;ais. L'Alg&#233;rie, colonis&#233;e depuis 132 ans acc&#233;dait &#224; l'ind&#233;pendance. &#192; en croire le langage des gouvernements fran&#231;ais successifs, ces huit ans n'&#233;taient pas une guerre, ni m&#234;me une &#171; op&#233;ration sp&#233;ciale &#187; &#224; la Poutine, c'&#233;tait juste un &#171; op&#233;ration de pacification &#187; : 500 000, 800 000 ou un million de morts dans la population alg&#233;rienne (le nombre exact de victimes reste inconnu), villages ras&#233;s, populations d&#233;plac&#233;es dans des camps de regroupement, for&#234;ts pass&#233;es au napalm pour en chasser les maquisards, torture &#224; grande &#233;chelle, cadavres de prisonniers jet&#233;s d'avions dans la mer pour les faire dispara&#238;tre&#8230; Les m&#233;thodes de l'arm&#233;e fran&#231;aise n'avaient rien &#224; envier &#224; celles des pires dictatures de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'o&#249; la liesse de la population alg&#233;rienne en ce 19 mars 1962. M&#234;me si elle n'&#233;tait pas au bout de ses peines, avec la multiplication dans les mois qui ont suivi des attentats et assassinats de l'OAS, organisation paramilitaire cr&#233;&#233;e par l'extr&#234;me droite des colons d'Alg&#233;rie et chapeaut&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Salan, ex-commandant en chef des arm&#233;es fran&#231;aises en Alg&#233;rie de novembre 1956 &#224; d&#233;cembre 1958.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Comm&#233;morations du 19 mars et amn&#233;sie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette date du 19 mars n'est pas vraiment f&#234;te nationale aujourd'hui en Alg&#233;rie, tant parce que deux autres dates s'imposaient, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre (lancement par le FLN de l'insurrection en 1954) et 5 juillet (date de l'ind&#233;pendance officielle en 1962) que pour des raisons de querelle ult&#233;rieure au sein du FLN entre les signataires de l'accord d'&#201;vian (le GPRA) et ceux qui allaient s'imposer au pouvoir (Ben Bella et le chef de l'arm&#233;e des fronti&#232;res Boum&#233;di&#232;ne). En France, depuis un d&#233;cret de Hollande en 2012, ce 19 mars est devenu hypocritement &#171; journ&#233;e de m&#233;moire &#187; pour les soldats de l'arm&#233;e fran&#231;aise tu&#233;s (et les autres victimes, il faut para&#238;tre &#233;quitable) dans les guerres coloniales d'Afrique du Nord, histoire de faire plaisir aux associations d'anciens combattants.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/les_signataires_algeriens_des_accorfds_d_evian.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH250/les_signataires_algeriens_des_accorfds_d_evian-a9621.jpg?1788678237' width='500' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Et il serait de bon ton aujourd'hui, au nom de la &#171; r&#233;conciliation m&#233;morielle &#187;, ou plut&#244;t amn&#233;sique, de ne plus parler que d'un bilan sym&#233;trique : horreurs de l'arm&#233;e fran&#231;aise d'un c&#244;t&#233;, crimes du FLN de l'autre, drame du peuple alg&#233;rien qui a perdu pr&#232;s d'un dixi&#232;me de sa population de l'&#233;poque dans la guerre, drame des &#171; pieds-noirs &#187;, ces petits colons qui sont partis avec leurs valises entre mars et juillet 1962, d&#233;racin&#233;s du pays o&#249; ils vivaient. Pendant que les grands colons, ceux pour qui on faisait vraiment la guerre, grands propri&#233;taires terriens, armateurs et hommes d'affaires, partaient avec leurs fortunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens du rapport command&#233; l'an dernier par Macron &#224; un groupe de sp&#233;cialistes autour de l'historien Benjamin Stora&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notre dossier sur notre site, La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une toute autre histoire que nous devons garder en m&#233;moire, car elle marque toujours la soci&#233;t&#233; et la vie politique fran&#231;aise. En t&#233;moigne cette extr&#234;me droite qui en est issue : celle de la famille de Le Pen, ancien para volontaire en Alg&#233;rie, partisan de la torture et de l'OAS ; celle d'un Zemmour qui pr&#233;f&#232;re se dire d'origine kabyle pour pouvoir d&#233;tester les Arabes et se veut victime de la fin du colonialisme. Il se pr&#233;tend m&#234;me &#171; fran&#231;ais de souche &#187; gr&#226;ce au d&#233;cret Cr&#233;mieux de 1870 (suspendu pendant le r&#233;gime de P&#233;tain) qui, pour diviser la population alg&#233;rienne, avait accord&#233; la citoyennet&#233; fran&#231;aise aux Alg&#233;riens de religion juive &#224; l'oppos&#233; de ceux de religion musulmane. Elle l'est par le racisme qui se perp&#233;tue dans la police fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle l'est aussi par ce mythe commun &#224; toute la classe politicienne, de gauche comme de droite, d'un de Gaulle faiseur de la paix, un g&#233;n&#233;ral pourtant de droite, voire d'extr&#234;me droite, volontaire dans sa jeunesse pour aller combattre en Pologne en 1919-1920 contre la r&#233;volution sovi&#233;tique, fondateur en France en 1947, apr&#232;s son &#233;viction du pouvoir, d'un &#233;ph&#233;m&#232;re parti d'extr&#234;me droite, le RPF (Rassemblement du peuple fran&#231;ais). Rappelons d'abord que ce fut un gouvernement socialiste, renforc&#233; des pleins pouvoirs que le Parlement lui avait accord&#233;s, y compris les d&#233;put&#233;s du PCF, qui a pr&#233;sid&#233; aux premi&#232;res ann&#233;es de guerre, a envoy&#233; massivement le contingent en Alg&#233;rie, et n'a cess&#233; de reculer devant les manifestations hostiles de colons d'Alg&#233;rie. Ce sera finalement un g&#233;n&#233;ral r&#233;actionnaire qui fera admettre &#224; la droite fran&#231;aise et aux chefs de l'arm&#233;e la capitulation devenue in&#233;vitable face &#224; la r&#233;sistance du peuple alg&#233;rien ? Ainsi va le jeu des alternances gauche-droite au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Intensifier la guerre pour marchander son issue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devant l'incapacit&#233; de gagner la guerre, les appels au retour de De Gaulle au pouvoir pour r&#233;soudre la crise alg&#233;rienne s'&#233;taient multipli&#233;s avant m&#234;me ce putsch du 13 mai 1958 &#224; Alger qui lui servit de tremplin. La grande bourgeoisie fran&#231;aise se rendait &#224; l'&#233;vidence et avait commenc&#233; &#224; faire son choix. L'appel &#224; de Gaulle lanc&#233; ce 13 mai, devant la foule des pieds-noirs manifestant sur le forum d'Alger, par le g&#233;n&#233;ral en chef Salan pouss&#233; par son subalterne chef des parachutistes, le g&#233;n&#233;ral Massu, tout comme le &#171; Je vous ai compris &#187; lanc&#233; aux pieds-noirs par de Gaulle quelques mois plus tard, n'&#233;taient qu'un rideau de fum&#233;e &#224; destination de l'extr&#234;me droite coloniale et des extr&#233;mistes de l'arm&#233;e. La couleur politique de De Gaulle et son grade le permettaient. Celui-ci fut bien propuls&#233; au pouvoir pour sortir la France du gu&#234;pier alg&#233;rien par la n&#233;gociation avec le FLN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a pourtant poursuivi la guerre pendant quatre ans. Car il s'agissait pour l'&#201;tat fran&#231;ais dans les n&#233;gociations qui allaient suivre d'obtenir le plus de concessions possibles du futur pouvoir alg&#233;rien, sauvegardant les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de la bourgeoisie fran&#231;aise dans le pays : passer du &#171; colonialisme de papa &#187; au n&#233;o-colonialisme moderne et non moins rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, le gouvernement de De Gaulle a jou&#233; sur deux tableaux : d'abord et avant tout le renforcement de la guerre elle-m&#234;me. Avec notamment le plan Challe, du nom du g&#233;n&#233;ral en chef nomm&#233; par de Gaulle en remplacement de Salan : quadrillage renforc&#233; du pays, barbel&#233;s, zones d&#233;sertifi&#233;es pour emp&#234;cher les d&#233;placements de groupes arm&#233;s du FLN, accroissement des camps de regroupement pour vider les campagnes de leur population, d&#233;veloppement de groupes d'&#233;lites encadrant des harkis, ces soldats alg&#233;riens recrut&#233;s par l'arm&#233;e fran&#231;aise qui connaissaient bien le terrain, parlaient la langue et servaient de suppl&#233;tifs pour le contr&#244;le de la population, etc. Challe eut beau se flatter de 26 000 maquisards tu&#233;s dans les premiers mois de son arriv&#233;e, ce &#171; succ&#232;s &#187; n'emp&#234;cha pas le FLN de se r&#233;organiser et de s'adapter en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre c&#244;t&#233; du tableau &#233;tait un plan industriel, le plan de Constantine, pour rattraper un peu le temps perdu auparavant : outre des constructions de logements, il s'agissait surtout de tenter de d&#233;velopper une certaine implantation industrielle, dont les entreprises fran&#231;aises seraient les ma&#238;tresses d'&#339;uvre pour le rester dans l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante. &lt;em&gt;&#171; Les 100 milliards pr&#233;vus seront d&#233;pass&#233;s d&#232;s 1960. Mais il est prouv&#233; qu'aux capitaux de l'&#201;tat s'ajouteront rapidement des capitaux priv&#233;s. C'est le cas par exemple pour le complexe de B&#244;ne &#187;&lt;/em&gt;, d&#233;clarait en 1959 Michel Debr&#233;, le Premier ministre de l'&#233;poque. Les capitaux priv&#233;s fran&#231;ais ne sont pas venus, craintifs pour leur avenir, et le complexe sid&#233;rurgique de B&#244;ne (l'ancien nom d'Annaba) n'est vraiment sorti de terre qu'apr&#232;s l'ind&#233;pendance. Mais c'est surtout de l'avenir des hydrocarbures dont l'exploitation commen&#231;ait &#224; peine dans le sud Alg&#233;rien, sous l'&#233;gide de la Compagnie fran&#231;aise des p&#233;troles (anc&#234;tre de Total), qui &#233;tait la pr&#233;occupation principale de De Gaulle. Il s'&#233;tait d&#233;j&#224; rendu au Sahara en 1957 et y est retourn&#233; peu apr&#232;s son accession au pouvoir, pour visiter les deux principaux sites p&#233;troliers d'Hassi Messaoud (p&#233;trole) et Hassi R'Mel (gaz).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les concessions exig&#233;es &#224; &#201;vian&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle a un temps r&#234;v&#233; de cr&#233;er son grand Kowe&#239;t, une zone p&#233;troli&#232;re d'une superficie de 4,5 fois la France qui resterait propri&#233;t&#233; de la puissance coloniale et de sa compagnie p&#233;troli&#232;re. Cette question du Sahara fut pendant des mois la pierre de touche qui a paralys&#233; les n&#233;gociations de paix avec le FLN. Sans oublier que c'est &#233;galement au Sahara alg&#233;rien que la France a effectu&#233; ses premiers essais de bombe nucl&#233;aire en 1960. Cette tentative de couper l'Alg&#233;rie en deux, ainsi que les tentatives de marchandages avec quelques notables locaux &#224; qui on faisait miroiter une brillante carri&#232;re &#224; la t&#234;te d'un Sahara fran&#231;ais, ont fait chou blanc. Mais la question d'une certaine priorit&#233; aux compagnies fran&#231;aises dans l'exploitation des ressources p&#233;troli&#232;res, et celle du maintien pendant des ann&#233;es des essais nucl&#233;aires fran&#231;ais au Sahara ont fait partie des concessions qu'ont d&#251; faire les n&#233;gociateurs du FLN &#224; &#201;vian pour aboutir enfin &#224; un accord de paix et &#224; l'ind&#233;pendance du pays.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2678 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/sahara.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH333/sahara-a6374.jpg?1788678237' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#192; &#201;vian, la France obtenait le maintien &lt;em&gt;&#171; des droits attach&#233;s aux titres miniers d&#233;livr&#233;s par la France &#187;&lt;/em&gt; (aux soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises travaillant dans le p&#233;trole qui s'&#233;taient d&#233;j&#224; attribu&#233; tout ce qu'elles pouvaient), &lt;em&gt;&#171; la pr&#233;f&#233;rence, &#224; &#233;galit&#233; d'offre, aux soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises dans l'octroi de nouveaux permis miniers &#187;&lt;/em&gt;, et &lt;em&gt;&#171; le paiement en francs fran&#231;ais des hydrocarbures sahariens &#224; concurrence des besoins d'approvisionnement de la France et des autres pays de la zone franc &#187;&lt;/em&gt; : un sacr&#233; avantage et une forte d&#233;pendance de l'Alg&#233;rie dans un march&#233; p&#233;trolier &#233;videment domin&#233; par le dollar.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Et neuf ans plus tard&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Alg&#233;rie, qui avait obtenu son ind&#233;pendance de haute lutte, n'allait &#233;videmment pas devenir un des pions de la Fran&#231;afrique o&#249; l'ancienne puissance coloniale allait pouvoir, comme au Tchad, au Togo, au Gabon ou en C&#244;te d'Ivoire, maintenir tous ses avantages (quitte &#224; y favoriser quelques coups d'&#201;tat ou maintenir des r&#233;gimes &#171; amis &#187; &#224; coup d'interventions militaires). Sans discuter ici ce qu'ont &#233;t&#233; depuis les r&#233;gimes politiques de l'Alg&#233;rie, sous la houlette de son arm&#233;e, qui ont fait fleurir &#224; l'ombre de l'&#201;tat les nouveaux riches et grands patrons du pays. Les gouvernants alg&#233;riens, soucieux de leur pouvoir et de l'ind&#233;pendance du pays qu'ils dirigeaient, ont vite pass&#233; &#224; la trappe les concessions &#233;conomiques que les n&#233;gociateurs d'&#201;vian avaient &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; accepter. Neuf ans plus tard, en 1971, Boum&#233;di&#232;ne nationalisait les p&#233;troles alg&#233;riens, donnant cong&#233; &#224; Elf et Total. On n'en est plus l&#224; aujourd'hui, les grandes compagnies p&#233;troli&#232;res mondiales sont revenues en force dans l'exploitation des hydrocarbures alg&#233;riens, mais la compagnie fran&#231;aise n'a plus la priorit&#233;. Quant aux essais atomiques de l'arm&#233;e fran&#231;aise ils se sont tout de m&#234;me poursuivis jusqu'en 1966, laissant une r&#233;gion pollu&#233;e et de nombreuses victimes civiles, malades de leur exposition aux rayons (avant d'aller polluer &#224; 15 000 kilom&#232;tres de l&#224;, la Polyn&#233;sie dite fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'arnaque du r&#233;f&#233;rendum &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce 19 mars 1962 fut un soulagement pour le peuple alg&#233;rien, m&#234;me si, ce jour-l&#224;, le commandement de l'OAS lan&#231;ait son appel : &lt;em&gt;&#171; &#8230; De Gaulle a sign&#233; avec les assassins. Notre guerre continue, notre drapeau est et restera le drapeau tricolore. &#187;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&#171; Je donne l'ordre &#224; nos combattants de harceler toutes les positions ennemies dans les grandes villes &#187; &lt;/em&gt; &#233;crivait encore l'appel du g&#233;n&#233;ral Salan. Le lendemain, quatre obus de mortier tir&#233;s par l'OAS s'abattaient sur une des places populaires d'Alger au bas de la Casbah, le quartier arabe du centre-ville, faisant 24 morts et 50 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France ce fut la f&#234;te pour ceux, malheureusement minoritaires tout au long de la guerre, qui s'&#233;taient insurg&#233;s contre celle-ci. Mais pas de quoi crier vive de Gaulle. Ni m&#234;me aller approuver ces accords d'&#201;vian qui n'&#233;taient que le compromis par lequel la France tentait de maintenir autant qu'elle le pouvait ses int&#233;r&#234;ts coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui &#224; l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, non aux accords d'&#201;vian, c'&#233;tait la seule chose qu'on pouvait avoir envie de dire. Mais c'&#233;tait une r&#233;ponse impossible &#224; donner &#224; ce r&#233;f&#233;rendum que de Gaulle organisa le 8 avril 1962 sur les accords qu'il venait de signer. Impossible, car la r&#232;gle de tout r&#233;f&#233;rendum est de ne donner que la r&#233;ponse &#224; la question que pose le pouvoir. Absurde, car pourquoi les citoyens fran&#231;ais &#233;taient-ils invit&#233;s &#224; faire mine de d&#233;cider &#224; la place du peuple alg&#233;rien de son sort ? Cela faisait 132 ans que le gouvernement fran&#231;ais s'&#233;tait pass&#233; de l'avis du peuple alg&#233;rien. Le r&#233;f&#233;rendum en question &#233;tait &#233;videment sans objet, sauf un : faire pl&#233;bisciter la politique du g&#233;n&#233;ral de Gaulle. L'homme devant lequel les politiciens d'aujourd'hui tirent toujours docilement leur chapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier Belin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir notre dossier sur notre site, &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Reunion-debat-du-18-avril-2021-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les ratonnades d'Alger, 1956 : une histoire de racisme colonial, de Sylvie Th&#233;nault
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Les-ratonnades-d-Alger-1956-une-histoire-de-racisme-colonial-de-Sylvie-Thenault</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Les-ratonnades-d-Alger-1956-une-histoire-de-racisme-colonial-de-Sylvie-Thenault</guid>
		<dc:date>2022-03-16T21:30:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>Apr&#232;s avoir travaill&#233; sur le 17 octobre 1961, la justice dans la guerre d'ind&#233;pendance alg&#233;rienne et l'internement dans l'Alg&#233;rie coloniale, l'historienne Sylvie Th&#233;nault s'attaque dans son dernier ouvrage &#224; un &#233;v&#233;nement peu connu de la guerre d'ind&#233;pendance. Le 29 d&#233;cembre 1956, l'enterrement d'une des figures de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise ex&#233;cut&#233;e la veille par des nationalistes alg&#233;riens donne lieu &#224; un d&#233;ferlement de violences prenant la forme de ratonnades. Cet &#233;pisode sert de porte&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L103xH150/arton17857-65f61.jpg?1787848263' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir travaill&#233; sur le 17 octobre 1961, la justice dans la guerre d'ind&#233;pendance alg&#233;rienne et l'internement dans l'Alg&#233;rie coloniale, l'historienne Sylvie Th&#233;nault s'attaque dans son dernier ouvrage &#224; un &#233;v&#233;nement peu connu de la guerre d'ind&#233;pendance. Le 29 d&#233;cembre 1956, l'enterrement d'une des figures de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise ex&#233;cut&#233;e la veille par des nationalistes alg&#233;riens donne lieu &#224; un d&#233;ferlement de violences prenant la forme de ratonnades. Cet &#233;pisode sert de porte d'entr&#233;e pour proposer une &#171; histoire de racisme colonial &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;L'histoire derri&#232;re la sc&#232;ne de crime&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage, construit comme un polar, s'ouvre sur la sc&#232;ne de crime. Le cadavre est celui d'Am&#233;d&#233;e Froger, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des maires d'Alg&#233;rie, aujourd'hui tomb&#233; dans l'oubli mais qui fut &#224; l'&#233;poque l'un des principaux leaders politiques de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise. &#192; travers ce personnage, l'historienne pr&#233;sente en quelques pages le n&#339;ud gordien de la colonisation. Am&#233;d&#233;e Froger est propri&#233;taire terrien &#224; Boufarik, commune dont il est maire pendant plusieurs d&#233;cennies et v&#233;ritable devanture de l'agriculture europ&#233;enne prosp&#232;re &#224; quelques kilom&#232;tres d'Alger. Ayant travaill&#233; &#233;galement pour la Compagnie mini&#232;re des phosphates de Constantine, le maire de Boufarik repr&#233;sente l'arch&#233;type des colons poss&#233;dants, pr&#234;ts &#224; tout pour d&#233;fendre le statut de l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historienne d&#233;crit les manifestations pro-Alg&#233;rie fran&#231;aise &#224; l'aide d'une multitude de sources qui plongent le lecteur au milieu de la foule europ&#233;enne d'Alg&#233;rie, &#224; la place des cam&#233;ramans qui filment les &#233;v&#233;nements ou des journalistes qui se d&#233;p&#234;chent de rendre compte des sc&#232;nes marquantes. Certains passages glacent le sang et donnent une id&#233;e d'un racisme colonial qui ne se pose pas de questions. Parmi les slogans qui fusent, outre les menaces de mort aux politiciens jug&#233;s trop frileux dans la d&#233;fense de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, on entend &#171; Pour un Fran&#231;ais, dix Arabes &#187;, slogan imm&#233;diatement mis en application par les ratonnades qui ponctuent le cort&#232;ge. &#192; l'&#233;poque, pr&#232;s d'un million d'Europ&#233;ens r&#233;side dans les d&#233;partements d'Alg&#233;rie, pr&#233;sentant &#224; peu pr&#232;s toutes les strates de la hi&#233;rarchie sociale qu'on trouve en France. Les militants de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, qui couvrent presque tout le spectre politique de la gauche &#224; l'extr&#234;me droite, ont r&#233;ussi &#224; capter les frustrations des diff&#233;rentes couches sociales de la population europ&#233;enne en la rangeant derri&#232;re les mots d'ordre de d&#233;fense de la colonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvie Th&#233;nault s'int&#233;resse ensuite &#224; l'assassin pr&#233;sum&#233;, Bad&#232;che Ben Hamdi. Originaire de Bou Saada &#224; 240 kilom&#232;tres au sud-est d'Alger, Bad&#232;che Ben Hamdi na&#238;t dans une famille paysanne et &#233;migre &#224; Alger un peu avant le d&#233;but de la guerre d'ind&#233;pendance. Comme bien d'autres migrants de l'int&#233;rieur, il atterrit dans un bidonville, encha&#238;ne les petits boulots pr&#233;caires notamment celui de docker et rejoint Mouvement national alg&#233;rien (MNA proche de Messali Hadj)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lorsqu'&#224; la fin de la guerre, le FLN s'appropria l'h&#233;ritage et le m&#233;rite de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La plaidoirie pour une ex&#233;cution de ma&#238;tre Blanquer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 10 avril 1957, son proc&#232;s s'ouvre au tribunal permanent des forces arm&#233;es (TPFA) d'Alger. Bad&#232;che Ben Hamdi est d&#233;fendu par deux avocats c&#233;l&#232;bres : Yves Dech&#233;zelles et Gis&#232;le Halimi. En face, le commissaire du gouvernement est le capitaine Roland Blanquer (p&#232;re de l'actuel ministre). Il plaide la peine de mort comme il le fera &#224; de nombreuses reprises durant la guerre au cours de laquelle il d&#233;fendit &#233;galement les militants de l'Organisation arm&#233;e secr&#232;te (OAS). Le capitaine Blanquer r&#233;pond au mot d'ordre des manifestants pro-Alg&#233;rie fran&#231;aise qui r&#233;clament &#224; chaque mobilisation &#171; l'ex&#233;cution des tra&#238;tres &#187;. Pour lui, &#171; Le nom de Froger est un symbole. Symbole de la foi dans les destin&#233;es de ce pays. Symbole de la lutte contre toute forme d'abandon de la t&#226;che entreprise dans ce pays. D&#233;sormais, son nom et son souvenir sont attach&#233;s &#224; l'&#339;uvre de la France en Alg&#233;rie &#187;. Si le p&#232;re n'est pas le fils, le second a de qui tenir dans ses envol&#233;es anti-wokistes&#8230; On comprend d&#232;s lors les r&#233;ticences qui s'exprim&#232;rent au gouvernement devant la panth&#233;onisation de Gis&#232;le Halimi quand bien m&#234;me ces politiques de reconnaissance m&#233;morielle pr&#233;sentent de s&#233;rieuses limites&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un des int&#233;r&#234;ts du livre que de montrer en creux comment la guerre d'ind&#233;pendance alg&#233;rienne continue &#224; alimenter un mythe auquel les nationalistes de tout poil puisent perp&#233;tuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samuel Terraz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Article paru dans &lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/category/notre-presse/hebdo-lanticapitaliste-607-17032022&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;em&gt;l'Anticapitaliste&lt;/em&gt; n&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; 607&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lorsqu'&#224; la fin de la guerre, le FLN s'appropria l'h&#233;ritage et le m&#233;rite de l'ind&#233;pendance, cette appartenance militante fut de fait masqu&#233;e et Bad&#232;che Ben Hamdi d&#233;crit comme un h&#233;ros du FLN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Fusill&#233;s pour l'exemple : toujours pas r&#233;habilit&#233;s
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Fusilles-pour-l-exemple-toujours-pas-rehabilites</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Fusilles-pour-l-exemple-toujours-pas-rehabilites</guid>
		<dc:date>2022-01-15T16:38:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>L'Assembl&#233;e nationale a vot&#233; une proposition de loi demandant la r&#233;habilitation de plus de 600 soldats &#171; fusill&#233;s pour l'exemple &#187; lors de la guerre de 1914-1918. Une page particuli&#232;rement sombre de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Mais il y a peu de chance que le texte soit finalement adopt&#233;. Car il y a des d&#233;cennies que les Pr&#233;sidents de droite et de gauche aussi bien que leurs gouvernements respectifs trainent les pieds. En effet, hors de question de remettre en cause, m&#234;me &#224; la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e nationale a vot&#233; une proposition de loi demandant la r&#233;habilitation de plus de 600 soldats &#171; fusill&#233;s pour l'exemple &#187; lors de la guerre de 1914-1918. Une page particuli&#232;rement sombre de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Mais il y a peu de chance que le texte soit finalement adopt&#233;. Car il y a des d&#233;cennies que les Pr&#233;sidents de droite et de gauche aussi bien que leurs gouvernements respectifs trainent les pieds. En effet, hors de question de remettre en cause, m&#234;me &#224; la marge, le bien fond&#233; de cette boucherie imp&#233;rialiste dont le souvenir &#171; glorieux &#187; est cultiv&#233; &#224; droite et &#224; l'extr&#234;me droite mais aussi dans une partie de la gauche. Surtout en cette p&#233;riode &#233;lectorale o&#249; on fait de la surench&#232;re &#224; tout crin sur le nationalisme et le chauvinisme. &lt;em&gt;&#171; La r&#233;habilition g&#233;n&#233;rale et collective, civique et morale &#187;&lt;/em&gt; des &lt;em&gt;&#171; militaires en service dans les arm&#233;es fran&#231;aises du 2 ao&#251;t 1914 au 11 novembre 1918 ayant &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; mort pour d&#233;sob&#233;issance militaire ou mutilation volontaire&lt;/em&gt; [...] &lt;em&gt;et dont la condamnation a &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;e &#187;&lt;/em&gt;, comme dit le texte, risque d'attendre encore longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> 25 d&#233;cembre 1991, il y a trente ans, la fin de l'URSS
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Il-y-a-trente-ans-la-fin-de-l-URSS</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Il-y-a-trente-ans-la-fin-de-l-URSS</guid>
		<dc:date>2021-12-21T15:10:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Russie
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La Place Rouge &#233;tait vide, le mercredi 25 d&#233;cembre 1991 &#224; la nuit tomb&#233;e, quand Mikha&#239;l Gorbatchev, pr&#233;sident de l'URSS, a annonc&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision sa d&#233;mission et la dissolution de l'URSS (officialis&#233;e le lendemain par la chambre haute du Soviet supr&#234;me). Le drapeau rouge de la r&#233;volution d'Octobre, derri&#232;re lequel la bureaucratie stalinienne continuait &#224; se draper malgr&#233; son reniement du communisme, &#233;tait aussit&#244;t remplac&#233; par le drapeau tricolore de la vieille Russie tsariste. Boris Eltsine, qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; hiss&#233; depuis mai 1990 &#224; la t&#234;te de la F&#233;d&#233;ration de Russie, prenait toutes les pr&#233;rogatives de l'ex-pr&#233;sident de l'Union sovi&#233;tique &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Il-y-a-trente-ans-la-fin-de-l-URSS-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Il y a trente ans, la fin de l'URSS
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Russie-+" rel="tag"&gt;Russie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton17217-7a977.jpg?1788112272' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Carte : &#233;clatement de l'URSS en la Russie et 14 autres r&#233;publiques)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Place Rouge &#233;tait vide, le mercredi 25 d&#233;cembre 1991 &#224; la nuit tomb&#233;e, quand Mikha&#239;l Gorbatchev, pr&#233;sident de l'URSS&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette fonction de pr&#233;sident de l'URSS avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en mars 1990 dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, a annonc&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision sa d&#233;mission et la dissolution de l'URSS (officialis&#233;e le lendemain par la chambre haute du Soviet supr&#234;me). Le drapeau rouge de la r&#233;volution d'Octobre, derri&#232;re lequel la bureaucratie stalinienne continuait &#224; se draper malgr&#233; son reniement du communisme, &#233;tait aussit&#244;t remplac&#233; par le drapeau tricolore de la vieille Russie tsariste. Boris Eltsine, qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; hiss&#233; depuis mai 1990 &#224; la t&#234;te de la F&#233;d&#233;ration de Russie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au sein de l'URSS, ce qu'on appelle commun&#233;ment la Russie &#233;tait d&#233;j&#224; une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, prenait toutes les pr&#233;rogatives de l'ex-pr&#233;sident de l'Union sovi&#233;tique, dont la mallette de contr&#244;le des armes nucl&#233;aires. Et la F&#233;d&#233;ration de Russie (commun&#233;ment appel&#233;e &#171; Russie &#187;) h&#233;ritait du si&#232;ge de feu l'Union &#224; l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier &#233;pisode concluait en quelque sorte l'&#339;uvre de Gorbatchev (qui dirigea l'Union sovi&#233;tique de mars 1985 &#224; d&#233;cembre 1991) : la r&#233;int&#233;gration dans le monde capitaliste de ce qu'avait &#233;t&#233; l'URSS. Lui, le principal artisan de cette &#233;volution et ach&#232;vement de la contre-r&#233;volution stalinienne, &#233;tait donc &#233;ject&#233;, au dernier virage, par l'acc&#233;l&#233;ration du processus qu'il avait lui-m&#234;me conduit et pour lequel les grandes puissances occidentales lui avaient accord&#233; un prix Nobel de la paix en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel homme fort de la Russie, Boris Eltsine, n'a pas daign&#233; se pr&#234;ter &#224; une c&#233;r&#233;monie de passation des pouvoirs, ni m&#234;me &#224; la passation de la fameuse mallette, qu'il a fait r&#233;cup&#233;rer par son ministre des Arm&#233;es. Par contre le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis, George Bush (p&#232;re), a tenu &#224; faire part &lt;em&gt;&#171; au nom du peuple am&#233;ricain &#187;&lt;/em&gt; de sa &lt;em&gt;&#171; gratitude &#224; Mikha&#239;l Gorbatchev &#187;&lt;/em&gt; pour le r&#244;le jou&#233; dans cette &#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Gorbatchev, ses ultras et ses conservateurs : trois fractions pour une m&#234;me politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La perte du pouvoir par Gorbatchev remontait en fait &#224; plusieurs mois, au putsch rat&#233; du 19 ao&#251;t 1991, organis&#233; par une poign&#233;e de hauts cadres de l'&#201;tat et de l'arm&#233;e. Le &lt;em&gt;&#171; Comit&#233; d'&#201;tat pour l'&#233;tat d'urgence &#187;&lt;/em&gt; qui s'arrogeait le pouvoir, profitant de l'&#233;loignement de Gorbatchev parti en vacances, &#233;tait constitu&#233; de rien moins que du vice-pr&#233;sident de l'URSS, du Premier ministre, du pr&#233;sident du KGB (l'omnipuissante police politique), du ministre des Arm&#233;es et du ministre de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des hauts cadres de l'appareil d'&#201;tat et de l'ex-Parti communiste, les putschistes faisaient partie de ceux qu'on surnommait alors les &#171; conservateurs &#187;. Mais pas plus que les &#171; lib&#233;raux &#187; du clan Eltsine, qui reprochaient &#224; Gorbatchev de ne pas aller assez vite dans les privatisations des grands centres industriels du pays, les &#171; conservateurs &#187; ne voulaient conserver l'ancien r&#233;gime. Ils s'&#233;taient empress&#233;s de r&#233;affirmer dans leurs d&#233;clarations au moment du putsch leur intention de continuer &#224; favoriser le d&#233;veloppement de l'entreprise priv&#233;e : &lt;em&gt;&#171; Tout en d&#233;veloppant les multiples modes de production dans le domaine de l'&#233;conomie nationale, nous soutiendrons &#233;galement l'entreprise priv&#233;e, en lui accordant les possibilit&#233;s n&#233;cessaires &#224; son d&#233;veloppement. &#187;&lt;/em&gt; Profession de foi qu'ils accompagnaient de quelques d&#233;clarations d&#233;magogiques promettant &lt;em&gt;&#171; le gel et la baisse des prix sur certains produits alimentaires &#187;&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;&#171; rel&#232;vement des salaires &#187;.&lt;/em&gt; Une grande partie d'entre eux avaient d'ailleurs &#233;t&#233; ministres du gouvernement Gorbatchev, qui, tout au long de son r&#232;gne, avait surf&#233; sur les alliances avec les diverses fractions rivales &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat : les ultralib&#233;raux qui avaient le pied sur le champignon pour acc&#233;l&#233;rer le rythme des r&#233;formes ; les conservateurs qui n'&#233;taient conservateurs qu'au sens r&#233;actionnaire du terme, favorables &#224; un conservatisme social et un r&#233;gime fort. Ces derniers ne craignaient, dans la restauration capitaliste qu'ils pr&#244;naient eux aussi, que les d&#233;rapages qui affaibliraient leur puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le putsch s'effondrait en quelques heures. Ses initiateurs n'avaient trouv&#233; finalement de soutien nulle part. Pas m&#234;me dans l'arm&#233;e dont ils &#233;taient en principe les chefs, mais qui &#233;tait rest&#233;e l'arme au pied quand le pr&#233;sident de la Russie, Boris Eltsine, &#233;tait mont&#233; sur un des chars venus assi&#233;ger le parlement pour faire son discours, puis avait pris, au nom de la Russie, un d&#233;cret mettant l'arm&#233;e et les troupes du KGB sous sa propre autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps qu'il balayait les putschistes, le pr&#233;sident de la Russie prenait d&#233;finitivement le pas sur son concurrent direct, Mikha&#239;l Gorbatchev. Sur le plan du rapport de force entre les deux hommes, le sc&#233;nario final du 25 d&#233;cembre &#233;tait en fait d&#233;j&#224; &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De l'ordre bureaucratique au chaos du march&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ce qui &#233;tait en partie une guerre des postes, ce qui dans l'URSS de 1991 distinguait les &lt;em&gt;&#171; conservateurs &#187;&lt;/em&gt; des &lt;em&gt;&#171; lib&#233;raux &#187;&lt;/em&gt; n'&#233;tait pas le fond des r&#233;formes : plut&#244;t le r&#234;ve qu'avaient fait les premiers d'un passage au capitalisme dans l'ordre. Une gageure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'ouverture &#224; la &#171; libre entreprise &#187; allait in&#233;vitablement engendrer ses Chicago et la loi des gangs de la jungle capitaliste. L'apog&#233;e, qui allait arriver un peu plus tard, au moment des grandes privatisations de l'&#232;re Eltsine, &#233;tait pr&#233;visible, m&#234;me si probablement pas dans tous ses exc&#232;s : on a pu voir des bureaucrates r&#233;gionaux arriver avec leurs hommes, kalachnikov en main, dissuader leurs concurrents de Moscou de participer aux ench&#232;res de la vente par l'&#201;tat de fleurons industriels locaux, afin de se les attribuer &#224; bas prix. L'&#232;re de Gorbatchev, de sa &#171; perestro&#239;ka &#187; (la &#171; reconstruction &#187;) et de sa &#171; glasnost &#187; (la &#171; transparence &#187;), avait engag&#233; avec une certaine prudence le basculement de l'ordre bureaucratique d'une &#233;conomie &#233;tatis&#233;e (avec sa couche de bureaucrates privil&#233;gi&#233;s et le r&#232;gne de la corruption) &#224; l'&#233;conomie de march&#233;, comme on surnommait le nouveau capitalisme russe au d&#233;but. &#192; petits pas au d&#233;but, mais sur une pente qui allait irr&#233;m&#233;diablement vers la liquidation de ce qu'&#224; son corps d&#233;fendant la bureaucratie avait sauvegard&#233; (et bien mal), jusque-l&#224; encore, des acquis d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne qui avait secou&#233; la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#224; peine quatre ans, de la premi&#232;re loi sur &lt;em&gt;&#171; l'activit&#233; professionnelle individuelle &#187;&lt;/em&gt; promulgu&#233;e en novembre 1986, &#224; l'annonce des premiers plans de privatisation en 1990, ce basculement a &#233;t&#233; men&#233; par r&#233;formes successives ouvrant la porte &#224; la libre entreprise et &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production : autorisation de cr&#233;ation d'entreprises priv&#233;es (surnomm&#233;es d'abord &#171; coop&#233;ratives &#187;), d&#233;veloppement des premi&#232;res banques priv&#233;es, des premi&#232;res bourses des mati&#232;res premi&#232;res, puis fin du monopole d'&#201;tat du commerce ext&#233;rieur et appel aux capitaux &#233;trangers pour des joint-ventures. D&#232;s que les portes de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et de la libert&#233; d'entreprendre se sont entrouvertes, le souffle est pass&#233;, transformant ceux qui n'&#233;taient que des bureaucrates dont le pouvoir et les grasses pr&#233;bendes &#233;taient li&#233;s &#224; leur place dans les poup&#233;es russes de l'appareil d'&#201;tat, en &#171; nouveaux riches &#187;, c'est-&#224;-dire nouveaux bourgeois, ou bourgeois tout neufs, poss&#233;dant en propri&#233;t&#233; priv&#233;e ce qu'ils dirigeaient hier. Et d'inimaginables mais bien r&#233;elles combines, valses de corruptions accompagn&#233;es de r&#232;glements de compte et assassinats, ont men&#233; la danse. C'&#233;tait le Far West au Far East. Le conseiller &#233;conomique d'Eltsine, et en m&#234;me temps repr&#233;sentant de Gorbatchev aupr&#232;s du FMI, Grigori Yavlinski, auteur en ao&#251;t 1990 d'un &#171; programme des 500 jours &#187; (projet de mise en place en 500 jours de l'&#233;conomie de march&#233;, privatisations de masse et int&#233;gration au syst&#232;me &#233;conomique mondial), disait lui-m&#234;me en mai 1991 que le bouleversement en cours n'&#233;tait &lt;em&gt;&#171; pas tant celui de la privatisation que celui du bradage de la propri&#233;t&#233; d'&#201;tat &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; cr&#233;ation de banques priv&#233;es, par exemple, c'est avec l'argent du Komsomol, l'organisation de la jeunesse communiste (repaire de jeunes loups bureaucrates) gr&#226;ce &#224; laquelle il avait mont&#233; son premier petit commerce d&#232;s les d&#233;buts de la perestro&#239;ka, qu'un Khodorkovski (qui fut un pilier du r&#233;gime de Eltsine avant que Poutine ne lui impose dix ans de prison) avait cr&#233;&#233; en 1988 la premi&#232;re grande banque priv&#233;e, la Menatep, qui lui a permis plus tard d'investir dans le p&#233;trole. Sous Gorbatchev, les premiers plans de privatisation ont concern&#233; surtout les petites et moyennes entreprises. Mais quelques cadres dirigeants d'entreprises d'&#201;tat cr&#233;aient dans le m&#234;me temps, du fait de leurs positions, leurs propres entreprises priv&#233;es de sous-traitance de ces usines d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si la privatisation, ou comme dit Yavlinski, le bradage des plus gros fleurons de l'industrie allait surtout marquer le r&#232;gne de Eltsine, elle affichait d&#233;j&#224; sous Gorbatchev au moins deux r&#233;alisations spectaculaires : la privatisation en 1990 de l'usine de camion Kamaz dont les effectifs ont &#233;t&#233; dans la foul&#233;e r&#233;duits d'un tiers et la privatisation partielle en juillet 1991 de la plus grosse usine automobile du pays, Avtovaz (120 000 salari&#233;s &#224; l'&#233;poque), dont le gouvernement d&#233;cidait la mise en vente sur le march&#233; mondial de 30 % des actions. (Fiat s'&#233;tait mis alors sur les rangs, aujourd'hui c'est le groupe Renault qui en est l'actionnaire majoritaire.)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Prudence et d&#233;magogie pour &#233;viter les r&#233;actions sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur ce programme, aucun des clans rivalisant pour le pouvoir, conservateurs d'un c&#244;t&#233;, ultralib&#233;raux de l'autre &#8211; et Gorbatchev s'appuyant alternativement sur les uns ou les autres &#8211;, ne divergeait r&#233;ellement, si ce n'est sur le rythme. Pour ces r&#233;formateurs, qui de toute &#233;vidence repr&#233;sentaient l'ensemble des hautes couches de la bureaucratie, toutes coteries et tendances confondues puisqu'aucune bouche ne s'est ouverte contre, la seule menace r&#233;sidait dans une &#233;ventuelle r&#233;action des travailleurs au pillage. Ce qui explique en partie la prudence initiale de Gorbatchev et son souci de brandir quelques promesses de libert&#233;s politiques (dont Poutine aujourd'hui n'a plus besoin) ou de mieux-&#234;tre que le march&#233; &#233;tait cens&#233; apporter en remplissant les magasins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi lors de la gr&#232;ve des mineurs de juillet 1989, dont le motif &#233;tait les salaires, Gorbatchev s'&#233;tait adress&#233; aux gr&#233;vistes &#224; la t&#233;l&#233; pour les appeler &#224; cesser leur mouvement, ces gr&#232;ves &lt;em&gt;&#171; qui enfi&#232;vrent l'&#233;conomie du pays &#187;,&lt;/em&gt; mais pour critiquer aussi les autorit&#233;s locales qui auraient d&#251; r&#233;soudre les probl&#232;mes. Il leur disait que lui, Gorbatchev, comprenait les revendications et qu'en ces jours &lt;em&gt;&#171; difficiles, inqui&#233;tants et dramatiques &#187; &lt;/em&gt;que traversait le pays, leur gr&#232;ve montrait qu'il &#233;tait temps &lt;em&gt;&#171; d'am&#233;liorer les conditions de vie des gens &#187;&lt;/em&gt;. Un ton nouveau dans cette URSS o&#249; jusque-l&#224; toute gr&#232;ve &#233;tait sauvagement r&#233;prim&#233;e. C'&#233;tait l'occasion pour le ma&#238;tre du Kremlin de vanter sa perestro&#239;ka, de promettre qu'avec la libert&#233; des salaires, les travailleurs qualifi&#233;s comme les mineurs seraient gratifi&#233;s, que le libre commerce remplirait les magasins et assurerait enfin le bien-&#234;tre que connaissaient les travailleurs des pays occidentaux riches.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'explosion de l'URSS, un sous-produit de l'ouverture du march&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait donc pas l'&#233;ventuel chaos &#233;conomique, engendr&#233; par la &#171; grande braderie &#187;, qui inqui&#233;tait les putschistes conservateurs d'ao&#251;t 1991. Outre le danger d'explosions sociales &#8211; que Gorbatchev a ma&#238;tris&#233; &#8211; c'est celui d'un &#233;clatement de l'URSS qui s'est dessin&#233; avec les revendications de s&#233;cession de plusieurs r&#233;publiques : un &#233;clatement qui ne pouvait qu'affaiblir la puissance &#233;conomique et militaire de l'URSS dans le monde et le pouvoir de ses dirigeants. Le putsch s'est effondr&#233; en moins de trois jours et l'&#233;clatement en quinze r&#233;publiques s'est acc&#233;l&#233;r&#233; dans la foul&#233;e &#224; l'automne, avant d'&#234;tre d&#233;finitivement sanctionn&#233; par la fin officielle de l'URSS, le 25 d&#233;cembre 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de l'URSS ne faisait pas partie du projet de r&#233;forme de Gorbatchev. Il en a r&#233;sult&#233; qu'elle fut accueillie avec une certaine m&#233;fiance du c&#244;t&#233; du monde imp&#233;rialiste, lui-m&#234;me voyant jusque-l&#224; dans la mainmise de Moscou sur les r&#233;publiques de l'Union, et plus particuli&#232;rement sur celles du sud (Caucase et Asie centrale), un &#233;l&#233;ment de stabilit&#233;. M&#234;me si par la suite ces m&#234;mes puissances occidentales se sont pr&#233;cipit&#233;es sur le g&#226;teau, voire ont attis&#233; des braises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;publiques constitutives de l'URSS ont donc l'une apr&#232;s l'autre, entre mars 1990 et d&#233;cembre 1991, d&#233;clar&#233; leur ind&#233;pendance. La tentative de constitution, lors d'une conf&#233;rence &#224; Alma-Ata (Kazakhstan) quelques jours avant la fin officielle de l'URSS, le 21 d&#233;cembre, d'une Communaut&#233; des &#201;tats ind&#233;pendants (CEI, qui en r&#233;alit&#233; est vite devenue une coquille vide) regroupant, lors de sa proclamation, onze de ces r&#233;publiques), n'avait rassur&#233; qu'un Roland Dumas, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de Mitterrand, qui s'en f&#233;licitait en ces termes : &lt;em&gt;&#171; on pouvait craindre que les choses partent dans tous les sens et qu'&#224; l'ancienne Union se substitue le chaos. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui int&#233;ressait les Occidentaux n'&#233;tait pas de voir l'URSS &#233;clater en morceaux. C'&#233;tait de pouvoir clamer haut et fort que c'en &#233;tait fini du communisme (m&#234;me si l'URSS ne l'&#233;tait plus depuis longtemps), fini de ce chancre h&#233;rit&#233; d'une r&#233;volution ouvri&#232;re &#224; vocation internationale, depuis longtemps trahie, mais dont l'&#201;tat bureaucratique qui en &#233;tait la scorie maintenait n&#233;anmoins une sph&#232;re du monde &#224; l'abri de leurs libres pillages et investissements comme de leur influence politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;clatement de l'URSS fut une cons&#233;quence de la restauration capitaliste. Avec les privatisations, la fin du monopole du commerce ext&#233;rieur et l'ouverture au march&#233; mondial, les coteries dirigeantes locales y voyaient leur avantage. Auparavant, dans les hautes sph&#232;res de la bureaucratie, ceux qui avaient le bras long jusqu'&#224; Moscou, comme Iouri Tchourbanov, gendre de Brejnev (pr&#233;sident du Soviet supr&#234;me de l'URSS de 1977 &#224; 1982) et vice-premier ministre de l'Int&#233;rieur de l'Union, pouvaient en toute qui&#233;tude se remplir les poches par la vente en douce de coton ouzbek (en compagnie du ministre de l'Int&#233;rieur de la r&#233;publique d'Ouzbekistan et de quelques autres responsables de cette r&#233;publique d'Asie centrale). Avec le risque de retour de b&#226;ton en cas de r&#232;glement de comptes au sein de la bureaucratie ou &#224; l'occasion de quelques campagnes anti-corruption. Tchourbanov et ses acolytes, eux, furent arr&#234;t&#233;s en 1987 sous le r&#232;gne de Gorbatchev. Mais avec la fin du monopole du commerce ext&#233;rieur de l'URSS et l'ouverture du march&#233;, il suffisait d'&#234;tre le chef de sa r&#233;gion, de sa r&#233;publique, ou le dirigeant de son consortium industriel (avant m&#234;me d'en devenir le propri&#233;taire) pour faire son beurre avec les richesses qu'on contr&#244;lait. L'int&#233;r&#234;t d'avoir des relations directes avec les pays occidentaux sans d&#233;pendre de Moscou, vendre p&#233;trole ou autres mati&#232;res premi&#232;res sur leur march&#233;, plus fructueux que le march&#233; int&#233;rieur de l'URSS, avait pour les dirigeants locaux un int&#233;r&#234;t &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette Union que la dictature stalinienne avait retransform&#233;e en &#171; prison des peuples &#187;, l'explosion des nationalismes en URSS &#233;tait encourag&#233;e par la &#171; glasnost &#187; (la &#171; transparence &#187;) proclam&#233;e par Gorbatchev. Mais les aspirations nationales &#224; plus de libert&#233;, &#224; la fin du m&#233;pris et des in&#233;galit&#233;s, r&#233;cup&#233;r&#233;es par les bureaucrates locaux, ont vite pris une autre tournure nationaliste, voire carr&#233;ment x&#233;nophobe comme &#224; Soumga&#239;t, en Azerba&#239;djan, fin f&#233;vrier 1988, contre une communaut&#233; arm&#233;nienne. En riposte &#224; des manifestations arm&#233;niennes pour le rattachement &#224; l'Arm&#233;nie du Haut-Karabagh (une enclave arm&#233;nienne au sein de l'Azerba&#239;djan), un v&#233;ritable pogrome a &#233;t&#233; organis&#233; dans cette banlieue ouvri&#232;re de Bakou, contre la population arm&#233;nienne de la ville, au cours duquel plus de trente personnes furent tu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sentiments d'oppression par le pouvoir central ressenti par les populations des r&#233;publiques p&#233;riph&#233;riques, surtout des plus pauvres, furent l'un des moteurs de l'explosion, bien-s&#251;r. Mais ils furent attis&#233;s et utilis&#233;s sur le terrain du nationalisme le plus r&#233;actionnaire par les dirigeants r&#233;gionaux, tous anciens notables du Parti communiste d'URSS, pour chercher &#224; se tailler leur fief &#224; la t&#234;te de &#171; leur &#187; peuple. Gaydar Aliev, pr&#233;sident du KGB (police politique) d'Azerba&#239;djan, puis premier secr&#233;taire du Parti communiste de cette r&#233;publique et vice-premier ministre de l'URSS, &#233;cart&#233; par Gorbatchev en 1987, a jou&#233; un r&#244;le dans l'organisation du pogrome de Soumga&#239;t de 1988. Il est devenu pr&#233;sident de l'Azerba&#239;djan en septembre 1993, avant d'&#234;tre remplac&#233; dix ans plus tard par son fils, toujours au pouvoir aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un long et sanglant calendrier d'explosions successives de l'URSS, qui s'est termin&#233; par le feu d'artifice de proclamations successives d'ind&#233;pendance d&#233;cr&#233;t&#233;es par les pr&#233;sidents en place ou vot&#233;es par leurs parlements, s'est &#233;chelonn&#233; de mars 1990 &#224; d&#233;cembre 1991. Les trois pays baltes, Lituanie, Estonie et Lettonie ont ouvert le bal au printemps 1990 ; l'Arm&#233;nie en ao&#251;t de la m&#234;me ann&#233;e ; la G&#233;orgie en avril 1991. Les autres se sont enchain&#233;es au lendemain du putsch rat&#233;, entre le 24 ao&#251;t et fin octobre : Ukraine, Bi&#233;lorussie, Moldavie, Kirghizstan, Ouzb&#233;kistan, Tadjikistan puis Turkm&#233;nistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette fin d'ann&#233;e 1991, Boris Eltsine, gardant entre ses mains le plus gros morceau, la F&#233;d&#233;ration de Russie, est all&#233; dans le sens des r&#233;publiques qui demandaient leur ind&#233;pendance : sapant ainsi le pouvoir de son rival Gorbatchev, non sans se poser en principal artisan de cette tentative d'une CEI qui continuerait &#224; rattacher entre eux des morceaux effectivement li&#233;s par une multitude de liens historiques, &#233;conomiques, linguistiques, familiaux&#8230; L'&#233;rection de nouvelles fronti&#232;res, m&#234;me si celles-ci refl&#233;taient la triste r&#233;alit&#233; de conflits nationalistes pr&#233;existants, s'accompagnait de campagnes ou mesures discriminatoires x&#233;nophobes (en Lettonie contre la population russe qui y habite par exemple), et surtout, qui plus est, s'est faite souvent sur le terrain min&#233; de confrontations arm&#233;es, qui ressurgissent encore aujourd'hui. On voit ce qu'il en est entre Azerba&#239;djan et Arm&#233;nie, Russie et Ukraine, Transnistrie et Moldavie, etc. Des conflits dits &#171; gel&#233;s &#187; renaissent de leurs cendres, entre des peuples qui pourtant &#224; une certaine &#233;poque, et dans l'&#233;lan d'une r&#233;volution ouvri&#232;re, ont ressenti la fiert&#233; d'appartenir &#224; un bloc d'avant-garde. Et les dirigeants de la F&#233;d&#233;ration de Russie, l'&#201;tat omnipuissant sorti du d&#233;mant&#232;lement de l'URSS, ont tout de suite agi en &#171; colons &#187; &#224; l'&#233;gard des aspirations &#224; l'autonomie ou ind&#233;pendance de r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques comme la Tch&#233;tch&#233;nie. Quand cette Tch&#233;tch&#233;nie, partie constituante de la F&#233;d&#233;ration de Russie, a proclam&#233; son ind&#233;pendance en novembre 1991, sous la houlette de Djokhar Douda&#239;ev (ancien g&#233;n&#233;ral sovi&#233;tique, membre du Parti communiste), il n'&#233;tait pas question pour le &lt;em&gt;&#171; lib&#233;ral &#187; &lt;/em&gt;Boris Eltsine de tol&#233;rance. Pour maintenir la Tch&#233;tch&#233;nie dans le cadre de la F&#233;d&#233;ration de Russie, deux guerres sanglantes ont marqu&#233; l'actualit&#233;, la premi&#232;re sous Eltsine entre 1994 et 1996, la seconde sous son successeur Poutine, encore pendant dix ans, entre 1999 et 2009 ! Poutine s'&#233;tant illustr&#233; par la c&#233;l&#232;bre &#8211; et grossi&#232;re &#8211; promesse d'aller &lt;em&gt;&#171; buter les terroristes [tch&#233;tch&#232;nes] jusque dans les chiottes &#187;&#8230; tout en laissant en place le plus criminel de tous, probablement, son ami Ramzan Khadirov.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les &#171; Nouveaux Russes &#187; et les toujours pauvres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour les travailleurs d'URSS, qui en avaient soup&#233; du r&#232;gne de la bureaucratie stalinienne, de ses privil&#232;ges impos&#233;s par la dictature (dont le sinistre Goulag), l'avenir dans la Russie de la restauration capitaliste et dans les autres r&#233;publiques n'a r&#233;pondu en rien aux espoirs ou illusions qu'avaient pu faire na&#238;tre les chantres de la perestro&#239;ka et de la glasnost&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ne peut qu'encourager la lecture de l'ouvrage de Svetlana Alexievitch : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Par-del&#224; des ann&#233;es de chaos, les dessous de table de la corruption ont &#233;t&#233; sanctifi&#233;s en droits de propri&#233;t&#233;. Les privil&#232;ges bureaucratiques transform&#233;s en petits pains capitalistes. Les m&#234;mes bureaucrates que la population avait subis ainsi que les meutes de jeunes loups qui ont fait fortune &#224; l'ombre de l'&#201;tat par le pillage des biens publics, sont devenus les bourgeois d'aujourd'hui, m&#234;me si on les surnomme parfois pudiquement oligarques, nouveaux Russes. Leur fortune insolente d&#233;passe, et de tr&#232;s loin, le luxe et le confort des datchas des bureaucrates d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie capitaliste, les magasins de luxe ont pouss&#233; comme des champignons dans les plus grandes villes, en m&#234;me temps qu'explosaient les in&#233;galit&#233;s : la part du revenu national d&#233;tenu par les 1 % les plus riches a doubl&#233; au cours des ann&#233;es Gorbatchev, passant de 4 % du revenu national &#224; 8 %, et a grimp&#233; en fl&#232;che au cours des ann&#233;es 1990 pour atteindre 25 % du revenu national au d&#233;but des ann&#233;es 2000, pendant que s'effondraient les salaires et davantage encore le montant des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2581 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH573/ballon_rond-0e962.jpg?1788112273' width='500' height='573' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Fin du communisme ou fin du stalinisme ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les grands de ce monde se sont r&#233;jouis. C'&#233;tait la fin du communisme. Voire, pour un renomm&#233; professeur de Chicago, la &#171; fin de l'histoire &#187;. Gourou qui s'est plant&#233; ! L'histoire a continu&#233;, et m&#234;me, ne leur en d&#233;plaise, celle de la lutte de classe. Quant au communisme, il y a bien longtemps que l'URSS n'&#233;tait plus communiste, m&#234;me si ses dirigeants en avaient gard&#233; l'&#233;tiquette et le drapeau ; bien longtemps que Staline &#233;tait devenu l'ennemi des travailleurs sovi&#233;tiques, mais ami des Hitler et Laval, puis Roosevelt, Churchill ou De Gaulle. M&#234;me si comparaison n'est pas raison, nous avions aussi au pouvoir en Occident un Mitterrand, un Moubarak, un Ben Ali tous officiellement membres de l'internationale socialiste et d&#233;fenseurs du capitalisme jusqu'au bout des ongles. Avec la r&#233;gression stalinienne, o&#249; tous les opposants communistes finissaient au poteau d'ex&#233;cution ou au goulag, &#224; commencer par les principaux dirigeants de la r&#233;volution de 1917 (sauf L&#233;nine mort en janvier 1924), ex&#233;cut&#233;s sur les ordres de Staline, l'URSS n'&#233;tait plus que la dictature d'une couche de privil&#233;gi&#233;s, m&#234;me si ceux-ci, &#224; la diff&#233;rence de la classe bourgeoise, ne d&#233;tenaient leurs privil&#232;ges que sur la base d'une &#233;conomie &#233;tatis&#233;e issue de l'&#233;lan r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien d'Octobre 1917, dont ils avaient usurp&#233; le contr&#244;le. Ils en conservaient l'ombre, sur laquelle ils &#233;taient assis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les aspirations de cette couche de privil&#233;gi&#233;s ne pouvaient s'arr&#234;ter au seul contr&#244;le de l'&#233;conomie que leur donnait leur place dans l'appareil d'&#201;tat. Leur enrichissement &#224; l'&#233;poque avait des limites. Qu'ils ont voulu franchir, ainsi que pouvoir transmettre par h&#233;ritage leur fortune &#224; leur descendance. Quels qu'aient &#233;t&#233; leurs privil&#232;ges hier, ils &#233;taient sur le plan de leurs richesses loin de rivaliser avec les grands milliardaires de la plan&#232;te, dont aujourd'hui certains de ces nouveaux bourgeois russes ont rejoint les rangs. &#192; l'exemple de Vladimir Potanine, jeune bureaucrate en 1983, lan&#231;ant sa propre entreprise de commerce ext&#233;rieur en 1990 apr&#232;s la fin du monopole d'&#201;tat, puis pr&#233;sident d'une des premi&#232;res grandes banques priv&#233;es, Onexim, achetant en 1993 le complexe industriel Norilsk Nickel (120 000 ouvriers &#224; l'&#233;poque), et vice-premier ministre de Boris Eltsine : premi&#232;re fortune de Russie aujourd'hui, il figure au classement Forbes des plus grandes fortunes mondiales, certes loin derri&#232;re John Bezos ou Bernard Arnaud mais d&#233;j&#224; au coude &#224; coude avec les Dassault. L'autre limite &#224; leurs ambitions &#233;tait l'instabilit&#233; du si&#232;ge de bureaucrate, &#224; la merci des luttes d'appareil et des disgr&#226;ces qui pouvaient les envoyer d'un minist&#232;re &#224; la prison ou au cimeti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces aspirations bourgeoises de la bureaucratie que soulignait L&#233;on Trotski en 1936 dans &lt;em&gt;La r&#233;volution trahie&lt;/em&gt; pour expliquer la volont&#233; de celle-ci d'en finir avec ce qui restait de la r&#233;volution, et de se faire l'instrument de la restauration du capitalisme. Il &#233;crivait : &lt;em&gt;&#171; D&#232;s maintenant, elle [la bureaucratie] a d&#251;&lt;/em&gt; [&#8230;]&lt;em&gt; r&#233;tablir les grades et les d&#233;corations ; il faudra in&#233;vitablement qu&lt;/em&gt;'&lt;em&gt;elle cherche appui par la suite dans des rapports de propri&#233;t&#233;. On objectera peut-&#234;tre que peu importe au gros fonctionnaire les formes de propri&#233;t&#233; dont il tire ses revenus. C'est ignorer l&lt;/em&gt;'&lt;em&gt;instabilit&#233; des droits du bureaucrate et le probl&#232;me de sa descendance&lt;/em&gt; [&#8230;]. &lt;em&gt;Il ne suffit pas d&lt;/em&gt;'&lt;em&gt;&#234;tre directeur de trust, il faut &#234;tre actionnaire. La victoire de la bureaucratie dans ce secteur d&#233;cisif en ferait une nouvelle classe poss&#233;dante. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il ajoutait : &lt;em&gt;&#171; La restauration bourgeoise aurait vraisemblablement moins de monde &#224; jeter dehors qu'un parti r&#233;volutionnaire. L'objectif principal du nouveau pouvoir serait de r&#233;tablir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Il devrait avant tout donner aux kolkhozes faibles la possibilit&#233; de former de gros fermiers et transformer les kolkhozes riches en coop&#233;ratives de production du type bourgeois, on en soci&#233;t&#233;s par actions. Dans l'industrie, la d&#233;nationalisation commencerait par les entreprises de l'industrie l&#233;g&#232;re et de l'alimentation. Le plan se r&#233;duirait dans les premiers temps &#224; des compromis entre le pouvoir et les &#171; corporations &#187;, c'est-&#224;-dire les capitaines de l&#233;industrie sovi&#233;tique, ses propri&#233;taires potentiels, les anciens propri&#233;taires &#233;migr&#233;s et les capitalistes &#233;trangers. Bien que la bureaucratie sovi&#233;tique ait beaucoup fait pour la restauration bourgeoise, le nouveau r&#233;gime serait oblig&#233; d&lt;/em&gt;'&lt;em&gt;accomplir sur le terrain de la propri&#233;t&#233; et du mode de gestion non une r&#233;forme mais une v&#233;ritable r&#233;volution. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;on Trotski, La r&#233;volution trahie, 1936. Chapitre &#171; o&#249; va l'URSS ? &#187;.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce chemin qu'ont suivi Gorbatchev, Eltsine et une ribambelle d'autres, dont les dirigeants des r&#233;publiques p&#233;riph&#233;riques de l'ex-URSS. Et le chemin a presque quasiment suivi l'ordre des choses r&#233;fl&#233;chi par Trotski, non parce que Trotski aurait &#233;t&#233; un proph&#232;te, mais parce qu'il n'a cess&#233;, &#224; chaque moment de sa vie, d'analyser les possibilit&#233;s r&#233;elles de ce retour en arri&#232;re. Tout en privil&#233;giant, bien &#233;videmment et prioritairement, la discussion des perspectives politiques &#224; d&#233;fendre par l'Internationale et les communistes des diff&#233;rents pays, dont ceux qui survivaient en URSS, pour que les soviets ouvriers reprennent vie et renversent la bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/evolution_des_salaires_et_pensions-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH759/evolution_des_salaires_et_pensions-2-69703.jpg?1788112273' width='500' height='759' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Libert&#233;s d&#233;mocratiques et libert&#233; d'entreprendre, la confusion bien commode&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trotski soulignait que si les vell&#233;it&#233;s de la bureaucratie &#224; s'affranchir de son statut qu'elle estimait m&#233;diocre s'arr&#234;taient souvent au maintien du statu quo, plut&#244;t que de pousser trop loin dans l'aventure de la restauration capitaliste, c'&#233;tait avant tout par crainte qu'un d&#233;pe&#231;age comme celui qui a finalement eut lieu au tournant des d&#233;cennies 1980-1990, ne soul&#232;ve la col&#232;re ouvri&#232;re, faisant basculer l'&#233;quilibre dans l'autre sens. Au milieu des ann&#233;es 1930, on &#233;tait &#224; moins de vingt ans de la r&#233;volution et les id&#233;es de celles-ci &#233;taient dans toutes les t&#234;tes, l'expropriation des poss&#233;dants une histoire r&#233;cente. Une victoire r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'issue de ce combat qui allait soit achever la contre-r&#233;volution stalinienne soit permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de reprendre le contr&#244;le de l'&#201;tat et de l'&#233;conomie d&#233;pendrait de la lutte de classe. Mais en URSS, 70 ans plus tard, Gorbatchev n'avait plus affaire &#224; un tel degr&#233; de conscience. La crainte de la bureaucratie &#233;tait moindre, mais explique n&#233;anmoins la prudence de Gorbatchev lors de ses premiers pas : son attitude vis-&#224;-vis des premi&#232;res gr&#232;ves des mineurs dont on a d&#233;j&#224; parl&#233;, et plus encore les libert&#233;s d&#233;mocratiques accord&#233;es qui r&#233;pondaient &#224; des aspirations plus que l&#233;gitimes, mais que l'on pr&#233;sentait comme &#233;troitement li&#233;es &#224; l'autre nouvelle libert&#233;, celle d'entreprendre et de s'enrichir. Un moment de &#171; d&#233;mocratisation &#187; ou de timide ouverture avait eu lieu dans la foul&#233;e de l'arriv&#233;e au pouvoir de Khrouchtchev, sous la banni&#232;re de la &#171; d&#233;stalinisation &#187;, d'o&#249; la publication d'ouvrages jusque-l&#224; interdits, d'o&#249; des lib&#233;rations de prisonniers du goulag. Cette ouverture avait &#233;t&#233; de courte dur&#233;e, vite referm&#233;e sous le r&#232;gne de Brejnev. Celle apport&#233;e par Gorbatchev pouvait nourrir quelques illusions. Mais il n'y eut pas, dans cette classe ouvri&#232;re d&#233;sarm&#233;e par plus de 60 ans de stalinisme, d'organisation, de parti qui puisse s'emparer des possibilit&#233;s que pouvait offrir cette ouverture. Seuls les courants politiques bourgeois s'en sont saisis. Au point que m&#234;me dans la classe ouvri&#232;re, le nouveau syndicat des mineurs qui &#233;tait apparu, en opposition avec le syndicat officiel au lendemain de la gr&#232;ve de 1989, &#233;tait sous l'influence de ces courants-l&#224;, soutenant les ultralib&#233;raux d'Eltsine et cultivant l'illusion que les travailleurs pourraient profiter des r&#233;formes qui n'allaient pas assez vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube du d&#233;mant&#232;lement de l'URSS, le souci de faire avaler la pilule est all&#233; jusque dans les d&#233;tails du programme des privatisations de masse, pr&#233;vu d&#232;s 1990, mis au point et lanc&#233; en 1992. &#171; Tous capitalistes &#187;, c'&#233;tait la formule du plan d'Antoli Tchouba&#239;s, ministre charg&#233; des privatisations de Boris Eltsine. Le principe en avait &#233;t&#233; concoct&#233; sur les conseils de Jeffrey Sachs, professeur d'&#233;conomie &#224; Harvard et Paul Volker ancien pr&#233;sident de la Banque centrale am&#233;ricaine, et avec l'aide technique du Cr&#233;dit commercial de France, de la soci&#233;t&#233; de consulting britannique Braxton Associ&#233;s et de la Berd (Banque europ&#233;enne de reconstruction et d&#233;veloppement), pr&#233;sid&#233;e alors par Jacques Attali et o&#249; un autre futur ministre des Finances russes, Boris Fiodorov, faisait ses premi&#232;res armes. Du beau monde ! En &#233;tait sortie la distribution g&#233;n&#233;rale et gratuite &#224; tout citoyen de &#171; bons de privatisation &#187; (&#171; voucher &#187; disait-on, le mot en anglais faisant bien dans la nouvelle Russie capitaliste), d'une valeur chacun de 10 000 roubles, avec lesquels les citoyens &#233;taient cens&#233;s acheter quelques actions de leur propre usine au moment de la privatisation. Directeurs et cadres avaient eu droit &#224; plus de bons que les autres, &#233;videmment. Les salaires &#233;tant insuffisants, voire impay&#233;s, les bons avaient vite &#233;t&#233; revendus pour boucler les fins de mois, s'&#233;taient donc trouv&#233;s concentr&#233;s entre quelques mains, ou plac&#233;s dans des &#171; fonds de placement &#187; dont les cr&#233;ateurs s'assuraient ainsi, &#224; l'&#339;il, un capital suffisant pour devenir de gros acheteurs d'entreprises. Ainsi va le march&#233; libre, vers sa concentration en quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Lutte de classe et communisme plus que jamais &#224; l'ordre du jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mise &#224; part la gr&#232;ve des mineurs de l'ann&#233;e 1989, les r&#233;actions de la classe ouvri&#232;re se sont surtout manifest&#233;es plus tard, &#224; partir de 1994. La p&#233;riode 1990-1993 semble avoir &#233;t&#233; celle de l'attentisme pendant que les conflits politiques au sommet de la bureaucratie dominaient l'actualit&#233; et que la population, y compris les classes moyennes d'enseignants, m&#233;decins, infirmi&#232;res sombraient peu &#224; peu, eux et leur famille, dans une vraie mis&#232;re. Voire l'&#233;migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1993, le marasme &#233;conomique provoqu&#233; par les privatisations est tel que bien des doutes sont lev&#233;s : lib&#233;ration des prix (sur conseils du FMI comme toujours) et inflation sauvage, hausse du ch&#244;mage, salaires impay&#233;s, suppression des services et aides sociales. Les grandes entreprises (et &#171; combinats &#187;) qui assuraient &#224; leur personnel des &#171; avantages sociaux &#187; sont encourag&#233;es &#224; les abandonner, pour augmenter leur valeur marchande ; elles se d&#233;barrassent, aupr&#232;s de services quasi inexistants de l'&#201;tat, des cantines, des cr&#232;ches, des magasins, des centres de loisirs et vacances&#8230; En 1993, devenu ministre des Finances, Fiodorov d&#233;cr&#233;tait les &#171; s&#233;questrations budg&#233;taires &#187;, c'est-&#224;-dire des suspensions de paiement des fonctionnaires (y compris l'arm&#233;e) et des commandes d'&#201;tat, alors que les salari&#233;s &#233;taient appel&#233;s &#224; faire des sacrifices pour sortir leurs entreprises de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en 1998 la Russie plongeait dans une profonde crise financi&#232;re et &#233;conomique. Rien de myst&#233;rieux dans le d&#233;veloppement de cette crise, qui sortait tout droit de l'instauration du capitalisme et du d&#233;pe&#231;age des entreprises d'&#201;tat. Tout poss&#233;dant avait d&#233;sormais le loisir de poss&#233;der un compte bancaire en devises &#233;trang&#232;res, autrement dit de conserver les dollars qu'il encaissait. Le dollar lui-m&#234;me &#233;tait devenu momentan&#233;ment l'une des monnaies du pays (pour les &#233;changes entre nantis, &#231;a va de soi), et la situation &#233;conomique &#233;tant instable, les nouveaux poss&#233;dants pla&#231;aient dans des affaires &#224; l'&#233;tranger ou dans des paradis fiscaux (Chypre notamment) les capitaux qu'ils tiraient de l'exploitation des richesses et entreprises qu'ils avaient acquises. Pendant que l'&#201;tat multipliait les emprunts pour assurer quelques services ou soutenir une &#233;conomie en chute libre. Avec pour terminer une d&#233;valuation massive du rouble, et donc du pouvoir d'achat des m&#233;nages. Le nouveau capitalisme montrait son vrai visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits sociaux se sont multipli&#233;s, avec un contenu bien diff&#233;rent de celui des conflits de 1989, et sous des formes vari&#233;es : gr&#232;ves de la faim, occupation de locaux, blocages de routes ou de voies ferr&#233;es, si&#232;ge de b&#226;timents&#8230; Les gr&#232;ves ont pris des tournures plus radicales. En avril 1994, &#224; Zil, l'usine automobile de Moscou, raconte Karine Cl&#233;ment dans son livre &lt;em&gt;Les ouvriers russes dans la tourmente du march&#233;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet exemple de conflit et les suivants sont tir&#233;s du livre de Karine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, s'est mise en gr&#232;ve &#224; l'annonce de l'arr&#234;t de la cha&#238;ne de montage sous pr&#233;texte de d&#233;ficit de l'usine. Les ouvriers sont all&#233;s s'installer devant la Maison blanche, si&#232;ge du gouvernement, pour protester contre la mauvaise gestion. C'est surtout un an plus tard, alors que le pr&#233;sident de la firme en &#233;tait devenu son actionnaire majoritaire, que la gr&#232;ve &#233;clatait &#224; nouveau pour les salaires impay&#233;s depuis des mois, et obtenait gain de cause. En 1995-1996, c'&#233;taient quatre usines de m&#233;canique de la r&#233;gion de Iaroslav qui faisaient gr&#232;ve ensemble contre leurs directions qui accumulaient les mois de salaires impay&#233;s pour utiliser les fonds &#224; des op&#233;rations financi&#232;res et commerciales fructueuses ; en 1998 les m&#234;mes s'y remettaient, installant leur campement en plein centre-ville, avec cantine et aires de r&#233;unions. Pour ne citer que quelques exemples. Mais ce fut surtout, de mai &#224; octobre 1998, une nouvelle gr&#232;ve dans toutes les r&#233;gions mini&#232;res du pays qui a marqu&#233; l'actualit&#233;. Les mineurs entrainaient derri&#232;re eux des travailleurs d'autres secteurs, sant&#233;, enseignement, qui bloquaient les voies ferr&#233;es et occupaient les places. Pendant quatre mois, de juin &#224; octobre, des mineurs venus de toutes les r&#233;gions mini&#232;res ont camp&#233; devant le Kremlin. &lt;em&gt;&#171; Eltsine d&#233;mission &#187;&lt;/em&gt; &#233;tait l'un de leurs slogans. Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, le gouvernement de Poutine inventait la &lt;em&gt;&#171; mon&#233;tisation &#187;&lt;/em&gt; des aides sociales : les droits &#224; une couverture sociale, sant&#233;, retraite, &#233;taient supprim&#233;s, rachet&#233;s par le versement d'une somme forfaitaire, alors que la privatisation des logements faisait flamber les loyers et l'inflation tous les prix de produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Et c'&#233;taient cette fois les retrait&#233;s qui descendaient dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH678/mineurs_en_greve-a229a.jpg?1788112273' width='500' height='678' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Depuis 25 ans maintenant, dans l'ex-URSS, le capitalisme est bel est bien l&#224;, sous son vrai visage. Et l'ouverture d&#233;mocratique du &#171; cause toujours &#187;, dont Gorbatchev couvrait son retour, a &#233;t&#233; remplac&#233;e par le &#171; ferme ta gueule &#187; du r&#233;gime de Poutine. Qui est de plus en plus honni et ne se maintient qu'en usant de m&#233;thodes de plus en plus r&#233;pressives, jusqu'&#224; craindre des concurrents politiques comme feu Nemtsov (assassin&#233;) ou Navalny (&#224; ce jour en prison) qui ne sont pourtant pas des d&#233;fenseurs du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pass&#233; de l'URSS, celui de la r&#233;volution d'octobre 1917 qui avait chang&#233; de monde, et cr&#233;&#233; une internationale ouvri&#232;re communiste, est ineffa&#231;able. C'est le stalinisme qui est mort. Les id&#233;es de la r&#233;volution russe restent celles de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 d&#233;cembre 2021, Olivier Belin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette fonction de pr&#233;sident de l'URSS avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en mars 1990 dans le cadre des r&#233;formes institutionnelles qui rapprochaient les institutions de l'URSS des structures classiques des &#201;tats bourgeois. Gorbatchev &#233;tait arriv&#233; au pouvoir en 1985 avec la fonction de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Parti communiste de l'URSS, puis nomm&#233; pr&#233;sident du Soviet supr&#234;me de 1988 &#224; 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au sein de l'URSS, ce qu'on appelle commun&#233;ment la Russie &#233;tait d&#233;j&#224; une f&#233;d&#233;ration, la F&#233;d&#233;ration de Russie, constitu&#233;e de 22 r&#233;publiques et d'un certain nombre de &#171; Kra&#239;s &#187; ou d' &#171; Oblasts &#187;, territoires ou r&#233;gions. C'est de cette F&#233;d&#233;ration dont Eltsine s'&#233;tait fait &#233;lire pr&#233;sident (pr&#233;sident du Soviet f&#233;d&#233;ral) en mai 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On ne peut qu'encourager la lecture de l'ouvrage de Svetlana Alexievitch : &lt;em&gt;La fin de l'homme rouge ou le temps du d&#233;senchantement&lt;/em&gt;, Actes Sud, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L&#233;on Trotski, &lt;em&gt;La r&#233;volution trahie&lt;/em&gt;, 1936. Chapitre &#171; o&#249; va l'URSS ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cet exemple de conflit et les suivants sont tir&#233;s du livre de Karine Cl&#233;ment, &lt;em&gt;Les ouvriers russes dans la tourmente du march&#233;&lt;/em&gt;, Syllepse, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dossier : Soixanti&#232;me anniversaire du 17 octobre 1961 : le plus grand massacre de travailleurs depuis la Commune de Paris
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Soixantieme-anniversaire-du-17-octobre-1961-le-plus-grand-massacre-de</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Soixantieme-anniversaire-du-17-octobre-1961-le-plus-grand-massacre-de</guid>
		<dc:date>2021-10-15T15:29:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La guerre d'Alg&#233;rie durait depuis l'insurrection de la Toussaint 1954 et avait caus&#233; la mort de 500 000 &#224; un million de personnes, dont 25 000 soldats fran&#231;ais. Incapable de gagner cette guerre, face &#224; la d&#233;termination du peuple alg&#233;rien, le gouvernement s'&#233;tait r&#233;sign&#233; &#224; engager des n&#233;gociations avec les repr&#233;sentants du GPRA (Gouvernement provisoire de la R&#233;publique alg&#233;rienne) et &#224; organiser un r&#233;f&#233;rendum pour l'autod&#233;termination le 8 janvier 1961. Toutefois, ceux qu'on appelait &#171; les ultras d'Alger &#187;, repr&#233;sentant les int&#233;r&#234;ts d'entreprises coloniales et certains secteurs de l'arm&#233;e, ne voulaient pas entendre parler d'ind&#233;pendance et avaient form&#233; une organisation arm&#233;e fasciste l'OAS (Organisation arm&#233;e secr&#232;te) qui menait des attentats non seulement contre les Alg&#233;riens mais contre toutes les personnalit&#233;s favorables &#224; la paix. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH115/arton16603-7928e.jpg?1789190959' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le contexte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La guerre d'Alg&#233;rie durait depuis l'insurrection de la Toussaint 1954 et avait caus&#233; la mort de 500 000 &#224; un million de personnes, dont 25 000 soldats fran&#231;ais. Incapable de gagner cette guerre, face &#224; la d&#233;termination du peuple alg&#233;rien, le gouvernement s'&#233;tait r&#233;sign&#233; &#224; engager des n&#233;gociations avec les repr&#233;sentants du GPRA (Gouvernement provisoire de la R&#233;publique alg&#233;rienne) et &#224; organiser un r&#233;f&#233;rendum pour l'autod&#233;termination le 8 janvier 1961. Toutefois, ceux qu'on appelait &#171; les ultras d'Alger &#187;, repr&#233;sentant les int&#233;r&#234;ts d'entreprises coloniales et certains secteurs de l'arm&#233;e, ne voulaient pas entendre parler d'ind&#233;pendance et avaient form&#233; une organisation arm&#233;e fasciste l'OAS (Organisation arm&#233;e secr&#232;te) qui menait des attentats non seulement contre les Alg&#233;riens mais contre toutes les personnalit&#233;s favorables &#224; la paix. De Gaulle, venu lui-m&#234;me au pouvoir &#224; la suite du coup d'&#201;tat d'Alger du 13 mai 1958, &#233;tait d&#233;cid&#233; &#224; mettre fin &#224; la guerre. Mais il tentait aussi de donner des gages &#224; l'arm&#233;e et &#224; la police, o&#249; les &#171; ultras &#187; restaient tr&#232;s influents, pour ne pas para&#238;tre trop favorable aux nationalistes alg&#233;riens. C'est pour montrer sa fermet&#233; contre les Alg&#233;riens qu'il fit durement r&#233;primer la manifestation du 17 octobre 1961, puis, contre les communistes, celle du 8 f&#233;vrier 1962, qui a entra&#238;n&#233; le massacre du m&#233;tro Charonne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un crime jamais sanctionn&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si Maurice Papon a fini par &#234;tre condamn&#233; pour les d&#233;portations de Juifs qu'il avait organis&#233;es &#224; Bordeaux sous l'occupation, il ne fut jamais jug&#233; pour les massacres du 17 octobre et de Charonne. Au-dessus de lui, le ministre de l'Int&#233;rieur Roger Frey, le premier ministre Michel Debr&#233; et bien entendu le pr&#233;sident de la R&#233;publique, de Gaulle, ne furent pas davantage inqui&#233;t&#233;s. Les milliers de policiers qui particip&#232;rent &#224; la r&#233;pression &#224; des degr&#233;s divers conserv&#232;rent leurs postes, comme une partie d'entre eux qui avaient d&#233;j&#224; proc&#233;d&#233; &#224; la chasse aux r&#233;sistants et aux Juifs, notamment &#224; la rafle du V&#233;l' d'Hiv', les avaient d&#233;j&#224; gard&#233;s en 1945.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un des plus grands massacres de l'histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 17 octobre 2021 marque le soixanti&#232;me anniversaire du massacre du 17 octobre 1961. Ce fut le plus grand massacre de travailleurs depuis ceux qui marqu&#232;rent l'&#233;crasement de la Commune de Paris par les troupes de Thiers en 1871. Le nombre exact de victimes n'est toujours pas connu, car les autorit&#233;s ont tout fait pour masquer son ampleur. L'historien Jean-Luc Einaudi l'a &#233;valu&#233; entre 200 et 300 morts, et des centaines de bless&#233;s, mais estimait qu'il pouvait &#234;tre plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le sinistre Papon aux commandes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est pour protester contre l'instauration d'un couvre-feu interdisant aux &#171; Musulmans alg&#233;riens &#187; de sortir apr&#232;s 20 heures 30 que la f&#233;d&#233;ration de France du Front de lib&#233;ration nationale alg&#233;rien, qui comptait 15 000 militants en m&#233;tropole, organisa la manifestation du 17 octobre. La situation &#233;tait particuli&#232;rement tendue dans Paris depuis des mois. La police se livrait r&#233;guli&#232;rement &#224; des descentes dans les caf&#233;s et h&#244;tels fr&#233;quent&#233;s par des Alg&#233;riens qu'elle traitait avec la plus grande brutalit&#233;. Il ne faisait pas bon avoir &#171; le type nord-africain &#187; pour se promener dans Paris. Les ratonnades, brimades, rafles &#233;taient quotidiennes. Pour r&#233;primer les Alg&#233;riens dans la capitale, Papon avait fait venir 400 harkis d'Alg&#233;rie. Ceux-ci constituaient la FPA (Force de police auxiliaire) qui pouvait patrouiller dans les rues, contr&#244;ler et arr&#234;ter des Alg&#233;riens. Dans les commissariats o&#249; ces harkis &#233;taient install&#233;s, comme &#224; la Goutte-d'Or, des prisonniers &#233;taient tortur&#233;s nuit et jour, au point que les voisins se plaignaient de leurs cris. Mais les policiers fran&#231;ais n'&#233;taient pas en reste. Redoutant des repr&#233;sailles, la pr&#233;fecture avait d'ailleurs d&#233;cid&#233; qu'ils ne porteraient plus leur matricule sur leur uniforme comme ils le faisaient jusqu'alors. Des d&#233;tenus disparurent de commissariats des 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements, probablement jet&#233;s dans la Seine. En repr&#233;sailles, le FLN avait men&#233; plusieurs attaques contre des commissariats, des harkis et des policiers identifi&#233;s comme tortionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Papon, pr&#233;fet de Paris, sera inform&#233; de la pr&#233;paration de la manifestation par ses indicateurs. Michel Debr&#233;, alors Premier ministre de De Gaulle, donnera carte blanche pour mener la r&#233;pression &#224; ce haut fonctionnaire d&#233;j&#224; responsable de la rafle des enfants juifs de Bordeaux en janvier 1944. Les Alg&#233;riens avaient l'intention de d&#233;filer pacifiquement sur les grands boulevards entre 18 et 20 heures. Ils avaient m&#234;me re&#231;u pour consigne du FLN de venir sans armes et bien habill&#233;s pour faire bon effet sur la population fran&#231;aise. La police va se d&#233;cha&#238;ner. En d&#233;pit du caract&#232;re pacifique de cette manifestation, tous les moyens seront utilis&#233;s : fusillades, coups et noyades. De nombreux Alg&#233;riens furent jet&#233;s dans la Seine et leurs cadavres retrouv&#233;s souvent des jours plus tard. Certains furent tortur&#233;s et assassin&#233;s dans des commissariats et un certain nombre trouva la mort dans la cour de la pr&#233;fecture de police sous les yeux de Papon lui-m&#234;me. Au stade Pierre-de-Coubertin, des prisonniers seront m&#234;me gaz&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les policiers, dont beaucoup avaient particip&#233; &#224; la guerre d'Alg&#233;rie, avaient &#233;t&#233; chauff&#233;s &#224; blanc par leurs chefs, &#224; la suite d'attaques de commissariats par le FLN. Six mille manifestants, et m&#234;me passants rafl&#233;s au hasard, furent parqu&#233;s dans le Palais des sports de la porte de Versailles, au gymnase Japy, &#224; Vincennes et dans quelques autres lieux. &#192; leur arriv&#233;e, ils &#233;taient sauvagement frapp&#233;s &#224; coups de matraque et de crosse, et m&#234;me souvent d&#233;pouill&#233;s de leur argent et de leur montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre officiel d'arrestations atteindra 11 500 sur 30 000 &#224; 40 000 manifestants. Jamais la police n'avait arr&#234;t&#233; autant de monde dans la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet anniversaire du 17 octobre doit nous rappeler de quelle barbarie sont capables les forces de r&#233;pression de l'&#201;tat au service de la bourgeoisie. Ne pas l'oublier et le faire savoir aux nouvelles g&#233;n&#233;rations, c'est le meilleur hommage que nous pouvons rendre &#224; nos camarades alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Apr&#232;s le 17 octobre, des d&#233;cennies de mensonges et de d&#233;ni du massacre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 18 octobre au matin, toute la presse &#233;voque la manifestation des Alg&#233;riens et la r&#233;pression. La presse de droite, &lt;em&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;, l'Aurore, Paris-Jour&lt;/em&gt;, reprennent la version officielle : &lt;em&gt;&#171; de violentes manifestations nord-africaines emmen&#233;es par des tueurs &#187;&lt;/em&gt; qui auraient tir&#233; sur les forces de police. Celles-ci n'auraient fait que riposter pour se d&#233;fendre. Des policiers auraient m&#234;me &#233;t&#233; bless&#233;s par balles, ce qui s'av&#233;rera faux. &lt;em&gt;Paris-Jour&lt;/em&gt; &#233;crit : &lt;em&gt;&#171; C'est inou&#239; ! Pendant trois heures 20 000 Musulmans alg&#233;riens ont &#233;t&#233; les ma&#238;tres absolus des rues de Paris. &#187;&lt;/em&gt; La presse de gauche, &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Lib&#233;ration&lt;/em&gt;, reste tr&#232;s prudente. &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt; d&#233;nonce les violences, sans parler de massacre ni de crime, et pr&#233;cise qu'elle ne peut pas en dire plus en raison de la censure. Le quotidien du PCF para&#238;t en effet r&#233;guli&#232;rement avec des colonnes en blanc. &lt;em&gt;France soir&lt;/em&gt; fait tout de m&#234;me &#233;tat de violences polici&#232;res et &lt;em&gt;Le Figaro&lt;/em&gt; de &lt;em&gt;&#171; violences &#224; froid &#187;&lt;/em&gt; dans les lieux o&#249; les Alg&#233;riens ont &#233;t&#233; intern&#233;s. Quant au journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, il fait porter aux Alg&#233;riens la responsabilit&#233; de ces &#233;v&#233;nements sanglants :&lt;em&gt; &#171; C'est le terrorisme musulman qui porte la responsabilit&#233; de ces drames. &#187;&lt;/em&gt; Le journal, dirig&#233; alors par Jacques Fauvet, stigmatise &lt;em&gt;&#171; une contre-soci&#233;t&#233; FLN&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edition du 20 octobre 1961.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la t&#233;l&#233;vision, g&#233;r&#233;e d'une main de fer par l'ORTF&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Office de radio-t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et le pouvoir gaulliste, elle consacre deux minutes au sujet, en commen&#231;ant par montrer&#8230; des vitrines bris&#233;es. On entrevoit &#224; peine quelques violences et des files d'Alg&#233;riens que la police fait monter dans des autobus. Jean-Pierre Elkabbach, alors jeune journaliste, soutient le couvre-feu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des d&#233;brayages limit&#233;s et des p&#233;titions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du mouvement ouvrier, les r&#233;actions sont loin d'&#234;tre &#224; la hauteur de l'ampleur du massacre. Le bureau politique du PCF publie d&#232;s le 18 octobre une d&#233;claration d&#233;non&#231;ant la r&#233;pression, sans en souligner l'ampleur, et appelant &#224; &lt;em&gt;&#171; des initiatives en vue d'organiser dans l'unit&#233; la lutte de masse dans les usines et les localit&#233;s afin que se r&#233;alise concr&#232;tement l'unit&#233; des travailleurs fran&#231;ais et alg&#233;riens &#187;&lt;/em&gt;. Ce communiqu&#233; souligne aussi &lt;em&gt;&#171; la n&#233;cessit&#233; d'en finir avec la guerre d'Alg&#233;rie &#187;&lt;/em&gt; et d'&lt;em&gt;&#171; imposer une v&#233;ritable n&#233;gociation avec le GPRA sur la base de l'application du principe de l'autod&#233;termination &#187;&lt;/em&gt;. Mais cet appel ne contient aucune consigne pr&#233;cise et les organisations de base du parti n'en re&#231;oivent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT Renault diffuse d&#232;s le 18 un tract nettement plus pr&#233;cis. Et pour cause ! De nombreux travailleurs alg&#233;riens manquent sur les cha&#238;nes, mais des rescap&#233;s ont pu informer leurs camarades. &lt;em&gt;&#171; Le nombre exact de morts est pour le moment cach&#233;. &lt;/em&gt;[&#8230;]&lt;em&gt; Les policiers qui ont tir&#233; sont ceux qui matraquent les travailleurs fran&#231;ais quand ils font entendre leur m&#233;contentement. &#187;&lt;/em&gt; La CGT Renault rappelle que l'instauration du fascisme a commenc&#233; en Allemagne par les pogroms contre les Juifs. Elle souligne &lt;em&gt;&#171; La lutte du peuple alg&#233;rien pour l'ind&#233;pendance est l&#233;gitime &#187;&lt;/em&gt;. Mais, quand il s'agit de passer &#224; l'action, elle reste singuli&#232;rement timor&#233;e. Elle appelle &#224; &lt;em&gt;&#171; signer d&#232;s cet apr&#232;s-midi des p&#233;titions &#187;&lt;/em&gt; et &#224; organiser des d&#233;l&#233;gations de protestation en direction des mairies&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, &#224; l'appel de la CGT, et parfois de la CFTC, il n'y aura que des d&#233;brayages limit&#233;s chez Renault et dans quelques autres entreprises de la r&#233;gion parisienne, comme Thomson Gennevilliers, Saviem &#224; Saint-Ouen. Une demi-heure seulement chez Thomson Bagneux. Parfois c'est seulement le personnel du CE qui d&#233;braie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT f&#233;licitera par la suite les membres du personnel de la RATP qui auraient refus&#233; de charger les Alg&#233;riens rafl&#233;s par la police, mais on ne trouve pas trace de ces refus. En revanche, aux d&#233;p&#244;ts de Choisy-le-Roi et de la Croix-Nivert, les employ&#233;s ont refus&#233;&#8230; de nettoyer les traces sanglantes qui souillaient les autobus. Le syndicat CGT de la RATP affirmera aussi par la suite qu'on avait cach&#233; aux salari&#233;s la t&#226;che qu'on allait leur faire accomplir, mais ceux-ci ne pouvaient que la d&#233;couvrir tr&#232;s vite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La police exige l'impunit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des partis politique, Claude Bourdet, conseiller municipal de Paris, dirigeant du PSU et fondateur de l'hebdomadaire &lt;em&gt;France Observateur&lt;/em&gt;, interpelle Papon en termes vigoureux tout en m&#233;nageant la police qu'il refuse d'incriminer dans son ensemble. Jacques Duclos, un des principaux dirigeants du PCF, de son c&#244;t&#233;, s'en prendra &#224; Roger Frey, ministre de l'Int&#233;rieur, &#224; l'Assembl&#233;e. Tous deux d&#233;noncent la violence de la r&#233;pression, mais sans para&#238;tre mesurer son ampleur. Il sera question d'une commission d'enqu&#234;te, mais celle-ci ne verra jamais le jour, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; rejet&#233;e selon certains historiens comme Jean-Luc Einaudi par de Gaulle en personne. Il faut dire que, d&#232;s que certains aspects de la barbarie polici&#232;re ont &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;s, les syndicats de police sont mont&#233;s au cr&#233;neau, &#224; commencer par le plus puissant, le SGP (Syndicat g&#233;n&#233;ral de la police), dirig&#233; alors par G&#233;rard Monate, proche de la SFIO. Les policiers exigent donc &#224; leur habitude l'impunit&#233; totale. Monate les rassurera par ces mots au cours d'un conseil syndical : &lt;em&gt;&#171; Pour ce qui s'est pass&#233; lors de la manifestation, tout est couvert par le pr&#233;fet. &#187;&lt;/em&gt; (Papon) De fait, aucun policier ne sera jamais inqui&#233;t&#233; par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons toutefois que des voix critiques se sont fait entendre au cours de ce conseil, mais ont &#233;t&#233; largement couvertes par la majorit&#233; des syndicalistes policiers pr&#233;sents. Les quelques policiers indign&#233;s par le comportement de leurs coll&#232;gues ont &#233;t&#233; impuissants &#224; endiguer la barbarie. Certains ont m&#234;me &#233;t&#233; menac&#233;s de mort pour avoir os&#233; &#233;mettre des critiques. Un tract sign&#233; &lt;em&gt;&#171; des policiers r&#233;publicains &#187;&lt;/em&gt; sera adress&#233; clandestinement &#224; la presse et &#224; des personnalit&#233;s politiques. Des poursuites judiciaires seront envisag&#233;es par la Pr&#233;fecture et le SGP contre les auteurs, puis abandonn&#233;es, sans doute pour &#233;viter de donner davantage de retentissement &#224; ce texte quasi confidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Que savait-on &#224; l'&#233;poque ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;videmment s'interroger sur ce qu'il &#233;tait possible de savoir du massacre, compte tenu de la censure et de l'absence d'une vue d'ensemble de la r&#233;pression. M&#234;me les dirigeants du PCF, qui avaient notamment &#233;t&#233; alert&#233;s par quelques policiers encore adh&#233;rents du parti et des c&#233;g&#233;tistes ne disposaient semble-t-il pas de toutes ces informations. Cinquante ans apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements, Henri Malberg&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview dans L'Humanit&#233; du 16 octobre 2011. Tout en d&#233;fendant la ligne du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, secr&#233;taire de la section du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement et membre du comit&#233; f&#233;d&#233;ral de Paris &#224; l'&#233;poque, affirme que la direction du parti n'avait pas &#233;t&#233; pr&#233;venue par le FLN de la manifestation, et qu'il n'a &#233;t&#233; inform&#233; que peu &#224; peu au cours des jours suivants, et encore partiellement. Le FLN lui-m&#234;me ne semble pas avoir su le nombre exact de victimes. Une d&#233;claration du GPRA (Gouvernement provisoire de la r&#233;publique alg&#233;rienne), alors install&#233; &#224; Tunis, ne parle que de cinquante morts et d'une centaine de bless&#233;s. Mais il est clair que les militants de base du PCF et de la CGT, m&#234;me ceux des entreprises dont leurs coll&#232;gues alg&#233;riens avaient particip&#233; &#224; la manifestation, n'avaient que peu d'information et les militants des sections locales et de province en avaient encore moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;nonciation plus pr&#233;cise et plus radicale du massacre viendra un peu plus tard de petites publications comme &lt;em&gt;V&#233;rit&#233;-Libert&#233;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Les Temps modernes&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;T&#233;moignages et documents&lt;/em&gt;, qui seront toutes syst&#233;matiquement saisies. L'&#233;diteur militant Fran&#231;ois Maspero tentera de publier une enqu&#234;te de la journaliste Paulette P&#233;ju, &lt;em&gt;Ratonnades &#224; Paris&lt;/em&gt;. Mais celle-ci sera &#233;galement saisie avant m&#234;me d'&#234;tre sortie des presses. Tout cela circulera tout de m&#234;me clandestinement, mais en un tr&#232;s petit nombre d'exemplaires. Il faut cependant noter que l'hebdomadaire &lt;em&gt;T&#233;moignage chr&#233;tien&lt;/em&gt;, tr&#232;s engag&#233; contre la guerre d'Alg&#233;rie, publiera un dossier d&#232;s le 27 octobre avec les c&#233;l&#232;bres photos prises par &#201;lie Kagan au p&#233;ril de sa vie. Des photos qui restent encore aujourd'hui les illustrations les plus terrifiantes de ces crimes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut noter aussi ce propos qu'aucune affiche d&#233;non&#231;ant le massacre du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des protestations s'&#233;l&#232;veront dans les milieux intellectuels et universitaires. Un appel est lanc&#233; par une vingtaine de personnalit&#233;s, dont Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Elsa Triolet, Marguerite Duras, Andr&#233; Breton, Pierre Vidal-Naquet. Marguerite Duras publie un texte particuli&#232;rement virulent dans &lt;em&gt;France Observateur&lt;/em&gt;, dans lequel elle compare le 17 octobre avec l'extermination du ghetto de Varsovie. Toutes les &#171; grandes consciences &#187; de l'&#233;poque ne sont pas pour autant au rendez-vous. Fran&#231;ois Mauriac, fid&#232;le gaulliste, &#224; qui l'on demande de prendre position, reste ambigu. Un rassemblement r&#233;unit 2 000 &#233;tudiants et enseignants dans la cour de la Sorbonne. Une manifestation boulevard Saint-Michel ne comptera que deux ou trois cents &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, le souvenir du 17 octobre devait &#234;tre occult&#233; par un autre massacre, celui du 8 f&#233;vrier 1962, quand huit militants du PCF furent assassin&#233;s par des CRS &#224; la station de m&#233;tro Charonne, alors qu'ils manifestaient contre un attentat de l'OAS. Des centaines de milliers de personnes d&#233;fil&#232;rent &#224; leurs obs&#232;ques. Les raisons de l'omerta semblent diverses. D'une part, le PCF et la CGT pr&#233;f&#233;raient mettre en avant leurs propres victimes, d'autant que la faiblesse de leur r&#233;action au lendemain du massacre ne leur faisait pas honneur. D'autre part, le FLN lui-m&#234;me ne tenait pas &#224; compromettre les n&#233;gociations en cours&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les contacts et n&#233;gociations secr&#232;tes ont dur&#233; pr&#232;s de deux ans et devaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; par une d&#233;nonciation trop virulente et encore moins par une riposte, sans compter ses rivalit&#233;s internes. L'&#233;touffoir de la censure, de la raison d'&#201;tat et de la mauvaise conscience a fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le combat de Jean-Luc Einaudi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que vingt ans plus tard que le massacre du 17 octobre cessera d'&#234;tre une sorte de tabou m&#233;diatique et politique, avec la publication d'un roman de Didier Daeninckx, &lt;em&gt;Meurtres pour m&#233;moire&lt;/em&gt;, et surtout le travail de l'historien Jean-Luc Einaudi qui s'efforcera d'&#233;tablir un bilan complet de cette sanglante r&#233;pression.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meurtres pour m&#233;moire, Didier Daeninckx, Gallimard. La bataille de Paris, 17 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Einaudi, &#233;ducateur de profession et ancien militant mao&#239;ste, consacrera une dizaine d'ann&#233;es &#224; ce travail. L'acc&#232;s aux archives officielles lui &#233;tant refus&#233;, en raison notamment d'une loi de 1979 qui porte &#224; soixante ans le d&#233;lai d'ouverture au public, il aura recours &#224; des recherches laborieuses, par exemple en rencontrant des survivants de la manifestation, des familles de victimes et en consultant les registres des cimeti&#232;res de la r&#233;gion parisienne qui font mention de l'inhumation de nombreux FMA (Fran&#231;ais Musulmans d'Alg&#233;rie) non identifi&#233;s. Ses relations avec des militants qui avaient particip&#233; &#224; l'aide au FLN lui permettront de disposer d'une partie des archives de la f&#233;d&#233;ration de France de cette organisation qui comprend de tr&#232;s nombreux t&#233;moignages r&#233;dig&#233;s &#224; la suite du massacre. Ceux-ci sont particuli&#232;rement fiables, car ils n'avaient pas &#233;t&#233; &#233;crits dans un but de propagande ni m&#234;me de d&#233;nonciation mais pour informer la direction du FLN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la publication de &lt;em&gt;La bataille de Paris&lt;/em&gt; en 1991, Papon, pourtant clairement mis en cause, ne r&#233;agira pas. Deux confrontations judiciaires auront pourtant lieu entre l'historien militant et l'ancien pr&#233;fet. La premi&#232;re devant les Assises de Gironde en 1997, quand Papon est jug&#233; pour la d&#233;portation de Juifs de la r&#233;gion bordelaise, en 1944, alors qu'il &#233;tait secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;fecture de Gironde&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Papon sera condamn&#233; &#224; dix ans de prison pour &#171; complicit&#233; de crime contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Einaudi parviendra &#224; t&#233;moigner et &#224; d&#233;noncer le massacre du 17 octobre, ouvrant &lt;em&gt;&#171; un proc&#232;s dans le proc&#232;s &#187;&lt;/em&gt;, selon les termes de l'avocat de Papon. La seconde, c'est Papon lui-m&#234;me qui engagera un proc&#232;s en diffamation contre Einaudi, &#224; la suite d'une tribune publi&#233;e dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; en mai 1998. Einaudi se verra encore refuser l'acc&#232;s aux archives, m&#234;me pour assurer sa d&#233;fense, en d&#233;pit de ses demandes de d&#233;rogation. Mais une archiviste de la ville de Paris, o&#249; sont conserv&#233;es les archives judiciaires, Brigitte Lain&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigitte Lain&#233; et son coll&#232;gue Philippe Grand, qui l'a soutenue, seront (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, aura le courage de t&#233;moigner en sa faveur. La position de Papon, qui d&#233;fend toujours la th&#232;se initiale de trois morts, est donc devenue intenable. Il sera d&#233;bout&#233; par la 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; chambre correctionnelle.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut lire &#224; ce sujet La bataille d'Einaudi, de Fabrice Riceputi. consacr&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que la situation politique avait chang&#233; depuis les ann&#233;es soixante. On peut noter qu'un certain nombre de porteurs de valises de la guerre d'Alg&#233;rie &#233;taient devenus des proches du Parti socialiste et du pr&#233;sident Mitterrand. Les auteurs du massacre encore en vie avaient pris leur retraite. M&#234;me si le sujet restait sensible, dissimuler ce massacre n'avait donc plus la m&#234;me n&#233;cessit&#233; imp&#233;rative pour les gestionnaires de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rard Delteil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Les temps modernes, &lt;/em&gt;novembre 1961. &#171; La bataille de Paris &#187;, texte de Jean-Paul Sartre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;T&#233;moignages et documents.&lt;/em&gt; Textes saisis par la censure.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;V&#233;rit&#233;-Libert&#233;&lt;/em&gt;, n&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; 13, consacr&#233; au 17 octobre 1961 (Dossier r&#233;alis&#233; par Paul Thibaud et Pierre Vidal-Naquet).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Ratonnades &#224; Paris&lt;/em&gt;, Paulette P&#233;ju, Maspero, 1961, saisi et r&#233;&#233;dit&#233; en 2000 par La D&#233;couverte.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;L'Alg&#233;rien en Europe&lt;/em&gt; publie chaque ann&#233;e depuis 1971 un dossier consacr&#233; au 17 octobre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Meurtres pour m&#233;moire&lt;/em&gt;, Didier Daeninckx, Gallimard (s&#233;rie noire), 1984.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Les ratonnades d'octobre&lt;/em&gt;, Michel Levine, Ramsay, 1985.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;La 7&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Wilaya, la guerre du FLN en France, 1954-62&lt;/em&gt;, Ali Haroun, Seuil, 1986.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;La bataille de Paris&lt;/em&gt;, Jean-Luc Einaudi, Seuil, 1991.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Le silence du fleuve,&lt;/em&gt; Anne Tristan, Syros, 1991.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;La Seine &#233;tait rouge&lt;/em&gt;, roman de Leila Sebbar, Therry Magnier, 1999.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Police contre FLN, le drame d'octobre 1961&lt;/em&gt;, Jean-Paul Brunet, Flammarion, 1999.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;La bataille d'Einaudi, &lt;/em&gt;Fabrice Riceputi, pr&#233;face de Claude Manceron, Le passager clandestin, 2015.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Filmographie&lt;/h2&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Octobre &#224; Paris, &lt;/em&gt;Jacques Panigel, 1962. Censur&#233;, n'obtient son visa de censure qu'en 1973 et ne sera diffus&#233; l&#233;galement qu'en 2011.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Nuit noire,&lt;/em&gt; t&#233;l&#233;film d'Alain Tasma, 2004.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Edition du 20 octobre 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Office de radio-t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Interview dans L'Humanit&#233; du 16 octobre 2011. Tout en d&#233;fendant la ligne du PCF, Henri Malberg convient n&#233;anmoins que son parti a &#171; sous-estim&#233; la port&#233;e du 17 octobre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il faut noter aussi ce propos qu'aucune affiche d&#233;non&#231;ant le massacre du 17 octobre ne fut &#233;dit&#233;e, alors que le PCF et la JC collaient &#224; cette &#233;poque des quantit&#233;s d'affiches contre la guerre d'Alg&#233;rie. Le seul souvenir d'une protestation visualisable reste l'inscription trac&#233;e sur les quais de la Seine par deux militants, dont notre camarade Jean-Michel Mension, alias Alexis Violet : &#171; Ici on noie les Alg&#233;riens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les contacts et n&#233;gociations secr&#232;tes ont dur&#233; pr&#232;s de deux ans et devaient aboutir &#224; la signature des accords d'&#201;vian le 18 mars 1962 qui mettaient fin &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Meurtres pour m&#233;moire&lt;/em&gt;, Didier Daeninckx, Gallimard. &lt;em&gt;La bataille de Paris, 17 octobre 1961&lt;/em&gt;, Jean Luc Einaudi, Seuil. Il faut signaler aussi le film &lt;em&gt;Nuit noire&lt;/em&gt; de lain Tasma diffus&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision en 2005, qui traite du massacre du point de vue d'un groupe de policiers et d'une fa&#231;on un peu &#233;dulcor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Papon sera condamn&#233; &#224; dix ans de prison pour &#171; complicit&#233; de crime contre l'humanit&#233; &#187;. Il n'en fera que quatre. Papon fut le seul haut fonctionnaire condamn&#233; pour les d&#233;portations organis&#233;es sous Vichy, mais jamais jug&#233; pour son r&#244;le dans le massacre du 17 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Brigitte Lain&#233; et son coll&#232;gue Philippe Grand, qui l'a soutenue, seront aussit&#244;t placardis&#233;s par les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il faut lire &#224; ce sujet &lt;em&gt;La bataille d'Einaudi&lt;/em&gt;, de Fabrice Riceputi. consacr&#233; au long combat men&#233; par l'historien. Pr&#233;face de Gilles Manceron. Le passager clandestin (&#233;ditions). 240 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> 9 octobre 1981 : la guillotine remis&#233;e au placard
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/9-octobre-1981-la-guillotine-remisee-au-placard</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/9-octobre-1981-la-guillotine-remisee-au-placard</guid>
		<dc:date>2021-10-12T07:46:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Mitterrand
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il y a quarante ans, le 18 septembre 1981, les d&#233;put&#233;s votaient l'abolition de la peine de mort en France, un projet de loi qui sera finalement ent&#233;rin&#233; le 9 octobre. C'&#233;tait l&#224; une promesse de campagne du candidat Mitterrand, dont la mise en &#339;uvre avait &#233;t&#233; confi&#233;e au garde des Sceaux, Robert Badinter, un avocat engag&#233; depuis plusieurs ann&#233;es dans le combat pour l'abolition. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Francois-Mitterrand-+" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Mitterrand
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH97/arton16569-ab150.jpg?1788714691' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quarante ans, le 18 septembre 1981, les d&#233;put&#233;s votaient l'abolition de la peine de mort en France, un projet de loi qui sera finalement ent&#233;rin&#233; le 9 octobre. C'&#233;tait l&#224; une promesse de campagne du candidat Mitterrand, dont la mise en &#339;uvre avait &#233;t&#233; confi&#233;e au garde des Sceaux, Robert Badinter, un avocat engag&#233; depuis plusieurs ann&#233;es dans le combat pour l'abolition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un discours rest&#233; c&#233;l&#232;bre, Badinter d&#233;fendait l'abolition, d'un point de vue surtout moral. Mais son argumentaire rappelait aussi l'absence de valeur dissuasive de la peine de mort dans les crimes de sang&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En 1908, Briand, &#224; son tour, entreprit de demander &#224; la Chambre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et insistait &#224; la fois sur la faillibilit&#233; de la justice et sur le biais raciste &#8211; et de classe, faudrait-il ajouter ! &#8211; qui pr&#233;vaut dans bien des condamnations&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Enfoui, terr&#233;, au c&#339;ur m&#234;me de la justice d'&#233;limination, veille le racisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Macron &#171; against the guillotine &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de cet anniversaire, Emmanuel Macron s'est affich&#233; ce 9 octobre au Panth&#233;on, aux c&#244;t&#233;s de l'ancien ministre de la Justice, pour se placer en chef de file de &#171; l'abolition universelle &#187;, pourfendeur du &#171; despotisme &#187; et d&#233;fenseur de &#171; l'universalit&#233; des droits de l'homme &#187;. Grand bien lui fasse. On aimerait le voir d&#233;fendre avec autant de v&#233;h&#233;mence les &#171; droits de l'homme &#187; quand il s'agit d'accueil des r&#233;fugi&#233;s ou d'usage disproportionn&#233; de la force contre les manifestants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hommage de Macron consistait aussi &#224; souligner &#171; le courage politique &#187; de Mitterrand, pour avoir d&#233;fendu l'abolition de la peine capitale &#224; une p&#233;riode o&#249;, suppos&#233;ment, l'opinion publique n'y &#233;tait pas acquise. Question de contexte. Une enqu&#234;te publi&#233;e en septembre 1981 affirmait, en effet, que 62 % des sond&#233;s &#233;taient favorables &#224; la peine de mort, l&#224; o&#249; quelques ann&#233;es plus t&#244;t, en 1969, apr&#232;s des mois d'agitation sociale et politique, ils n'&#233;taient que 39 %. Un effet, sans doute, du discours sur l'ins&#233;curit&#233; ou le &#171; laxisme &#187; de la justice qui revient de fa&#231;on lancinante&#8230; hier comme aujourd'hui d'ailleurs ! Ainsi &#201;ric Zemmour, qui n'en rate pas une pour flatter l'&#233;lectorat le plus r&#233;actionnaire, n'a pas manqu&#233; r&#233;cemment de ressortir son propre couplet sur la peine de mort&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'en 1981, la France n'&#233;tait pas pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'avant-garde, puisqu'elle a &#233;t&#233; le dernier pays d'Europe occidentale &#224; abolir cette peine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le &#171; courage &#187; de Mitterrand, vraiment ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais si on ne peut enlever &#224; Mitterrand d'avoir men&#233; &#224; bien cette promesse de campagne &#8211; au moins une qu'il a tenue ! &#8211;, difficile en tout cas de lui attribuer personnellement le combat contre la peine de mort. Car s'il existait bien un courant abolitionniste en France (au moins depuis le milieu du &lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;xviii&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, et de Victor Hugo &#224; Camus et Koestler, sans oublier les mobilisations ouvri&#232;res contre l'ex&#233;cution de Sacco et Vanzetti dans les ann&#233;es 1920 ou celles en soutien de Puig Antich, le dernier garrott&#233; par la dictature franquiste), Mitterrand n'en &#233;tait pas, assur&#233;ment. En tant que garde des Sceaux du gouvernement de Guy Mollet en pleine guerre d'Alg&#233;rie (de f&#233;vrier 1956 &#224; juin 1957), non seulement il avait donn&#233; tout pouvoir en mati&#232;re de justice aux militaires sur le sol alg&#233;rien &#8211; l&#233;galisant de fait la torture et les ex&#233;cutions sommaires &#8211;, mais il refusa plus d'une trentaine de demandes de gr&#226;ce, permettant de fait quarante-cinq ex&#233;cutions capitales de militants anticolonialistes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce propos, lire notre article sur l'excellent roman de Joseph Andras, De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pendant son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sabine Beltrand&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&#171; En 1908, Briand, &#224; son tour, entreprit de demander &#224; la Chambre l'abolition. &lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;Il fit observer en effet que par suite du temp&#233;rament divers des pr&#233;sidents de la R&#233;publique qui se sont succ&#233;d&#233;&lt;/em&gt; [&#8230;]&lt;em&gt;, la pratique de la peine de mort avait singuli&#232;rement &#233;volu&#233; pendant deux fois dix ans : 1888-1897, les Pr&#233;sidents faisaient ex&#233;cuter ; 1898-1907, les Pr&#233;sidents &#8211; Loubet, Falli&#232;res &#8211; abhorraient la peine de mort et, par cons&#233;quent, accordaient syst&#233;matiquement la gr&#226;ce. Les donn&#233;es &#233;taient claires : dans la premi&#232;re p&#233;riode o&#249; l'on pratique l'ex&#233;cution : 3 066 homicides ; dans la seconde p&#233;riode, o&#249; la douceur des hommes fait qu'ils y r&#233;pugnent et que la peine de mort dispara&#238;t de la pratique r&#233;pressive : 1 068 homicides, pr&#232;s de la moiti&#233;. Telle est la raison pour laquelle Briand, au-del&#224; m&#234;me des principes, vint demander &#224; la Chambre d'abolir la peine de mort qui, la France venait ainsi de le mesurer, n'&#233;tait pas dissuasive. &#187;&lt;/em&gt; Extrait du discours de Robert Badinter &#224; l'Assembl&#233;e, le 18 septembre 1981. &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&#171; Enfoui, terr&#233;, au c&#339;ur m&#234;me de la justice d'&#233;limination, veille le racisme secret. Si, en 1972, la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis a pench&#233; vers l'abolition, c'est essentiellement parce qu'elle avait constat&#233; que 60 % des condamn&#233;s &#224; mort &#233;taient des Noirs, alors qu'ils ne repr&#233;sentaient que 12 % de la population. Et pour un homme de justice, quel vertige ! Je baisse la voix et je me tourne vers vous tous pour rappeler qu'en France m&#234;me, sur trente-six condamnations &#224; mort d&#233;finitives prononc&#233;es depuis 1945, on compte neuf &#233;trangers, soit 25 %, alors qu'ils ne repr&#233;sentent que 8 % de la population ; parmi eux cinq Maghr&#233;bins, alors qu'ils ne repr&#233;sentent que 2 % de la population. Depuis 1965, parmi les neuf condamn&#233;s &#224; mort ex&#233;cut&#233;s, on compte quatre &#233;trangers, dont trois Maghr&#233;bins. Leurs crimes &#233;taient-ils plus odieux que les autres ou bien paraissaient-ils plus graves parce que leurs auteurs, &#224; cet instant, faisaient secr&#232;tement horreur ? C'est une interrogation, ce n'est qu'une interrogation, mais elle est si pressante et si lancinante que seule l'abolition peut mettre fin &#224; une interrogation qui nous interpelle avec tant de cruaut&#233;. &#187;&lt;/em&gt; Extrait du discours de Robert Badinter &#224; l'Assembl&#233;e, le 18 septembre 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; ce propos, lire &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/De-nos-freres-blesses-de-Joseph-Andras' class=&#034;spip_in&#034;&gt;notre article&lt;/a&gt; sur l'excellent roman de Joseph Andras, &lt;em&gt;De nos fr&#232;res bless&#233;s&lt;/em&gt;, qui &#233;voque l'histoire de Fernand Iveton, militant communiste et anticolonialiste, seul &#171; Europ&#233;en &#187; guillotin&#233; pendant la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> De nos fr&#232;res bless&#233;s, de Joseph Andras
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/De-nos-freres-blesses-de-Joseph-Andras</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/De-nos-freres-blesses-de-Joseph-Andras</guid>
		<dc:date>2021-10-12T07:46:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; l'occasion des &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/9-octobre-1981-la-guillotine-remisee-au-placard' class=&#034;spip_in&#034;&gt;quarante ans de l'abolition de la peine de mort&lt;/a&gt;, voil&#224; un bouquin qu'on a envie de relire et faire lire ! Ce court roman de Joseph Andras raconte l'histoire de Fernand Iveton, seul &#171; Europ&#233;en &#187; condamn&#233; &#224; mort et guillotin&#233; pendant la guerre d'Alg&#233;rie. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L94xH150/arton16570-c5f21.jpg?1789190959' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(&lt;em&gt;L'adaptation au cin&#233;ma par H&#233;lier Cisterne devrait sortir premier trimestre 2022.&lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion des &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/9-octobre-1981-la-guillotine-remisee-au-placard' class=&#034;spip_in&#034;&gt;quarante ans de l'abolition de la peine de mort&lt;/a&gt;, voil&#224; un bouquin qu'on a envie de relire et faire lire ! Ce court roman de Joseph Andras raconte l'histoire de Fernand Iveton, seul &#171; Europ&#233;en &#187; condamn&#233; &#224; mort et guillotin&#233; pendant la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; dans un quartier populaire d'Alger dans une famille de Pieds-Noirs, Fernand Iveton adh&#232;re &#224; dix-sept ans aux Jeunesses communistes. Il travaille, comme son p&#232;re, &#224; l'EGA (&#201;lectricit&#233; et gaz d'Alg&#233;rie) comme ouvrier tourneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volt&#233; par les massacres de S&#233;tif et Guelma et les humiliations que le gouvernement fran&#231;ais inflige &#224; la population d'Alg&#233;rie, Iveton prend fait et cause pour la lutte pour l'ind&#233;pendance du peuple alg&#233;rien. &#192; un moment o&#249; le PCA tergiverse pour soutenir le FLN, Iveton, d&#233;sireux de passer &#224; l'action, fait partie de ces militants qui rejoignent la gu&#233;rilla et le FLN, avec une certaine autonomie, mais officiellement &#224; titre personnel. C'est ainsi qu'il en vient &#224; poser une bombe dans son usine : un attentat qui se veut symbolique et ne devrait faire aucune victime&#8230; La bombe n'explose m&#234;me pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;t&#233;, tortur&#233;, Fernand Iveton est condamn&#233; &#224; mort apr&#232;s un proc&#232;s sommaire. &#171; Je pensais que mon action pouvait prouver que tous les Europ&#233;ens d'Alg&#233;rie ne sont pas anti-Arabes, parce qu'il y a ce foss&#233; qui se creuse de plus en plus&#8230; &#187; d&#233;clare-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce roman au rythme haletant mais implacablement dirig&#233; vers l'ex&#233;cution finale d&#233;peint par petites touches un personnage attachant, droit et convaincu, dans sa vie sentimentale et son engagement politique. Il montre surtout les atermoiements du PC, qui tarde &#224; envoyer un avocat (et n'en d&#233;p&#234;chera un qu'apr&#232;s le proc&#232;s par l'interm&#233;diaire de la CGT) et qui rechigne surtout &#224; se lancer pleinement dans une campagne pour exiger sa gr&#226;ce (malgr&#233; la pression de plusieurs sections CGT). Il t&#233;moigne de l'espoir entretenu d'une gr&#226;ce de la part du pr&#233;sident Ren&#233; Coty ou du garde des Sceaux Fran&#231;ois Mitterrand&#8230; gr&#226;ce finalement refus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sabine Beltrand&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> R&#233;volution !, documentaire de Hugues Nancy et Jacques Malaterre
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Revolution-documentaire-de-Hugues-Nancy-et-Jacques-Malaterre</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Revolution-documentaire-de-Hugues-Nancy-et-Jacques-Malaterre</guid>
		<dc:date>2021-07-19T18:15:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Film
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce docu-fiction en deux &#233;pisodes d'un peu moins d'une heure chacun a le m&#234;me nom qu'une bande dessin&#233;e sortie en 2019. Et ce n'est peut-&#234;tre pas un hasard, tant dans les deux cas, on vit la r&#233;volution l&#224; o&#249; elle bouillonne, &#224; hauteur de faubourgs parisiens. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Film-+" rel="tag"&gt;Film
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton15614-7b549.jpg?1789190959' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france.tv/france-2/revolution/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;em&gt;Disponible jusqu'au 11 septembre 2021 sur www.france.tv&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Ce docu-fiction en deux &#233;pisodes d'un peu moins d'une heure chacun a le m&#234;me nom qu'une bande dessin&#233;e sortie en 2019&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;volution : 1. Libert&#233;, une BD de Locard et Grouazel&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et ce n'est peut-&#234;tre pas un hasard, tant dans les deux cas, on vit la r&#233;volution l&#224; o&#249; elle bouillonne, &#224; hauteur de faubourgs parisiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ensemble est r&#233;alis&#233; comme un reportage cam&#233;ra &#224; l'&#233;paule dans le faubourg Saint-Marcel, le quartier pauvre des rives de Bi&#232;vre o&#249; travaillaient de nombreuses lavandi&#232;res. On y voit &#233;voluer le peuple de Paris &#224; travers la trajectoire de trois personnages : Gabrielle, une lavandi&#232;re justement, Jonas, un ouvrier de la manufacture des Gobelins et Athanase, un comptable des barri&#232;res d'octroi qui frappent les marchandises d'une taxe &#224; leur entr&#233;e dans la capitale et contre lesquelles les Parisiens vont se lever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques grandes figures &#8211; Robespierre, Marat, Danton &#8211; sont certes interview&#233;s, mais seulement comme appui &#224; la trame g&#233;n&#233;rale des &#233;v&#232;nements dans laquelle le peuple des faubourgs vient inscrire son action. On voit comment se pr&#233;pare la prise de la Bastille et la marche sur Versailles en octobre 1789, qui ram&#232;ne la famille royale &#224; Paris, comment l'insurrection du 10 ao&#251;t 1792 qui fait tomber la monarchie est pr&#233;par&#233;e par une premi&#232;re invasion du palais des Tuileries le 20 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit surtout comment les habitants des faubourgs deviennent des sans-culottes, comment les 48 sections parisiennes se constituent et se transforment de simples circonscriptions administratives en une v&#233;ritable force politique. Force politique qui impose, entre autres, le droit de vote pour tous les hommes &#8211; et pas seulement pour les plus riches comme le voulaient les bourgeois r&#233;volutionnaires de 1789 &#8211; et le droit de se r&#233;unir en permanence pour d&#233;lib&#233;rer et contr&#244;ler leurs repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas, comme souvent dans ce genre de documentaire, d'opposition manich&#233;enne entre la &#171; bonne &#187; r&#233;volution de 1789 et la &#171; mauvaise &#187; de 1793, entre la D&#233;claration des droits de l'homme et la Terreur. Les r&#233;alisateurs nous montrent comment, pour pousser la r&#233;volution plus loin et battre les contre-r&#233;volutionnaires, le peuple impitoyable des faubourgs est oblig&#233; de monter d'un cran dans ses exigences et dans son activit&#233;. Au point de bousculer, fr&#233;quemment, ceux qui le repr&#233;sentent mais qui se satisfont de l'acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne comprend pas tr&#232;s bien, d'ailleurs, comment ces sections parisiennes finissent par s'&#233;teindre. Certes, la r&#233;volution broie les &#233;nergies comme le montre tr&#232;s bien le deuxi&#232;me &#233;pisode, mais c'est loin d'&#234;tre suffisant pour comprendre le recul du mouvement populaire &#224; partir de la deuxi&#232;me moiti&#233; de 1793. Car si Robespierre n'appelle pas &#224; la rescousse les sans-culottes lorsqu'il perd le pouvoir en juillet 1794 &#8211; &#233;v&#232;nement tr&#232;s bien racont&#233;, qui montre que pour Robespierre, le &#171; droit &#224; l'insurrection &#187; devait rester un droit ! &#8211;, c'est le point final de toute une politique qui a brid&#233; l'&#233;lan r&#233;volutionnaire des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu une tout autre perspective, en fait une autre &#233;poque, que celle de Robespierre pour que les sections prennent l'enti&#232;re mesure de leur potentiel. Mais la d&#233;termination des sans-culottes reste un mod&#232;le pour les r&#233;volutionnaires d'aujourd'hui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bastien Thomas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Revolution-1-Liberte-une-BD-de-Locard-et-Grouazel' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;em&gt;R&#233;volution : 1. Libert&#233;&lt;/em&gt;, une BD de Locard et Grouazel&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Il y a 150 ans, la Commune r&#233;prim&#233;e dans le sang
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Il-y-a-150-ans-la-Commune-reprimee-dans-le-sang</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Il-y-a-150-ans-la-Commune-reprimee-dans-le-sang</guid>
		<dc:date>2021-06-03T15:52:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Commune de 1871
</dc:subject>

		<description>Le 21 mai 1871, 70 000 soldats versaillais entrent dans Paris par le bastion du Point-du-Jour, laiss&#233; sans surveillance. Les Communards ont beau dresser des barricades et se d&#233;fendre de mani&#232;re acharn&#233;e, ils n'arrivent qu'&#224; retarder l'avanc&#233;e in&#233;luctable des Versaillais, plus nombreux, plus organis&#233;s, mieux &#233;quip&#233;s. Mais l'arm&#233;e versaillaise ne se contente pas de reprendre possession militairement de la capitale : elle met la ville &#224; feu et &#224; sang pendant une semaine. Commence la &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Il-y-a-150-ans-la-Commune-de-Paris-" rel="directory"&gt;Il y a 150 ans : la Commune de Paris
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Commune-de-1871-+" rel="tag"&gt;Commune de 1871
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH122/arton15189-fb0a4.jpg?1789181432' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 21 mai 1871, 70 000 soldats versaillais entrent dans Paris par le bastion du Point-du-Jour, laiss&#233; sans surveillance. Les Communards ont beau dresser des barricades et se d&#233;fendre de mani&#232;re acharn&#233;e, ils n'arrivent qu'&#224; retarder l'avanc&#233;e in&#233;luctable des Versaillais, plus nombreux, plus organis&#233;s, mieux &#233;quip&#233;s. Mais l'arm&#233;e versaillaise ne se contente pas de reprendre possession militairement de la capitale : elle met la ville &#224; feu et &#224; sang pendant une semaine. Commence la &#171; semaine sanglante &#187;. Toute personne qui est prise les armes &#224; la main sur une barricade est sommairement fusill&#233;e. On inspecte les mains des Parisiens : une trace de poudre vaut condamnation &#224; mort. La majorit&#233; des corps sont jet&#233;s dans des charniers, comme au parc du Luxembourg ou au cimeti&#232;re du P&#232;re-Lachaise. Le bilan macabre de cette semaine s'&#233;l&#232;ve certainement &#224; plus de 20 000 morts. Apr&#232;s les massacres, place &#224; une r&#233;pression judiciaire implacable pendant des ann&#233;es : des milliers de Communards, &#224; l'image de Louise Michel, sont notamment condamn&#233;s &#224; la d&#233;portation en Nouvelle-Cal&#233;donie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'assassinat d'Eug&#232;ne Varlin, un ouvrier relieur socialiste et &#233;lu de la Commune, symbolise, parmi tant d'autres, la sauvagerie de la r&#233;pression versaillaise. Le 28 mai, alors que la Commune vit ses derni&#232;res heures, il est arr&#234;t&#233; sur une barricade. Louise Michel d&#233;crit la suite :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; On lui lia les mains et son nom ayant attir&#233; l'attention, il se trouva bient&#244;t entour&#233; par la foule &#233;trange des mauvais jours. On le mit au milieu d'un piquet de soldats pour le conduire &#224; la butte qui &#233;tait l'abattoir. La foule grossissait, non pas celle que nous connaissions : houleuse, impressionnable, g&#233;n&#233;reuse, mais la foule des d&#233;faites qui vient acclamer les vainqueurs et insulter les vaincus, la foule du vae victis &#233;ternel. La Commune &#233;tait &#224; terre, cette foule, elle, aidait aux &#233;gorgements. On allait d'abord fusiller Varlin pr&#232;s d'un mur, au pied des buttes, mais une voix s'&#233;cria : &#171; il faut le promener encore &#187; ; d'autres criaient : &#171; allons rue des Rosiers &#187;. Les soldats et l'officier ob&#233;irent ; Varlin, toujours les mains li&#233;es, gravit les buttes, sous l'insulte, les cris, les coups ; il y avait environ deux mille de ces mis&#233;rables ; il marchait sans faiblir, la t&#234;te haute, le fusil d'un soldat partit sans commandement et termina son supplice, les autres suivirent. Les soldats se pr&#233;cipit&#232;rent pour l'achever, il &#233;tait mort. Tout le Paris r&#233;actionnaire et badaud, celui qui se cache aux heures terribles, n'ayant plus rien &#224; craindre vint voir le cadavre de Varlin. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commune, de Louise Michel, La D&#233;couverte, 2015, 480 p., 14,50 &#8364; (premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le18 mars, Thiers, chef du pouvoir ex&#233;cutif, avait d&#251; fuir Paris devant les sc&#232;nes de fraternisation entre l'arm&#233;e et les gardes nationaux parisiens. Depuis ce jour, il n'avait plus qu'un projet en t&#234;te : reconstituer une arm&#233;e fiable et ob&#233;issante pour revenir &#233;craser Paris. Gallifet, un g&#233;n&#233;ral qui s'illustrera par sa barbarie lors de la Semaine sanglante, avait annonc&#233; la couleur d&#232;s le 3 avril : &lt;em&gt;&#171; C'est une guerre sans tr&#234;ve ni piti&#233; que je d&#233;clare &#224; ces assassins. &#187;&lt;/em&gt; Pour les classes dominantes et ses serviteurs, il ne s'agit pas uniquement de reprendre militairement la capitale. La guerre d&#233;clar&#233;e &#224; la Commune est une guerre de classe : l'enjeu est de r&#233;tablir l'ordre social bourgeois dans le sang et pour longtemps. La f&#233;rocit&#233; de l'arm&#233;e versaillaise pendant la Semaine sanglante est en proportion de la peur que les Communards ont inflig&#233;e &#224; la bourgeoisie : comment des lavandi&#232;res, des blanchisseuses, des cordonniers, des petits commer&#231;ants ont-ils os&#233; prendre leurs affaires en main et construire leur propre pouvoir, ne serait-ce qu'&#224; l'&#233;chelle de Paris ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune consid&#233;ration morale ou humaniste n'arr&#234;te la bourgeoisie et son &#201;tat quand ils consid&#232;rent que leur pouvoir est menac&#233; : c'est la plus sanglante des nombreuses le&#231;ons que la Commune de Paris a donn&#233;es au mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Arm&#233;s de cette exp&#233;rience, les militants bolcheviks, lorsque la classe ouvri&#232;re russe prendra le pouvoir en 1917, n'auront qu'une obsession : ne pas revivre le sort de la Commune de Paris vaincue par son isolement. S'&#233;tendre ou mourir : la r&#233;volution n'a pas d'autre alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Boris Leto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2339 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-semaine-sanglante-mai-1871-legendes-et-comptes-de-Michele-Audin' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH494/audin_sanglante-1ce9f.jpg?1788719853' width='300' height='494' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur notre site, voir aussi&lt;/strong&gt; : &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-semaine-sanglante-mai-1871-legendes-et-comptes-de-Michele-Audin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;em&gt;La semaine sanglante : mai 1871, l&#233;gendes et comptes&lt;/em&gt;, de Mich&#232;le Audin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Il-y-a-150-ans-la-Commune-de-Paris-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(Et aussi, tous nos articles &#224; l'occasion des 150 ans de la Commune de Paris.)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt; La Commune&lt;/em&gt;, de Louise Michel, La D&#233;couverte, 2015, 480 p., 14,50 &#8364; (premi&#232;re &#233;dition en 1898)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Bonaparte : fossoyeur de la r&#233;volution
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Bonaparte-fossoyeur-de-la-revolution</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Bonaparte-fossoyeur-de-la-revolution</guid>
		<dc:date>2021-05-03T16:39:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>Depuis plusieurs jours, la presse regorge d'articles et d'&#233;missions en hommage &#224; Napol&#233;on Bonaparte, dont c'est le bicentenaire de la mort ce mercredi 5 mai. Macron se rendra m&#234;me sur le tombeau de l'empereur pour y d&#233;poser une gerbe de fleurs. &lt;br /&gt;Pour la bourgeoisie, ce g&#233;n&#233;ral va-t-en-guerre est un h&#233;ros national. Il a termin&#233; d'assoir le pouvoir bourgeois en France et dans une grande partie de l'Europe, cl&#244;turant la p&#233;riode r&#233;volutionnaire. Il a parachev&#233; les institutions adapt&#233;es &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs jours, la presse regorge d'articles et d'&#233;missions en hommage &#224; Napol&#233;on Bonaparte, dont c'est le bicentenaire de la mort ce mercredi 5 mai. Macron se rendra m&#234;me sur le tombeau de l'empereur pour y d&#233;poser une gerbe de fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la bourgeoisie, ce g&#233;n&#233;ral va-t-en-guerre est un h&#233;ros national. Il a termin&#233; d'assoir le pouvoir bourgeois en France et dans une grande partie de l'Europe, cl&#244;turant la p&#233;riode r&#233;volutionnaire. Il a parachev&#233; les institutions adapt&#233;es &#224; l'exploitation capitaliste, dotant notamment le pays d'un code civil, instituant l'autorit&#233; absolue du p&#232;re, du mari&#8230; et du propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie veut n'en retenir que son &#201;tat moderne, ses pr&#233;fets et ses grandes &#233;coles, mais il est aussi celui qui a r&#233;tabli l'esclavage huit ans apr&#232;s son abolition en 1794, le prolongeant de plus de 45 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les travailleurs, ce bicentenaire rappelle surtout que capitalisme et barbarie font souvent bon m&#233;nage. Alors le 5 mai, c&#233;l&#233;brons plut&#244;t les 203 ans de Karl Marx !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quand le Front r&#233;publicain, dirig&#233; par le socialiste Guy Mollet, donnait les pleins pouvoirs &#224; l'arm&#233;e en Alg&#233;rie&#8230;
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Quand-le-Front-republicain-dirige-par-le-socialiste-Guy-Mollet-donnait-les</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Quand-le-Front-republicain-dirige-par-le-socialiste-Guy-Mollet-donnait-les</guid>
		<dc:date>2021-04-29T21:57:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>Lorsque la guerre d'Alg&#233;rie commence, l'arm&#233;e fran&#231;aise sort &#224; peine de la guerre d'Indochine : huit ans de guerre de 1946 &#224; 1954, 500 000 morts, pour se terminer par la d&#233;faite de l'arm&#233;e fran&#231;aise &#224; Di&#234;n Bi&#234;n Phu. La France passe la rel&#232;ve aux &#201;tats-Unis. &lt;br /&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise va simplement passer d'une guerre &#224; l'autre. &lt;br /&gt;Lorsque le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954 une nouvelle organisation ind&#233;pendantiste, le FLN (Front national de lib&#233;ration), r&#233;alise une s&#233;rie d'attentats simultan&#233;s en divers&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Reunion-debat-du-18-avril-2021-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-" rel="directory"&gt;R&#233;union-d&#233;bat du 18 avril 2021. La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas !
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton14959-e6459.jpg?1788738318' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque la guerre d'Alg&#233;rie commence, l'arm&#233;e fran&#231;aise sort &#224; peine de la guerre d'Indochine : huit ans de guerre de 1946 &#224; 1954, 500 000 morts, pour se terminer par la d&#233;faite de l'arm&#233;e fran&#231;aise &#224; Di&#234;n Bi&#234;n Phu. La France passe la rel&#232;ve aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise va simplement passer d'une guerre &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954 une nouvelle organisation ind&#233;pendantiste, le FLN (Front national de lib&#233;ration), r&#233;alise une s&#233;rie d'attentats simultan&#233;s en divers points du pays, les troupes revenues du Vi&#234;t-Nam sont d&#233;ploy&#233;es en Alg&#233;rie. Tr&#232;s rapidement, le commandement militaire r&#233;clame au gouvernement fran&#231;ais l'envoi de troupes suppl&#233;mentaires et les mains libres pour agir. Ces troupes et ces moyens, les militaires vont les obtenir et c'est un gouvernement se disant de gauche qui va les leur donner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France &#233;tait encore sous le r&#233;gime de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique. Il n'y avait alors pas d'&#233;lection pr&#233;sidentielle : le scrutin cl&#233;, c'&#233;tait les l&#233;gislatives : ceux qui les remportaient constituaient ensuite le gouvernement. Et comme aucun parti n'obtenait la majorit&#233; absolue, il fallait des accords entre partis pour former un gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s le d&#233;but du soul&#232;vement en Alg&#233;rie, lors des &#233;lections l&#233;gislatives de janvier 1956, le Parti socialiste, qu'on appelait alors la &#171; SFIO &#187; &lt;em&gt;(Section fran&#231;aise de l'Internationale ouvri&#232;re)&lt;/em&gt;, se pr&#233;sente &#224; la t&#234;te d'un &#171; Front r&#233;publicain &#187; : on y trouve des radicaux, des centristes et des centristes tr&#232;s &#224; droite. Le tout sous la direction du dirigeant socialiste Guy Mollet, qui jusque-l&#224; passait pour un opposant &#224; la guerre. Cette coalition promet notamment la paix en Alg&#233;rie. Elle fera le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF s'est pr&#233;sent&#233; seul, mais il est tout &#224; fait pr&#234;t &#224; soutenir ce Front r&#233;publicain, dans l'espoir d'y trouver un jour quelques postes de ministres ? Ni les socialistes ni leurs alli&#233;s ne veulent pourtant de lui. C'est la p&#233;riode de la &#171; guerre froide &#187;. C'est pourtant gr&#226;ce au vote des d&#233;put&#233;s communistes que le socialiste Guy Mollet devient chef du gouvernement, le Front r&#233;publicain n'ayant pas &#224; lui seul la majorit&#233; au Parlement. Et qu'&#224; peine &#233;lu, il fait comprendre au patronat et &#224; l'arm&#233;e qu'il compte se comporter en dirigeant bourgeois responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que durant la campagne &#233;lectorale Guy Mollet qualifiait le conflit en Alg&#233;rie d'&#171; imb&#233;cile et sans issue &#187;, il s'empresse de remballer son slogan face &#224; la droite et &#224; l'arm&#233;e. Un mois apr&#232;s son &#233;lection, Mollet visite Alger et est accueilli par une pluie de tomates et de pierres lanc&#233;es par les &#171; ultras &#187; pieds-noirs les plus durs influenc&#233;s par l'extr&#234;me droite, qui l'accusent de vouloir brader l'Alg&#233;rie. On explique souvent que cette &#171; journ&#233;e des tomates &#187; aurait provoqu&#233; le revirement de Guy Mollet. Peut-&#234;tre, mais rappelons que ce Parti socialiste &#233;tait colonialiste de longue date et que d&#232;s l'arriv&#233;e de Guy Mollet au pouvoir, ce dernier est pr&#234;t &#224; se plier aux d&#233;cisions de l'arm&#233;e. D'entr&#233;e il renforce les moyens consacr&#233;s &#224; celle-ci. Et le 12 mars 1956, Mollet demande par un vote au Parlement &#171; les pleins pouvoirs en Alg&#233;rie &#187;. Je cite le texte qui fut mis au vote &#224; l'Assembl&#233;e nationale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Le gouvernement disposera en Alg&#233;rie des pouvoirs les plus &#233;tendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles command&#233;es par les circonstances, en vue du r&#233;tablissement de l'ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH669/topo-3-guy_molet_et_les_tomates-2813b.jpg?1788534452' width='500' height='669' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Avec 172 d&#233;put&#233;s, le Front r&#233;publicain, l'alliance constitu&#233;e autour des socialistes et de Guy Mollet, n'avait pas la majorit&#233; au Parlement. Elle l'obtient avec les votes des 150 d&#233;put&#233;s communistes. Cette mouture d'union de la gauche ne s'&#233;tait pas r&#233;alis&#233;e aux l&#233;gislatives. Elle se r&#233;alise au Parlement... pour mener une sale guerre coloniale et meurtri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;En quoi consistaient ces pouvoirs sp&#233;ciaux accord&#233;s &#224; l'arm&#233;e ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ils signifiaient que l'arm&#233;e obtenait des pouvoirs de police, que des unit&#233;s de troupes a&#233;roport&#233;es par h&#233;licopt&#232;res allaient &#234;tre form&#233;es pour fondre sur les villages. L'aviation allait utiliser le napalm pour br&#251;ler les r&#233;coltes et for&#234;ts, raser les villages o&#249; l'on suspectait des rebelles de se cacher. Des centaines de milliers d'Alg&#233;riens allaient &#234;tre d&#233;plac&#233;s de leur village vers dans des camps de regroupement o&#249; l'on pouvait &#233;troitement les surveiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener cette guerre, il fallait des hommes. D&#232;s 1955 une partie des jeunes qui avaient fini leur service militaire &#233;taient &#171; rappel&#233;s &#187; de force sous les drapeaux pour &#234;tre envoy&#233;s en Alg&#233;rie par le gouvernent pr&#233;c&#233;dent. Un gouvernement dont le ministre de l'Int&#233;rieur, un nomm&#233; Mitterrand, que M&#233;lenchon consid&#232;re comme son mod&#232;le, avait clam&#233; d&#232;s le 4 novembre 1954 : &#171; la seule n&#233;gociation c'est la guerre &#187;. Et, &#224; son tour, le gouvernement socialiste envoyait en Alg&#233;rie cette fois tout &#171; le contingent &#187; : c'est-&#224;-dire les jeunes du service militaire, &#224; l'&#233;poque obligatoire. La dur&#233;e de ce service passait alors de 18 &#224; 27 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;quipe gouvernementale de Guy Mollet se trouvait encore Fran&#231;ois Mitterrand au poste de &#171; garde des Sceaux &#187; cette fois, c'est-&#224;-dire ministre de la Justice. &#192; ce titre, c'est lui qui signait la loi de mars 1956 donnant tout pouvoir aux militaires en mati&#232;re de justice sur le sol alg&#233;rien. C'est-&#224;-dire que les soldats, les parachutistes et autres l&#233;gionnaires seraient d&#233;sormais libres d'agir &#224; la fois comme policiers et comme juges vis-&#224;-vis des populations alg&#233;riennes : c'&#233;tait un feu vert pour l'utilisation massive de la torture et pour les ex&#233;cutions de prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;cole ou dans les m&#233;dias, on aime rappeler que c'est durant le mandat pr&#233;sidentiel de Fran&#231;ois Mitterrand que la peine de mort fut abolie&#8230; Mais en tant que ministre de la Justice &#224; l'&#233;poque, Fran&#231;ois Mitterrand a envoy&#233; de nombreux militants alg&#233;riens &#224; la guillotine ! Sur quarante-cinq militants alg&#233;riens condamn&#233;s &#224; mort, il ne donne un avis favorable &#224; la gr&#226;ce qu'&#224; sept d'entre eux. Gr&#226;ce qu'il refuse &#224; Fernand Iveton, un Pied-Noir membre du Parti communiste alg&#233;rien et soutien du FLN, ex&#233;cut&#233; en 1957.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/topo-3-bataille_d_alger-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH340/topo-3-bataille_d_alger-4-e05b0.jpg?1788534453' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;L'arm&#233;e et la torture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les militaires vont user et abuser des pleins pouvoirs donn&#233;s par Guy Mollet et Mitterrand. En 1957, le g&#233;n&#233;ral Massu et 8 000 parachutistes investissent la ville d'Alger et y d&#233;cr&#232;tent la loi martiale. Ils entendent mettre fin aux attentats commis par le FLN contre la police mais aussi contre les Pieds-Noirs de la ville. C'est le d&#233;but de ce qu'on va appeler la &#171; Bataille d'Alger &#187;. La r&#233;pression est terrible et le FLN r&#233;agit en multipliant les attentats aveugles. Les parachutistes quadrillent la Casbah (la vieille ville), l'entourent de barbel&#233;s et de checkpoints. Des milliers de personnes sont rafl&#233;es, m&#233;thodiquement, maison par maison. Afin de trouver les responsables du FLN, les parachutistes torturent syst&#233;matiquement leurs captifs. Certains d&#233;c&#232;dent sous les coups ou par manque de soins. D'autres prisonniers sont handicap&#233;s &#224; vie. Plusieurs cadres du FLN sont ex&#233;cut&#233;s (ce qui est parfois maquill&#233; en suicide ou en tentative d'&#233;vasion). La torture est tellement syst&#233;matique qu'elle &#233;c&#339;ure m&#234;me certains officiers qui d&#233;missionnent ou protestent publiquement dans la presse. &#192; la fin de l'ann&#233;e 1957, l'appareil du FLN dans la capitale est d&#233;capit&#233; : 3000 Alg&#233;riens sont morts ou ont disparu. Parmi eux des militants et des sympathisants du FLN bien s&#251;r, mais aussi de nombreux autres militants et des personnes non impliqu&#233;es, rafl&#233;es, tortur&#233;es et tu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique de la torture s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e tout au long de la guerre. Dans les zones rurales, la pratique de la &#171; corv&#233;e de bois &#187; aussi&#8230; pour ex&#233;cuter les prisonniers en simulant une tentative de fuite. &#192; cela il faut encore ajouter les nombreux cas de viol, d'ex&#233;cution de civils&#8230; Le nombre de victimes des exactions de l'arm&#233;e fran&#231;aise est chiffr&#233; &#224; environ 800 000.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le PCF contre l'ind&#233;pendance et pour la guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le PCF qui, fin 1955-d&#233;but 1956 r&#233;clamait encore l'ouverture de n&#233;gociations, avait donc vot&#233; le 12 mars la confiance au gouvernement Guy Mollet, puis vot&#233; les pouvoirs sp&#233;ciaux. Le discours &#224; l'Assembl&#233;e nationale du dirigeant communiste Jacques Duclos pour justifier ce vote &#233;tait particuli&#232;rement hypocrite, voire cynique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Les pouvoirs sp&#233;ciaux sont demand&#233;s, nous dit-on, pour aboutir rapidement &#224; la paix et pour contraindre, si besoin est, les grands poss&#233;dants d'Alg&#233;rie &#224; renoncer &#224; leurs privil&#232;ges. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du PCF s'engageait &#224; ne pas g&#234;ner le gouvernement, notamment dans la mobilisation pour partir &#224; la guerre. La d&#233;cision de Guy Mollet d'envoyer les jeunes du contingent &#8211; pour l'essentiel des jeunes travailleurs &#8211; combattre en Alg&#233;rie allait susciter des r&#233;sistances. Un premier mouvement avait d&#233;j&#224; eu lieu durant l'ann&#233;e 1955, avec les refus de partir de &#171; rappel&#233;s &#187;. En 1956, les d&#233;parts &#233;taient plus massifs, surtout avec l'envoi &#224; la guerre de tous les &#171; appel&#233;s &#187; du service militaire. Selon une note du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, un train d'appel&#233;s du contingent en Alg&#233;rie sur cinq faisait l'objet de troubles au printemps 1956 : chahuts, tenues d&#233;braill&#233;es, bagarres, refus de monter dans le train ou d'embarquer &#224; Marseille. Les familles et les proches des appel&#233;s participaient souvent aux blocages de trains en s'allongeant sur les voies, provoquant l'intervention de la police. Mais pour transformer ces r&#233;voltes en v&#233;ritable blocage de la guerre, pour arr&#234;ter les trains et paralyser les ports par la gr&#232;ve par exemple, il aurait fallu une structuration militante, une politique dont le PCF ne voulait pas. Ni la CGT qu'il contr&#244;lait et qui &#233;tait encore tr&#232;s forte dans la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1956, m&#234;me si de nombreux membres des Jeunesses communistes &#233;taient parmi les protestataires, la direction du PCF les laissa tomber. Au contraire elle d&#233;courageait ses propres militants de participer aux manifestations et leur conseillait de partir &#224; la guerre. Tout cela dans le but de ne pas remettre en question l'alliance avec Guy Mollet et les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que saluer le courage des jeunes appel&#233;s qui refusaient de partir, ou de ceux, certes peu nombreux, qui ont risqu&#233; leur vie en d&#233;sertant, &#233;coeur&#233;s par ce qu'ils voyaient dans cette sale guerre o&#249; on les avait plong&#233;s alors qu'ils se sentaient dans le camp de ce peuple opprim&#233; d'en face.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/topo-3-manifestation_contre_depart_appeles-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH665/topo-3-manifestation_contre_depart_appeles-2-01792.jpg?1788534453' width='500' height='665' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Courageuse aussi la petite poign&#233;e de militants communistes qui ont trouv&#233; pour seul moyen de contrer cette guerre et d'&#339;uvrer &#224; l'ind&#233;pendance des colonies un soutien apport&#233; au FLN, ind&#233;pendamment de la politique de sa direction. Une direction qui n'allait pas, &#224; l'ind&#233;pendance, donner le pouvoir au peuple qui l'avait conquise, et encore moins &#224; la classe ouvri&#232;re, mais se l'approprier pour elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs alg&#233;riens auraient probablement &#233;t&#233; aid&#233;s pour faire basculer leur lutte pour l'ind&#233;pendance en v&#233;ritable r&#233;volution sociale, s'ils avaient trouv&#233; ce soutien et cette perspective politique du c&#244;t&#233; de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Mais on vient de voir quelle politique indigne a men&#233;e le Parti communiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des manifestations et des r&#233;sistances s'organisent hors du PS et du PCF&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1958, un d&#233;cret du gouvernement supprima toutes les mesures de report d'incorporation militaire &#224; 25 ans dont b&#233;n&#233;ficiaient les &#233;tudiants &#8211; pour beaucoup enfants de la bourgeoisie ou petite bourgeoisie. Cela fit basculer une partie des &#233;tudiants du c&#244;t&#233; de ceux, minoritaires jusque-l&#224;, qui s'opposaient &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 49&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s de l'Unef se pronon&#231;a pour l'ouverture de n&#233;gociations entre l'&#201;tat fran&#231;ais et le FLN, et son nouveau bureau entama des relations publiques avec l'Ugema (Union g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants musulmans alg&#233;riens), le syndicat des &#233;tudiants alg&#233;riens en m&#233;tropole pourtant dissous et interdit par le gouvernement fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 octobre 1960, elle organisait une grande manifestation au Quartier latin &#224; Paris, r&#233;unissant plusieurs milliers de manifestants aux cris de &#171; Paix en Alg&#233;rie ! On n'ira pas ! &#187; ou encore &#171; Les paras &#224; l'usine &#187;. D&#233;pass&#233;e par l'ampleur du rassemblement qu'elle avait fini par autoriser, la pr&#233;fecture le dispersa &#224; coups de matraque. La gauche n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus au pouvoir. De Gaulle avait pris le relais. Mais le Parti communiste a tout fait pour dissuader les &#233;tudiants d'y participer, les Jeunesse communistes organisant de petits rassemblements en banlieue pour emp&#234;cher le rassemblement parisien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dissidences&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notons tout de m&#234;me &#224; ce propos que si la guerre d'Alg&#233;rie a marqu&#233; pour des ann&#233;es la faillite de la gauche, m&#234;me de la gauche bourgeoise qu'&#233;tait le Parti socialiste, et le d&#233;but de la d&#233;confiture du PCF, ce fut pour quelques poign&#233;es de militants communistes et socialistes l'heure de v&#233;rit&#233;, qui les a conduits &#224; rompre avec ces partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche r&#233;volutionnaire que nous connaissons aujourd'hui en France est en partie sortie des rangs de ces militants des jeunesses communistes &#8211; surtout des &#233;tudiants communistes &#8211; qui ont alors rompu avec leur parti et ont rejoint les rangs du courant trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la gauche fran&#231;aise en 1958, elle a &#233;t&#233; sortie du pouvoir par un coup de force de l'extr&#234;me droite, passant la main &#224; un g&#233;n&#233;ral r&#233;actionnaire, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle, le seul qui pouvait &#234;tre capable de faire accepter la capitulation &#224; l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La colonisation de l'Alg&#233;rie, une colonisation de peuplement
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-colonisation-de-l-Algerie-une-colonisation-de-peuplement</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-colonisation-de-l-Algerie-une-colonisation-de-peuplement</guid>
		<dc:date>2021-04-29T21:57:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>L'empire colonial fran&#231;ais s'est constitu&#233; dans le courant du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Tr&#232;s &#233;tendu et tr&#232;s divers, cet empire va de l'Indochine &#224; l'Afrique en passant par les Cara&#239;bes et le Pacifique. Dans l'apr&#232;s Seconde Guerre mondiale, l'enjeu principal pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a &#233;t&#233; la gestion de la d&#233;colonisation, ou comment accorder des droits politiques tout en conservant une mainmise &#233;conomique sur son ancien empire. De ce point de vue, la lutte d'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie est &#224; la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Reunion-debat-du-18-avril-2021-La-guerre-d-Algerie-et-ses-suites-non-on-n-" rel="directory"&gt;R&#233;union-d&#233;bat du 18 avril 2021. La guerre d'Alg&#233;rie et ses suites : non, on n'oublie pas !
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'empire colonial fran&#231;ais s'est constitu&#233; dans le courant du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Tr&#232;s &#233;tendu et tr&#232;s divers, cet empire va de l'Indochine &#224; l'Afrique en passant par les Cara&#239;bes et le Pacifique. Dans l'apr&#232;s Seconde Guerre mondiale, l'enjeu principal pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a &#233;t&#233; la gestion de la d&#233;colonisation, ou comment accorder des droits politiques tout en conservant une mainmise &#233;conomique sur son ancien empire. De ce point de vue, la lutte d'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie est &#224; la fois exemplaire, dans la f&#233;rocit&#233; dont la France a fait preuve pendant de longues ann&#233;es, et riche de sp&#233;cificit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une sp&#233;cificit&#233; sociale et historique est l'&#233;dification d'une colonie de peuplement en Alg&#233;rie. Les colons europ&#233;ens d'Alg&#233;rie, qu'on appellera les Pieds-Noirs, seront un v&#233;ritable enjeu au cours de la r&#233;volution alg&#233;rienne. Le poids quantitatif de cette fraction de la population alg&#233;rienne suffit &#224; l'expliquer. &#192; l'heure de l'ind&#233;pendance, c'est plus d'un million de Pieds-Noirs qui sont rapatri&#233;s d'urgence, en particulier dans le sud-est de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour trouver des terres &#224; cultiver, les colons europ&#233;ens en ont chass&#233; les Arabes et les Kabyles, de multiples fa&#231;ons, gr&#226;ce &#224; l'appui de l'administration et de l'arm&#233;e fran&#231;aises. Et dans les territoires essentiellement peupl&#233;s d'Arabes, dans l'arri&#232;re-pays, l'administration &#233;tait militaire. La conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie a pris cette forme sp&#233;ciale de d&#233;possession et d'expropriation forc&#233;e de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es qui ont suivi la conqu&#234;te, la confiscation des biens de l'&#201;tat et de terres communales a mis des milliers d'hectares &#224; la disposition de la colonisation. Par la suite, les mouvements de r&#233;sistance &#224; l'occupation fran&#231;aise ont entra&#238;n&#233; chaque fois, entre autres formes de r&#233;pression, la confiscation des terres des tribus r&#233;volt&#233;es. Ainsi, apr&#232;s la grande r&#233;volte du Constantinois de 1871, 568 000 hectares de terres ont &#233;t&#233; confisqu&#233;s. En 1920, par vagues successives et proc&#233;dures diverses, plus d'un million d'hectares au total, dont les terres les plus riches, sont pass&#233;s aux mains des colons europ&#233;ens, individus ou soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de cette colonisation, s'&#233;tendant sur un si&#232;cle et demi, d&#233;j&#224; des pauvres traversaient la M&#233;diterran&#233;e en qu&#234;te d'une vie meilleure. Mais c'&#233;tait dans l'autre sens ! L'Alg&#233;rie a accueilli des centaines de milliers de pauvres originaires de France, d'Italie, d'Espagne et de Malte. Pour la plupart d'entre eux, la fortune qu'on leur avait fait miroiter se r&#233;v&#233;la un mirage. Mais si on compare leurs conditions de vie &#224; celles des populations locales, les petits colons faisaient figure de privil&#233;gi&#233;s. Pour souder tout le monde derri&#232;re des grands colons peu nombreux, la puissance coloniale a su utiliser les diff&#233;rences au sein de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en 1870, avec le d&#233;cret Cr&#233;mieux, les Juifs alg&#233;riens se sont vus accorder la nationalit&#233; fran&#231;aise. Ils n'&#233;taient pas des colons, mais des autochtones install&#233;s dans le pays bien avant la conqu&#234;te militaire fran&#231;aise. Ce d&#233;cret permettait de les s&#233;parer des autochtones musulmans en les traitant diff&#233;remment. Puis en 1889, tous les descendants d'Europ&#233;ens n&#233;s en Alg&#233;rie, Italiens, Espagnols et autres, ont obtenu la nationalit&#233; fran&#231;aise. &#192; noter qu'&#224; la veille de l'ind&#233;pendance, celles et ceux qui peuplaient l'Alg&#233;rie n'&#233;taient pas &#233;gaux en droits, dont le droit de vote. Il n'y avait pas de &#171; coll&#232;ge unique &#187; o&#249; ceux que l'administration fran&#231;aise appelait les &#171; Fran&#231;ais musulmans d'Alg&#233;rie &#187; auraient eu le m&#234;me droit de vote que les descendants d'Europ&#233;ens. Les &#171; Fran&#231;ais musulmans &#187; &#233;taient outrageusement sous-repr&#233;sent&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les grands colons s'appuyaient sur ces divisions pour maintenir leur domination sociale et politique, mais ils distillaient l'id&#233;ologie raciste qui servait de justification au colonialisme. Leur discours raciste &#233;tait bien rod&#233;. Ils pouvaient affirmer tranquillement que &#171; les Arabes n'avaient pas les m&#234;mes besoins qu'eux &#187;. Et le poison du colonialisme, du m&#233;pris raciste, de l'arrogance des petits blancs, s'infiltra dans toute la soci&#233;t&#233; coloniale, au-del&#224; des grands colons, affectant les Pieds-Noirs. Tout en &#233;tant pauvres, ils pouvaient m&#233;priser plus pauvres qu'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins qu'on puisse dire est qu'ils restaient pauvres, alors que la soci&#233;t&#233; coloniale &#233;tait de plus en plus domin&#233;e par une oligarchie financi&#232;re richissime. Avec le temps, la majorit&#233; des terres fut accapar&#233;e par quelques milliers de familles de grands colons et, parmi ces familles, quelques dizaines seulement finirent par monopoliser aussi les circuits de distribution, le cr&#233;dit agricole, la presse et bien s&#251;r la repr&#233;sentation politique. L'Alg&#233;rie ne devint un eldorado que pour une toute petite minorit&#233; de grands colons capitalistes qui s'&#233;taient empar&#233;s des terres les plus fertiles. La vigne, le bl&#233;, les oranges et le tabac, cultiv&#233;s dans leurs immenses domaines, et destin&#233;s &#224; la m&#233;tropole, firent leur fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, et le rapport Stora n'est que la derni&#232;re manifestation de ce d&#233;bat, des intellectuels et des politiciens r&#233;pandent l'id&#233;e que la colonisation aurait eu aussi une valeur civilisatrice et de d&#233;veloppement. Ils invoquent les routes, les r&#233;seaux d'eau potable, les voies de chemin de fer, les &#233;coles et m&#234;me les h&#244;pitaux, &#171; laiss&#233;s par la France &#187;, comme ils disent. Mais ces infrastructures r&#233;pondaient avant tout aux besoins des colons et des industriels de la m&#233;tropole, pas &#224; ceux des Alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population pied-noire, contrairement &#224; l'un des mythes de la colonisation de l'Alg&#233;rie, n'a pas &#233;t&#233; constitu&#233;e en majorit&#233; de pauvres &#233;migrants venus cultiver et mettre en valeur des terres laiss&#233;es &#224; l'abandon. D'abord parce que les terres &#233;taient loin d'&#234;tre abandonn&#233;es et ont &#233;t&#233; arrach&#233;es de force aux paysans. Ensuite parce que la grande majorit&#233; des colons venus d'Europe allait peupler les villes et non les campagnes. Un tiers seulement d'entre eux s'installa dans les campagnes. D&#232;s le d&#233;but, l'expropriation des terres alg&#233;riennes profita donc &#224; de gros colons, &#224; des capitalistes qui d&#233;velopp&#232;rent une agriculture d'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des Pieds-Noirs &#233;taient donc urbains, commer&#231;ants, artisans, boutiquiers et &#233;videment fonctionnaires. Car pour faire vivre une colonie de peuplement, il faut ce qu'il faut d'appareil d'&#201;tat, administrateurs, policiers mais aussi enseignants et personnel hospitalier. L&#224; encore, si les populations alg&#233;riennes &#233;taient largement exclues de ces fonctions, on retrouvait des s&#233;parations de classe tr&#232;s nettes &#224; l'int&#233;rieur de la population pied-noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res d&#233;cennies d'existence de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise auront sonn&#233; pour les Pieds-Noirs comme l'heure des choix. Comment, devant le caract&#232;re in&#233;luctable de l'ind&#233;pendance se positionner politiquement pour ces couches populaires ? Il est &#224; noter qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1920, bien des petits Pieds-Noirs furent dans un premier temps s&#233;duits par les perspectives port&#233;es par la r&#233;volution russe et la Troisi&#232;me Internationale. &#192; ceci pr&#232;s que la huiti&#232;me condition d'adh&#233;sion &#224; l'internationale, qui stipulait clairement l'obligation pour les militants communistes de lutter sans r&#233;serve contre toute forme de colonialisme, constituait un pas infranchissable pour des populations install&#233;es en Alg&#233;rie depuis parfois plusieurs g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne des partis communistes, le Parti communiste alg&#233;rien (PCA), constitu&#233; principalement d'Europ&#233;ens, avan&#231;ait des options beaucoup moins internationalistes. Dans le meilleur des cas, les militants communistes se disaient vaguement &#171; assimilationnistes &#187;, c'est-&#224;-dire r&#233;clamaient une &#233;galit&#233; de droit pour les musulmans. Surtout pas l'ind&#233;pendance donc, et pour cause, ce PCA ne s'&#233;tait pas construit avec les populations alg&#233;riennes et ne s'adressait m&#234;me pas &#224; elles, y compris quand ces derni&#232;res montraient de la sympathie pour les id&#233;es communistes. Et devant l'ind&#233;cision du PCF face &#224; la guerre d'ind&#233;pendance, c'est-&#224;-dire sa fa&#231;on d'appeler &#224; la paix sans se prononcer pour l'ind&#233;pendance, et surtout sans donner les moyens aux contestataires fran&#231;ais ou musulmans en France ou en Alg&#233;rie, de r&#233;ellement mettre en danger la politique imp&#233;rialiste de la gauche puis de la droite, les Pieds-Noirs se sont retrouv&#233;s dans les bras de l'extr&#234;me droite. Ce fait qu'une partie consciente et combative des couches populaires d'Alg&#233;rie n'ait pas su s'unir pour une m&#234;me perspective sociale et politique, derri&#232;re un m&#234;me parti contre l'imp&#233;rialisme, laisse un grand sentiment de g&#226;chis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, les petits Pieds-Noirs ont suivi en masse l'extr&#234;me droite faite d'ultras (d'extr&#234;me droite), d'aventuriers, de bandits, de racistes, de militaires, tout ce beau monde se retrouvant organis&#233; en 1961 dans l'OAS, adepte d'op&#233;rations terroristes (dont les courants n'avaient pas attendu cette date-l&#224; pour en mener). Et tout au long de la guerre d'ind&#233;pendance, ils serviront de masse de man&#339;uvre et de vivier de recrutement pour une OAS qui faisait croire au maintien d'une Alg&#233;rie fran&#231;aise de plus en plus chim&#233;rique. Les objectifs r&#233;els de l'OAS &#233;taient tout autres. Pour les plus ambitieux de ses dirigeants, il s'agissait clairement de tenter de constituer l'embryon d'un parti fasciste, capable d'op&#233;rer en m&#233;tropole, avec les Pieds-Noirs rapatri&#233;s comme base sociale. D'une certaine mani&#232;re, De Gaulle, revenu de sa r&#233;serve, leur coupa l'herbe sous le pied avec l'&#233;dification de la Cinqui&#232;me R&#233;publique en 1958, &#171; trahissant &#187; les Pieds-Noirs et leur fantasm&#233;e Alg&#233;rie fran&#231;aise. Devant cette &#171; trahison &#187;, bon nombre de Pieds-Noirs faisant porter &#224; De Gaulle et &#224; la droite la responsabilit&#233; de l'ind&#233;pendance&#8230; certains redeviendront ult&#233;rieurement &#171; de gauche &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration des rapatri&#233;s d'Alg&#233;rie en France n'a pas r&#233;pondu aux calculs et espoirs de l'OAS, fort heureusement, m&#234;me si la totalit&#233; de l'extr&#234;me droite fran&#231;aise fait syst&#233;matiquement r&#233;f&#233;rence &#224; l'Alg&#233;rie fran&#231;aise. Au d&#233;but des ann&#233;es 1960, il y avait du travail en France, les fonctionnaires ont obtenu des places souvent meilleures que celles qu'ils occupaient en Alg&#233;rie, les artisans et commer&#231;ants ont souvent pu continuer leurs activit&#233;s &#224; Marseille, Nice ou Lyon, m&#234;me s'ils n'&#233;taient plus des privil&#233;gi&#233;s, voire subissaient une forme de racisme de la part des Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, on peut dire que ceux qui, au bout du compte, furent les principales et imm&#233;diates victimes de la politique de l'OAS, furent celles et ceux qui la permirent, les Pieds-Noirs qui se laiss&#232;rent aller &#224; servir de masse de manoeuvre pour une politique qu'ils pay&#232;rent tr&#232;s cher, par l'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; Benjamin Stora, n&#233; &#224; Constantine en 1950, publie son rapport, les derniers Pieds-Noirs arrivent &#224; l'&#226;ge de la retraite. Ils auront marqu&#233; d'une certaine mani&#232;re la culture fran&#231;aise &#224; partir des ann&#233;es 1970 (Guy Bedos, Enrico Macias, Roger Hanin). Les Pieds-Noirs et leurs descendants sont une trace vivante de cette communaut&#233; de sort qui lie depuis longtemps &#8211; et pour longtemps &#8211; les classes ouvri&#232;res des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Argentine. T&#233;moignages : le militantisme ouvrier et le coup d'&#201;tat militaire
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Argentine-Temoignages-le-militantisme-ouvrier-et-le-coup-d-Etat-militaire</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Argentine-Temoignages-le-militantisme-ouvrier-et-le-coup-d-Etat-militaire</guid>
		<dc:date>2021-04-29T18:26:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine
</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme
</dc:subject>

		<description>Comme chaque ann&#233;e depuis 1981, des milliers de personnes ont d&#233;fil&#233; dans les principales villes d'Argentine le 24 mars dernier, date anniversaire du coup d'&#201;tat militaire de 1976, contre l'impunit&#233; des bourreaux d'hier et pour d&#233;noncer la criminalisation des mobilisations d'aujourd'hui. &lt;br /&gt;Cette ann&#233;e, la manifestation s'inscrivait dans un contexte tendu, alors que la pand&#233;mie plonge dans la mis&#232;re des millions de ch&#244;meurs, de mal-log&#233;s et de mal-nourris, et que le gouvernement &#171; des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Videos-" rel="directory"&gt;Vid&#233;os
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Argentine-+" rel="tag"&gt;Argentine
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Trotskisme-+" rel="tag"&gt;Trotskisme
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton14955-1f036.jpg?1787839251' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme chaque ann&#233;e depuis 1981, des milliers de personnes ont d&#233;fil&#233; dans les principales villes d'Argentine le 24 mars dernier, date anniversaire du coup d'&#201;tat militaire de 1976, contre l'impunit&#233; des bourreaux d'hier et pour d&#233;noncer la criminalisation des mobilisations d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, la manifestation s'inscrivait dans un contexte tendu, alors que la pand&#233;mie plonge dans la mis&#232;re des millions de ch&#244;meurs, de mal-log&#233;s et de mal-nourris, et que le gouvernement &#171; des Fern&#225;ndez &#187; (comme on appelle l'ex&#233;cutif d'Alberto Fern&#225;ndez et Cristina Fern&#225;ndez de Kirchner) est sur le point de signer un nouvel accord avec le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ici, les traductions sous-titr&#233;es &#233;tant de nous, cinq vid&#233;os r&#233;alis&#233;es par les camarades du Parti ouvrier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Partido Obrero est une des principales organisations trotskystes en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; argentin &#224; l'occasion des 45 ans du coup d'&#201;tat. Cinq pr&#233;cieux t&#233;moignages de militants, qui donnent un aper&#231;u de leur exp&#233;rience politique et syndicale, de la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res entre 1969 et 1975 et des conditions de militantisme sous la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat du 24 mars 1976, men&#233; par une junte militaire avec &#224; sa t&#234;te le g&#233;n&#233;ral Videla, a d&#233;pass&#233; dans la r&#233;pression tout ce que l'Argentine avait pu conna&#238;tre auparavant : 15 000 opposants ex&#233;cut&#233;s, 9 000 prisonniers politiques, mais surtout 30 000 &#171; disparus &#187; et plus d'un million d'exil&#233;s. Une terrible h&#233;catombe, ciblant le milieu militant, ouvrier en particulier. Un v&#233;ritable terrorisme d'&#201;tat qui ne faisait qu'exacerber la politique de terreur d&#233;j&#224; instaur&#233;e sous le gouvernement d'Isabel Per&#243;n et de Jos&#233; L&#243;pez Rega par le biais de la &#171; Triple A &#187; (Alliance anticommuniste Argentine), cette police parall&#232;le qui organisa les assassinats de centaines de militants ouvriers et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente avait &#233;t&#233; marqu&#233;e par une remont&#233;e des luttes ouvri&#232;res, initi&#233;e au printemps 1969 par le soul&#232;vement de la ville de C&#243;rdoba contre la remise en cause d'accords provinciaux sur le temps de travail et les salaires. Le soul&#232;vement avait contribu&#233; &#224; pr&#233;cipiter la sortie du dictateur Ongan&#237;a, la bourgeoisie misant sur &#171; l'institutionnalisation &#187; du p&#233;ronisme pour canaliser le m&#233;contentement des masses, avant le retour de Per&#243;n lui-m&#234;me aux affaires en 1973 apr&#232;s 20 ans d'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les efforts de Juan Per&#243;n &#8211; et de sa femme Isabel apr&#232;s sa mort &#8211; pour faire plier le mouvement ouvrier et consolider la bureaucratie syndicale, se r&#233;v&#233;l&#232;rent insuffisants. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de juin-juillet 1975, initi&#233;e par les coordinations dites &#171; classistes &#187; oppos&#233;es &#224; la bureaucratie p&#233;roniste, for&#231;a les ministres Rodrigo &#8211; qui avait impos&#233; sa politique de &#171; choc &#187; avec une brutale d&#233;valuation mon&#233;taire et un gel des salaires &#8211; et L&#243;pez Rega &#8211; dirigeant occulte de la Triple A &#8211; &#224; d&#233;missionner. Le r&#233;gime p&#233;roniste ouvrait la voie au coup d'&#201;tat militaire&#8230; et bien des militants se revendiquant eux-m&#234;mes du p&#233;ronisme &#8211; &#224; l'instar de groupes comme les Montoneros &#8211; allaient le payer de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces t&#233;moignages, les militants du Parti ouvrier, qui s'appelait &#224; l'&#233;poque &lt;em&gt;Pol&#237;tica Obrera&lt;/em&gt; (Politique ouvri&#232;re), racontent notamment leur travail dans les entreprises et les syndicats dans la p&#233;riode ayant pr&#233;c&#233;d&#233; le coup d'&#201;tat. Ainsi N&#233;stor Pitrola &#233;voque son militantisme en tant que d&#233;l&#233;gu&#233; de la banque Galicia &#224; C&#243;rdoba, et Roberto Gellert son action au sein de l'imprimerie des &#233;ditions Abril &#224; Buenos Aires. Nora Biaggio, enseignante, raconte aussi le d&#233;veloppement des courants anti-bureaucratiques dans les syndicats d'enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil de leurs t&#233;moignages, ils &#233;voquent la politique des autres groupes : de l'extr&#234;me gauche &#171; foquiste &#187; (gu&#233;variste) ou &#171; mor&#233;niste &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du nom de Nahuel Moreno, militant trotskyste. Ce courant &#233;tait dans ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, de la gauche syndicale p&#233;roniste, du Parti communiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au d&#233;tour des anecdotes, comme lors du t&#233;moignage de Rafael Santos, on d&#233;couvre une partie des m&#233;thodes d'organisation du PO sous la clandestinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, leur intervention dans les groupes de familles de d&#233;tenus et de disparus qui se sont organis&#233;s sous la dictature, racont&#233;e par Eduardo Salas, est &#233;galement digne d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec N&#233;stor Pitrola : &#171; classisme &#187;, Navarrazo et coup d'&#201;tat &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#243;rdoba&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;500&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/EL-etnbDizU&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/EL-etnbDizU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regarder cette vid&#233;o sur Youtube&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Roberto Gellert : les luttes ouvri&#232;res face au coup&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#201;tat et l'enl&#232;vement de camarades&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;500&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/ZXnqLqbEOZ0&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/ZXnqLqbEOZ0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regarder cette vid&#233;o sur Youtube&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Entretien avec Nora Biaggio : l'organisation des enseignants face au coup&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#201;tat militaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;500&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/JOhPdcsiHzk&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/JOhPdcsiHzk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regarder cette vid&#233;o sur Youtube&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Eduardo Salas : la lutte des familles de disparus et&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;tenus sous la dictature militaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;500&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/J5ulsExgnz8&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/J5ulsExgnz8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regarder cette vid&#233;o sur Youtube&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Rafael Santos : l'activit&#233; du Parti Ouvrier sous la dictature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;500&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/CnK3Cd67vIk&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/CnK3Cd67vIk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regarder cette vid&#233;o sur Youtube&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le &lt;a href=&#034;https://po.org.ar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;em&gt;Partido Obrero&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est une des principales organisations trotskystes en Argentine. Il fait partie du FIT-U (Front de la gauche et des travailleurs - Unit&#233;), un front d'organisation trotskystes, aux c&#244;t&#233;s du PTS (Parti des travailleurs socialistes, Fraction Trotskyste), de IS (Gauche socialiste, Union internationale des travailleurs) et du MST (Mouvement socialiste des travailleurs, Ligue internationale socialiste).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Du nom de Nahuel Moreno, militant trotskyste. Ce courant &#233;tait dans ces ann&#233;es repr&#233;sent&#233; en Argentine par le PST (Parti socialiste des travailleurs) fond&#233; en 1972, qui a succ&#233;d&#233; au PRT-La Verdad.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quelques ann&#233;es pour faire tomber un Empire
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Quelques-annees-pour-faire-tomber-un-Empire</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Quelques-annees-pour-faire-tomber-un-Empire</guid>
		<dc:date>2021-03-25T22:12:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Commune de 1871
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; partie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le coup d'&#201;tat du 2 d&#233;cembre 1851, un Bonaparte est redevenu un Napol&#233;on, le troisi&#232;me. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Reunion-publique-du-21-mars-2021-La-Commune-n-est-pas-morte-" rel="directory"&gt;R&#233;union publique du 21 mars 2021 : La Commune n'est pas morte !
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Commune-de-1871-+" rel="tag"&gt;Commune de 1871
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;R&#233;union publique du 21 mars 2021 sur la Commune de Paris &#8212; 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; partie &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-Commune-n-est-pas-morte-Sommaire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(Acc&#232;s au sommaire)&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La nuit du second Empire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec le coup d'&#201;tat du 2 d&#233;cembre 1851, un Bonaparte est redevenu un Napol&#233;on, le troisi&#232;me. Tout ce que les villes comptaient de milieux contestataires, de r&#233;publicains et de socialistes, a pris un sacr&#233; coup sur la t&#234;te. Le r&#233;gime imp&#233;rial de Napol&#233;on III, le &#171; neveu de son oncle &#187;, a d'abord &#233;t&#233; l'empire des policiers et des procureurs. Pendant 10 ans, la France a v&#233;cu &#233;cras&#233;e sous le poids des gendarmes, pour le plus grand bonheur des capitalistes qui pouvaient exploiter les travailleurs comme bon leur semblait. Au Creusot, les forges de Schneider ont connu un plein boom, les carreaux de fosse ont recouvert le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et &#224; Lyon, les premi&#232;res chemin&#233;es de la chimie sont sorties de terre. Sous les toitures d'usines et la f&#233;rule des patrons, les prol&#233;taires sont regroup&#233;s. Dans leur poche, le livret ouvrier qui permettait de surveiller les &#171; mauvais &#233;l&#233;ments &#187; un peu trop revendicatifs. Bref, pour les bourgeois, les premi&#232;res ann&#233;es du Second Empire &#233;taient une longue orgie. Mais bient&#244;t, la f&#234;te se termine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/creusot.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH322/creusot-444de.jpg?1788803414' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Creusot en 1870&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, &#224; part quelques grosses fabriques comme l'usine m&#233;tallurgique CAIL ou la fabrique d'armes Lefaucheux qui regroupaient chacune 2 000 personnes, les ouvriers continuaient d'&#234;tre &#233;clat&#233;s entre une multitude de petits ateliers. On peine parfois &#224; les distinguer des artisans et, d'ailleurs, beaucoup d'entre eux finissaient par s'installer &#224; leur compte. Mais le prol&#233;tariat parisien avait dans son dos un lourd bagage politique. Les bronziers et les lavandi&#232;res de la capitale &#233;taient les arri&#232;re-petits-enfants des sans-culottes, les petits-enfants des combattants de 1830 qui avaient chass&#233;, pour la deuxi&#232;me fois, les Bourbon. C'&#233;taient les filles et les fils des quarante-huitards, ces r&#233;volutionnaires qui ont d&#233;finitivement chass&#233; les rois en f&#233;vrier 1848, avant d'&#234;tre r&#233;prim&#233;s quelques mois plus tard, en juin, par les milices bourgeoises. Une am&#232;re le&#231;on m&#233;dit&#233;e au cours des vingt ann&#233;es suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1848, durant cinq jours, les travailleurs de la capitale se sont battus contre les soldats de Cavaignac, le g&#233;n&#233;ral en chef de cette R&#233;publique qui r&#233;prime les travailleurs. Des deux c&#244;t&#233;s des barricades, on parlait alors de R&#233;publique. Mais d'un c&#244;t&#233;, c'&#233;tait la R&#233;publique de l'ordre, la R&#233;publique sous forme de soci&#233;t&#233; par actions pour les classes dirigeantes. De l'autre c&#244;t&#233;, c'&#233;tait la R&#233;publique sociale, l'aspiration d'une R&#233;publique d&#233;barrass&#233;e des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fusils de Cavaignac ont fait taire les ouvriers. Pour un temps seulement car, au d&#233;but des ann&#233;es 1860, les gr&#232;ves ont refait surface. En 1864, devant la pression, Napol&#233;on III a conc&#233;d&#233; un timide droit de gr&#232;ve. L'Empire a ouvert une br&#232;che &#171; lib&#233;rale &#187;, bien mesur&#233;e &#8211; en 1868, les r&#233;unions publiques sont autoris&#233;es sans condition si ce n'est celle de ne pas parler de politique ! &#8211;, mais dans laquelle les milieux d'opposition se sont engouffr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un spectre hante l'Europe&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le regain de la combativit&#233; ouvri&#232;re au cours des dix ann&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la Commune a &#233;t&#233; de pair avec la naissance de la premi&#232;re organisation ouvri&#232;re internationale : l'AIT, Association Internationale des Travailleurs fond&#233;e en 1864 &#224; Londres et dont Karl Marx a r&#233;dig&#233; le texte fondateur. Pour les bourgeois, l'AIT &#233;tait un monstre d&#233;mesur&#233; qui mena&#231;ait les piliers de la soci&#233;t&#233; : l'ordre, la famille, la propri&#233;t&#233; et la religion. Les effectifs de l'AIT n'ont jamais &#233;t&#233; &#224; la hauteur de leurs fantasmes, m&#234;me si ses succ&#232;s allaient croissants. En juillet 1869, &#224; la suite d'une gr&#232;ve, les 8 000 ovalistes lyonnaises &#8211; les ouvri&#232;res de la soie &#8211; ont adh&#233;r&#233; en bloc &#224; l'Internationale. Le prestige de l'AIT qui organisait la solidarit&#233; ouvri&#232;re entre les gr&#232;ves ne faisait que s'&#233;largir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette AIT a affirm&#233; la n&#233;cessit&#233; pour les travailleurs de ne compter que leurs propres forces. Ses statuts commen&#231;aient par la formule devenue c&#233;l&#232;bre : &lt;em&gt;&#171; L'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;&lt;/em&gt;. Pensez donc, une organisation compos&#233;e en majorit&#233; &#233;crasante d'ouvriers et s'adressant &#224; eux sur la base des combats &#233;conomiques et politiques &#224; mener, &#231;a changeait ! Et &#231;a a fait tousser pas mal d'intellectuels soi-disant radicaux et d'opposants bon teint au r&#233;gime, bref tous ceux qui voulaient bien des suffrages ouvriers aux &#233;lections mais qui ne voulaient pas que les travailleurs se battent pour eux-m&#234;mes. Varlin, un des militants les plus connus de l'AIT, pouvait ainsi dire en 1869, &#224; l'occasion des &#233;lections o&#249; il avait pouss&#233; pour que soient pr&#233;sent&#233;es des candidatures ouvri&#232;res : &lt;em&gt;&#171; Bonapartistes, orl&#233;anistes, cl&#233;ricaux et lib&#233;raux, tous s'entendent avec un touchant ensemble pour crier sus &#224; l'inf&#226;me, au pel&#233;, au galeux &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seize ans apr&#232;s les journ&#233;es de Juin 1848 qui avaient fait passer la le&#231;on dans la douleur, l'AIT a contribu&#233; &#224; construire l'ind&#233;pendance politique de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AIT a aussi permis aux diff&#233;rents courants du mouvement ouvrier de discuter &#224; l'int&#233;rieur des m&#234;mes murs, et sous la pression heureuse de la mont&#233;e ouvri&#232;re qui a pr&#233;c&#233;d&#233; l'effondrement de l'Empire. L'opposition &#224; la gr&#232;ve qui comptait beaucoup de partisans parmi les &#171; Internationaux &#187; au d&#233;but a ensuite reflu&#233;. Cette opposition &#224; la gr&#232;ve est r&#233;v&#233;latrice de l'impr&#233;gnation dans la classe ouvri&#232;re des id&#233;es de Proudhon, imprimeur-typographe qui a pr&#234;ch&#233; l'affranchissement des travailleurs par leur mise en association et l'acc&#232;s au cr&#233;dit pour qu'ils poss&#232;dent leurs propres moyens de production. Dans cette optique, la gr&#232;ve ne servait effectivement pas &#224; grand-chose&#8230; La mont&#233;e des gr&#232;ves a tranch&#233; le d&#233;bat !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH316/ait-dd7c2.jpg?1788803414' width='500' height='316' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Meeting inaugural de l'AIT en 1864&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La fuite en avant de la guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1870, devant l'instabilit&#233; int&#233;rieure croissante, Napol&#233;on le Neveu a d&#233;gain&#233; la vieille ruse des pouvoirs affaiblis : la guerre. Les contestations montent, le sentiment r&#233;publicain qui n'avait jamais vraiment disparu refait surface &#224; l'occasion des obs&#232;ques de Victor Noir, un journaliste tu&#233; par un Bonaparte. L'alliance de la mitraille et de la prison sous le patronage de l'Empereur n'y a rien chang&#233;. En juin 1869 &#224; la Ricamarie, en octobre de la m&#234;me ann&#233;e &#224; Aubin, la troupe a tir&#233; sur les gr&#233;vistes. Qu'importe : les gr&#232;ves continuaient, et de plus belle. 7 000 ouvriers du Creusot ont arr&#234;t&#233; le travail en janvier 1870. Apr&#232;s deux proc&#232;s en 1868, l'AIT en a subi un troisi&#232;me en juin 1870. Mais cela ne faisait que renforcer son prestige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lancer les arm&#233;es fran&#231;aises sur l'Allemagne, voil&#224; le plan mis &#224; ex&#233;cution &#224; partir du mois de juillet 1870. &#192; grand renfort de &lt;em&gt;Marseillaise&lt;/em&gt;, autoris&#233;e pour l'occasion, l'Empereur comptait susciter l'&#233;lan patriotique. Mais l'enthousiasme populaire pour cette guerre de voleurs est rest&#233; tr&#232;s mesur&#233;. Et l'Internationale a eu une position tr&#232;s claire sur le sujet. S'adressant aux ouvriers allemands dans un manifeste du 12 juillet : &lt;em&gt;&#171; Restez sourd &#224; des provocations insens&#233;es, car la guerre nous serait une guerre fratricide &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques semaines, l'arm&#233;e fran&#231;aise s'est d&#233;lit&#233;e. Napol&#233;on a capitul&#233; le 2 septembre, emprisonn&#233; avec ses grognards &#224; Sedan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, l'annonce de la capitulation a sonn&#233; comme un coup de tonnerre. &#192; mesure que les troupes allemandes p&#233;n&#233;traient sur le territoire, l'ambiance a chang&#233;. On recommen&#231;ait &#224; entendre les refrains de 1792, ceux de la &#171; patrie en danger &#187; et de la &#171; lev&#233;e en masse &#187; pour chasser l'ennemi. L'Internationale a m&#234;me chang&#233; son fusil d'&#233;paule dans une affiche placard&#233;e le 4 septembre &#224; Paris : &lt;em&gt;&#171; Le peuple fran&#231;ais ne fait pas la paix avec un ennemi qui occupe son territoire &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Du-4-septembre-au-18-mars-de-la-Republique-a-la-Commune' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Suite :&lt;/a&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Du-4-septembre-au-18-mars-de-la-Republique-a-la-Commune' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du 4 septembre au 18 mars : de la R&#233;publique &#224; la Commune&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Du 4 septembre au 18 mars : de la R&#233;publique &#224; la Commune
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Du-4-septembre-au-18-mars-de-la-Republique-a-la-Commune</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Du-4-septembre-au-18-mars-de-la-Republique-a-la-Commune</guid>
		<dc:date>2021-03-25T22:12:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Commune de 1871
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; partie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 septembre 1870, l'annonce de la capitulation de Louis-Napol&#233;on Bonaparte entra&#238;ne un vaste mouvement populaire. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Reunion-publique-du-21-mars-2021-La-Commune-n-est-pas-morte-" rel="directory"&gt;R&#233;union publique du 21 mars 2021 : La Commune n'est pas morte !
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Commune-de-1871-+" rel="tag"&gt;Commune de 1871
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;R&#233;union publique du 21 mars 2021 sur la Commune de Paris &#8212; 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; partie &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-Commune-n-est-pas-morte-Sommaire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(Acc&#232;s au sommaire)&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Le 4 septembre 1870, l'annonce de la capitulation de Louis-Napol&#233;on Bonaparte entra&#238;ne un vaste mouvement populaire. La foule envahit l'Assembl&#233;e nationale. La vieille opposition respectable &#224; l'Empire n'en m&#232;ne pas large : son seul choix est finalement de prendre la t&#234;te de ce mouvement pour ne pas se faire d&#233;passer. Gambetta proclame la R&#233;publique et un Gouvernement provisoire dit &#171; de la D&#233;fense nationale &#187; est mis en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre et la mobilisation des Parisiens ont eu raison du Second Empire. En apparence, l'unanimit&#233; semble parfaite : d&#233;barrass&#233;e de &lt;em&gt;&#171; Napol&#233;on le Petit &#187;,&lt;/em&gt; nul doute que la France va se ressaisir et bouter les arm&#233;es prussiennes hors de ses fronti&#232;res. Le gouvernement se r&#233;pand en discours patriotes et guerriers. Trochu, nouveau chef du gouvernement provisoire, annonce au peuple : &lt;em&gt;&#171; Ne pensez qu'&#224; la guerre et aux mesures qu'elle doit engendrer &#187;&lt;/em&gt;. L'exaltation patriotique atteint aussi une majorit&#233; de militants ouvriers et r&#233;volutionnaires. Blanqui d&#233;clare : &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;Nous sommes tous fran&#231;ais et rien de plus, tous r&#233;publicains et rien de plus. Point de d&#233;sunion ! &#187; &lt;/em&gt;Le nom de son nouveau journal ? &lt;em&gt;La Patrie en danger&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; des apparences, qui sont ces hommes du gouvernement charg&#233;s de la &#171; d&#233;fense nationale &#187; ? Des d&#233;fenseurs fid&#232;les&#8230; des classes poss&#233;dantes. Jules Favre fait partie des r&#233;publicains &#224; l'origine des massacres de Juin 48 et il s'est oppos&#233; &#224; la loi autorisant le droit de gr&#232;ve en 1864. Le tr&#232;s catholique Jules Trochu est, quant &#224; lui, un g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e connu pour ses sympathies monarchistes. Quelques r&#233;publicains en apparence plus radicaux, Gambetta et Rochefort, compl&#232;tent ce gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/gvt_def.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH385/gvt_def-8a9a9.jpg?1787883525' width='500' height='385' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le gouvernement dit de &#171; la D&#233;fense nationale &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le gouvernement craint davantage les Parisiens que les Prussiens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plus grande peur du gouvernement n'est en fait pas le casque &#224; pointes des soldats prussiens, mais la casquette des faubourgs sous la pression desquels il a d&#251; proclamer la R&#233;publique &#224; son corps d&#233;fendant. &#171; Petit &#187; d&#233;tail de l'histoire, ce prol&#233;tariat parisien est arm&#233; ! Dans sa chute, Napol&#233;on III a laiss&#233; un cadeau &#224; ses successeurs : la r&#233;surrection de la Garde nationale, vieille milice bourgeoise aujourd'hui investie par la population des villes comme ultime moyen de d&#233;fense. Fin septembre, plus de 200 000 hommes sont organis&#233;s par bataillons d'arrondissement. Rentrer dans la Garde nationale, on le fait d'autant plus qu'il s'agit maintenant dans la t&#234;te de beaucoup de sauver la R&#233;publique assaillie. On le fait aussi pour la solde de 30 sous, seul moyen de survivre pour beaucoup de prol&#233;taires, du fait de l'absence totale ou presque de travail dans la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement, il faut r&#233;tablir l'ordre &#224; Paris afin d'&#233;viter de se faire renverser par un nouveau soul&#232;vement&#8230; ce qui passe par d&#233;sarmer ces masses parisiennes. Impossible &#224; faire accepter tant que la guerre dure. Trochu et son gouvernement pr&#233;tendument de la &#171; d&#233;fense nationale &#187; n'auront &#224; ce titre qu'une h&#226;te aussit&#244;t au pouvoir : organiser la &#171; d&#233;fection nationale &#187; pour reprendre les mots de Marx. Le gouvernement sabote litt&#233;ralement la d&#233;fense de Paris. Des batailles sont engag&#233;es &#224; tort et &#224; travers, les d&#233;faites se succ&#232;dent. En sous-main, le gouvernement pr&#233;pare d&#233;j&#224; les n&#233;gociations de paix : Adolphe Thiers, d&#233;j&#224; lui, fait le tour des capitales europ&#233;ennes pour t&#226;ter le terrain&#8230; Mais la prudence est de mise : apr&#232;s avoir d&#233;chu un empereur, les masses parisiennes pourraient aussi faire son sort &#224; ce gouvernement s'il apprend sa duplicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, la guerre continue. D&#232;s le 17 septembre, Paris est assi&#233;g&#233; par l'arm&#233;e prussienne. L'hiver 1870 est terrible pour la population parisienne. Les obus prussiens tombent en pleine ville. Le froid cohabite avec la famine&#8230; Prosper-Olivier Lissagaray, communard et auteur d'une &lt;em&gt;Histoire de la Commune de 1871&lt;/em&gt;, raconte le si&#232;ge de Paris :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La faim piquait plus dure d'heure en heure. La viande de cheval devenait une de&#769;licatesse. On de&#769;vorait les chiens, les chats et les rats. Les me&#769;nage&#768;res, au froid par 17 degre&#769;s, ou dans la boue du de&#769;gel, que&#770;taient des heures entie&#768;res une ration de naufrage&#769;s. Pour pain, un mortier noir qui tordait les entrailles. Les petits mouraient sur le sein e&#769;puise&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce si&#232;ge, c'est la faim, le froid mais aussi l'&#233;bullition politique caract&#233;ristique des p&#233;riodes r&#233;volutionnaires. La rue est une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale permanente. Les journaux de toutes les tendances politiques fleurissent et sont avidement lus et comment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Paris en &#233;bullition veut &#171; la Commune &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 4 septembre, des clubs politiques germent dans tout Paris, notamment dans les quartiers populaires. C'est l'effervescence r&#233;volutionnaire. On y croise quelques orateurs illustres, mais surtout une multitude d'anonymes qui interviennent &#224; la tribune. On s'y bouscule pour aller aux nouvelles de la guerre, d&#233;noncer les accapareurs, pour d&#233;battre de la politique du gouvernement, voire pour juger des &#171; tra&#238;tres &#187;. De nombreux prol&#233;taires s'y retrouvent, mettent en avant leurs probl&#232;mes, d&#233;battent collectivement des &#233;v&#233;nements politiques du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; comit&#233;s de vigilance &#187; se forment aussi dans chaque quartier et &#233;lisent un &#171; Comit&#233; central r&#233;publicain des Vingt arrondissements &#187;. Ces comit&#233;s sont une mani&#232;re de regrouper dans un m&#234;me lieu les diff&#233;rentes tendances r&#233;volutionnaires mais aussi de mettre le gouvernement provisoire sous surveillance de la population parisienne arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution politique en six mois est rapide. &#171; L'union nationale &#187; se fissure vite. Les sacrifices endur&#233;s sous le si&#232;ge renforcent la col&#232;re de la population parisienne qui se sent trahie par ce gouvernement de la D&#233;fense nationale. La poursuite de la guerre, celle-l&#224; m&#234;me qui avait servi &#224; mettre sous le tapis toutes les oppositions de classe le 4 septembre, les fait finalement rejaillir de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte gronde de plus en plus. Le 31 octobre, le gouvernement provisoire est &#224; un cheveu de se faire renverser suite &#224; l'envahissement de l'h&#244;tel de ville. Que crient les manifestants ? &lt;em&gt;&#171; Vive la Commune ! &#187;&lt;/em&gt;. Dans les clubs aussi, on parle de plus en plus de cette &#171; Commune &#187;. Le 6 janvier, une &#171; affiche rouge &#187; coll&#233;e par le Comit&#233; central r&#233;publicain des Vingt arrondissements annonce de but en blanc la perspective : &lt;em&gt;&#171; Place au peuple ! place &#224; la Commune ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/em&gt;Qu'est-ce donc cette &#171; Commune &#187; qui est sur toutes les l&#232;vres ? Elle se r&#233;f&#232;re dans toutes les t&#234;tes &#224; la Commune insurrectionnelle de Paris de 1792, en pleine r&#233;volution fran&#231;aise, expression du sursaut r&#233;volutionnaire des sans-culottes parisiens et ferme soutien de la proclamation de la &#171; Patrie en danger &#187;. En un mot, un pouvoir r&#233;volutionnaire, &#233;manation directe des classes populaires en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/af_rouge.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH351/af_rouge-4cc0f.jpg?1787883525' width='500' height='351' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; L'affiche rouge &#187; du 6 janvier placard&#233;e dans tout Paris par le Comit&#233; central r&#233;publicain des Vingt arrondissements &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Entre Parisiens et gouvernement, l'&#233;preuve de force se pr&#233;pare&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En janvier, la rupture entre les quartiers ouvriers et le gouvernement est consomm&#233;e. Trochu et ses coll&#232;gues sont surnomm&#233;s la &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;bande &#224; Judas &#187;. &lt;/em&gt;Le 28 janvier 1871, l'armistice est finalement sign&#233;e, pr&#233;lude &#224; la paix. Si la guerre franco-prussienne se termine, la guerre civile pointe, elle, le bout de son nez. Le signal est donn&#233; pour la bourgeoisie : il faut maintenant s'occuper au plus vite de r&#233;gler ce probl&#232;me des masses parisiennes d&#233;termin&#233;es et mobilis&#233;es. Les classes poss&#233;dantes se sentent d'autant plus pouss&#233;es des ailes que des &#233;lections en f&#233;vrier 1871 donnent une large majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e aux bonapartistes et monarchistes. Ces &#233;lections avaient &#233;t&#233; exig&#233;es par les dirigeants prussiens qui voulaient faire avaliser par une assembl&#233;e &#171; repr&#233;sentative &#187; les conditions du trait&#233; de paix au bas duquel les Prussiens voulaient davantage que la signature d'un simple gouvernement provisoire... Les campagnes ont vot&#233; &#171; pour la paix &#187;, Paris et les r&#233;publicains &#233;tant d&#233;peints dans la presse bourgeoise comme des acharn&#233;s de la guerre qui m&#232;neront le pays &#224; sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adolphe Thiers est nomm&#233; &#171; chef du pouvoir ex&#233;cutif &#187; par l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs provocations envers la population parisienne se succ&#232;dent de la part de cette Assembl&#233;e nationale :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le contenu du futur trait&#233; de paix avec l'Allemagne est d&#233;voil&#233; : perte de l'Alsace et d'un bout de Lorraine, et 5 milliards de francs-or d'indemnit&#233;s de guerre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La solde des gardes nationaux est supprim&#233;e. C'&#233;tait le seul gagne-pain de beaucoup de Parisiens !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La fin du moratoire sur les loyers et les traites commerciales est d&#233;cid&#233;e, ce qui signifie la ruine de bien des artisans et commer&#231;ants parisiens. Cette mesure contribuera &#224; souder la petite-bourgeoisie parisienne au prol&#233;tariat en mars.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Thiers et son Assembl&#233;e d&#233;capitalisent Paris : l'Assembl&#233;e si&#232;gera dor&#233;navant &#224; Versailles, ville des rois !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L250xH375/thiers-51a64.jpg?1787883525' width='250' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Adolphe Thiers &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, la population parisienne s'organise&#8230; Une grande majorit&#233; de bataillons parisiens de la Garde nationale d&#233;cident de se &#171; f&#233;d&#233;rer &#187;, autrement dit r&#233;cusent leurs chefs et d&#233;cident de se doter d'une direction &#233;lue. Un Comit&#233; central est &#233;lu et r&#233;unit 38 membres (r&#233;vocables), dont 21 ouvriers. On y retrouve Assi, ouvrier connu &#234;tre le meneur de la gr&#232;ve du Creusot en 1870, l'ouvrier-relieur Varlin, fer de lance de l'Internationale, ainsi que plusieurs militants blanquistes. Avec cette Garde nationale f&#233;d&#233;r&#233;e, c'est un v&#233;ritable gouvernement ouvrier en puissance qui &#233;merge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;preuve de force entre Versailles et Paris se pr&#233;cise de jour en jour&#8230; jusqu'au 18 mars et la derni&#232;re provocation de Thiers : la prise des canons de la Garde nationale parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/18-Mars-28-mars-1871-Paris-tombe-entre-les-mains-du-Comite-central-de-la-Garde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Suite :&lt;/a&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/18-Mars-28-mars-1871-Paris-tombe-entre-les-mains-du-Comite-central-de-la-Garde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;18 Mars &#8211; 28 mars 1871 : Paris tombe entre les mains du Comit&#233; central de la Garde nationale&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> 18 Mars &#8211; 28 mars 1871 : Paris tombe entre les mains du Comit&#233; central de la Garde nationale
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/18-Mars-28-mars-1871-Paris-tombe-entre-les-mains-du-Comite-central-de-la-Garde</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/18-Mars-28-mars-1871-Paris-tombe-entre-les-mains-du-Comite-central-de-la-Garde</guid>
		<dc:date>2021-03-25T22:12:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Commune de 1871
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; partie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les canons ! Les Parisiens les consid&#232;rent comme &#224; eux. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Reunion-publique-du-21-mars-2021-La-Commune-n-est-pas-morte-" rel="directory"&gt;R&#233;union publique du 21 mars 2021 : La Commune n'est pas morte !
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Commune-de-1871-+" rel="tag"&gt;Commune de 1871
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;R&#233;union publique du 21 mars 2021 sur la Commune de Paris &#8212; 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; partie &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-Commune-n-est-pas-morte-Sommaire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(Acc&#232;s au sommaire)&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Les canons ! Les Parisiens les consid&#232;rent comme &#224; eux. Il faut dire qu'ils ont &#233;t&#233; financ&#233;s par souscription pendant le si&#232;ge de Paris qui a suivi la capitulation de Sedan. M&#234;me les plus pauvres y ont largement contribu&#233;. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; le gouvernement provisoire de les laisser dans les zones occup&#233;es par les troupes prussiennes en janvier. Au contraire, pourrait-on dire, le gouvernement provisoire les pr&#233;f&#233;reraient compl&#232;tement aux mains des Prussiens plut&#244;t que disponibles pour le peuple de Paris. C'&#233;tait sans compter sur le Comit&#233; central de la Garde nationale dont les bataillons se sont charg&#233;s de les r&#233;cup&#233;rer et de les regrouper dans des quartiers populaires, &#224; Montmartre, &#224; Belleville.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;D&#233;sarmer Paris ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Seulement Adolphe Thiers veut &#233;craser les Parisiens, c'est ce que les r&#233;actionnaires de l'Assembl&#233;e, les boursiers, les dirigeants prussiens ne cessent de r&#233;clamer. Voil&#224; pourquoi il d&#233;clare que les canons sont la propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat, et il ose m&#234;me pr&#233;tendre qu'ils peuvent repr&#233;senter un danger pour la population parisienne s'ils sont laiss&#233;s aux mains du Comit&#233; central. Une insulte de plus pour les Parisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu r&#233;el de cette op&#233;ration c'est bien leur d&#233;sarmement. Durant la nuit du 17 au 18 mars 1871, Thiers envoie 20 000 soldats soustraire les canons, l'artillerie aux Parisiens et arr&#234;ter les r&#233;volutionnaires connus aux quatre coins de Paris. &#192; Belleville et Montmartre, mais aussi aux Buttes-Chaumont dans le 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, &#224; Bastille, &#224; l'H&#244;tel-de-Ville, dans les 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#224; Saint-Michel et au Luxembourg, dans le 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et le 7&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, aux Invalides. Vinoy et Thiers ont toute confiance en leur plan. Ils prennent les Parisiens par surprise et savent que les canons ne sont que peu ou pas gard&#233;s. Mais ce qu'ils ne peuvent pas voir depuis Versailles, ce qu'ils ne peuvent m&#234;me pas comprendre tant ils m&#233;prisent ceux que Thiers a nomm&#233;s &lt;em&gt;&#171; la vile multitude &#187;&lt;/em&gt; dans un discours de 1850, c'est que, ces canons sont en r&#233;alit&#233; &lt;em&gt;&#171; gard&#233;s par tout Paris &#187;,&lt;/em&gt; comme l'a r&#233;sum&#233; Prosper-Olivier Lissagaray dans son &lt;em&gt;Histoire de la Commune de 1871. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes parviennent d'abord sans difficult&#233; &#224; avancer dans Paris. &#192; Montmartre et Belleville, les canons sont pris sans r&#233;sistance, mais encore faut-il les tra&#238;ner &#224; pied. Cela prend du temps. Le Soleil se l&#232;ve et les habitants des faubourgs avec lui. Ils voient les soldats, les mitrailleuses braqu&#233;es sur eux, discutent, s'agitent. Sur les murs se dressent des affiches sign&#233;es par Thiers, Dufaure et autres ministres. On y lit : &lt;em&gt;&#171; Habitants de Paris, dans votre int&#233;r&#234;t, le Gouvernement est r&#233;solu d'agir. Que les bons citoyens se s&#233;parent des mauvais ; qu'ils aident la force publique. Ils rendront service &#224; la R&#233;publique elle-m&#234;me &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;En cherchant &#224; la pr&#233;venir, Thiers a d&#233;clench&#233; la r&#233;volution !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des mois de si&#232;ge, de discussions dans les clubs rouges, dans les rues, face aux provocations de Versailles, en effet, dans les faubourgs ouvriers, on sait tr&#232;s bien d&#233;limiter les bons des mauvais ! Les premi&#232;res &#224; venir faire barrage aux soldats sont les femmes. Elles leur crient &lt;em&gt;&#171; C'est indigne ! Qu'est-ce que tu fais l&#224; ? &#187;&lt;/em&gt; selon Lissagaray. Puis &#224; c&#244;t&#233; dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; les bataillons de gardes nationaux ne tardent pas &#224; s'alarmer, ils se regroupent et cheminent vite vers Montmartre. En route, ils fraternisent avec les postes de soldats et les rallient au cri de &lt;em&gt;&#171; Vive la R&#233;publique ! &#187;&lt;/em&gt;. Gardes nationaux et soldats parviennent ensemble &#224; la butte et encerclent la troupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Lecomte (qui la commande) ordonne de tirer une fois, deux fois, trois fois. Ses hommes, de jeunes soldats affam&#233;s, maltrait&#233;s par des officiers arrogants, finissent par mettre crosse en l'air, rejoindre la foule et s'en prendre &#224; leurs officiers : le g&#233;n&#233;ral Lecomte et ses sous-ordres sont arr&#234;t&#233;s. Lecomte, &#233;chappe de peu aux repr&#233;sailles, est d'abord enferm&#233;, mais il finit par &#234;tre fusill&#233; dans l'apr&#232;s-midi avec un autre g&#233;n&#233;ral, Cl&#233;ment Thomas. Un peu plus loin dans le 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, quelques soldats sont parvenus &#224; descendre des canons. L&#224; aussi, la foule les arr&#234;te et remonte les canons sur la butte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Place Pigalle fait &#233;cho &#224; Montmartre. Le g&#233;n&#233;ral Susbielle ordonne de tirer sur la foule, l&#224; aussi ses soldats refusent. Il charge seul, sabre au clair et blesse un garde. Soldats et gardes le neutralisent par balle. Aux Buttes-Chaumont, &#224; Belleville, au Luxembourg canons et pi&#232;ces d'artillerie sont syst&#233;matiquement repris aux soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 11 heures, l'attaque est neutralis&#233;e de toutes parts ! En plus de conserver les canons, les Parisiens ont gagn&#233; des milliers de fusils fournis par les soldats. Paris se couvre alors de barricades tenues par les bataillons de la Garde nationale. Partout c'est l'effervescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gardes nationaux occupent les casernes, l'imprimerie nationale, cernent l'H&#244;tel-de-Ville d'o&#249; maires et d&#233;put&#233;s sont d&#233;log&#233;s. Le prol&#233;tariat parisien a une nouvelle fois montr&#233; qu'il ne comptait pas laisser l'Assembl&#233;e, d&#233;cider du sort de Paris &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L347xH258/canons-be3f2.jpg?1788728294' width='347' height='258' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La d&#233;fense des canons par le peuple parisien&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Thiers ordonne la fuite du gouvernement &#224; Versailles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t inform&#233;, Thiers ordonne le repli de tout le gouvernement et de toute l'administration &#224; Versailles. C'&#233;tait son id&#233;e fixe depuis les r&#233;volutions de 1848 : abandonner Paris, laisser le chaos s'installer &#8211; dans sa t&#234;te, il ne pouvait en &#234;tre autrement &#8211; puis reprendre Paris dans un bain de sang. Mais &#231;a ne s'est pas pass&#233; comme il l'esp&#233;rait. Cort&#232;ge des fuyards, des employ&#233;s de l'administration, des soldats d&#233;penaill&#233;s, d&#233;courag&#233;s, tout &#231;a &#233;troitement encadr&#233;s par des gendarmes qui battent les r&#233;calcitrants. Quant &#224; Paris, &#231;a se passe pas du tout comme l'esp&#233;rait Thiers ! Ce Paris abandonn&#233;, tomb&#233; entre les mains du peuple en armes, s'en remet aux d&#233;cisions du Comit&#233; central. Ses membres, alert&#233;s au fur et &#224; mesure des &#233;v&#233;nements, d&#233;lib&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sont anim&#233;s et durent toute la journ&#233;e : &#171; Que faire de ce pouvoir ? &#187;, &#171; Nous n'avons pas mandat de gouvernement &#187;, &#171; Faut-il marcher sur Versailles ? &#187;. Tout n'est pas tranch&#233;, loin de l&#224;, mais on convient qu'abandonner ce qui a &#233;t&#233; gagn&#233; provoquerait le d&#233;sarmement de la R&#233;volution. Le Comit&#233; central conserve donc le pouvoir qu'il a su assumer avec autorit&#233;, mais&#8230; pr&#233;voit aussit&#244;t de le rendre en annon&#231;ant les &#233;lections de la Commune dans les deux &#224; trois jours &#224; venir. Il d&#233;clare &#224; la Garde nationale : &lt;em&gt;&#171; Vous nous avez charg&#233;s d'organiser la d&#233;fense de Paris et de vos droits. &#192; ce moment notre mandat est expir&#233; et nous vous le rapportons&#8230; Pr&#233;parez donc et faites de suite vos &#233;lections communales&#8230; En attendant, nous conservons, au nom du peuple, l'H&#244;tel-de-Ville &#187;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;(&lt;/em&gt;Lissagaray&lt;em&gt;, Histoire de la Commune de 1871).&lt;/em&gt; D&#233;cision sans doute discutable &#224; ce moment pr&#233;cis, mais significative de l'immense confiance du peuple de Paris dans les vertus de la d&#233;mocratie. Comme on l'a dit, dans leur esprit, il s'agit de renouer avec la Commune insurrectionnelle de 1792 qui avait mis les sans-culotte au premier plan. Mais les Parisiens veulent l&#233;gitimer cette d&#233;cision, la sanctuariser par un vote, en fait ils veulent que cette Commune soit l'expression de la d&#233;mocratie directe, qu'elle soit tout le contraire des r&#233;gimes monarchiques ou des empires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Comit&#233; central d&#233;clare donc ne rien vouloir imposer, il veut simplement montrer l'exemple et laisser le peuple d&#233;cider. Il a pourtant assum&#233; avec efficacit&#233; un r&#244;le irrempla&#231;able. Il faut se le repr&#233;senter &#224; la t&#234;te d'un Paris o&#249; il fallait tout r&#233;organiser : voirie, &#233;clairage, halles, march&#233;, assistance publique, t&#233;l&#233;graphe, poste, h&#244;pitaux, ambulances&#8230; Mais, d&#232;s le lendemain, pour citer &#224; nouveau Lissagaray :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
On vint de partout au Comit&#233; central. Les comit&#233;s d'arrondissement fournirent le personnel aux mairies ; la petite bourgeoisie pr&#234;ta son exp&#233;rience. Les principaux services furent rajust&#233;s, en un clin d'&#339;il, par des hommes de bon sens et d'application. Il fut d&#233;montr&#233; que cela valait la routine.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/affiche.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH618/affiche-cb706.jpg?1788728294' width='500' height='618' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Affiche du Comit&#233; central de la Garde nationale du 19 mars&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/26-mars-l-election-de-la-Commune-Le-premier-gouvernement-des-travailleurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Suite :&lt;/a&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/26-mars-l-election-de-la-Commune-Le-premier-gouvernement-des-travailleurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;26 mars, l'&#233;lection de la Commune : Le premier gouvernement des travailleurs&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
