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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> 2011-2021 : Que reste-t-il du Printemps arabe ?
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		<description>L'ann&#233;e 2010, les troupes des USA et de leurs alli&#233;s (dont 4 000 soldats fran&#231;ais) poursuivaient la guerre d'Afghanistan d&#233;but&#233;e en 2001. L'Irak &#233;tait toujours en plein chaos, o&#249; l'on faisait pendre &#224; son tour un cousin de feu Saddam Hussein, sur les conseils des vainqueurs &#171; hautement civilis&#233;s &#187; de la guerre de 2003. Le monde riche n'&#233;tait toujours pas sorti de sa crise financi&#232;re de 2008, et en faisait payer notamment la note &#224; la population grecque (retraites r&#233;duites de 15-20 %&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L128xH150/arton14350-cdb7b.jpg?1789149630' class='spip_logo spip_logo_right' width='128' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2010, les troupes des USA et de leurs alli&#233;s (dont 4 000 soldats fran&#231;ais) poursuivaient la guerre d'Afghanistan d&#233;but&#233;e en 2001. L'Irak &#233;tait toujours en plein chaos, o&#249; l'on faisait pendre &#224; son tour un cousin de feu Saddam Hussein, sur les conseils des vainqueurs &#171; hautement civilis&#233;s &#187; de la guerre de 2003. Le monde riche n'&#233;tait toujours pas sorti de sa crise financi&#232;re de 2008, et en faisait payer notamment la note &#224; la population grecque (retraites r&#233;duites de 15-20 % de la population menac&#233;e de pauvret&#233;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La ministre fran&#231;aise des Affaires &#233;trang&#232;res, Mich&#232;le Alliot-Marie pr&#233;voyait d&#233;j&#224; ses vacances de No&#235;l en Tunisie. Avec la Libye, il est vrai, les affaires allaient plus mal : &lt;em&gt;&#171; Les Libyens, ils parlent, ils parlent mais ne nous ach&#232;tent rien &#187;,&lt;/em&gt; glissait aux oreilles compatissantes d'une responsable de l'ambassade am&#233;ricaine un diplomate fran&#231;ais, d&#233;&#231;u du retard pris par l'achat des Rafale promis par Kadhafi &#224; Sarkozy. En &#201;gypte, le pr&#233;sident Moubarak &#233;tait trop vieux pour pr&#233;senter &#224; nouveau sa candidature en 2012 et les calculs allaient bon train parmi les experts am&#233;ricains pour sugg&#233;rer le bon rempla&#231;ant : le fils de Moubarak, trop insignifiant et impopulaire ; le chef de file des &#171; d&#233;mocrates &#187;, Mohamed El Baradei, ancien directeur g&#233;n&#233;ral de l'Agence internationale de l'&#233;nergie, prix Nobel de la paix, trop peu fiable apr&#232;s leur avoir jou&#233; un sale tour en 2003 en refusant de cautionner le mensonge am&#233;ricain sur les pr&#233;tendues &#171; armes de destruction massive &#187; de l'Irak. Soutenir une alliance entre fr&#232;res ennemis, arm&#233;e et fr&#232;res musulmans, &#233;tait dans leurs cartons. &#201;lection, &#233;lection&#8230; les calculs allaient bon train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, on terminait une ann&#233;e ordinaire&#8230; quand le 17 d&#233;cembre 2010 un de ces innombrables jeunes ch&#244;meurs de Tunisie, dans une des villes pauvres du pays, Sidi Bouzid, s'est immol&#233; par le feu, d&#233;clenchant par son geste la vague de r&#233;voltes qui allait renverser le dictateur tunisien le 14 janvier, se propager en &#201;gypte o&#249; Moubarak &#224; son tour &#233;tait contraint de d&#233;missionner le 11 f&#233;vrier, toucher le Bahrein, la Syrie, et menacer d'exploser en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des moments o&#249; trop c'est trop, quand le vieux monde explose &#224; la gueule des poss&#233;dants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les opprim&#233;s n'ont pas la m&#233;moire courte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons cependant que si le monde a &#233;t&#233; surpris par l'irruption de ces r&#233;volutions arabes, celles-ci n'avaient pas &#233;clat&#233; sans signes pr&#233;curseurs. En Tunisie en 2008, la col&#232;re explosait dans la ville de Redeyef, dans le sud du pays, o&#249;, &#224; la suite de milliers de suppressions d'emplois dans les mines de phosphate cr&#233;ant un fort ch&#244;mage, sur fond de favoritisme dans les rares embauches, la mairie et le si&#232;ge du syndicat UGTT (dont les dirigeants &#233;taient cul et chemise avec ceux de la mine) &#233;taient occup&#233;s, pendant que l'arm&#233;e venait encercler la ville rebelle. De son c&#244;t&#233;, l'&#201;gypte avait connu en 2007-2008, sous la dictature f&#233;roce d'Hosni Moubarak, une des plus grandes gr&#232;ves de son histoire : celle des 27 000 ouvriers des usines textiles de la ville de Mahalla. Le dernier appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans la ville le 6 avril 2008 s'&#233;tait sold&#233; par un &#233;chec, policiers et forces anti&#233;meutes ayant envahi la ville, encercl&#233; les usines. Mais il en &#233;tait rest&#233; quelque chose, bien dangereux pour le pouvoir puisque c'est entre autres un &#171; comit&#233; du 6 avril &#187;, constitu&#233; en soutien de cette gr&#232;ve, qui appelait &#224; manifester place Tahrir en janvier 2011&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le d&#233;roulement de ce &#171; printemps arabe &#187; de 2011 voir nos articles de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que reste-t-il &#224; son tour aujourd'hui de cette r&#233;volte de 2011, qui a renvers&#233; deux dictateurs, s'est propag&#233;e dans les pays voisins et a fait trembler un temps les gouvernants des grandes puissances qui voyaient sauter leurs prot&#233;g&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 janvier 2021, &lt;strong&gt;Olivier Belin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur le d&#233;roulement de ce &#171; printemps arabe &#187; de 2011 voir nos&lt;br class='autobr' /&gt;
articles de 2011 sur notre site : &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-73-janvier-fevrier-2011-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Num&#233;ro 73, janvier-f&#233;vrier 2011&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-74-mars-avril-2011-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Num&#233;ro 74, mars-avril 2011&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Retour &#224; la case d&#233;part, ou prix Nobel de la paix sociale ? En &#201;gypte et en Tunisie, deux faces du maintien de l'ordre
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>Retour &#224; la case d&#233;part en &#201;gypte, disent certains ? &lt;br /&gt;Puisqu'apr&#232;s un interm&#232;de de partage du pouvoir entre chefs de l'arm&#233;e et parti des Fr&#232;res musulmans, avec un pr&#233;sident islamiste, Mohamed Morsi, &#233;lu en juin 2012 et destitu&#233; en juillet 2013, l'arm&#233;e a repris, par un coup de force, le contr&#244;le sans partage du pouvoir, fait amnistier Moubarak (mort depuis) et fait &#233;lire son chef, le mar&#233;chal Abdel Fattah Sissi, &#224; la pr&#233;sidence. Les gr&#232;ves sont interdites. Des militants, et pas&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Retour &#224; la case d&#233;part en &#201;gypte, disent certains ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'apr&#232;s un interm&#232;de de partage du pouvoir entre chefs de l'arm&#233;e et parti des Fr&#232;res musulmans, avec un pr&#233;sident islamiste, Mohamed Morsi, &#233;lu en juin 2012 et destitu&#233; en juillet 2013, l'arm&#233;e a repris, par un coup de force, le contr&#244;le sans partage du pouvoir, fait amnistier Moubarak (mort depuis) et fait &#233;lire son chef, le mar&#233;chal Abdel Fattah Sissi, &#224; la pr&#233;sidence. Les gr&#232;ves sont interdites. Des militants, et pas seulement les islamistes auxquels Sissi a fait la chasse en renversant Morsi, mais aussi des militants ouvriers et d'extr&#234;me gauche, connaissent &#224; nouveau l'arbitraire policier et la prison. Mais la marche de la contre-r&#233;volution n'a pas pour autant &#233;teint la flamme de la r&#233;volte puisque malgr&#233; la dictature du mar&#233;chal Sissi, l'&#201;gypte connait aujourd'hui des mouvements sociaux (dont nous parlons dans l'article ci-dessous) qui sont &#224; leur fa&#231;on l'h&#233;ritage militant de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Long et douloureux apprentissage de la d&#233;mocratie en Tunisie, entend-on aussi ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est la version de bien des commentateurs aujourd'hui. Douloureux sans nul doute. Avec au passage l'assassinat par des islamistes de deux militants de gauche en 2013, les r&#233;pressions d'&#233;meutes en 2016 et en 2018, dans les m&#234;mes villes pauvres du pays que celles qui avaient &#233;t&#233; au c&#339;ur de l'explosion de janvier 2011. Quant &#224; l'apprentissage de la d&#233;mocratie, tout d&#233;pend de ce que l'on veut dire par l&#224;. Dans un article sur les dix ans du Printemps arabe, l'historien sp&#233;cialiste Jean-Pierre Filiu &#233;crit dans &lt;em&gt;Mediapart &lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; La Tunisie est parvenue &#224; &#233;chapper &#224; cette r&#233;gression d&#233;sastreuse &lt;/em&gt;[il compare &#224; l'&#201;gypte]&lt;em&gt;, d'abord parce qu'elle est la seule des r&#233;publiques autoritaires dans le monde arabe &#224; avoir &#233;t&#233; de nature polici&#232;re plut&#244;t que militaire.&lt;/em&gt; [&#8230;]&lt;em&gt; La m&#233;diation de la soci&#233;t&#233; civile, couronn&#233;e par le prix Nobel de la paix, a su alors concilier islamistes et nationalistes. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, l'arm&#233;e n'est pas au pouvoir en Tunisie comme elle l'est en &#201;gypte. Mais c'est la police qui tirait &#224; vue sur les manifestants en janvier 2011, dont les chefs les plus compromis dans les tueries (contre lesquels les parents des victimes ont port&#233; maintes plaintes) n'ont pour la plupart jamais &#233;t&#233; condamn&#233;s, tout juste mut&#233;s d'une r&#233;gion o&#249; on ne les connaissait que trop &#224; une autre. Et la &lt;em&gt;&#171; nature polici&#232;re &#187;&lt;/em&gt; du r&#233;gime est toujours l&#224;. M&#234;me si on est bien loin, &#233;videmment, d'une dictature &#224; la Sissi. Quant au prix Nobel de la paix, c'&#233;tait un gag ou une imposture : plus exactement celui de la paix sociale, d&#233;cern&#233;e en d&#233;cembre 2015 au &#171; Quartet &#187; constitu&#233; par le syndicat UGTT, l'Union patronale, l'association des avocats et la Ligue des droits de l'homme, pour leurs efforts communs &#224; la r&#233;conciliation entre opprim&#233;s et oppresseurs, et la rel&#232;ve de l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divers gouvernements que la Tunisie a connus depuis 2011 ont &#233;t&#233; une succession de savants partages de postes entre deux camps. D'une part il y avait les nouveaux venus, les ultra-r&#233;actionnaires du parti islamiste Ennahda, cr&#233;&#233; par les dirigeants exil&#233;s en Angleterre sous le r&#233;gime de Ben Ali, et que la presse fran&#231;aise se plaisait &#224; pr&#233;senter comme des &#171; islamistes mod&#233;r&#233;s &#187; semblables &#224; l'AKP d'Erdo&#287;an en Turquie (avant qu'on se f&#226;che un peu avec lui), l'&#233;quivalent de nos d&#233;mocrates-chr&#233;tiens d'Europe occidentale. D'autre part il y avait le parti Nidaa Tounes (&#171; L'Appel de la Tunisie &#187;), v&#233;ritable machine &#224; recycler les notables du r&#233;gime Ben Ali. L'explosion de ce parti sous la pression de ses guerres internes de clans laisse aujourd'hui une situation un peu nouvelle. Et le tout dernier gouvernement, &#233;lu en septembre 2020, apr&#232;s que le Premier ministre pr&#233;c&#233;dent accus&#233; de &#171; conflits d'int&#233;r&#234;ts &#187; a d&#251; d&#233;missionner, n'est constitu&#233; que de ministres dits &#171; ind&#233;pendants &#187; (sauf des milieux &#233;conomiques et financiers), mis en place gr&#226;ce au soutien d'Ennahda qui pr&#233;side le Parlement. Corruption et combines : le pain quotidien des &#171; d&#233;mocraties &#187; ! Et parmi les priorit&#233;s annonc&#233;es du nouveau gouvernement : assainir les finances de l'&#201;tat, relancer la production, notamment dans les mines troubl&#233;es par des mouvements de gr&#232;ve, retrouver la confiance des investisseurs : la guerre de classe pour faire payer la crise &#233;conomique aux exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, apprentissage de la d&#233;mocratie ? Certainement. Ou plus exactement apprentissage de toutes les supercheries de la d&#233;mocratie bourgeoise, dont une bonne part de la g&#233;n&#233;ration des r&#233;volt&#233;s garde les le&#231;ons pour demain. Car c'est au nom de cette pr&#233;tendue d&#233;mocratie que l'on a pr&#234;ch&#233; aux r&#233;volt&#233;s la patience et le renoncement &#224; exiger leur d&#251;, sous pr&#233;texte qu'il aurait fallu en passer par une Assembl&#233;e constituante, une Constitution (bourgeoise &#233;videmment), des &#233;lections&#8230; avant de finir ici par un coup d'&#201;tat, l&#224; avec un r&#233;gime de technocrates au service des riches. Vieille histoire tant que les exploit&#233;s ne retrouvent pas le chemin d'une politique de classe qui leur soit propre, r&#233;volutionnaire jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'ordre imp&#233;rialiste et son chaos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la partie la plus noire du tableau est s&#251;rement l&#224; o&#249; les grandes puissances sont intervenues militairement pour tuer dans l'&#339;uf toute extension de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut l'intervention de l'Arabie saoudite, richissime puissance r&#233;gionale, qui a envoy&#233; ses troupes dans la petite &#238;le du Bahre&#239;n (1,5 million d'habitants) pour y sauver la monarchie et r&#233;primer ceux qui se rassemblaient, en f&#233;vrier 2011 sur la place de la Perle de la capitale, &#224; l'image de ceux de la place Tahrir du Caire. Une intervention qui se proclamait surtout anti-chiite, m&#234;me si les manifestants &#233;taient de toutes les religions ou sans religion, et qui pr&#233;figurait d&#233;j&#224; cette sale guerre que m&#232;ne aujourd'hui l'Arabie saoudite au Y&#233;men.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut surtout l'intervention des grandes puissances en Libye. Il s'agissait de pr&#233;venir une extension de la r&#233;volte au Maghreb, de montrer qu'elles restaient maitresses du monde, de donner un avertissement &#224; tous les peuples arabes qui regardaient vers Tunis et Le Caire. Les USA, la France et l'Angleterre, se faisant donner mandat par l'ONU, sont donc intervenues militairement en Libye, ont pilonn&#233; le pays sous les bombes, ont pris l'initiative de renverser Kadhafi, avec l'espoir d'y placer un gouvernement &#224; leur solde. Pour ce faire, ces pays imp&#233;rialistes se sont appuy&#233;s sur les chefs de guerre r&#233;gionaux et sur des groupes islamistes, en partie arm&#233;s et entrain&#233;s par leur alli&#233; qatari. Avec pour cons&#233;quence un chaos immense dans le pays, une onde de choc dans tout le Sahel. Aujourd'hui en Libye, deux gouvernements rivalisent : l'officiel &#224; Tripoli, reconnu par l'ONU, le dissident &#224; Benghazi, chacun contr&#244;lant l'une des deux r&#233;gions p&#233;troli&#232;res du pays. Sur fond des rivalit&#233;s internationales qu'attire l'odeur du fioul : la France soutenant en sous-main le gouvernement dissident, la Turquie venant &#224; la rescousse du gouvernement officiel, avec un contingent de mercenaires recrut&#233;s dans les r&#233;gions de Syrie contr&#244;l&#233;es par l'arm&#233;e d'Erdo&#287;an. Dans quel monde vivons-nous ? Mais pourvu que le p&#233;trole coule, et que le chaos &#233;vite la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de Syrie est l'autre drame de l'apr&#232;s 2011, drame de la r&#233;pression f&#233;roce du r&#233;gime d'Assad qui tr&#232;s vite s'est transform&#233;e en une guerre civile meurtri&#232;re. Assad s'est toujours appuy&#233; sur la communaut&#233; musulmane alaouite, &#224; laquelle il appartient, contre la communaut&#233; musulmane sunnite, majoritaire dans le pays et dont des milices islamistes se proclamaient d&#233;fenseures, financ&#233;es par la Turquie, l'Arabie saoudite et d'autres. L&#224; encore, toutes les puissances militaires op&#233;rant dans la r&#233;gion, les grandes (USA, France, Russie) et les r&#233;gionales (Turquie ou Arabie saoudite), ont jet&#233; de l'huile sur le feu, puis m&#234;me particip&#233; directement &#224; la guerre pour tenter d'y d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2019-2020, un nouveau souffle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais ailleurs dans le monde arabe, les ann&#233;es 2019-2020 ont connu et transmis un nouveau souffle. Les classes populaires d'Alg&#233;rie avaient peu boug&#233; en 2011, tant elles avaient d&#233;j&#224; donn&#233; avec la r&#233;volte d'octobre 1988 et les dix ans de guerre entre arm&#233;e et bandes islamistes. Mais n'en pouvant plus du r&#233;gime croupissant de Bouteflika et des clans qui dirigent et pillent le pays, elles ont surgi sur la sc&#232;ne avec le Hirak. Un mouvement qui a dur&#233; des mois avant d'&#234;tre pour beaucoup &#233;touff&#233; sous les mesures restrictives de la pand&#233;mie du Covid. Le Liban a pris le relai, avec une r&#233;volte commenc&#233;e &#224; l'automne 2019 qui a dur&#233; toute l'ann&#233;e 2020. La crise &#233;conomique, la faillite des banques et les mesures d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;es (sous tutelle de la Banque centrale europ&#233;enne et du FMI) pour en faire payer la note &#224; la population, a soulev&#233; toute une jeunesse qui veut en finir avec la corruption, le r&#232;gne des banquiers et des affairistes. Des jeunes qui rejettent dans une r&#233;volte commune ces divisions confessionnelles, chiites, sunnites druzes, maronites qui avaient aliment&#233; la guerre civile des ann&#233;es 1980 et r&#232;gle toujours le partage du pouvoir entre les grandes familles poss&#233;dantes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les contre-r&#233;volutions, rien n'est r&#233;gl&#233; ni fini : dix ans apr&#232;s il y a comme une suite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tunisie : Explosion de col&#232;re pour le septi&#232;me anniversaire de la r&#233;volution de janvier 2011
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>La Tunisie a connu &#224; nouveau, ce mois de janvier, des manifestations et &#233;meutes dans de nombreuses villes du pays, en premier lieu dans les r&#233;gions les plus d&#233;laiss&#233;es d'o&#249; &#233;tait partie la r&#233;volution de janvier 2011, les villes du Kef (au nord-ouest du pays), Thala, Kasserine, Siliana, mais aussi dans les banlieues pauvres de Tunis. &lt;br /&gt;Parmi les causes le ch&#244;mage, toujours aussi grave qu'en 2011 : il est chiffr&#233; &#224; 15,3 % en moyenne, mais bien plus dans certaines r&#233;gions, plus de 30 %&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Tunisie a connu &#224; nouveau, ce mois de janvier, des manifestations et &#233;meutes dans de nombreuses villes du pays, en premier lieu dans les r&#233;gions les plus d&#233;laiss&#233;es d'o&#249; &#233;tait partie la r&#233;volution de janvier 2011, les villes du Kef (au nord-ouest du pays), Thala, Kasserine, Siliana, mais aussi dans les banlieues pauvres de Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les causes le ch&#244;mage, toujours aussi grave qu'en 2011 : il est chiffr&#233; &#224; 15,3 % en moyenne, mais bien plus dans certaines r&#233;gions, plus de 30 % dans la r&#233;gion de Tataouine &#224; l'extr&#234;me sud, l&#224; o&#249; en mai dernier le gouvernement avait envoy&#233; l'arm&#233;e pour emp&#234;cher les blocages de camions par les manifestants qui paralysaient l'activit&#233; des centres p&#233;troliers et gaziers de la r&#233;gion. Cause plus imm&#233;diate cette fois, la hausse brutale des prix ces derniers mois : celui du kilo de pommes de terre officiellement fix&#233; en novembre dernier &#224; un maximum de 1,2 dinar par le gouvernement, en principe pour lutter contre la sp&#233;culation, est aujourd'hui de 2 dinars (0,6 &#8364;). Quant aux produits subventionn&#233;s, comme le sucre et l'huile en vrac, fix&#233;s &#224; 1 dinar (le kilo et le litre, respectivement) on ne les trouve plus dans les supermarch&#233;s ; il faut acheter la boite de sucre &#224; 1,5 dinar et la bouteille d'huile &#224; 3 dinars (explique un reportage de &lt;em&gt;Lib&#233;ration&lt;/em&gt; du 12 janvier). Et la loi de finances pour 2018, vot&#233;e au parlement en d&#233;cembre dernier, avec la baisse des subventions, l'augmentation de la TVA et celle du prix de l'essence, va se traduire par une nouvelle flamb&#233;e des prix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Du jeune ch&#244;meur
&#224; la m&#232;re de famille,
le m&#234;me d&#233;sespoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re a explos&#233; avant m&#234;me l'adoption de la loi de finances, fin novembre, dans la ville de Sejnane au nord du pays, quand une femme de 44 ans, m&#232;re de cinq enfants, s'est suicid&#233;e par le feu. Ouvri&#232;re agricole ne retrouvant plus de travail, avec un mari malade, elle demandait depuis des mois le r&#233;tablissement de l'allocation mensuelle de 150 dinars (50 &#8364;) &#224; laquelle elle avait droit. C'est en sortant des locaux de l'administration o&#249; elle venait d'essuyer un &#233;ni&#232;me refus qu'elle s'est donn&#233; la mort. Les manifestations qui ont suivi d&#233;non&#231;aient entre autres la corruption de l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux semaines plus tard, le 13 d&#233;cembre, la r&#233;volte a &#233;clat&#233; dans la ville de Meknassi, proche de Sidi Bouzid o&#249;, en d&#233;cembre 2010, un jeune ch&#244;meur s'&#233;tait aussi donn&#233; la mort par le feu, d&#233;clenchant la r&#233;volte qui avait abouti le 14 janvier 2011 au renversement du pr&#233;sident Ben Ali. R&#233;clamant toujours des emplois en 2017, les manifestants de Meknassi barraient la route conduisant &#224; Sidi Bouzid (le gouvernorat de la r&#233;gion &#8211; l'&#233;quivalent de nos pr&#233;fectures) et vidaient les camions venant des mines de phosphate de leur chargement, comme ils avaient d&#233;j&#224; fait en septembre et comme ils avaient bloqu&#233; les trains de phosphate au mois de mai. Mais c'est surtout &#224; la suite de la mort d'un manifestant tu&#233; par la police, le 8 janvier dernier, dans la ville de Tebourba, au nord de Tunis, que les manifestations se sont propag&#233;es dans tout le pays, &#224; Kasserine, Thala, Gafsa, Sidi Bouzid, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; Fech nestanew &#187;
(&#171; Qu'attendons-nous &#187;) ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est de fa&#231;on concomitante que le mouvement intitul&#233; Fech nestanew (Qu'attendons nous, en tunisien) a appel&#233; d&#233;but janvier &#224; des manifestations &#224; Tunis et dans plusieurs autres villes, pour demander l'abrogation de cette loi de finances que le parlement a vot&#233;e en application des consignes d'aust&#233;rit&#233; du FMI &#8211; condition de pr&#234;ts &#224; la Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont les animateurs de ce mouvement ? Pour l'essentiel de jeunes intellectuels, des membres de l'Uget (syndicat &#233;tudiant) ou de l'association des &#171; dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs &#187;, des militants des partis de gauche regroup&#233;s dans le Front populaire, quelques journalistes et artistes, qui ont l'habitude de se retrouver depuis le printemps arabe de 2011. Ce sont grosso-modo les m&#234;mes qui, au printemps 2017, avaient cr&#233;&#233; le mouvement Manich msameh (Je ne pardonne pas) pour protester contre le projet de loi d'amnistie du gouvernement, destin&#233; &#224; effacer tous les crimes de corruption sous le r&#233;gime de Ben Ali. &lt;em&gt;&#171; Beaucoup d'entre nous avions fait partie auparavant de la campagne &#8220;Manich msameh&#8221;, contre la loi de r&#233;conciliation &#233;conomique &#187;&lt;/em&gt;, explique, dans une interview l'une des dirigeantes du mouvement, Henda Chennaoui, journaliste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Jeune Afrique du 18/01/2018, &#171; Tunisie : derri&#232;re la grogne, des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;em&gt;&#171; Et nous n'avions pas eu ce succ&#232;s imm&#233;diat et populaire &#224; l'&#233;poque. Le sujet &#233;tait peut-&#234;tre moins &#233;vident, trop politique. Cette fois c'est diff&#233;rent. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop politique ? Ou peut-&#234;tre seulement d'une politique un peu trop loin des pr&#233;occupations imm&#233;diates des plus pauvres, m&#232;res de famille au ch&#244;mage ou jeunes des villes de province et des quartiers pauvres de la banlieue de Tunis, aux yeux desquels, de toute fa&#231;on, la corruption des tenants actuels du pouvoir ressemble &#224; celle de l'&#233;poque de Ben Ali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs du mouvement Fech nestanew restent limit&#233;s, &#224; en juger par les d&#233;clarations d'Henda Chennaoui &#224; la presse. Refusant de se d&#233;solidariser des plus pauvres, que le gouvernement qualifie d'&#233;meutiers et de pillards, elle d&#233;clare&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Middle East Eye, interview de Henda Chennaoui : &#171; Le contrat entre la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &lt;em&gt;&#171; On sent que la population a &#233;puis&#233; son capital de patience. Elle n'a plus confiance en aucun parti, ne croit plus en aucune promesse politique. La situation se d&#233;grade d'ann&#233;e en ann&#233;e et &#224; cela s'ajoute la r&#233;pression, la diabolisation des mouvements sociaux et le soutien de plus en plus distanci&#233; de l'UGTT, le silence de l'&#201;tat, et tout cela ne contribue pas &#224; entretenir la paix sociale&#8230; &#187; &lt;/em&gt;En guise de rem&#232;de, elle explique seulement : &lt;em&gt;&#171; Nous voulons ren&#233;gocier la politique d'aust&#233;rit&#233; d&#233;cid&#233;e par le gouvernement, car ce sont les pauvres qui paient le plus cher cette politique. &#187;&lt;/em&gt; La campagne d'aujourd'hui de Fech nestanew contre la loi de finances au moment m&#234;me o&#249; se multipliaient les manifestations contre le ch&#244;mage et la vie ch&#232;re n'en a pas moins contribu&#233; &#224; donner de l'ampleur au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que le gouvernement et la presse se sont relay&#233;s pour tenter d'enfoncer un coin entre les deux mouvements, pr&#233;sentant les manifestations de jour de Fech nestanew&lt;em&gt; &lt;/em&gt;sur l'avenue Bourguiba comme tol&#233;rables (m&#234;me si la police a proc&#233;d&#233; &#224; l'arrestation de plusieurs diffuseurs de tracts), mais celles qui &#233;clatent le soir dans les quartiers pauvres comme des &#233;meutes et actes de pillards, contre lesquelles on envoie la police&#8230; qui a proc&#233;d&#233; &#224; pr&#232;s de 800 arrestations en moins de dix jours.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1072 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L472xH641/carte_tunisie-image-b4f27.png?1788315378' width='472' height='641' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Pompiers sociaux &#224; l'&#339;uvre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le coup de col&#232;re de janvier 2018, qui rappelle les &#233;v&#232;nements de janvier 2011, a vu se pr&#233;cipiter tous les pompiers anti-incendies sociaux qui se sont illustr&#233;s depuis sept ans pour &#233;touffer la r&#233;volte des couches les plus pauvres et endormir les luttes ouvri&#232;res par la promesse d'un redressement &#233;conomique qui n&#233;cessiterait des sacrifices ou celle d'un d&#233;bouch&#233; &#233;lectoral qui changerait tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral des pompiers, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la grande centrale syndicale, l'UGTT, Noureddine Taboubi. Le 8 janvier, le jour o&#249; &#233;tait tu&#233; un manifestant dans la ville de Tebourba, il se rendait dans la ville de Thala, dans le gouvernorat de Kasserine, accompagn&#233; du ministre des Affaires sociales et de celui des Affaires fonci&#232;res. Tous trois &#233;taient l&#224; pour vanter, aupr&#232;s des officiels et notables de la ville, une vague promesse de plan de d&#233;veloppement de la r&#233;gion. Le chef syndicaliste d&#233;plorant, bien s&#251;r, que jusque-l&#224; les gouvernements successifs n'aient pas mis en application cette promesse qui date de 2012. Puis, apr&#232;s une &lt;em&gt;&#171; c&#233;r&#233;monie du salut du drapeau national et de la r&#233;citation de la Fatiha &#224; la m&#233;moire des martyrs &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reportage du magazine Tunivisions du 8 janvier, &#171; Noureddine Taboubi &#224; Thala (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; (ceux de la r&#233;pression de 2011, particuli&#232;rement sanglante &#224; Thala), il s'est adress&#233; &#224; la jeunesse pour insister sur le fait que l'&#201;tat n'avait plus les moyens d'embaucher dans les services publics et que donc &lt;em&gt;&#171; les jeunes sans emploi doivent se prendre en charge et chercher &#224; cr&#233;er des projets &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Palais de Carthage
et prix Nobel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le samedi 13 janvier, apr&#232;s une semaine de r&#233;pression des manifestations, le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Beji Ca&#239;d Essebsi, r&#233;unissait au palais pr&#233;sidentiel de Carthage les partenaires politiques et syndicaux, dont en premier lieu l'UGTT et le syndicat patronal tunisien, l'Utica, signataires depuis l'&#233;t&#233; 2016 d'un &lt;em&gt;&#171; accord de Carthage &#187;&lt;/em&gt; se donnant pour but d'&#233;largir le consensus autour de l'action gouvernementale. C'est une habitude en Tunisie depuis qu'en septembre 2013, au nom d'un &lt;em&gt;&#171; dialogue national &#187;,&lt;/em&gt; les syndicats UGTT et Utica, ouvrier et patronal, ont constitu&#233; avec la Ligue des droits de l'homme et le Conseil de l'Ordre des avocats, un &lt;em&gt;&#171; Quartet &#187; &lt;/em&gt;destin&#233; &#224; assurer le succ&#232;s de la &lt;em&gt;&#171; transition d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt;. Un quartet de la collaboration de classe, honor&#233; d'un prix Nobel de la paix. De la paix sociale &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 13 janvier donc, le pr&#233;sident a r&#233;uni ce beau monde pour faire part des quelques concessions que le gouvernement avait d&#233;cid&#233; d'accorder pour tenter de calmer la protestation : elles devraient co&#251;ter 70 millions de dinars (23 millions d'euros), &lt;em&gt;&#171; arrach&#233;s &#224; la chair de l'&#201;tat &#187;&lt;/em&gt; selon le pr&#233;sident, et concerneraient 120 000 personnes. Elles se limitent &#224; la promesse d'une couverture m&#233;dicale pour tous et d'une augmentation de l'allocation sociale en faveur des familles n&#233;cessiteuses qui passera de 150 dinars (50 &#8364;) &#224; 180 ou 210 dinars (60 ou 70 &#8364;) selon le nombre d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, dimanche 14 janvier, se f&#234;tait dans les rues de Tunis le septi&#232;me anniversaire du renversement de la dictature de Ben Ali. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UGTT n'allait pas manquer le rendez-vous. Mal lui en a pris. Son discours a &#233;t&#233; hu&#233; par les manifestants, dont probablement nombre de militants syndicaux de l'UGTT, criant &lt;em&gt;&#171; Il faut sortir de Carthage &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reportage dans La Croix du 15/01/2018 : &#171; Tunis comm&#233;more la r&#233;volution dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Toujours le chloroforme &#233;lectoral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, le gouvernement actuel est constitu&#233; par le parti Nidaa Tounes (Appel de la Tunisie), majoritaire aux &#233;lections l&#233;gislatives d'octobre 2014. Cr&#233;e par l'actuel pr&#233;sident de la R&#233;publique, Beji Ca&#239;d Essebsi (91 ans), vieux routier de la politique sous Bourguiba qui s'&#233;tait tenu &#224; l'&#233;cart sous le r&#233;gime de Ben Ali, Nidaa Tounes a servi de v&#233;ritable machine &#224; laver recyclant tout le personnel politique de l'&#233;poque Ben Ali. Il gouverne en alliance avec le parti islamiste Ennahdha, qui, vainqueur des &#233;lections de l'automne 2011, avait gouvern&#233; avant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ministres de Nidaa Tounes ou ministres d'Ennahdah se sont relay&#233;s pour accuser la gauche d'avoir foment&#233; la r&#233;volte. &#201;tait vis&#233; le Front populaire, un regroupement de partis class&#233;s &#224; gauche (certains d'origine social-d&#233;mocrate ou nationaliste panarabe &#171; nass&#233;riens &#187;) r&#233;alis&#233; autour du plus important d'entre eux, le Parti des travailleurs, anciennement Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT). &#192; ce front participe aussi &#8211; avec quelle politique propre ? &#8211; le petit groupe de la Ligue de la gauche ouvri&#232;re (LGO, li&#233;e au NPA), qui a deux d&#233;put&#233;s au parlement. Trois militants du Parti des travailleurs de la r&#233;gion mini&#232;re de Gafsa ont d'ailleurs &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, accus&#233;s de participation aux &#233;meutes, puis lib&#233;r&#233;s en fin de semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du d&#233;bat parlementaire sur les &#233;v&#232;nements, le 9 janvier, les porte-parole du Front se sont affirm&#233;s solidaires des manifestations, y compris des jeunes qui s'affrontaient avec la police. Mais pour leur proposer quoi ? Ammar Amroussia, l'un des dirigeants du Parti des travailleurs, d&#233;clarait : &lt;em&gt;&#171; Nous avons appel&#233; &#224; la r&#233;volte, nous &#233;tions, sommes et serons des r&#233;volutionnaires, nous sommes de tout c&#339;ur avec les manifestants et pleurons la disparition du martyr Khomsi Ben Sadek Eliferni d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Tebourba. Nous appelons &#224; la tenue d'&#233;lections l&#233;gislatives et pr&#233;sidentielles anticip&#233;es, ce sera &#231;a ou la r&#233;volte ! &#187;&lt;/em&gt; Cela fait sept ans qu'on ne parle que d'attendre de prochaines &#233;lections !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;put&#233;e du parti d&#233;mocrate At-tayar, Samia Abbou, elle se contentait de lancer un avertissement aux partis au pouvoir : &lt;em&gt;&#171; Nous avons pr&#233;venu le gouvernement &#224; maintes reprises, ce qui se passe est l&#233;gitime et pr&#233;visible et si Tebourba s'est embras&#233;e c'est que nos jeunes sont exc&#233;d&#233;s par ce gouvernement qui ne les &#233;coute pas, qui ne fait que les r&#233;primer ! On critique les manifestations parce qu'elles ont lieu le soir. Je veux rappeler aux Nahdhaouis qu'ils ont pu revenir en Tunisie, car on les a justement accueillis la nuit et &#224; Nidaa Tounes, que sans le sit-in Arrahil qui s'est d&#233;roul&#233; les soirs au Bardo, il ne serait pas au pouvoir ! Il est temps que cesse cette mascarade, la corruption a gangren&#233; le pays, nous avons ici &#224; l'ARP des barons de la corruption et le peuple en a marre ! &#187;&lt;/em&gt; Fa&#231;on de rappeler aux Nahdhaouis (les dirigeants d'Ennahdha) que c'est gr&#226;ce &#224; la r&#233;volte de 2011 qu'ils ont pu rentrer d'exil et arriver au pouvoir et qu'ils n'ont m&#234;me pas la reconnaissance du ventre. Et question de rappeler au parti du pr&#233;sident de la R&#233;publique et du premier ministre le temps b&#233;ni de ce Front du salut national&lt;em&gt; &lt;/em&gt;qui rassemblait tous les &#171; d&#233;mocrates &#187; de droite et de gauche. Ce Front avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le 25 juillet 2013, lors du sit-in devant le si&#232;ge du gouvernement &#233;voqu&#233; par la d&#233;put&#233;e, apr&#232;s l'assassinat par des islamistes de deux leaders de la gauche tunisienne. Ce qui a grandement contribu&#233; &#224; mettre en selle le parti actuellement au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;volte est toujours l&#224;,
mais il manque toujours
une politique pour les travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de col&#232;re de ce mois de janvier n'est pas une raret&#233; pour la Tunisie. Les sept ann&#233;es qui ont suivi la r&#233;volution de 2011 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par une succession de mouvements sociaux, gr&#232;ves ou r&#233;voltes ponctuelles semblables &#224; celles de ces derniers jours. Si les islamistes d'Ennahdha avaient gagn&#233; les premi&#232;res &#233;lections, celles de l'assembl&#233;e constituante en octobre 2011, c'est bien parce que pendant neuf mois, de janvier &#224; octobre, ceux qui en Tunisie se r&#233;clamaient de la classe ouvri&#232;re n'avaient offert aux r&#233;volt&#233;s du &lt;em&gt;&#171; printemps arabe &#187;&lt;/em&gt; d'autre perspective que de taire leurs demandes, dans l'attente de prochaines &#233;lections, d'une prochaine Constitution&#8230; et des &#233;lections qui en sortiraient. Laissant ainsi la place aux d&#233;magogues de la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pouvoir, ces derniers se sont en partie d&#233;consid&#233;r&#233;s. Aupr&#232;s de la bourgeoisie tunisienne et de ses sponsors, du patronat europ&#233;en qui investit dans les entreprises de sous-traitance en Tunisie (&#233;quipementiers automobile, centres d'appels&#8230;), qui leur reprochent leur &#171; irresponsabilit&#233; &#187;, notamment le fait de s'appuyer sur les courants islamistes les plus radicaux et sur leurs Ligues de protection de la r&#233;volution, ceux qui en d&#233;cembre 2012 ont mis &#224; sac des locaux syndicaux et en 2013 assassin&#233; deux leaders de la gauche. C'est pour se donner meilleure allure &#224; leurs yeux qu'en 2016 le parti Ennahdha a d&#233;cid&#233; de se &#171; la&#239;ciser &#187;, s&#233;parant affaires religieuses et affaires politiques, tout en continuant &#224; se r&#233;f&#233;rer aux &#171; valeurs de l'islam &#187; &#224; la fa&#231;on des partis d&#233;mocrates chr&#233;tiens en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils se sont aussi d&#233;consid&#233;r&#233;s aupr&#232;s de ceux, dans les couches populaires, qui ont pu croire en eux et n'ont rien vu venir, sauf l'utilisation par les dirigeants d'Ennahdha des lois d'indemnisation des victimes du r&#233;gime Ben Ali pour renflouer les petits copains exclus de la vie politique sous Ben Ali, contraints &#224; l'&#233;migration ou envoy&#233;s en prison. Et c'est sous leur pouvoir, en novembre 2012, qu'avait &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e, par l'UGTT locale, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale largement suivie dans la ville de Siliana pour exiger des emplois et un meilleur d&#233;veloppement local, gr&#232;ve suivie d'affrontements entre manifestants arm&#233;s de pierres et policiers tirant sur eux &#224; la chevrotine : les manifestants exigeaient en plus le d&#233;part du gouverneur, islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pleurer sur la d&#233;mocratie et sur la menace de l'extr&#234;me droite islamiste, pour remettre en selle le parti des &lt;em&gt;foulouls&lt;/em&gt; (les politiciens recycl&#233;s de l'&#232;re Ben Ali qui foisonnent dans Nidda Tounes) et ensuite r&#233;clamer de nouvelles &#233;lections anticip&#233;es pour lanterner la r&#233;volte ? C'est une politique ind&#233;pendante et de classe, pour les travailleurs et les jeunes en col&#232;re, qui manque cruellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 janvier 2018, Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans Jeune Afrique du 18/01/2018, &#171; Tunisie : derri&#232;re la grogne, des espoirs d&#233;&#231;us et un pouvoir d'achat en berne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans Middle East Eye, interview de Henda Chennaoui : &#171; Le contrat entre la soci&#233;t&#233; et les politiques est rompu &#187; (10/01/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Reportage du magazine Tunivisions du 8 janvier, &#171; Noureddine Taboubi &#224; Thala : L'UGTT sera le garant des revendications des habitants de Thala &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Reportage dans La Croix du 15/01/2018 : &#171; Tunis comm&#233;more la r&#233;volution dans un contexte tendu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Tunisie : cinq ans apr&#232;s, c'est toujours le printemps
</title>
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		<dc:date>2016-02-11T21:57:09Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, les sit-in de jeunes ch&#244;meurs continuent dans plus de seize villes tunisiennes. Les m&#233;dias press&#233;s ont d&#233;j&#224; baptis&#233; cette nouvelle vague de contestation sociale &#171; semaine de la col&#232;re &#187;, comme si ces manifestations n'&#233;taient qu'un feu de paille. Elles expriment pourtant le malaise g&#233;n&#233;ral de la jeunesse tunisienne confront&#233;e &#224; un ch&#244;mage au plus haut, cinq ans apr&#232;s la chute de Ben Ali.&lt;/p&gt;

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/ 
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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, les sit-in de jeunes ch&#244;meurs continuent dans plus de seize villes tunisiennes. Mais les m&#233;dias press&#233;s, &#224; la suite d'un gouvernement adepte de la m&#233;thode Cou&#233;, ont d&#233;j&#224; baptis&#233; cette nouvelle vague de contestation sociale &#171; semaine de la col&#232;re &#187;, comme si ces manifestations n'&#233;taient qu'un feu de paille. Elles expriment pourtant le malaise g&#233;n&#233;ral de la jeunesse tunisienne confront&#233;e &#224; un ch&#244;mage au plus haut, cinq ans apr&#232;s la chute de Ben Ali.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La col&#232;re durera plus d'une semaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations ont commenc&#233; le 17 janvier &#224; Kasserine, une r&#233;gion sinistr&#233;e du centre de la Tunisie, apr&#232;s la mort d'un jeune ch&#244;meur de 28 ans, Ridha Yahyaoui. &#192; la suite d'un sit-in organis&#233; d&#233;but 2015, l'Union des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs avait obtenu une centaine d'embauches dans la fonction publique pour des jeunes de la ville. Il leur avait fallu attendre des mois avant que la promesse ne soit tenue : c'est seulement le 16 janvier que la liste officielle des jeunes recrut&#233;s a &#233;t&#233; publi&#233;e&#8230; Mais elle avait &#233;t&#233; trafiqu&#233;e par le gouvernorat et Ridha en &#233;tait &#233;cart&#233;. Un de ses amis raconte : &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;Il apprend la nouvelle samedi matin. Il se dirige vers le gouvernorat pour contester la d&#233;cision. Il se fait refouler d&#232;s la porte d'entr&#233;e. Vers midi, il escalade un poteau &#233;lectrique en mena&#231;ant de se suicider. Il a &#233;t&#233; &#233;lectrocut&#233; sur-le-champ dans l'indiff&#233;rence totale des fonctionnaires du gouvernorat &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain du d&#233;c&#232;s de Ridha, sa s&#339;ur s'exprime dans la presse : &lt;em&gt;&#171; Ridha est le martyr du travail ! Aux jeunes de Tunisie ! Si vous voulez du travail, il faut l'arracher par le sang ! &#187;&lt;/em&gt; Et effectivement, comme en d&#233;cembre 2010 apr&#232;s le suicide de Mohamed Bouazizi, c'est toute la jeunesse marginalis&#233;e de Tunisie qui s'est reconnue dans le sort du jeune ch&#244;meur de Kasserine. En quelques jours, les manifestations ont touch&#233; seize gouvernorats sur vingt-quatre. Vendredi 22 janvier, elles ont atteint les banlieues populaires de Tunis. Aux occupations de b&#226;timents officiels, aux blocages de routes et aux rassemblements, le gouvernement a r&#233;pondu en envoyant la police et en d&#233;cr&#233;tant un couvre-feu &#224; l'&#233;chelle du pays, qui s'ajoute &#224; l'&#233;tat d'urgence en vigueur depuis les attentats de novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croyant &#233;teindre l'incendie apr&#232;s deux jours de contestation, le porte-parole du gouvernement a promis la cr&#233;ation de 5 000 postes &#224; Kasserine. Une mesure bien timor&#233;e dans une r&#233;gion o&#249;, d'apr&#232;s les chiffres officiels, un quart des habitants est au ch&#244;mage. Mais cette annonce a aussit&#244;t &#233;t&#233; d&#233;mentie par le ministre des finances. Le Premier ministre, Habib Essid, a d&#251; &#233;courter son s&#233;jour au forum de Davos pour retourner d'urgence en Tunisie, non sans faire un crochet par Paris le vendredi 22 janvier. &#192; l'&#201;lys&#233;e, Fran&#231;ois Hollande l'a assur&#233; de son soutien pour faire face aux troubles s&#233;curitaires (en m&#233;langeant all&#232;grement les attentats de Daech et les manifestations sociales), comme en &#233;cho &#224; l'offre de service que Mich&#232;le Alliot-Marie, ministre de l'Int&#233;rieur de Sarkozy, avait lanc&#233;e &#224; Ben Ali juste avant sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le pouvoir des &#171; hommes d'affaires &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; semaine de la col&#232;re &#187; s'ach&#232;ve avec plus de cinq cents arrestations parmi les jeunes manifestants. Le premier ministre a salu&#233;, dimanche 25 janvier, l'efficacit&#233; et la retenue (sic) des forces de l'ordre, assurant que les &lt;em&gt;&#171; casseurs &#187;&lt;/em&gt; seraient poursuivis en justice. Il s'est montr&#233; mena&#231;ant &#224; l'&#233;gard de l'extr&#234;me gauche en fustigeant les &lt;em&gt;&#171; courants destructeurs qui ont tent&#233; d'exploiter &#187;&lt;/em&gt; la situation. Enfin, il s'est adress&#233; de mani&#232;re condescendante aux &lt;em&gt;&#171; manifestants pacifiques &#187;&lt;/em&gt; porteurs de &lt;em&gt;&#171; justes revendications &#187;&lt;/em&gt; en leur conseillant&#8230; d'&#234;tre patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement actuel est une coalition de quatre partis, domin&#233;e par Nidaa Toun&#232;s, une machine &#224; recycler les anciens du RCD (le parti gouvernemental sous Ben Ali) et les islamistes d'Ennahdha. Il s'appuie sur l'Assembl&#233;e des repr&#233;sentants du peuple (ARP), &#233;lue fin 2014, qui compte plus de trente millionnaires parmi ses deux cent dix-sept d&#233;put&#233;s ! Parmi eux, Mohamed Frikha, d&#233;put&#233; islamiste, qui a mont&#233; une compagnie a&#233;rienne bidon, Syphax Airlines, pour siphonner les subventions publiques, avant de profiter de son immunit&#233; parlementaire pour &#233;chapper aux poursuites. Ou encore Zohra Driss, d&#233;put&#233;e de Nidaa, h&#233;riti&#232;re d'une famille milliardaire qui contr&#244;le des pans entiers de l'&#233;conomie &#224; Sousse, qui a dict&#233; au gouvernement un plan de soutien &#224; l'industrie du tourisme apr&#232;s l'attentat qui a eu lieu dans un h&#244;tel lui appartenant&#8230; Plan qui a rempli les caisses du patronat mais n'a emp&#234;ch&#233; aucun licenciement dans ce secteur cl&#233; de l'&#233;conomie tunisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette assembl&#233;e de kleptocrates, r&#233;sultat de la fameuse &#171; transition d&#233;mocratique &#187; couronn&#233;e l'an dernier d'un prix Nobel de la paix, les &#171; la&#239;cs &#187; de Nidaa et les religieux d'Ennahdha s'entendent comme larrons en foire pour favoriser les milieux d'affaires. Ainsi une loi de recapitalisation des banques a &#233;t&#233; vot&#233;e en deux jours, en plein mois d'ao&#251;t, &#224; la quasi-unanimit&#233; des d&#233;put&#233;s pr&#233;sents : un mod&#232;le de socialisation des pertes alors que les profits financiers restent solidement entre les mains du priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est le projet de loi de &lt;em&gt;&#171; r&#233;conciliation &#233;conomique &#187;&lt;/em&gt; qui a d&#233;clench&#233; une vague de manifestations &#224; la fin de l'&#233;t&#233; dernier. Toute honte bue, le gouvernement et les d&#233;put&#233;s ont garanti l'amnistie des grands bourgeois corrompus, piliers du syst&#232;me Ben Ali. La clique d'affairistes milliardaires qui gravitait dans l'ombre des Trabelsi &#8211; la belle-famille du dictateur &#8211;, n'a donc jamais quitt&#233; le pouvoir. La seule diff&#233;rence est qu'elle magouille d&#233;sormais dans l'enceinte de l'assembl&#233;e et non plus dans le palais pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier scandale en date : le gouvernement avait pr&#233;vu de confier &#224; la banque Lazard la pr&#233;paration d'un &#171; plan quinquennal de d&#233;veloppement &#187; pour la Tunisie. Ou comment sous-traiter les promesses politiciennes &#224; un groupe financier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que valent les discours sur le &#171; d&#233;veloppement &#233;conomique &#187; ou la &#171; r&#233;sorption des in&#233;galit&#233;s entre r&#233;gions &#187; tenus par ce nouveau pouvoir &#171; d&#233;mocratique &#187; mais bien bourgeois. Pas &#233;tonnant que le taux de ch&#244;mage officiel soit pass&#233; de 12 &#224; 15 % en cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; Si une deuxi&#232;me r&#233;volution doit &#233;clater&#8230; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2011, les jeunes tunisiens avaient fait tomber Ben Ali en scandant : &lt;em&gt;&#171; Un travail est un droit, bande de voleurs &#187;&lt;/em&gt;. La chute du dictateur avait inaugur&#233; un cycle de gr&#232;ves ouvri&#232;res et de sit-in de ch&#244;meurs que la bourgeoisie, sans se priver de les r&#233;primer, a tent&#233; d'&#233;touffer en mettant en sc&#232;ne la &#171; transition d&#233;mocratique &#187; : assembl&#233;e constituante, succession de gouvernements provisoires, affrontements entre islamistes et tenants de la &#171; la&#239;cit&#233; &#187;, qui gouvernent maintenant ensemble&#8230; Mais le probl&#232;me du ch&#244;mage n'est pas r&#233;gl&#233;, il s'est m&#234;me aggrav&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la transition est termin&#233;e, la nouvelle Constitution est adopt&#233;e, mais les ouvriers et les ch&#244;meurs de Tunisie sont toujours dans la m&#234;me situation de mis&#232;re&#8230; Et descendent toujours r&#233;guli&#232;rement dans la rue pour se faire entendre. Ce n'est pas l'&#233;nergie qui manque &#224; la classe ouvri&#232;re tunisienne pour imposer ses revendications, mais une organisation politique qui d&#233;fende r&#233;ellement ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien des organisations qui se r&#233;clament du mouvement ouvrier en Tunisie, en particulier le syndicat UGTT, fort de centaines de milliers d'adh&#233;rents dans le monde du travail. Si sa base a jou&#233; un r&#244;le important dans toutes les phases de la r&#233;volution, sa direction s'est distingu&#233;e par sa politique de collaboration de classes dans le &#171; Quartet du dialogue national&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; De la dictature au parlementarisme&#8230; et vice et versa ? &#187;, Convergences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187; en 2013, couronn&#233; par un prix Nobel de la paix pour avoir r&#233;concili&#233; les partis bourgeois Nidaa Toun&#232;s et Ennahdha et permis l'adoption de la nouvelle Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 janvier dernier, alors que la contestation entam&#233;e deux jours plus t&#244;t &#224; Kasserine commen&#231;ait &#224; s'&#233;tendre, la direction de l'UGTT annulait pour la &#233;ni&#232;me fois un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'elle avait elle-m&#234;me lanc&#233; quelques jours plus t&#244;t, et signait un accord minable sur les salaires avec le patronat, &#224; la grande joie de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les campagnes pauvres et les quartiers ouvriers de Tunisie entraient en r&#233;bellion au cours de cette m&#234;me semaine, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UGTT se contentait de proposer au gouvernement le retour au &lt;em&gt;&#171; dialogue national &#187;&lt;/em&gt; pour un plan de sauvetage &#233;conomique et social destin&#233; &#224; &lt;em&gt;&#171; ramener la paix sociale &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, depuis cinq ans, la jeune classe ouvri&#232;re de Tunisie se mobilise sans attendre les consignes de ce genre de dirigeants. Comme le dit Moslem, jeune ch&#244;meur gri&#232;vement bless&#233; lors de la r&#233;volution de 2011, handicap&#233; &#224; vie &lt;em&gt; : &#171; La libert&#233; d'expression est presque le seul acquis de la r&#233;volution, et on ne se taira pas ! Certains qualifient les &#233;v&#233;nements de janvier 2011 de &#8220;r&#233;volte&#8221;. Mais nous, nous parlons encore de &#8220;r&#233;volution&#8221;. C'est juste qu'elle n'est pas termin&#233;e. C'est un processus en cours. Et si une deuxi&#232;me r&#233;volution doit &#233;clater, on sortira de nouveau dans la rue : nous sommes pr&#234;ts &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://ijsbergmagazine.com/calmement/33153-plombes-revolution-tunisienne&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 janvier 2016, Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &#171; De la dictature au parlementarisme&#8230; et vice et versa ? &#187;, Convergences R&#233;volutionnaires n&#176;89&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://ijsbergmagazine.com/calmement/33153-plombes-revolution-tunisienne&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &#201;gypte : des militants d'extr&#234;me gauche &#224; nouveau jet&#233;s en prison
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>&#201;gypte
</dc:subject>

		<description>Les organisations &#233;gyptiennes d'extr&#234;me gauche organisent une campagne de protestation contre les arrestations de leurs militants et de syndicalistes. C'est le cas par exemple de deux membres du groupe des Socialistes R&#233;volutionnaires, condamn&#233;s &#224; deux ans de prison par le tribunal d'Alexandrie pour organisation de manifestation ill&#233;gale. Mais toute manifestation est aujourd'hui ill&#233;gale ! &lt;br /&gt;Car depuis le renversement du pr&#233;sident Mohamed Morsi, le 3 juillet, en surfant sur la vague&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-92-mars-2014-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 92, mars 2014
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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Egypte-165-+" rel="tag"&gt;&#201;gypte
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les organisations &#233;gyptiennes d'extr&#234;me gauche organisent une campagne de protestation contre les arrestations de leurs militants et de syndicalistes. C'est le cas par exemple de deux membres du groupe des Socialistes R&#233;volutionnaires, condamn&#233;s &#224; deux ans de prison par le tribunal d'Alexandrie pour organisation de manifestation ill&#233;gale. Mais toute manifestation est aujourd'hui ill&#233;gale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car depuis le renversement du pr&#233;sident Mohamed Morsi, le 3 juillet, en surfant sur la vague de protestations contre le pouvoir islamiste, les chefs de l'arm&#233;e, qui ont repris directement les r&#234;nes, ne se contentent pas de faire la chasse &#224; leurs concurrents directs, les Fr&#232;res musulmans. La lutte officiellement dirig&#233;e contre &lt;em&gt;&#171; les attentats et le terrorisme islamiste &#187;&lt;/em&gt; sert de pr&#233;texte &#224; une r&#233;pression tous azimuts contre les revendications d&#233;mocratiques, les gr&#232;ves et tous les militants qui pourraient contester le r&#233;gime. En premi&#232;re ligne de mire, ceux d'extr&#234;me gauche et les syndicalistes qui ne se sont pas ralli&#233;s au nouveau r&#233;gime, contrairement &#224; l'ancien fondateur de la f&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants (EFITU), devenu ministre du travail du nouveau gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che ni les luttes pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques ni les luttes sociales de se poursuivre. C'est avec elles que le nouvel homme fort, le mar&#233;chal Abdel Fattah Khalil al-Sissi, candidat &#224; la pr&#233;sidence, voudrait en finir pour mettre un terme &#224; la r&#233;volution et r&#233;tablir l'ordre qui r&#233;gnait sous Moubarak. Exemple des luttes toujours tenaces, la gr&#232;ve qui a d&#233;marr&#233; le 10 f&#233;vrier, une fois de plus dans les usines textiles de Mahalla pour l'augmentation des salaires, un minimum de 1 200 livres (125 &#8364;), le paiement des arri&#233;r&#233;s et le limogeage du directeur du groupe textile appartenant &#224; l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces luttes se poursuivent dans une situation encore plus difficile depuis le coup de force de l'arm&#233;e. Non parce qu'en soit le r&#233;gime aurait beaucoup chang&#233;, en pire ou en moins pire, entre le pouvoir direct de Sissi aujourd'hui et la p&#233;riode d'alliance entre l'arm&#233;e et les Fr&#232;res musulmans sous la pr&#233;sidence de Morsi. Mais surtout parce que le ralliement d'une partie de la petite bourgeoisie d&#233;mocrate, qui a vu en l'arm&#233;e un sauveur face &#224; la r&#233;action sociale et morale que voulaient imposer les Fr&#232;res, isole bien plus les contestataires et le mouvement ouvrier combatif. &#192; quoi s'ajoute la guerre que se m&#232;nent par dessus la t&#234;te de la population groupes islamistes et arm&#233;e, attentats contre r&#233;pression, qui sert d'&#233;touffoir aux contestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de la vague d'arrestations de militants, c'est toute cette situation qui semble peser sur les luttes d'aujourd'hui, m&#234;me si elles se poursuivent malgr&#233; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tout cas ce que l'on peut comprendre d'ici, notamment &#224; travers ce qu'en dit une militante d'extr&#234;me gauche qui, parmi les responsables de la f&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants, s'&#233;tait oppos&#233;e au ralliement au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;crit notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; La p&#233;riode qui s'est ouverte apr&#232;s le 30 juin (3 juillet) semble &#234;tre une p&#233;riode de &#171; r&#232;glement de comptes &#187; avec le mouvement des travailleurs en g&#233;n&#233;ral. Nous avons vu, par exemple, des cas o&#249; les travailleurs &#233;taient punis pour une gr&#232;ve qu'ils avaient lanc&#233;e des mois auparavant !&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;Nous nous trouvons dans une &#233;tape o&#249; les f&#233;d&#233;rations ind&#233;pendantes, telle que l'EFITU dont je suis membre, prennent des positions n&#233;gatives et r&#233;actionnaires contre leurs membres. &lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;Une raison qui incline &#224; l'optimisme est que l'atmosph&#232;re est tr&#232;s diff&#233;rente &#224; la base. Il y a actuellement une vague montante de protestations sur la question du salaire minimum.&lt;/em&gt; [...]&lt;em&gt; Le mouvement continuera. Mais les pressions violentes contre lui continueront &#233;galement. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fatma Ramadan, &#171; La r&#233;volution est en &#201;gypte dans une conjoncture critique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 f&#233;vrier 2014, Olivier BELIN&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fatma Ramadan, &#171; La r&#233;volution est en &#201;gypte dans une conjoncture critique alors que la contre-r&#233;volution gagne de l'&#233;lan &#187;, qu'on peut lire en entier sur le site de Europe solidaire sans fronti&#232;res : &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31120&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.europe-solidaire.org/spip.php?a...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Tunisie : une constitution d&#233;mocratique ? Non de dieu !
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Tunisie-une-constitution-democratique-Non-de-dieu</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>Le dimanche 26 janvier, l'Assembl&#233;e constituante adoptait &#224; une large majorit&#233; la nouvelle constitution tunisienne. Elle a &#233;t&#233; salu&#233;e par tous les partis du pays, des islamistes d'Ennahda &#224; la coalition de gauche du Front populaire d'Hamma Hammami, chef de file du Parti des travailleurs (ex-Parti communiste ouvrier de Tunisie), qui y voit &#171; un grand acquis &#187;. &lt;br /&gt;Le texte n'en commence pas moins par ces mots : &#171; Au nom du peuple, nous r&#233;digeons, avec l'aide de Dieu, cette Constitution &#187;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dimanche 26 janvier, l'Assembl&#233;e constituante adoptait &#224; une large majorit&#233; la nouvelle constitution tunisienne. Elle a &#233;t&#233; salu&#233;e par tous les partis du pays, des islamistes d'Ennahda &#224; la coalition de gauche du Front populaire d'Hamma Hammami, chef de file du Parti des travailleurs (ex-Parti communiste ouvrier de Tunisie), qui y voit &lt;em&gt;&#171; un grand acquis &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte n'en commence pas moins par ces mots : &#171; Au nom du peuple, nous r&#233;digeons, avec l'aide de Dieu, cette Constitution &#187; et a pour article premier : &#171; La Tunisie est un &#201;tat libre, ind&#233;pendant et souverain, l'Islam est sa religion&#8230; &#187;. D&#233;mocratique et b&#233;nie des dieux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, le pr&#233;sident des USA ne pr&#234;te-t-il pas serment sur la bible, et Hollande ne s'est-il pas senti oblig&#233; d'aller rendre visite au pape ? Sans parler du projet avort&#233; de Constitution europ&#233;enne de 2005 qui faisait r&#233;f&#233;rence aux &lt;em&gt;&#171; racines chr&#233;tiennes de l'Europe &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Fermer la parenth&#232;se&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle constitution tunisienne a donc &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233;e en grande pompe par tout ce que la plan&#232;te compte de chefs d'&#201;tats, eux aussi &#171; d&#233;mocratiques &#187; : le dictateur du Tchad, Idriss D&#233;by, salue &#171; &lt;em&gt;un bel exemple &lt;/em&gt; &#187; ; le pr&#233;sident koweitien pr&#233;tend que &#171; &lt;em&gt;c'est ainsi que le proph&#232;te voyait les choses&lt;/em&gt; &#187; ; et Fran&#231;ois Hollande veut y voir la preuve que &#171; &lt;em&gt; l'islam est compatible avec la d&#233;mocratie&lt;/em&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est plut&#244;t leur d&#233;mocratie bourgeoise &#233;triqu&#233;e qui est compatible avec toutes les religions, du moment qu'elles aident &#224; tenir les peuples en main. Tous ces dirigeants politiques du monde esp&#232;rent surtout que le compromis qui vient de se faire entre les partis tunisiens, d'Ennahda au Front populaire, mettra fin &#224; la crise politique ouverte par les assassinats en f&#233;vrier puis en juillet 2013 de deux dirigeants de la gauche tunisienne. Ces assassinats avaient contribu&#233; au discr&#233;dit d'Ennahda, le parti islamiste alors au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la bourgeoisie tunisienne comme pour les grandes puissances, la p&#233;riode de transition depuis le renversement de Ben Ali semblait d'autant plus lourde de dangers, qu'on y a vu r&#233;guli&#232;rement les gr&#232;ves et les manifestations de jeunes ch&#244;meurs converger en fronde anti-gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, depuis le mois de septembre, la centrale syndicale UGTT et la centrale patronale Utica, avaient, main dans la main, jou&#233; le r&#244;le de m&#233;diateurs du &#171; &lt;em&gt;dialogue national&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir De la dictature au parlementarisme... et vice versa ?, Convergences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/em&gt; &#187;. Sans succ&#232;s... Jusqu'&#224; ce que les ambassadeurs des gouvernements des pays imp&#233;rialistes, France et USA en t&#234;te, interviennent vigoureusement d&#233;but d&#233;cembre, appuy&#233;s sur la menace du FMI de pas d&#233;bloquer un nouveau pr&#234;t de 3,6 milliards de dollars, pour imposer la ratification rapide de la Constitution et la nomination d'un nouveau premier ministre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Tunisie : un nouveau premier ministre nomm&#233; sous la pression (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L350xH467/tunisie-2-a667c.png?1787989339' width='350' height='467' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;On prend les m&#234;mes et on recommence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les jeux politiciens depuis le renversement de Ben Ali n'ont pas endormi la r&#233;volte de la jeunesse et des travailleurs tunisiens. Y compris jusqu'&#224; ces derniers mois alors qu'on amusait la galerie avec la nouvelle Constitution : d&#233;but janvier, &#224; Sidi Bouzid, Tataouine et Kasserine, l'UGTT appelait &#224; la gr&#232;ve et des manifestants ont affront&#233; la police, incendi&#233; des commissariats et les si&#232;ges r&#233;gionaux d'Ennahda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cause, un projet de taxes sur les v&#233;hicules et les transports en commun sur fond d'inflation galopante et de ch&#244;mage des jeunes. Le 9 janvier, le premier ministre islamiste, Ali Larayedh, retirait cette mesure &#224; peine quelques heures avant de pr&#233;senter sa d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s le vote &#224; l'Assembl&#233;e constituante, un &#171; nouveau &#187; gouvernement &#233;tait intronis&#233;, sous la direction de Mehdi Jom&#226;a... ministre de l'industrie du gouvernement islamiste pr&#233;c&#233;dent, mais &#233;tiquet&#233; &#171; personnalit&#233; ind&#233;pendante &#187;. Lofti Ben Jeddou, ministre de l'Int&#233;rieur depuis le 8 mars 2013, a pu conserver son poste &#224; la t&#234;te de forces de l'ordre qui ont pourtant largement r&#233;prim&#233; gr&#232;ves et manifestations ces derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les gouvernements passent, la contestation demeure&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau gouvernement, le sixi&#232;me depuis janvier 2011, soutenu cette fois par tous, y compris par le Front populaire qui pr&#233;tend repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, a pour charge d'organiser des &#233;lections d'ici fin 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, Mehdi Jom&#226;a s'efforce de donner le change en jouant les durs face &#224; la menace des groupes salafistes, eux-m&#234;mes largement encourag&#233;s par deux ans de gouvernement islamiste. Le 7 f&#233;vrier, jour anniversaire du meurtre de Chokri Belaid, la garde nationale a abattu sept &#171; terroristes &#187; et &#8211; coincidence ! &#8211; Lofti Ben Jeddou annon&#231;ait fi&#232;rement que l'assassin en faisait partie. &lt;em&gt;&#171; C'est le plus beau cadeau qu'on puisse faire aux Tunisiens &#224; l'occasion &lt;/em&gt;(...)&lt;em&gt; du premier anniversaire de l'assassinat de Chokri Bela&#239;d &#187; &lt;/em&gt;a clam&#233; le ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; C'est un cadeau pour lui-m&#234;me, lui qui a d&#233;j&#224; eu la chance de se maintenir dans le nouveau gouvernement, malgr&#233; toutes les protestations &#187;&lt;/em&gt;, r&#233;pliquait la veuve de Chokri Bela&#239;d, militante comme lui. D&#232;s le lendemain, les manifestants sont venus nombreux &#224; Tunis pour exiger la v&#233;rit&#233; sur cette affaire ainsi que la dissolution des &#171; Ligues de protection de la r&#233;volution &#187;, ces milices prot&#233;g&#233;es par le pouvoir qui continuent de parader dans les rues pour terroriser les femmes et les militants ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien qui convainque non plus les travailleurs tunisiens que le combat pour leur dignit&#233; est termin&#233; ou perdu. Apr&#232;s avoir marqu&#233; le pas au dernier trimestre de 2013, le nombre de gr&#232;ves locales pour les salaires ou des embauches semble &#234;tre reparti &#224; la hausse, &#224; en juger par les reportages de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acquis de la r&#233;volution ne sont pas &#224; chercher dans la nouvelle Constitution. Mais dans l'esprit rebelle et contestataire qui anime la classe ouvri&#232;re tunisienne depuis maintenant trois ans et auquel le nouveau gouvernement, comme les autres, devra se confronter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 f&#233;vrier 2014, Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH247/boutef-67043.png?1787989339' width='400' height='247' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir De la dictature au parlementarisme... et vice versa ?, Convergences Revolutionnaires n&#176; 89&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Tunisie : un nouveau premier ministre nomm&#233; sous la pression occidentale, Le Monde du 16 d&#233;cembre 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Une explosion sociale ensevelie sous la guerre
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Une-explosion-sociale-ensevelie-sous-la-guerre</link>
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		<dc:subject>Syrie
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
</dc:subject>

		<description>En 2000, la Syrie &#233;tait d&#233;j&#224; grev&#233;e de dettes que les maigres rentes p&#233;troli&#232;res ne permettaient gu&#232;re de r&#233;sorber. La crise a encore aggrav&#233; la situation. En 2010, le ch&#244;mage atteignait 25 % tandis que plus de 30 % de la population vivait sous le seuil de pauvret&#233;, que les prix montaient en fl&#232;che, y compris ceux des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; (auparavant subventionn&#233;s). Mis&#232;re accrue d'un c&#244;t&#233;, corruption et arbitraire policier de l'autre, les ingr&#233;dients qui avaient provoqu&#233;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2000, la Syrie &#233;tait d&#233;j&#224; grev&#233;e de dettes que les maigres rentes p&#233;troli&#232;res ne permettaient gu&#232;re de r&#233;sorber. La crise a encore aggrav&#233; la situation. En 2010, le ch&#244;mage atteignait 25 % tandis que plus de 30 % de la population vivait sous le seuil de pauvret&#233;, que les prix montaient en fl&#232;che, y compris ceux des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; (auparavant subventionn&#233;s). Mis&#232;re accrue d'un c&#244;t&#233;, corruption et arbitraire policier de l'autre, les ingr&#233;dients qui avaient provoqu&#233; les explosions en Tunisie et en &#201;gypte &#233;taient l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 janvier 2011, imitant le geste d&#233;sesp&#233;r&#233; du jeune tunisien Mohamed Bouazizi, un jeune syrien, Hasan ali Akleh, s'immolait dans la ville d'Al-Hasakah. Mais c'est de la ville de Deraa que vint l'explosion lorsque, le 6 mars 2011, une quinzaine de coll&#233;giens furent jet&#233;s en prison pour avoir tagu&#233; des slogans hostiles au r&#233;gime. Ce nouvel abus de pouvoir enflamma la ville. L'arm&#233;e et la police tir&#232;rent sur les manifestants. Et la col&#232;re se propagea de ville en ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans les autres r&#233;voltes des pays arabes, toutes les couches de la soci&#233;t&#233; s'en sont m&#234;l&#233;es, en premier lieu les jeunes lyc&#233;ens ou ch&#244;meurs. Mais on n'a pas vu d'intervention de la classe ouvri&#232;re en tant que telle, comme en Tunisie et en &#201;gypte o&#249; des gr&#232;ves ont contribu&#233; &#224; &#233;branler les r&#233;gimes. En tout cas, s'il y en a eu, elles n'ont pas suffi &#224; marquer le mouvement et lui donner une ossature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composante religieuse ou communautaire qui est aujourd'hui dominante dans la guerre en Syrie n'a pourtant grandi qu'apr&#232;s, quand la constitution de groupes arm&#233;s a r&#233;pondu &#224; la violence de la r&#233;pression. Des responsables de communaut&#233;s ou de groupes religieux se sont alors &#233;rig&#233;s en chefs. M&#234;me si certaines fractions, notamment les Fr&#232;res musulmans, pr&#233;existaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Syrie, qui regroupe plusieurs confessions &#8211; des musulmans sunnites (la majorit&#233;), des minorit&#233;s chiites ou alaouites (une des variantes du chiisme) ou chr&#233;tiennes &#8211; les cadres de l'appareil d'&#201;tat et la fraction de la bourgeoisie qui leur est li&#233;e sont essentiellement alaouites. C'est la minorit&#233; &#224; laquelle appartient le clan Assad. Mais la majorit&#233; des alaouites sont, eux aussi, des pauvres : entre autres, dans ce quartier alaouite de Damas, appel&#233; Ish'al Warnar, o&#249; 70 000 habitants s'entassent dans des taudis rappelant les camps de r&#233;fugi&#233;s palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande d'Assad &#8211; pr&#233;sentant la r&#233;volte comme un complot de la population sunnite t&#233;l&#233;guid&#233;e par les Fr&#232;res musulmans &#8211; et, en retour, celle des groupes int&#233;gristes &#8211; dont certains n'h&#233;sitent pas &#224; promettre aux minorit&#233;s religieuses un sort funeste &#8211; ont cr&#233;&#233; le climat actuel de guerre civile communautaire. C'est ainsi qu'Assad a pu r&#233;cup&#233;rer le soutien non seulement de la communaut&#233; alaouite mais aussi celui de la minorit&#233; chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; Assad ne surnagent aujourd'hui que les divers groupes arm&#233;s, groupes religieux ou troupes de l'Arm&#233;e syrienne libre, constitu&#233;e au d&#233;part par des fractions de l'arm&#233;e syrienne qui ont d&#233;sert&#233;. Ces troupes se partagent les &#171; r&#233;gions lib&#233;r&#233;es &#187; ou les quartiers en r&#233;volte, quand ils ne s'y battent pas entre eux pour le pouvoir. Leur poids d&#233;pend en grande partie des soutiens financiers et des armes qu'ils obtiennent de leurs fournisseurs respectifs : Arabie saoudite, Qatar ou m&#234;me Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout cela, le peuple syrien a-t-il son mot &#224; dire ? Vis-&#224;-vis des divers chefs des fractions arm&#233;es de la r&#233;bellion, certainement pas. Il n'est pas plus repr&#233;sent&#233; par les notables, intellectuels ou hommes d'affaires &#233;migr&#233;s, sur lesquels les grandes puissances ont tent&#233; de s'appuyer au d&#233;but pour constituer des embryons de gouvernement provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne signifie pas que le peuple syrien voie avec indiff&#233;rence la guerre usurper sa r&#233;volte, et sa jeunesse s'y faire happer par un camp ou un autre. De petits groupes de militants r&#233;volutionnaires communistes en exil &#233;voquent l'apparition au cours de la r&#233;volte de &lt;em&gt;&#171; comit&#233;s populaires au niveau des villages, quartiers, villes et r&#233;gions &#187;.&lt;/em&gt; Quelle est, ou a &#233;t&#233; leur r&#233;alit&#233;, leur importance ? Qu'en reste-t-il apr&#232;s des mois de guerre ? Des r&#233;actions, y compris vis-&#224;-vis des petits apprentis dictateurs qui se disent chefs du peuple, il y en a probablement. La presse a &#233;voqu&#233; par exemple, dans la ville de Raqqa au nord du pays, des manifestations d'habitants contre le groupe arm&#233; islamiste (proche d'Al-Qa&#239;da) qui contr&#244;lait la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas cela qui appara&#238;t au premier plan. La guerre, engendr&#233;e par la r&#233;pression sauvage d'Assad, entretenue par les pays qui soutiennent tel ou tel groupe arm&#233; au gr&#233; de leurs propres int&#233;r&#234;ts, est un moyen de b&#226;illonner, ou plut&#244;t d'&#233;craser, la contestation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marcel DOUGLAS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le renversement de Morsi : un coup d'&#201;tat pour r&#233;tablir l'ordre
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Le-renversement-de-Morsi-un-coup-d-Etat-pour-retablir-l-ordre</link>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<dc:subject>&#201;gypte
</dc:subject>

		<description>Depuis le coup de force du 3 juillet renversant le pr&#233;sident islamiste Morsi, l'arm&#233;e est directement au pouvoir. Retour deux ans et demi en arri&#232;re ? &#192; ce 11 f&#233;vrier 2011 o&#249; le haut commandement militaire a r&#233;cup&#233;r&#233; le pouvoir, abandonn&#233; par Moubarak, dans le but d'enrayer la r&#233;volte qui venait de renverser le dictateur &#233;gyptien ? Peut-&#234;tre, mais avec bien des diff&#233;rences. C'est plut&#244;t un retour de b&#226;ton apr&#232;s deux ans et demi o&#249;, malgr&#233; les pressions de l'arm&#233;e comme des islamistes&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Egypte-165-+" rel="tag"&gt;&#201;gypte
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le coup de force du 3 juillet renversant le pr&#233;sident islamiste Morsi, l'arm&#233;e est directement au pouvoir. Retour deux ans et demi en arri&#232;re ? &#192; ce 11 f&#233;vrier 2011 o&#249; le haut commandement militaire a r&#233;cup&#233;r&#233; le pouvoir, abandonn&#233; par Moubarak, dans le but d'enrayer la r&#233;volte qui venait de renverser le dictateur &#233;gyptien ? Peut-&#234;tre, mais avec bien des diff&#233;rences. C'est plut&#244;t un retour de b&#226;ton apr&#232;s deux ans et demi o&#249;, malgr&#233; les pressions de l'arm&#233;e comme des islamistes pour faire rentrer dans l'ordre cette r&#233;volution &#233;gyptienne, la contestation n'a pas cess&#233;, usant le pouvoir du SCAF (Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es) dirig&#233; par le mar&#233;chal Tantaoui, puis usant celui des Fr&#232;res Musulmans et de leur chef de file, Mohamed Morsi, &#233;lu &#224; la pr&#233;sidentielle en juin 2012. L'&#233;tat-major ne veut pas en finir avec la seule concurrence des Fr&#232;res musulmans pour le partage des postes, ni avec un int&#233;grisme jug&#233; r&#233;trograde. Sa cible, c'est la contestation politique et sociale, populaire, qui, malgr&#233; les coups, ne s'essouffle pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;F&#233;vrier 2011-juillet 2013, l'arm&#233;e &#171; lib&#233;ratrice &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 11 f&#233;vrier 2011, lorsque l'arm&#233;e, qui a toujours &#233;t&#233; l'ossature du pouvoir, est pass&#233;e sur le devant de la sc&#232;ne pour remplacer le dictateur d&#233;chu, elle s'est efforc&#233;e de se donner un visage neutre, au service du peuple, promettant comme aujourd'hui de rendre le pouvoir aux civils apr&#232;s une transition &lt;em&gt;&#171; d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt;. Elle s'&#233;tait mise en r&#233;serve lors des manifestations de la place Tahrir, laissant &#224; la police (&#233;paul&#233;e par des hommes de main du r&#233;gime ou des voyous recrut&#233;s pour l'occasion) le soin de r&#233;primer les manifestants. Sous pression des USA que la contagion des r&#233;volutions arabes inqui&#233;tait, le dictateur honni d&#233;gageait, et confiait le pouvoir &#224; son chef des arm&#233;es, le mar&#233;chal Tantaoui. Les manifestants de la place Tahrir remportaient la victoire, mais l'arm&#233;e gardait la r&#233;alit&#233; du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Lune de miel entre arm&#233;e et Fr&#232;res musulmans, pour enrayer la r&#233;volution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a surtout marqu&#233;, durant les 18 mois de pouvoir direct du SCAF de f&#233;vrier 2011 &#224; juin 2012, c'est la poursuite de la contestation, la multiplication des sit-ins, manifestations et gr&#232;ves. Selon un &lt;em&gt;Centre &#233;gyptien pour les droit sociaux&lt;/em&gt; (cr&#233;&#233; par Khaled Ali, avocat du monde du travail et ex-candidat pour un rassemblement de gauche &#224; la pr&#233;sidentielle de juin 2012), le nombre des mouvements sociaux, manifestations ou gr&#232;ves s'est &#233;lev&#233; &#224; 1 400 en 2011 et s'est accru les deux ann&#233;es suivantes sous le r&#232;gne de Tantaoui, puis de Morsi : 1 969 en 2012 et 2 400 au cours du seul premier trimestre 2013. Malgr&#233; la loi anti-gr&#232;ve adopt&#233;e par le SCAF peu apr&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir. Sans parler des multiples manifestations et rassemblements pour la lib&#233;ration des manifestants ou la fin des tribunaux militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en collaborant avec l'arm&#233;e, pendant ces 18 premiers mois, que les Fr&#232;res musulmans ont pris leur place dans le monde politique &#233;gyptien dont ils &#233;taient bannis sous Moubarak, Sadate et Nasser avant lui. M&#234;me si les Fr&#232;res avaient depuis longtemps leur place au soleil par le contr&#244;le des mosqu&#233;es, d'&#339;uvres de charit&#233; et par l'argent de leurs hommes d'affaires. Ces soi-disant opposants de toujours n'ont que peu particip&#233; aux soul&#232;vements qui ont pr&#233;cipit&#233; la chute de Moubarak. Ils ont offert leurs services &#224; l'arm&#233;e d&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du mar&#233;chal Tantaoui, se tenant &#224; l'&#233;cart de presque toutes les manifestations, condamnant toute gr&#232;ve et m&#233;ritant bien le qualificatif d'&lt;em&gt;&#171; islamistes mod&#233;r&#233;s &#187;&lt;/em&gt; d&#233;cern&#233; par les grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vainqueurs aux &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2011-janvier 2012 (65 % des voix et 70 % des si&#232;ges avec leurs alli&#233;s islamistes du parti El-Nour&#8211; &lt;em&gt;Le jour &#8211;&lt;/em&gt; qualifi&#233;s de &lt;em&gt;&#171; salafistes &#187;&lt;/em&gt; plus extr&#233;mistes), les Fr&#232;res musulmans ont collabor&#233; avec l'arm&#233;e sans ombrage, jusqu'&#224; la veille des pr&#233;sidentielles de juin 2012.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De l'eau dans le gaz, alors que se poursuivaient les explosions sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cidant de pr&#233;senter leur candidat, en l'occurrence Mohamed Morsi, &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et surtout en la remportant d'une courte t&#234;te sur le candidat de l'arm&#233;e, les Fr&#232;res se sont fait mal voir de cette derni&#232;re. Il a fallu l'intervention directe de la diplomatie am&#233;ricaine pour sommer le commandement militaire de reconna&#238;tre la victoire du concurrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance du sabre et des pr&#234;ches a malgr&#233; tout fonctionn&#233;, malgr&#233; quelques hoquets : quelques semaines avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et pour affaiblir son alli&#233; et n&#233;anmoins concurrent, l'arm&#233;e d&#233;cidait de dissoudre l'assembl&#233;e &#233;lue six mois plus t&#244;t o&#249; les islamistes &#233;taient majoritaires ; quelques semaines apr&#232;s son &#233;lection, le tout nouveau pr&#233;sident Morsi destituait le mar&#233;chal Tantaoui de ses postes de ministre de la D&#233;fense et de chef du Conseil sup&#233;rieur des forces arm&#233;es&#8230; tout en m&#233;nageant les bonnes relations avec le reste de l'&#233;tat-major et en nommant &#224; sa t&#234;te, avec titre de ministre, le g&#233;n&#233;ral Sissi. Celui-l&#224; m&#234;me qui vient de renverser Morsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'influence des islamistes dans les quartiers populaires, les pr&#234;ches de leurs imams, les matraques de leurs bandes arm&#233;es, n'ont pas davantage calm&#233; la contestation que la poigne du mar&#233;chal Tantaoui. Toujours des gr&#232;ves, comme le montrent les statistiques d&#233;j&#224; cit&#233;es. Toujours la contestation politique et les revendications d&#233;mocratiques. Toujours le ras-le-bol d'une partie de la population citadine et de la jeunesse face aux pressions sur les m&#339;urs, aux agressions contre les femmes de la part des partisans des Fr&#232;res ou des salafistes&#8230; ou de la police, car elle aussi les frappe dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contestation du pouvoir de Morsi a culmin&#233; lors des manifestations de l'automne 2012 contre l'arbitraire du r&#233;gime et son projet de constitution r&#233;actionnaire, avec l'encerclement du palais pr&#233;sidentiel par les manifestants, attaqu&#233;s en retour par les milices islamistes et leurs voyous. Bilan : plus de dix morts et des centaines de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette incapacit&#233; &#224; enrayer la contestation que le g&#233;n&#233;ral Sissi a reproch&#233;e &#224; son ancien alli&#233; Morsi, bien plus que son extr&#233;misme religieux. D'ailleurs, foin de l'int&#233;grisme, apr&#232;s que les Fr&#232;res musulmans ont &#233;t&#233; exclus ou se sont exclus en refusant de n&#233;gocier un strapontin apr&#232;s leur &#233;viction, ce sont les &lt;em&gt;&#171; salafistes &#187;&lt;/em&gt; d'El Nour qui sont devenus les partenaires du pouvoir. De quoi faire r&#233;fl&#233;chir ceux qui voient dans la reprise du pouvoir par l'arm&#233;e un retour de la modernit&#233; contre l'obscurantisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Arm&#233;e et &#171; R&#233;bellion &#187;, mariage arrang&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s des rassemblements contre Morsi du printemps dernier, autour de la p&#233;tition dite Tamarrod &lt;em&gt;(R&#233;bellion)&lt;/em&gt; demandant le d&#233;part de Morsi, puis l'ampleur des manifestations du 30 juin, ont donn&#233; &#224; l'arm&#233;e l'occasion de se d&#233;barrasser de son alli&#233; islamiste au pouvoir &#8211; &#233;videmment en pr&#233;tendant sauver le peuple et la d&#233;mocratie. Ne chipotons pas sur les chiffres officiellement donn&#233;s : 20 millions de signatures (un habitant sur quatre ?), des millions de manifestants &#8211; mais n'oublions pas que les compteurs de l'arm&#233;e ou de la police &#233;taient du c&#244;t&#233; des manifestants. Peu importent ces d&#233;tails car l'immense &#233;cho de la p&#233;tition contre Morsi, propag&#233;e dans toutes les villes du pays aussi bien par des organisations simplement d&#233;mocrates que par des militants d'extr&#234;me gauche et des militants syndicaux, est probablement inchiffrable. Les manifestants du 30 juin ont &#233;t&#233; au moins aussi nombreux dans tout le pays que ceux de f&#233;vrier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le large &#233;ventail politique et social rassembl&#233; derri&#232;re Tamarrod montrait le d&#233;saveu du pouvoir islamiste dans toutes les couches de la population. Mais l'arm&#233;e s'en est d'autant plus facilement revendiqu&#233;e que ce rassemblement allait de militants de gauche jusqu'&#224; de bons politiciens bourgeois du &lt;em&gt;Front National pour le Salut de la r&#233;volution&lt;/em&gt; (Front autour de Baradei, ancien prix Nobel de la paix, et de deux candidats malheureux &#224; la pr&#233;sidentielle de juin 2012, un ancien Fr&#232;re musulman et un ancien ministre de Moubarak). Sans oublier l'aide de quelques hommes d'affaires : le milliardaire Naguib Saouiris, li&#233; &#224; l'ancien r&#233;gime, magnat des t&#233;l&#233;coms et principal actionnaire de medias qui ont pr&#234;t&#233; leurs moyens, mais aussi un grand patron du BTP qui a financ&#233; l'impression des p&#233;titions&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde du 18 juillet 2013.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans trop de danger, l'arm&#233;e pouvait appliquer l'ultimatum intimant &#224; Morsi de d&#233;gager, lanc&#233; par les dirigeants de Tamarrod au lendemain des manifestations monstres du 30 juin et des affrontements violents avec les partisans islamistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Na&#239;vet&#233; ou b&#234;tise ? &#187;&lt;/em&gt; &#233;crit le journaliste Alain Gresh dans le &lt;em&gt;Monde diplomatique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En &#201;gypte, la r&#233;volution &#224; l'ombre des militaires &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, l'un des fondateurs du mouvement Tamarrod se serait alors vant&#233; d'avoir &#233;t&#233; ob&#233;i du chef de l'arm&#233;e, &#224; qui il avait intim&#233; l'ordre : &lt;em&gt;&#171; Vous &#234;tes le commandant en chef des forces arm&#233;es, mais le peuple &#233;gyptien est votre commandant en chef et vous ordonne de vous placer imm&#233;diatement &#224; ses c&#244;t&#233;s et demande des &#233;lections anticip&#233;es &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dangereuses illusions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le renversement de Morsi a pu &#234;tre salu&#233; par une explosion de joie dans les rangs des manifestants. On le comprend. Ce que les medias s'empressent de traduire par une approbation de la majorit&#233; des &#201;gyptiens au coup de force de l'arm&#233;e. Une autre affaire. Mais le renversement de Morsi n'est pas, comme celui de Moubarak, l'effondrement d'un r&#233;gime dont l'arm&#233;e s'est empress&#233;e de ramasser les morceaux. C'est une offensive de l'arm&#233;e pour reprendre tout le pouvoir, celui bic&#233;phale auquel elle collaborait jusque-l&#224; s'&#233;tant d&#233;consid&#233;r&#233; et affaibli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les illusions d'aujourd'hui pourraient bien s'av&#233;rer mortelles demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 septembre 2013, &lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Monde du 18 juillet 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; En &#201;gypte, la r&#233;volution &#224; l'ombre des militaires &#187;, Le Monde diplomatique, ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> De la dictature au parlementarisme... et vice versa ?
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<description>L'assassinat le 25 juillet dernier de Mohamed Brahmi, dirigeant du Front Populaire, une coalition de gauche et d'extr&#234;me gauche, a plong&#233; &#224; nouveau la Tunisie dans la crise politique. Depuis, les travaux de l'Assembl&#233;e nationale constituante (ANC) sont suspendus et un &#171; front de salut national &#187; (FSN) r&#233;clame la d&#233;mission du gouvernement dirig&#233; par les islamistes d'Ennahdha. &lt;br /&gt;La lutte des places contre la lutte des classes &lt;br /&gt;Ce nouvel assassinat, apr&#232;s celui de Chokri Bela&#239;d le 6&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'assassinat le 25 juillet dernier de Mohamed Brahmi, dirigeant du Front Populaire, une coalition de gauche et d'extr&#234;me gauche, a plong&#233; &#224; nouveau la Tunisie dans la crise politique. Depuis, les travaux de l'Assembl&#233;e nationale constituante (ANC) sont suspendus et un &lt;strong&gt; &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; front de salut national &lt;strong&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; (FSN) r&#233;clame la d&#233;mission du gouvernement dirig&#233; par les islamistes d'Ennahdha.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La lutte des places contre la lutte des classes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce nouvel assassinat, apr&#232;s celui de Chokri Bela&#239;d le 6 f&#233;vrier dernier, est largement apparu comme un signal donn&#233; par les islamistes &#224; tous ceux qui s'opposent &#224; leur pouvoir. Bien loin de cette &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;l&#233;gitimit&#233; des urnes&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; invoqu&#233;e pourtant &#224; tout bout de champ. Soufflant le chaud et le froid depuis leur &#233;lection le 23 octobre 2011, les islamistes au pouvoir alternent savamment entre une posture de dialogue avec l'opposition et la &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;soci&#233;t&#233; civile&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt;, et des coups de force r&#233;guliers, notamment &#224; travers leurs hommes de main des milices dites &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;ligues de protection de la r&#233;volution&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; (LPR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur tactique serait plus transparente si leurs adversaires proclam&#233;s n'&#233;taient pas si conciliants. Depuis l'attaque de son si&#232;ge le 4 d&#233;cembre dernier par les nervis des LPR, la centrale syndicale UGTT s'est content&#233;e de multiplier les &lt;em&gt;&#171; initiatives de dialogue national contre la violence&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187; &lt;/em&gt;r&#233;unissant autour d'une table tous les partis bourgeois, dont Ennahdha. Avec un r&#233;sultat nul, puisque, malgr&#233; les pleurnicheries d&#233;mocratiques des responsables syndicaux, les milices des LPR ne sont toujours pas dissoutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juillet, au lendemain du meurtre de Brahmi, l'UGTT a appel&#233; &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, aussi encadr&#233;e que celle &#224; laquelle elle avait appel&#233; en f&#233;vrier &#224; la suite de l'assassinat de Bela&#239;d, et en s'assurant au pr&#233;alable de l'accord de l'Utica, le Medef tunisien. Le fait que cet appel ait &#233;t&#233; massivement suivi montre la combativit&#233; de la classe ouvri&#232;re tunisienne, bien d&#233;cid&#233;e &#224; ne pas se laisser voler sa r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant pour juguler ce nouvel &#233;lan de contestation que pour des raisons carri&#233;ristes personnelles, l'opposition parlementaire bourgeoise a choisi d'occuper le devant de la sc&#232;ne en multipliant les invectives en apparence radicales contre le gouvernement islamiste. &#192; sa t&#234;te, le vieux crocodile Beji Ca&#239;d Essebsi, 87 ans, ministre de Bourguiba, discret sous Ben Ali puis chef du gouvernement transitoire qui a pr&#233;c&#233;d&#233; l'&#233;lection d'Ennahdha. Son parti, Nida Toun&#232;s (Appel de la Tunisie), est une machine &#224; recycler les &lt;em&gt;&#171; foullouls &#187;&lt;/em&gt;, anciens dignitaires du RCD de Ben Ali. Muet sur toutes les questions &#233;conomiques et sociales, et pour cause, il se pose en &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;la&#239;c&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt;, en &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;d&#233;fenseur de la d&#233;mocratie &#187;&lt;/em&gt; et exige d&#233;magogiquement la d&#233;mission du gouvernement et la dissolution de l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Choisis ton camp, camarade !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'en fallait pas plus pour que le Front Populaire, qui avait r&#233;ussi ces derniers mois &#224; gagner du cr&#233;dit dans la classe ouvri&#232;re, ne d&#233;cide de devenir la cinqui&#232;me roue du carrosse de cette opposition bourgeoise. D&#232;s la fin du mois de juillet, il a sign&#233; un accord avec Nida Toun&#232;s et ses satellites pour former un Front du Salut National (FSN) visant &#224; nommer un &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;gouvernement de salut national&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; compos&#233; de &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;technocrates&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; qui dirigeraient le pays pour six mois dans l'attente... de nouvelles &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la bourgeoisie met en sc&#232;ne un affrontement factice entre deux &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; camps &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; politiciens des plus poreux, les seuls qui pr&#233;tendaient repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts politiques de la classe ouvri&#232;re rallient donc avec armes et bagages un des vieux politiciens de la dictature. Au risque de devenir les dindons de la farce entre ces deux camps prompts &#224; marchander derri&#232;re leur dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement le gouvernement et l'opposition bourgeoise ne communiquent que par l'interm&#233;diaire d'un &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;quartet&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; qui multiplie les r&#233;unions avec les deux camps. Un quartet qui r&#233;unit les bureaucrates de la direction de l'UGTT, les patrons de l'Utica, les petits-bourgeois de la Ligue tunisienne des droits de l'homme et de l'Ordre des avocats, et se pose en garant d'un &lt;em&gt;&#171; int&#233;r&#234;t national&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; pr&#233;tendument au-dessus des classes sociales. Mais, au-del&#224;, apr&#232;s un mois de blocage parlementaire, il semble que des contacts discrets se multiplient, derri&#232;re leur dos, entre Rached Ghanouchi, chef de file d'Ennahdha, et Essebsi !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Derri&#232;re le rideau de fum&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La com&#233;die politicienne a de quoi d&#233;go&#251;ter la classe ouvri&#232;re et la jeunesse tunisiennes. Alors que la lutte des places est &#224; son comble, l'UGTT vient d'accepter sans discussion de reporter d'un an les n&#233;gociations salariales. Les coupures d'eau et d'&#233;lectricit&#233; se multiplient. L'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s a baiss&#233; de 5 %. Les prix augmentent, m&#234;me ceux des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; pourtant subventionn&#233;s. Le ch&#244;mage et l'emploi dans le &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; secteur informel &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; explosent, tandis que les attaques du gouvernement contre les droits des femmes et la libert&#233; de la presse continuent. Mais les gr&#232;ves et les manifestations marquent momentan&#233;ment le pas, comme si la population &#233;tait &#233;tourdie par la mise en sc&#232;ne d'une crise politique &#224; laquelle elle est tout &#224; fait &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas l&#224; l'avantage que la bourgeoisie peut tirer d'une d&#233;mocratie parlementaire &#8211; m&#234;me &lt;em&gt;&#171; transitionnelle &#187;&lt;/em&gt; et vou&#233;e &#224; l'&#233;chec &#8211; par rapport &#224; la dictature ? Du moins tant que les ouvriers tunisiens ne se doteront pas d'une organisation communiste r&#233;volutionnaire, capable de faire &#233;merger une perspective de classe dans la cacophonie politicienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 septembre 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_714 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH456/tunisie2-4d2d8.png?1788289065' width='400' height='456' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;On prend les m&#234;mes et on recommence !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e en puissance de Nida Toun&#232;s, Ennahdha a fait voter en juin &#224; l'ANC une &lt;em&gt;&#171; loi d'immunisation de la r&#233;volution &#187; &lt;/em&gt;qui interdirait pendant sept ans aux anciens responsables benalistes et bourguibistes de se pr&#233;senter aux &#233;lections. C'est bien s&#251;r Essebsi et son parti de &lt;em&gt;&#171; foullouls &#187; &lt;/em&gt;qui &#233;taient principalement vis&#233;s. Toll&#233; dans l'opposition, y compris au front populaire, r&#233;duit &#224; d&#233;noncer une mesure &lt;em&gt;&#171; fasciste &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi a finalement &#233;t&#233; annul&#233;e au cours des n&#233;gociations entre le gouvernement et l'opposition : un geste de Ghannouchi envers Essebsi, qui l'en a vivement remerci&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;L'imp&#233;rialisme ne veut pas miser sur le mauvais cheval&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une visite d'&#201;tat en Tunisie les 4 et 5 juillet derniers, Fran&#231;ois Hollande avait assur&#233; le gouvernement islamiste de son franc soutien : &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;La transition est aussi bien ma&#238;tris&#233;e qu'organis&#233;e, et ne manquera pas de devenir un mod&#232;le dans la r&#233;gion &#187;&lt;/em&gt;. Et d'ajouter : &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;Islam et D&#233;mocratie ne sont pas incompatibles&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt;. Au lendemain de la chute de Morsi en &#201;gypte, alors que des voix s'&#233;levaient en Tunisie pour prendre exemple sur le mouvement &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;Tamarrod&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt;, le pr&#233;sident fran&#231;ais a tenu &#224; rassurer ses partenaires : &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;Ce qui se passe en &#201;gypte est un &#233;chec et un processus qui s'est interrompu&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; mais &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;la situation dans ce pays diff&#232;re de celle en Tunisie &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la crise politique ouverte depuis par l'assassinat de Brahmi, l'Union Europ&#233;enne a appel&#233; les deux parties &#224; &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;la retenue&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; et le pr&#233;sident fran&#231;ais a insist&#233; sur &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;l'organisation rapide d'&#233;lections aussi incontestables que celles de 2011 &#187;&lt;/em&gt;. Que l'un des deux camps l'emporte ou qu'ils trouvent un compromis, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais vise surtout &#224; toujours rester aux manettes, en &#233;troite entente avec la bourgeoisie tunisienne repr&#233;sent&#233;e par l'Utica.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Ennahdha et ses &#171; enfants &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de l'assassinat de Mohamed Brahmi, en pleine gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le ministre islamiste de l'Int&#233;rieur annon&#231;ait que les coupables &#233;taient d&#233;j&#224; identifi&#233;s : un commando li&#233; aux salafistes de l'organisation Ansar-Al-Charia, responsable aussi du meurtre de Chokri Bela&#239;d cinq mois plus t&#244;t. Une pr&#233;cipitation troublante, d'autant que l'enqu&#234;te sur l'ex&#233;cution de Bela&#239;d &#233;tait officiellement au point mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le surlendemain, alors que des milliers de Tunisiens se rendaient &#224; un sit-in devant l'ANC pour demander sa dissolution, huit soldats &#233;taient tu&#233;s sur le Mont Cha&#226;mbi, pr&#232;s de la fronti&#232;re alg&#233;rienne. Cette action non revendiqu&#233;e a &#233;t&#233; aussit&#244;t attribu&#233;e par le gouvernement &#224; Ansar-Al-Charia (interdite depuis et class&#233;e &lt;em&gt;&#171; organisation terroriste &#187;&lt;/em&gt;). Une mani&#232;re pour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ennahdha de donner le change, alors que le gouvernement profite des assassinats politiques et des agissements des LPR pour instaurer un climat de terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rappelons que les liens entre Ennahdha et Ansar-Al-Charia ne sont myst&#232;re pour personne depuis la diffusion d'une vid&#233;o o&#249; Ghannouchi conseillait aux salafistes de &lt;em&gt;&#171; patienter &#187;&lt;/em&gt; et les pr&#233;sentait comme ses &lt;em&gt;&#171; enfants &#187;&lt;/em&gt;. Des enfants un peu trop remuants pour l'instant mais qui pourraient bien servir dans l'avenir... &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Tunisie : Le gouvernement face &#224; la rue et aux gr&#232;ves
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		<dc:date>2013-04-30T17:14:20Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>La visite &#224; Paris le 12 avril dernier du pr&#233;sident tunisien Moncef Marzouki aura surtout &#233;t&#233; marqu&#233;e par l'irruption de trois f&#233;ministes du mouvement Femen au cri de &#171; Lib&#233;rez Amina &#187; . Amina est cette jeune Tunisienne qui a fait parl&#233; d'elle en posant seins nus sur Facebook avec l'inscription &#171; Mon corps m'appartient, il ne repr&#233;sente l'honneur de personne &#187; et est depuis claquemur&#233;e par sa famille. Une fa&#231;on &#224; elle de d&#233;noncer la chape de plomb que le gouvernement islamiste veut&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-87-mai-2013-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 87, mai 2013
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La visite &#224; Paris le 12 avril dernier du pr&#233;sident tunisien Moncef Marzouki aura surtout &#233;t&#233; marqu&#233;e par l'irruption de trois f&#233;ministes du mouvement Femen au cri de &lt;em&gt;&#171; Lib&#233;rez Amina &#187;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;.&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; Amina est cette jeune Tunisienne qui a fait parl&#233; d'elle en posant seins nus sur Facebook avec l'inscription &lt;em&gt;&#171; Mon corps m'appartient, il ne repr&#233;sente l'honneur de personne &#187;&lt;/em&gt; et est depuis claquemur&#233;e par sa famille. Une fa&#231;on &#224; elle de d&#233;noncer la chape de plomb que le gouvernement islamiste veut imposer &#224; la population tunisienne. Car si le caract&#232;re r&#233;trograde et r&#233;actionnaire du pouvoir tunisien est en odeur de saintet&#233; non seulement aupr&#232;s des milieux de notables et affairistes tunisiens mais aussi des patrons fran&#231;ais et autres, c'est qu'il cherche avant tout &#224; faire oublier la r&#233;volution tunisienne qui a renvers&#233; Ben Ali il y a deux ans, et &#224; &#233;touffer la contestation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Face aux milices, la r&#233;action populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les luttes sociales ont effet repris des couleurs, apr&#232;s une ann&#233;e de tr&#234;ve &#233;lectorale. Et si la d&#233;magogie religieuse avait suffi il y a un an pour permettre &#224; Ennahda, le parti islamiste, d'acc&#233;der au pouvoir, les pr&#234;ches n'ont eu aucun effet pour mettre un terme aux combats incessants des travailleurs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la remont&#233;e des luttes et la r&#233;action du gouvernement, lire nos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ennahda a donc choisi la mani&#232;re forte, en encourageant les agissements de milices prot&#233;g&#233;es par la police, les mal-nomm&#233;es &#171; Ligues de protection de la r&#233;volution &#187;, charg&#233;es de semer la terreur parmi les femmes des quartiers pauvres, d'attaquer les piquets de gr&#232;ve et les sit-in de ch&#244;meurs. Le 4 d&#233;cembre 2012, ces bandes avaient attaqu&#233; le si&#232;ge de la conf&#233;d&#233;ration syndicale UGTT, et le 6 f&#233;vrier 2013 Chokri Bela&#239;d, militant syndical et l'un des dirigeants du Front populaire pour la r&#233;alisation des objectifs de la r&#233;volution, une coalition de partis de gauche et d'extr&#234;me-gauche, a &#233;t&#233; assassin&#233;. Accus&#233; par le pouvoir d'encourager les sit-in, gr&#232;ves et manifestations, son assassinat visait &#224; terroriser les militants ouvriers et les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action a &#233;t&#233; inverse. Des milliers de manifestants se sont rassembl&#233;s et les bureaux d'Ennahda &#224; Sfax, Monastir, B&#233;ja, Gafsa et Gab&#232;s ont &#233;t&#233; incendi&#233;s et saccag&#233;s. Et des manifestations monstres, au cri de &lt;em&gt;&#171; Le peuple veut une nouvelle r&#233;volution &#187;&lt;/em&gt;, ont eu lieu le jour de l'enterrement de Bela&#239;d, le 8 f&#233;vrier. C'&#233;tait une d&#233;monstration de force de la classe ouvri&#232;re et de la jeunesse, dirig&#233;e contre les islamistes d'Ennahda. Sous une telle pression populaire, l'UGTT avait appel&#233; &#224; une &lt;em&gt;&#171; gr&#232;ve nationale g&#233;n&#233;rale pacifique &#187;&lt;/em&gt;, alors qu'en d&#233;cembre, lors du saccage de son si&#232;ge, elle avait renonc&#233; &#224; son appel &#224; la gr&#232;ve apr&#232;s quelque parlotte avec le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Mini-crise au sommet ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour calmer la r&#233;volte, le premier ministre en place, Hamadi Jebali, membre d'Ennahda, avait tent&#233; un remaniement minist&#233;riel, proposant un &lt;em&gt;&#171; gouvernement de technocrates &#187;&lt;/em&gt;, avec uniquement des personnalit&#233;s &lt;em&gt;&#171; apolitiques &#187;&lt;/em&gt;. Il aurait fallu une &lt;em&gt;&#171; union nationale &#187;&lt;/em&gt;, un dialogue entre tous les partis, pour &lt;em&gt;&#171; en finir avec la violence politique &#187;&lt;/em&gt;. Manque de chance, son propre parti a rejet&#233; sa proposition. Et voil&#224; Ennahda en train de conspuer son premier ministre, tandis que l'opposition officielle l'encensait ! Mais si un semblant de fracture est apparu au sein d'Ennahda, il ne s'agit en rien de divergences quant &#224; la politique &#224; mener contre les travailleurs, il s'agit de d&#233;saccords sur la mani&#232;re de refaire une virginit&#233; &#224; Ennahda en associant au pouvoir des personnalit&#233;s moins compromises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus significatif est l'attitude de &#171; l'opposition &#187;. Le parti &lt;em&gt;Nidaa Toun&#232;s&lt;/em&gt; (l'Appel de la Tunisie) ne s'est pas priv&#233; de participer aux conciliabules pour la constitution d'un nouveau gouvernement. Mais peut-on parler d'opposition pour un parti o&#249; se retrouvent des cadres de l'ancienne dictature ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UGTT avait, elle, sign&#233; un texte avec la Ligue tunisienne des droits de l'homme et l'Ordre national des avocats pour donner leur &lt;em&gt;&#171; accord de principe &#187;&lt;/em&gt; &#224; un gouvernement de comp&#233;tences nationales. Oh ! Bien s&#251;r en y ajoutant quelques conditions dont la dissolution des milices islamistes et la fin du n&#233;potisme pour les recrutements dans l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front populaire, qui comprend le Parti des travailleurs tunisiens (ex- PCOT), et le Mouvement des patriotes d&#233;mocrates (parti que dirigeait le militant assassin&#233;) ainsi que la Ligue de la gauche ouvri&#232;re (organisation s&#339;ur du NPA), s'est abstenu de cautionner la mascarade. Mais ses dirigeants se sont sentis oblig&#233;s de justifier l'attitude de la direction de l'UGTT en expliquant que les conditions qu'elle posait &#233;taient en fait inacceptables pour Ennahda. Inacceptables ? &#192; voir... C'&#233;tait en tout cas un geste politique de la centrale syndicale envers les islamistes et surtout envers le patronat et une fa&#231;on de semer l'illusion qu'un nouvel accord conclu entre des partis bourgeois, religieux ou la&#239;cs, au nom du &#171; &lt;em&gt;dialogue national&lt;/em&gt; &#187;, pourrait apporter des r&#233;ponses aux revendications d&#233;mocratiques et sociales des Tunisiens. Alors que le patronat est &#224; l'offensive en licenciant &#224; tour de bras et en faisant augmenter les prix de plus en plus vite pour compenser les hausses de salaires obtenues par les nombreuses gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, Ennahda ne s'est m&#234;me pas donn&#233; la peine d'&#233;largir sa coalition. Le parti a bien d&#251; c&#233;der quelques postes de ministres &#224; des &#171; technocrates &#187;, mais la nomination d'Ali Larayedh pour remplacer Jebali au poste de premier ministre en dit long. Larayedh est l'ancien ministre de l'Int&#233;rieur, c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment celui qui a laiss&#233; toute impunit&#233; aux &#171; Ligues de protection de la r&#233;volution &#187; dans leurs exactions contre les travailleurs et l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La gr&#232;ve des centres d'appel de Teleperformance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'une des premi&#232;res mesures du nouveau gouvernement Ennahda a &#233;t&#233; d'envoyer une note secr&#232;te au FMI dans laquelle, en &#233;change d'un pr&#234;t de 1,35 milliard d'euros, il s'engage &#224; mener des &#171; r&#233;formes structurelles &#187;, telles que l'augmentation des prix du carburant, des privatisations (en premier lieu de la Soci&#233;t&#233; tunisienne de l'&#233;lectricit&#233; et du gaz), des mesures en faveur des banques et une r&#233;forme des retraites et de l'assurance maladie. Mais faire avaler les fatwas du FMI et des trusts pourrait bien ne pas &#234;tre si simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En t&#233;moigne la gr&#232;ve de trois jours, tout d&#233;but avril, dans les centres d'appel de Teleperformance &#224; Tunis, qui a entra&#238;n&#233; 80 % de salari&#233;s. Le point de d&#233;part : la demande de r&#233;int&#233;gration d'une demi-douzaine de salari&#233;s licenci&#233;s en f&#233;vrier et les augmentations de salaires, avec l'application d'un accord salarial de 2010 sur lequel la direction s'asseyait all&#232;grement. La direction du groupe fran&#231;ais, qui occupe 5 400 salari&#233;s dans ses centres d'appel tunisiens pour le compte d'Orange, de SFR, de Num&#233;ricable ou d'Amazon, d&#233;non&#231;ait alors &lt;em&gt;&#171; l'instrumentalisation de son m&#233;tier pour des int&#233;r&#234;ts n'ayant pas de rapport avec l'entreprise &#187;,&lt;/em&gt; &#224; savoir la hausse du ch&#244;mage et des prix ! Le tr&#232;s officiel journal tunisien &lt;em&gt;Le Temps&lt;/em&gt;, le 3 avril, craignait que de tels conflits fassent fuir les investisseurs : certes du fait que &lt;em&gt;&#171; les soci&#233;t&#233;s &#171; d&#233;localisatrices &#187; cherchent le beurre et l'argent du beurre &#187;&lt;/em&gt; ; mais aussi parce que cette &lt;em&gt;&#171; turbulence sociale depuis la R&#233;volution n'a gu&#232;re aid&#233; &#224; r&#233;conforter ces investisseurs en qu&#234;te de s&#233;curit&#233; et qui&#233;tude &#187;&lt;/em&gt;. N'emp&#234;che que finalement c'est le directeur g&#233;n&#233;ral financier de Teleperformance qui a rappliqu&#233; &#224; Tunis pour lancer les n&#233;gociations avec les gr&#233;vistes, d&#233;clarant &#224; la presse que &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt;(Teleperformance est) &lt;em&gt;un groupe qui cherche &#224; optimiser ses co&#251;ts &#187; &lt;/em&gt;mais &lt;em&gt;&#171; en respectant en m&#234;me temps les lois de travail &#187;&lt;/em&gt;, et &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt;(Teleperformance n'a) &lt;em&gt;pas l'id&#233;e de quitter le march&#233; tunisien &#187;&lt;/em&gt;. Et pour cause, il rapporte trop, m&#234;me avec des augmentations de salaires. Quand ces diables de travailleurs s'y mettent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui attend les travailleurs, avec ce nouveau gouvernement islamistes-technocrates, ce sont de nouvelles attaques. Mais ils viennent de montrer qu'ils savent y r&#233;agir. Oui, comme le scandaient les foules lors des obs&#232;ques de Chokri Bela&#239;d, il faut une deuxi&#232;me r&#233;volution, sociale cette fois-ci. Pas seulement pour faire d&#233;guerpir les dictateurs du moment, mais pour en finir avec la mis&#232;re et les patrons qui l'entretiennent et en profitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 avril 2013,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Avec les islamistes, rien n'a chang&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans Mediapart&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Puchot, &#171; Tunisie : o&#249; est pass&#233; l'argent du d&#233;veloppement des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le journaliste Pierre Puchot t&#233;moigne du d&#233;labrement de Kasserine, une ville de l'ouest du pays : 28 % des travailleurs de la ville sont au ch&#244;mage, &lt;em&gt;&#171; des milliers de familles de la r&#233;gion n'ont pas l'eau courante &#187;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; toutes les routes sont &#224; refaire, une partie n'est plus que sable et cailloux en attendant le bitume &#187;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; l'&#233;clairage public n'est encore qu'un projet &#187;&lt;/em&gt;. Le maire et son adjoint, b&#233;n&#233;voles d&#233;sign&#233;s par la population apr&#232;s la r&#233;volution, doivent g&#233;rer l'entretien de la ville et des services publics avec un million d'euros, 100 fois moins que la ville de Pau, de taille &#233;quivalente. Les 12 millions d'euros pr&#233;vus dans le budget national pour l'h&#244;pital, le d&#233;veloppement agricole local et un complexe pour les jeunes ne sont jamais arriv&#233;s. Quant au gouverneur de la r&#233;gion, du parti Ennahda, il a ferm&#233; ses portes apr&#232;s avoir tent&#233; sans succ&#232;s de prendre le contr&#244;le de la municipalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui explique la col&#232;re contre les islamistes et le succ&#232;s de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale au lendemain de l'assassinat de Chokri Bela&#239;d dans ces r&#233;gions d&#233;sh&#233;rit&#233;es o&#249; les islamistes avaient pourtant fait leurs meilleurs scores il y a un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.S.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_695 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH252/nra-5ec68.png?1787884599' width='400' height='252' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur la remont&#233;e des luttes et la r&#233;action du gouvernement, lire nos pr&#233;c&#233;dents articles : &#171; Tunisie : La d&#233;mocratie se gagnera dans la rue &#187; paru dans Convergences r&#233;volutionnaires n&#176; 83 de septembre-octobre 2012 et &#171; Tunisie : les islamistes &#224; la lanterne &#187; paru dans Convergences r&#233;volutionnaires n&#176; 85 de janvier-f&#233;vrier 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Puchot, &#171; Tunisie : o&#249; est pass&#233; l'argent du d&#233;veloppement des r&#233;gions ? &#187;, Mediapart, 9 avril 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title> Deux ans apr&#232;s...
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>Deux ans apr&#232;s les r&#233;volutions qui ont renvers&#233; Ben Ali et Moubarak, puis fait souffler un vent de col&#232;re de Bahre&#239;n jusqu'au Maroc, o&#249; en est le monde arabe &#233;branl&#233; par la crise ? &lt;br /&gt;La Syrie est toujours sous les bombardements de son propre dictateur, et la r&#233;volte y est d&#233;tourn&#233;e par une guerre de clans. &#192; Barhe&#239;n c'est l'Arabie saoudite, la grande alli&#233;e des Am&#233;ricains, qui s'est charg&#233;e d'&#233;craser la r&#233;volution naissante. &lt;br /&gt;En Libye, ce sont les grandes puissances elles-m&#234;mes,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s les r&#233;volutions qui ont renvers&#233; Ben Ali et Moubarak, puis fait souffler un vent de col&#232;re de Bahre&#239;n jusqu'au Maroc, o&#249; en est le monde arabe &#233;branl&#233; par la crise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Syrie est toujours sous les bombardements de son propre dictateur, et la r&#233;volte y est d&#233;tourn&#233;e par une guerre de clans. &#192; Barhe&#239;n c'est l'Arabie saoudite, la grande alli&#233;e des Am&#233;ricains, qui s'est charg&#233;e d'&#233;craser la r&#233;volution naissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Libye, ce sont les grandes puissances elles-m&#234;mes, &#201;tats-Unis, France et Grande-Bretagne, qui ont lanc&#233; leurs bombardiers pour soutenir le camp qui semblait favorable &#224; leurs app&#233;tits et calculs. C'&#233;tait l'occasion r&#234;v&#233;e de faire un exemple, de montrer ses muscles pour faire passer aux peuples l'envie de se r&#233;volter &#8211; pensaient-elles. Tant pis si la Libye devait en sortir ruin&#233;e, divis&#233;e, aux mains de coteries arm&#233;es toutes plus islamistes les unes que les autres. Tant pis aussi si les r&#233;percussions, les migrations forc&#233;es et la multiplication des armes ont contribu&#233; &#224; d&#233;stabiliser toute la r&#233;gion. Entre autres le nord du Mali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux pays berceaux de la r&#233;volution, la Tunisie et l'&#201;gypte, les grandes puissances se sont appuy&#233;es sur l'arm&#233;e, mais ont aussi &#233;paul&#233; ces partis islamistes, qui sont devenus leurs alli&#233;s, pour tenter de tout faire rentrer dans l'ordre. Celui o&#249; les pauvres se taisent tandis que les trusts prosp&#232;rent. Prosp&#233;rit&#233; de quelques-uns qui s'accommode des mosqu&#233;es et de la charia. Au nom de la d&#233;mocratie et des victoires &#233;lectorales ! Et si des t&#234;tes ont &#233;t&#233; &#171; d&#233;gag&#233;es &#187;, les ma&#238;tres des anciens r&#233;gimes, hauts cadres, officiers et patrons, sont toujours l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant rien n'est gagn&#233; pour les grandes puissances et leurs nouveaux alli&#233;s. Les r&#233;volutions de janvier-f&#233;vrier 2011, qui ont fait tomber deux dictatures, ont &#233;galement fait tomber la peur. En &#201;gypte comme en Tunisie les manifestations, explosions de col&#232;re, gr&#232;ves se poursuivent, que ni les minarets ni les blind&#233;s de la gendarmerie ou de l'arm&#233;e ne suffisent &#224; impressionner. Et le roi du Maroc lui-m&#234;me commence &#224; trembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le point des luttes politiques et sociales dans ces pays que nous voulons pr&#233;senter dans ce dossier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Tunisie : les islamistes &#224; la lanterne
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>C'est sous les pierres et les tomates et aux cris de &#171; D&#233;gage &#187; que la population de Sidi Bouzid a accueilli le pr&#233;sident de la r&#233;publique, Moncef Marzouki (du parti Congr&#232;s pour la r&#233;publique), et le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e constituante, Ben Jaafar (du parti de centre-gauche Ettakatol), le 17 d&#233;cembre dernier. Sous bonne escorte polici&#232;re, ceux-ci sont all&#233;s se recueillir sur la tombe de Mohamed Bouazizi pour d&#233;clarer avec cynisme que &#171; celui qui aime la Tunisie doit s'armer de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est sous les pierres et les tomates et aux cris de &lt;em&gt;&#171; D&#233;gage &#187;&lt;/em&gt; que la population de Sidi Bouzid a accueilli le pr&#233;sident de la r&#233;publique, Moncef Marzouki (du parti Congr&#232;s pour la r&#233;publique), et le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e constituante, Ben Jaafar (du parti de centre-gauche Ettakatol), le 17 d&#233;cembre dernier. Sous bonne escorte polici&#232;re, ceux-ci sont all&#233;s se recueillir sur la tombe de Mohamed Bouazizi&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le jeune vendeur &#224; la sauvette dont l'immolation le 17 d&#233;cembre 2010 a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pour d&#233;clarer avec cynisme que &lt;em&gt;&#171; celui qui aime la Tunisie doit s'armer de patience &#187;.&lt;/em&gt; Le premier ministre et troisi&#232;me larron de la coalition au pouvoir depuis octobre 2011, Jebali, du parti islamiste Ennahda, a &#233;chapp&#233; &#224; cette d&#233;monstration de col&#232;re par la gr&#226;ce d'une &#171; grippe &#187; opportun&#233;ment venue du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s la chute de Ben Ali, le ch&#244;mage et l'inflation s'envolent, et rien n'est fait pour sortir les r&#233;gions les plus d&#233;sh&#233;rit&#233;es de la mis&#232;re. Les ouvriers, les ch&#244;meurs et les jeunes, qui ont &#233;t&#233; le moteur de la r&#233;volution, sont &#224; bout. Le gouvernement islamiste, et derri&#232;re lui la bourgeoisie tunisienne et imp&#233;rialiste, n'est pas parvenu &#224; mettre la population &#224; genoux, par les seuls miracles d'Allah et des provocations de ses gros bras. Sur le plan social, il a affaire &#224; forte partie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_664 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH701/carte_tunisie-2-84818.png?1787842615' width='400' height='701' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Deux ans d'effervescence sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En deux ans, les gr&#232;ves et les sit-in ont &#233;t&#233; nombreux : pour les salaires, l'emploi ou pour faire d&#233;guerpir les &#171; petits Ben Ali &#187;, c'est-&#224;-dire les patrons, administrateurs et politiciens trop li&#233;s &#224; l'ancien r&#233;gime. Embl&#233;matique est la situation de l'industrie du phosphate, concentr&#233;e autour de Gafsa o&#249;, alternativement, des travailleurs revendiquent une hausse de salaire, des journaliers et sous-traitants r&#233;clament leur int&#233;gration &#224; la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) ou encore des habitants de la r&#233;gion exigent des embauches. Alors qu'avant la r&#233;volution la Tunisie &#233;tait le cinqui&#232;me exportateur mondial, la production n'atteint plus qu'un tiers des capacit&#233;s d'extraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les vocif&#233;rations de la presse bourgeoise contre ces luttes qui saperaient l'&#233;conomie nationale, ce sont tous les secteurs, public et priv&#233;, entreprises locales ou &#233;trang&#232;res, qui ont &#233;t&#233; touch&#233;s tour &#224; tour. Le sit-in est devenu un moyen de protestation si populaire que des patrons de Sfax y ont eu recours eux-m&#234;mes en novembre dernier pour r&#233;gler des comptes au sein de l'Utica, le Medef tunisien ! L'objectif principal du gouvernement r&#233;actionnaire (coalition large allant d'une gauche on ne peut plus mod&#233;r&#233;e jusqu'&#224; l'extr&#234;me-droite islamiste, et domin&#233;e par cette derni&#232;re) &#233;tait de mettre fin &#224; cette agitation. Pas si simple !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;volte de Siliana&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les luttes sur les lieux de travail ou locales &#233;taient loin d'avoir disparu, les manifestations plus importantes avaient marqu&#233; le pas dans la p&#233;riode des &#233;lections pour l'Assembl&#233;e constituante&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; O&#249; en est la r&#233;volution tunisienne ? &#187;, Convergences R&#233;volutionnaires, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; du 23 octobre 2011. Mais ces derniers mois ont vu le retour d'une contestation plus g&#233;n&#233;rale, &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale. En juin, la ville de Jendouba s'est enflamm&#233;e &#224; la suite d'une gr&#232;ve, o&#249; les locaux de l'UGTT ainsi que d'un parti de gauche ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par des milices islamistes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Tunisie, la d&#233;mocratie se gagnera dans la rue &#187;, Convergences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En ao&#251;t, c'est dans le berceau de la r&#233;volution, &#224; Sidi Bouzid, que des manifestations massives ainsi qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale locale ont &#233;clat&#233;. Des explosions de col&#232;re, r&#233;prim&#233;es par la police, ont suivi &#224; Menzel Bouza&#239;&#232;ne, Kasserine et Gafsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin novembre, &#224; Siliana, la contestation contre le ch&#244;mage et la vie ch&#232;re a franchi un nouveau pas : les manifestants ont fait face &#224; un gouverneur islamiste nomm&#233; par le gouvernement qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; envoyer des flics arm&#233;s jusqu'aux dents tirer sur la foule avec des balles &#224; fragmentation. Cela sous l'&#339;il de l'arm&#233;e, stationn&#233;e en renfort dans la r&#233;gion au cas o&#249; la police n'aurait pas suffi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population exigeait le d&#233;part du gouverneur, un plan de redressement &#233;conomique et la lib&#233;ration des jeunes emprisonn&#233;s suite aux manifestations d'avril 2011. L'UGTT a accompagn&#233; ces protestations, dont elle n'&#233;tait pas &#224; l'origine, en appelant &#224; cinq jours de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans toute la r&#233;gion. Mais le syndicat a vite n&#233;goci&#233; la retraite. Il a appel&#233; &#224; la reprise du travail sur la base d'un accord qui ne pr&#233;voyait que la &#171; &lt;em&gt;mise &#224; l'&#233;cart&lt;/em&gt; &#187; du gouverneur tortionnaire. Pour les prisonniers d'avril 2011 et les familles des bless&#233;s de novembre, dont le nombre &#233;tait tel que l'h&#244;pital local a &#233;t&#233; totalement d&#233;bord&#233;, tout juste de vagues promesses ! Et rien concernant les revendications sociales. Les manifestations ont continu&#233; quelques jours apr&#232;s l'accord avant de s'essouffler.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des manifestations qui bravent le gouvernement islamiste au pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de Siliana a eu un &#233;cho national. Des manifestations de soutien ont eu lieu &#224; Gafsa, Nabeul, Djerba, B&#233;ja, Mahdia, Monastir, Sousse et au Kef. &#192; Tunis, les protestations se sont concentr&#233;es devant le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, rebaptis&#233; &#171; &lt;em&gt;minist&#232;re du viol et de la terreur&lt;/em&gt; &#187; o&#249; les slogans scand&#233;s contre Ben Ali il y a deux ans ont &#233;t&#233; repris contre Ennahda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement islamiste est maintenant compar&#233; &#224; l'ancien r&#233;gime, tant il use de tous les moyens et de toutes les oppressions pour s'imposer face &#224; une population pauvre en r&#233;volte. Les poursuites pour &#171; &lt;em&gt;atteinte &#224; la pudeur&lt;/em&gt; &#187; contre la jeune femme viol&#233;e par deux policiers ne sont que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg. Des organisations salafistes s&#233;vissent surtout dans les quartiers pauvres pour imposer le port du voile. L'universit&#233; de Tunis est r&#233;guli&#232;rement le lieu d'affrontements entre les &#233;tudiants du syndicat UGET et les islamistes autour des droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La torture est r&#233;apparue comme arme de r&#233;pression dans les caves des commissariats&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignages et interviews dans Le Temps du 11 d&#233;cembre : http://www.letemps.com.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Des milices ont &#233;t&#233; mises sur pied et financ&#233;es par le gouvernement (parfois via des fonds &#233;miratis, qataris ou turcs), les &#171; &lt;em&gt;Ligues de protection de la r&#233;volution&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Constitu&#233;es sous pr&#233;texte de faire la chasse aux RCD-istes et restes du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui n'h&#233;sitent pas &#224; faire le coup de poing contre les associations de femmes, les ch&#244;meurs en sit-in, les ouvriers en gr&#232;ve ou les locaux syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Provocations contre les travailleurs et militants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;clarations comme celle du pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e contre les &#171; &lt;em&gt;syndicalistes corrompus et les partis d'extr&#234;me-gauche qui sont les v&#233;ritables instigateurs des agitations sociales&lt;/em&gt; &#187; justifient et encouragent les agissements des &#171; Ligues de protection de la r&#233;volution &#187;, dont l'une des premi&#232;res actions a &#233;t&#233; de d&#233;verser des ordures dans des locaux de l'UGTT pendant une gr&#232;ve des agents municipaux en f&#233;vrier 2012. Ce sont ces m&#234;mes ligues qui ont attaqu&#233; le si&#232;ge de l'UGTT &#224; Tunis le 4 d&#233;cembre, pendant les c&#233;l&#233;brations de la mort du fondateur du syndicat. Sept cents nervis arm&#233;s de couteaux et de manches de pioche ont bless&#233; des dizaines de syndicalistes et saccag&#233; le bureau du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. La police ne s'est pas montr&#233;e pendant les deux heures qu'ont dur&#233; les affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Co&#239;ncidence : le m&#234;me jour, la direction de l'UGTT signait un accord avec le syndicat patronal Utica et le gouvernement, pr&#233;voyant 6 % d'augmentation moyenne du salaire des travailleurs soumis &#224; convention collective, alors que l'inflation s'&#233;tablit officiellement &#224;&#8230; 6 %. &lt;em&gt;&#171; Nous ne sommes les rivaux politiques d'aucune partie et nous ne cherchons pas &#224; acc&#233;der au pouvoir &#187;&lt;/em&gt;, d&#233;clarait, le lendemain, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UGTT ; nous intervenons pour &lt;em&gt;&#171; donner notre avis sur certaines questions pour sauver les entreprises &#187;&lt;/em&gt; et trouver une solution &#224; &lt;em&gt;&#171; la fuite de l'investissement &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re l'UGTT, c'est la classe ouvri&#232;re combative que visaient les milices islamistes. Du c&#244;t&#233; des travailleurs et de militants de base du syndicat, la r&#233;action n'a pas tard&#233; : d&#232;s le lendemain de l'agression, des gr&#232;ves r&#233;gionales &#233;clataient &#224; Sfax, Gafsa, Sidi Bouzid et Kasserine. Le 6 d&#233;cembre la centrale du syndicat lan&#231;ait un appel &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve nationale pour le 13, ce qui n'&#233;tait pas arriv&#233;e depuis des d&#233;cennies. Le m&#234;me jour, Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste, en rajoutait en d&#233;clarant que &lt;em&gt;&#171; les Ligues de protection de la r&#233;volution sont l'&#226;me de la r&#233;volution &#187;&lt;/em&gt; et en appelant &lt;em&gt;&#171; &#224; lancer des avis de recherche pour purger tous les locaux de l'union syndicale et toutes les organisations de la soci&#233;t&#233; civile des milices, armes, b&#226;tons et autres artilleries.&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif annonc&#233; de la journ&#233;e de gr&#232;ve nationale &#233;tait la dissolution des Ligues de protection de la r&#233;volution, mais au dernier moment, apr&#232;s quelques n&#233;gociations avec le gouvernement, l'UGTT annulait son appel sans avoir obtenu de garantie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une combativit&#233; qui permet tous les espoirs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Appel pr&#233;cipit&#233; d'une direction, pouss&#233;e par sa base, qui voulait sauver sa peau face aux milices, avant de regretter soudain son audace ? Ou nouveau recul des bureaucrates face &#224; la possibilit&#233; d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;ussie qui aurait donn&#233; un &#233;lan aux mouvements jusqu'alors dispers&#233;s ? Ce recul a soulev&#233; le m&#233;contentement de bien des militants, mais le gouvernement a eu la prudence de ne pas fanfaronner. Car le moral des travailleurs ne semble pas entam&#233; pour autant : de nouvelles gr&#232;ves ont marqu&#233; la fin du mois de d&#233;cembre, chez les agents de sant&#233; de Gab&#232;s, dans les champs p&#233;troliers de Tataouine, ainsi que dans la r&#233;gion de Gafsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La combativit&#233; de cette classe ouvri&#232;re, qui a su braver et renverser Ben Ali est toujours l&#224;. Les travailleurs ont la m&#234;me arm&#233;e, la m&#234;me police et les m&#234;mes patrons sur le dos, mais la peur que faisait jadis r&#233;gner la dictature en moins. Nombreux sont les militants qui ne s'en laissent pas compter par la morgue du parti islamiste qui a acc&#233;d&#233; au pouvoir. Ce qui leur manque, c'est d'&#234;tre soud&#233;s, organis&#233;s et d'avoir sur le terrain politique une toute autre perspective que celle que leur offrent les organisations politiciennes r&#233;formistes ou d&#233;mocrates. Tout comme chez nous, en quelque sorte. Mais nous ferions bien de prendre exemple sur leur combativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 janvier 2013, &lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Une direction syndicale de &#171; dialogue productif &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'UGTT, principal syndicat du pays, s'est consid&#233;rablement renforc&#233;e depuis la chute de Ben Ali, p&#233;n&#233;trant notamment le secteur priv&#233; &#224; la faveur des gr&#232;ves. Pourtant sa direction est loin d'encourager cette agitation ouvri&#232;re. Au dernier congr&#232;s, en d&#233;cembre 2011, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral sortant, dont l'&#233;quipe a &#233;t&#233; reconduite, a r&#233;sum&#233; ainsi sa politique : &lt;em&gt;&#171; Nous refusons ces mouvements anarchiques qui n'ont pas &#233;t&#233; encadr&#233;s, mais nous refusons, aussi, de les criminaliser. Nous voulons attirer l'attention sur la gravit&#233; de la politique des menaces et de la terreur pratiqu&#233;e contre ces protestataires. Il faut r&#233;agir avec une logique de dialogue pour trouver des solutions pratiques. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet esprit que l'UGTT a pris l'initiative, en octobre dernier, d'un &lt;em&gt;&#171; congr&#232;s pour le dialogue national &#187;&lt;/em&gt;, auquel &#233;taient invit&#233;s la plupart des partis bourgeois et dont l'objectif affich&#233; &#233;tait d'en finir avec la &lt;em&gt;&#171; p&#233;riode transitionnelle &#187;&lt;/em&gt; pour &lt;em&gt;&#171; r&#233;duire la tension dans le pays &#187; en &#171; &#339;uvrant au rassemblement des adversaires politiques &#187;&lt;/em&gt;. Et c'est la tro&#239;ka du premier ministre islamiste, du pr&#233;sident de la r&#233;publique lib&#233;ral et du pr&#233;sident de gauche de l'Assembl&#233;e constituante qui a ouvert les d&#233;bats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bonne volont&#233; de l'UGTT ne serait pas r&#233;compens&#233;e, se plaignent les dirigeants syndicaux en d&#233;non&#231;ant le &lt;em&gt;&#171; double langage &#187;&lt;/em&gt; du gouvernement qui &lt;em&gt;&#171; d'un c&#244;t&#233; affirme que la centrale syndicale est un partenaire et de l'autre tente de l'exclure de tout ce qui se rapporte &#224; la gestion des affaires publiques &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en multipliant les provocations contre le syndicat, ce n'est pas cette direction que vise le gouvernement, ce sont les militants du rang, organisateurs des nombreuses luttes, qui depuis des d&#233;cennies ont trouv&#233; refuge dans l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.P.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Un &#171; Front populaire &#187; dans la pure tradition r&#233;formiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les organisations qui se revendiquent du mouvement ouvrier, en premier lieu les nationalistes arabes du Parti unifi&#233; des patriotes d&#233;mocrates (PUPD) alli&#233;s au Parti des travailleurs (auparavant PCOT, ex-mao&#239;ste) se sont regroup&#233;es depuis septembre au sein d'un &#171; Front populaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite LGO, trotskyste, a choisi d'intervenir dans ce front. Un choix qui peut avoir ses raisons, mais qui n&#233;cessite en m&#234;me temps de se d&#233;marquer nettement de la politique g&#233;n&#233;rale et d'une partie des d&#233;clarations des leaders du Front. On ne peut se contenter d'affirmer que celui-ci &lt;em&gt;&#171; cherche &#224; contribuer &#224; la coordination des luttes &#187;&lt;/em&gt;, et qu'il est, avec &lt;em&gt;&#171; des associations de femmes, des jeunes, de l'Union des dipl&#244;m&#233;s-ch&#244;meurs, de l'UGET (syndicat &#233;tudiant), de la LTDH &lt;/em&gt;[&#8230;]&lt;em&gt; le p&#244;le ouvrier et populaire qui seul peut permettre la r&#233;alisation des objectifs de la r&#233;volution &#187;&lt;/em&gt; ; comme l'&#233;crit dans &lt;em&gt;Tout est &#224; Nous !&lt;/em&gt;, l'hebdomadaire du NPA, un des responsables de la LGO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce front met en avant la n&#233;cessit&#233; de former au plus vite &lt;em&gt;&#171; un gouvernement restreint et de comp&#233;tences &#187;&lt;/em&gt; charg&#233; de g&#233;rer une transition de six &#224; huit mois avant de nouvelles &#233;lections. Son objectif, selon le porte-parole Hamma Hammami, serait entre autres &lt;em&gt;&#171; d'assainir le climat des affaires et d'introduire r&#233;ellement de la bonne gouvernance &#224; tous les niveaux &#187;&lt;/em&gt;. Quant aux moyens d'y parvenir, ils sont r&#233;sum&#233;s par la r&#233;action du chef de file du PUPD aux &#233;v&#233;nements du 4 d&#233;cembre : &lt;em&gt;&#171; Ennahda refuse le dialogue. C'est la fuite en avant pour entra&#238;ner le pays vers la violence et l'inconnu. Le dialogue est la seule alternative et la lutte pacifique et d&#233;mocratique repr&#233;sente notre moyen de lutte. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une toute autre politique, communiste et de lutte de classe, qu'il faut d&#233;fendre tant vis-&#224;-vis des militants ouvriers de ce Front que, ind&#233;pendamment de celui-ci, vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re en g&#233;n&#233;ral. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le jeune vendeur &#224; la sauvette dont l'immolation le 17 d&#233;cembre 2010 a d&#233;clench&#233; les &#233;v&#233;nements qui&lt;br class='autobr' /&gt;
ont men&#233; &#224; la fuite de Ben Ali&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; O&#249; en est la r&#233;volution tunisienne ? &#187;, Convergences R&#233;volutionnaires, n&#176; 76, juin-juillet 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Tunisie, la d&#233;mocratie se gagnera dans la rue &#187;, Convergences R&#233;volutionnaires, n&#176; 83, septembre-octobre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;T&#233;moignages et interviews dans Le Temps du 11 d&#233;cembre : http://www.letemps.com.tn/article-72158.html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Constitu&#233;es sous pr&#233;texte de faire la chasse aux RCD-istes et restes du r&#233;gime Ben Ali, ces ligues sont des bandes de gros bras cr&#233;&#233;es par les courants islamistes (pas seulement Ennahda), qui font la chasse aux syndicalistes, aux &#171; m&#233;cr&#233;ants &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#201;gypte : Les Fr&#232;res musulmans sont &#224; la man&#339;uvre, mais la contestation est dans la rue
</title>
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		<dc:date>2013-01-28T22:27:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<dc:subject>&#201;gypte
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		<description>Avec leur succ&#232;s aux &#233;lections l&#233;gislatives d'il y a un an, la victoire de leur candidat Mohamed Morsi &#224; la pr&#233;sidentielle du mois de juin et le r&#233;f&#233;rendum des 15 et 22 d&#233;cembre faisant adopter une nouvelle Constitution qu'ils se sont taill&#233;s sur mesure, les Fr&#232;res musulmans &#233;gyptiens semblent avoir jou&#233; le tierc&#233; gagnant. Il ne leur reste qu'&#224; remporter le num&#233;ro compl&#233;mentaire, les &#233;lections pour un nouveau parlement qui devraient avoir lieu en mars ou avril, pour finir d'asseoir&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Deux-ans-apres-le-renversement-de-Ben-Ali-et-Moubarak-Restent-a-degager-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Deux ans apr&#232;s le renversement de Ben Ali et Moubarak : Restent &#224; d&#233;gager leurs h&#233;ritiers &#8230; et tous leurs Fr&#232;res
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Egypte-165-+" rel="tag"&gt;&#201;gypte
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec leur succ&#232;s aux &#233;lections l&#233;gislatives d'il y a un an, la victoire de leur candidat Mohamed Morsi &#224; la pr&#233;sidentielle du mois de juin et le r&#233;f&#233;rendum des 15 et 22 d&#233;cembre faisant adopter une nouvelle Constitution qu'ils se sont taill&#233;s sur mesure, les Fr&#232;res musulmans &#233;gyptiens semblent avoir jou&#233; le tierc&#233; gagnant. Il ne leur reste qu'&#224; remporter le num&#233;ro compl&#233;mentaire, les &#233;lections pour un nouveau parlement qui devraient avoir lieu en mars ou avril, pour finir d'asseoir leur pouvoir. Tout au moins sur le terrain institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s la r&#233;volution qui a renvers&#233; la dictature de Moubarak, l'&#201;gypte en serait-elle revenue &#224; la case d&#233;part, Fr&#232;res musulmans en plus pour alourdir du poids de dieu la dictature de l'arm&#233;e ? Loin s'en faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement parce que les succ&#232;s &#233;lectoraux &#224; la pr&#233;sidentielle n'ont pas &#233;t&#233; si larges que cela : 24,8 % pour Morsi au premier tour et 51,7 % au second tour, contre 48,3 % pour le candidat de l'arm&#233;e (choix de la peste contre le chol&#233;ra). Quant au r&#233;f&#233;rendum constitutionnel, s'il a eu 64 % de &#171; oui &#187; c'est avec seulement 33 % de votants et, semble-t-il, des fraudes massives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'essentiel est ailleurs. Tout au long de ces deux ann&#233;es, depuis la chute de Moubarak, la contestation s'est poursuivie : multiplication des gr&#232;ves, manifestations contre l'arm&#233;e et son pouvoir, manifestations pour la lib&#233;ration des prisonniers et contre les tribunaux militaires, manifestations contre les provocations dont ont &#233;t&#233; victimes les Coptes de la part des &#171; baltaguia &#187; (les voyous) du pouvoir, manifestations de col&#232;re &#224; cause de la cl&#233;mence dans le proc&#232;s de Moubarak&#8230; Les derni&#232;res manifestations, celles de novembre-d&#233;cembre, &#233;taient directement tourn&#233;es contre le r&#233;gime du pr&#233;sident Mohamed Morsi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De la place Tahrir &#224; l'encerclement du palais pr&#233;sidentiel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette vague de protestations a eu pour point de d&#233;part un d&#233;cret du pr&#233;sident Morsi s'arrogeant une partie du pouvoir judiciaire. Ce coup de force n'a pas seulement d&#233;clench&#233; la r&#233;action des juges (la plupart d&#233;j&#224; en poste sous Moubarak), qui se sont notamment mis en gr&#232;ve dans la r&#233;gion d'Alexandrie, ni de la seule petite bourgeoisie d&#233;mocrate, ou de la jeunesse estudiantine du Caire. Des milliers de manifestants ont d&#233;ferl&#233; place Tahrir et tr&#232;s vite la col&#232;re contre le r&#233;gime s'est exprim&#233;e un peu partout, &#224; Alexandrie ou Mansoura dans le nord, &#224; Suez, &#224; Assiout dans le sud. Et une fois de plus dans la ville de Mahalla el-Koubra, cette ville industrielle de 450 000 habitants qui a connu les gr&#232;ves de la plus grande usine textile du pays d&#233;j&#224; en avril-mai 2008, puis en 2011, puis encore en juillet dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations ont repris de plus belle avec la d&#233;cision du gouvernement de faire adopter son projet de Constitution (profond&#233;ment r&#233;actionnaire, voir notre encadr&#233;) et de le soumettre dans les quinze jours &#224; r&#233;f&#233;rendum. Le 4 d&#233;cembre des dizaines de milliers de manifestants ont &#224; nouveau envahi la place Tahrir et sont all&#233;s encercler le palais pr&#233;sidentiel &#224; H&#233;liopolis, quartier hupp&#233; du Caire. L&#224; encore les troupes des partisans de Morsi ont attaqu&#233; les manifestants, provoquant des affrontements qui ont fait 7 morts et plus de 400 bless&#233;s, sans que cela n'enraye les protestations, avant que l'arm&#233;e ne vienne &#224; son tour, avec ses blind&#233;s, prot&#233;ger le si&#232;ge de la pr&#233;sidence et faire mine de jouer les arbitres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Minarets et mitraillettes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La population &#233;gyptienne est donc prise en &#233;tau entre les deux mastodontes qui se partagent le pouvoir : les Fr&#232;res musulmans et l'arm&#233;e. Mais on le voit, elle ne se laisse pas faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fr&#232;res musulmans &#233;taient d&#233;j&#224; une force dans la soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne, m&#234;me lorsqu'ils &#233;taient interdits de politique : ils avaient leur place dans le monde des affaires, le contr&#244;le des mosqu&#233;es et de multiples &#339;uvres sociales (ces deux derniers domaines qu'ils partagent avec les islamistes du courant salafiste qui b&#233;n&#233;ficient, eux aussi, de gros soutiens financiers venant des pays du Golfe). Quant &#224; l'arm&#233;e, c'est elle qui d&#233;tient le pouvoir r&#233;el en &#201;gypte depuis l'&#233;poque de Nasser. S'y ajoute que ses propres entreprises contr&#244;lent directement au moins 25 % de l'&#233;conomie &#233;gyptienne, allant des eaux min&#233;rales &#224; l'armement, en passant par les frigidaires, sans compter les affaires priv&#233;es des officiers qui se sont largement servis lors des privatisations de l'&#232;re Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la chute de Moubarak, en f&#233;vrier 2011, l'&#233;tat-major, sous l'&#233;gide du Conseil sup&#233;rieur des forces arm&#233;es pr&#233;sid&#233; par le mar&#233;chal Tantaoui, s'&#233;tait vu confier les pleins pouvoirs sur les conseils express des &#201;tats-Unis. Les Fr&#232;res musulmans s'&#233;taient alors empress&#233;s de collaborer &#233;troitement avec ce pouvoir de transition en s'opposant &#224; toutes les manifestations et en pr&#234;chant contre les gr&#232;ves. Ce qui les fit passer du statut d'interdits de politique &#224; celui de parti institutionnel (baptis&#233; Parti de la libert&#233; et de la justice), en leur permettant d'emporter les &#233;lections l&#233;gislatives et de s'asseoir au gouvernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette idylle, le commandement militaire n'avait mis qu'une contrepartie : que les Fr&#232;res ne pr&#233;sentent pas de candidat &#224; la pr&#233;sidentielle. Le partage des pouvoirs, oui, la concurrence d&#233;loyale, non ! Mais forts de leurs premiers succ&#232;s &#233;lectoraux, les islamistes ont rompu l'accord en annon&#231;ant leur candidature &#224; la pr&#233;sidentielle de juin dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la gu&#233;guerre &#224; fleurets mouchet&#233;s qui a oppos&#233; les deux forces au cours de l'ann&#233;e 2012 et s'est termin&#233;e, le 12 ao&#251;t dernier, par la destitution du mar&#233;chal Tantaoui par Morsi devenu pr&#233;sident en s'appuyant sur une fraction de l'&#233;tat-major. L'arm&#233;e elle-m&#234;me n'avait rien &#224; craindre, ni pour son propre pouvoir (hormis peut-&#234;tre les ambitions personnelles de Tantaoui) ni pour sa puissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'entente entre Fr&#232;res musulmans et militaires est en odeur de saintet&#233; &#224; Washington. S'agit-il de garder l'arm&#233;e en r&#233;serve, &#224; l'arri&#232;re-sc&#232;ne, en laissant &#224; un pouvoir civil la t&#226;che d'&#234;tre la cible de la contestation ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Manifestations et luttes sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mar&#233;chal Tantaoui avait &#233;t&#233; jusqu'au printemps 2012 la t&#234;te de Turc des manifestations contre le pouvoir. C'est Morsi qui est devenu la cible de celles de novembre-d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles-ci ont bien s&#251;r m&#234;l&#233; les d&#233;mocrates bourgeois, les jeunes r&#233;volt&#233;s des universit&#233;s comme des quartiers pauvres et les m&#233;contents sociaux, avec les uns et les autres des objectifs et m&#234;me des int&#233;r&#234;ts en partie diff&#233;rents. Mais &#224; ces manifestations les plus spectaculaires s'ajoutent les luttes sur un terrain plus directement social qui n'ont pas cess&#233;, et ont m&#234;me &#233;t&#233; boost&#233;es par l'effervescence de l'opposition dans la rue. Parmi les derni&#232;res on trouve, outre la gr&#232;ve &#224; Mahalla d&#233;j&#224; cit&#233;e, celle des employ&#233;s du m&#233;tro du Caire mi-novembre, qui ont obtenu la d&#233;mission de leur directeur accus&#233; de corruption apr&#232;s que des salari&#233;s des chemins de fer et des conducteurs de bus avaient menac&#233; de se mettre en gr&#232;ve pour les soutenir. Ou la gr&#232;ve, en d&#233;cembre, des travailleurs de la compagnie nationale des tabacs (23 000 salari&#233;s), qui exigeaient l'embauche en fixe de 6 000 travailleurs temporaires et des augmentations de 15 &#224; 30 % de leurs primes. Ou la gr&#232;ve, le m&#234;me mois, des employ&#233;s de l'a&#233;roport de Charm el-Cheikh pour une augmentation de salaire. Et celle, fin d&#233;cembre, d'ouvriers d'un chantier naval de Suez contre l'absence de s&#233;curit&#233; et les dangers d'accident du travail. Sans parler des gr&#232;ves d'enseignants, des r&#233;centes gr&#232;ves des m&#233;decins et du personnel hospitalier contre la d&#233;gradation des conditions de travail et des h&#244;pitaux en g&#233;n&#233;ral (au profit des cliniques priv&#233;es), ou encore les gr&#232;ves d'infirmi&#232;res pour obtenir des primes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les coups de col&#232;re populaires, comme ceux que l'on observe aujourd'hui en Alg&#233;rie ou en Tunisie, sous la forme de sit-in, de barrages de routes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#192; la tra&#238;ne de d&#233;mocrates&#8230; qui ne le sont pas tous ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est encore et &#224; nouveau sur le terrain pi&#233;g&#233; du jeu &#233;lectoral que tous les leaders en vue de l'opposition se font forts de battre les Fr&#232;res musulmans et de &#171; sauver la r&#233;volution &#187;. Pour pr&#233;parer les &#233;lections l&#233;gislatives toutes proches, ils ont forg&#233; leur outil : un Front national pour le salut de la r&#233;volution, avec &#224; sa t&#234;te Mohamed el-Baradei (voir notre article ci-contre). Ce Front va d'un ancien fr&#232;re musulman, aujourd'hui islamiste &#171; mod&#233;r&#233; &#187;, &#224; une partie de la gauche ou l'extr&#234;me gauche, en passant par un ex-ministre de Moubarak (de 1991 &#224; 2001), les jeunes du Mouvement du 6-Avril et les vieux nass&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohamed el-Baradei, comme les autres leaders du Front, se gardent bien d'avancer le moindre programme qui puisse int&#233;resser les couches populaires. Et pour cause : ils ne s'appr&#234;tent qu'&#224; mener la m&#234;me politique d'aust&#233;rit&#233; et de flamb&#233;e des prix, command&#233;e par les consignes du FMI, les conditions des pr&#234;ts demand&#233;es aux USA&#8230; et les int&#233;r&#234;ts des patrons &#233;gyptiens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ou &#224; la t&#234;te des luttes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments d'espoir de la situation en &#201;gypte r&#233;sident ailleurs. Dans les luttes sociales et politiques qui s'y d&#233;roulent et tiennent t&#234;te depuis deux ans &#224; la fois &#224; l'arm&#233;e, aux patrons des trusts internationaux ou &#233;gyptiens, aux Fr&#232;res musulmans et &#224; l'obscurantisme qu'ils voudraient imposer dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause de leur incapacit&#233; de satisfaire la moindre de leurs promesses &#233;lectorales sur le prix du pain, l'approvisionnement en bouteilles de gaz ou les probl&#232;mes de circulation (une gageure au Caire !), surtout dans le contexte de la d&#233;pr&#233;ciation de la livre et de la hausse des prix, les Fr&#232;res musulmans au pouvoir pourraient bien perdre une partie du cr&#233;dit dont ils jouissent dans la population des quartiers pauvres. &lt;em&gt;&#171; Il [Morsi] parlait de la condition des pauvres, des gens dans les taudis (&#8230;) de marchands ambulants (&#8230;) Il s'occupe de toute autre chose (&#8230;) Ils ne veulent que le pouvoir. &#187;, &lt;/em&gt;grognait en d&#233;cembre un coiffeur qui avait vot&#233; Morsi en juin, selon le reportage d'un journaliste du &lt;em&gt;New York Times&lt;/em&gt; dans un quartier populaire du Caire. Mais toute cette population d&#233;munie, ce n'est que sur le terrain des luttes sociales que les contestataires d'aujourd'hui pourraient les attirer. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
15 janvier 2013, Olivier BELIN&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH444/egypte1-2-9b35d.png?1787842615' width='400' height='444' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Une Constitution ultra r&#233;actionnaire
&lt;/h2&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le principe de la charia (loi islamique) figurait d&#233;j&#224; dans la Constitution &#233;gyptienne comme &#171; source principale de la l&#233;gislation &#187; ; on y ajoute que l'institution religieuse el-Azhar&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institution religieuse qui appara&#238;t comme l'autorit&#233; sup&#233;rieure de l'islam (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; aura la t&#226;che d'en interpr&#233;ter la bonne application.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; C&#244;t&#233; droits des femmes, la Constitution ne leur voit surtout que des devoirs, puisque l'&#201;tat est charg&#233; de leur assurer &lt;em&gt;&#171; un &#233;quilibre entre ses devoirs familiaux et professionnels &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le pr&#233;sident aura des pouvoirs renforc&#233;s&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'arm&#233;e de son c&#244;t&#233; voit son r&#244;le politique confirm&#233; : un Conseil sup&#233;rieur de la d&#233;fense, ayant &#224; sa t&#234;te le pr&#233;sident, le chef d'&#233;tat-major et le chef des services secrets, tranchera sur toutes les questions militaires, y compris le budget de l'arm&#233;e, sans droit de regard du parlement. Et le minist&#232;re de la D&#233;fense revient de droit &#224; un officier sup&#233;rieur.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La possibilit&#233; de tra&#238;ner les civils devant un tribunal militaire est maintenue, alors qu'au cours des deux ann&#233;es &#233;coul&#233;es, justement, de nombreuses manifestations ont eu lieu contre les jugements de manifestants par ces tribunaux militaires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Quant aux travailleurs, il leur est interdit de cr&#233;er un syndicat l&#224; o&#249; il y en a d&#233;j&#224; un (qui est en g&#233;n&#233;ral l'ex-syndicat unique li&#233; &#224; l'&#201;tat). Une arme contre les syndicats ind&#233;pendants qui se multiplient depuis la chute de Moubarak, au profit de la centrale syndicale officielle, dont les Fr&#232;res musulmans se sont assur&#233; les r&#234;nes par un d&#233;cret gouvernemental de mise &#224; la retraite de tous les cadres syndicaux de plus de 60 ans (80 % de l'appareil), remplac&#233;s&#8230; par les bons soins du gouvernement. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Un Front national ne fait pas le salut&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;Front national pour le salut de la r&#233;volution&lt;/em&gt;, se veut l'adversaire des Fr&#232;res musulmans, l'union de tous leurs opposants. Mais sur quelle base ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pr&#233;sid&#233; par &lt;em&gt;Mohamed el-Baradei&lt;/em&gt;, prix Nobel de la paix en 2005 au titre de l'agence de l'ONU qu'il dirigeait alors, l'Agence internationale de l'&#233;nergie atomique cens&#233;e faire la chasse &#224; la prolif&#233;ration des armes nucl&#233;aires (celles des seconds couteaux, pas celles des USA ou de la France, s'entend). Aux yeux de la bourgeoise &#233;gyptienne, il a le m&#233;rite d'en &#234;tre du s&#233;rail et d'avoir fait une longue carri&#232;re diplomatique. La gauche aime &#224; rappeler qu'il avait refus&#233; de cautionner les d&#233;lires de Bush sur l'armement de l'Irak pour justifier sa guerre. Cela n'en fait pas un d&#233;fenseur des pauvres pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baradei est flanqu&#233; &#224; sa droite d'&lt;em&gt;Aboul Foutouh&lt;/em&gt;, qui a r&#233;cemment quitt&#233; les Fr&#232;res musulmans pour construire son propre parti &#171; islamiste mod&#233;r&#233; &#187;, et d'&lt;em&gt;Amr Moussa&lt;/em&gt;, ancien ministre des affaires &#233;trang&#232;res de Moubarak de 1991 &#224; 2001, puis secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Ligue Arabe. Tous deux candidats au premier tour de la pr&#233;sidentielle du mois de juin (respectivement 17,5 % et 11 % des voix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa gauche, &lt;em&gt;Hamdine Sabahi&lt;/em&gt;, se r&#233;clame du nass&#233;risme de gauche, opposant d&#233;j&#224; sous Sadate et Moubarak, plusieurs fois arr&#234;t&#233; et arriv&#233; troisi&#232;me aux pr&#233;sidentielles de juin (20,7 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ce quatuor se retrouvent, p&#234;le-m&#234;le, les lib&#233;raux du vieux parti bourgeois &#233;gyptien &lt;em&gt;Wafd&lt;/em&gt;, les jeunes du &lt;em&gt;Mouvement du 6-Avril&lt;/em&gt; (l'un des animateurs de la r&#233;volte qui a renvers&#233; Moubarak), &lt;em&gt;le Tagammu&lt;/em&gt; (&#171; Rassemblement &#187;, l'un des quelques partis l&#233;gaux sous Moubarak se r&#233;clamant aussi de Nasser, disposant &#224; l'&#233;poque de quelques d&#233;put&#233;s et des membres de la direction de la centrale syndicale officielle ETUF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce flanc gauche, &#233;galement un certain nombre de militants des nouveaux syndicats ind&#233;pendants qui sont apparus en &#201;gypte, et &lt;em&gt;l'Alliance populaire socialiste&lt;/em&gt; (dont l'un des deux petits groupes trotskistes d'&#201;gypte fait partie). Seule l'autre branche du mouvement trotskyste, les &lt;em&gt;R&#233;volutionnaires socialistes&lt;/em&gt;, a refus&#233; d'en faire partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'espoir qu'une victoire &#233;lectorale de ce front h&#233;t&#233;roclite, en faisant reculer l'influence des Fr&#232;res enrayerait la marche de la contre-r&#233;volution semble bien douteux. Elle ne r&#233;duirait peut-&#234;tre m&#234;me pas les agressions dont militants et manifestants sont l'objet de la part des bandes islamistes et des voyous manipul&#233;s par la police. Et c'est oublier l'arm&#233;e, pour laquelle les dirigeants du Front national ont le plus grand respect, et qui reste ma&#238;tresse des jeux politiques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Institution religieuse qui appara&#238;t comme l'autorit&#233; sup&#233;rieure de l'islam sunnite, et dont le grand imam est nomm&#233; par le gouvernement &#233;gyptien. L'actuel a &#233;t&#233; nomm&#233;&#8230; du temps de Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Tunisie : La d&#233;mocratie se gagnera dans la rue
</title>
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		<dc:date>2012-10-09T00:23:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>Apr&#232;s la victoire &#233;lectorale des islamistes &#171; mod&#233;r&#233;s &#187; l'an dernier puis, tout r&#233;cemment, l'attaque de l'ambassade am&#233;ricaine par les islamistes &#171; radicaux &#187;, en r&#233;action au film d'int&#233;gristes chr&#233;tiens diffus&#233; sur Internet, l'obscurantisme menace-t-il la Tunisie ? La r&#233;volution est-elle d&#233;finitivement enterr&#233;e ? &lt;br /&gt;L'&#233;criture de la nouvelle constitution devait s'achever fin octobre, pour de nouvelles &#233;lections en mars 2013. Le calendrier semble cependant prendre du retard du fait de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-83-septembre-octobre-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 83, septembre-octobre 2012
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la victoire &#233;lectorale des islamistes &#171; mod&#233;r&#233;s &#187; l'an dernier puis, tout r&#233;cemment, l'attaque de l'ambassade am&#233;ricaine par les islamistes &#171; radicaux &#187;, en r&#233;action au film d'int&#233;gristes chr&#233;tiens diffus&#233; sur Internet, l'obscurantisme menace-t-il la Tunisie ? La r&#233;volution est-elle d&#233;finitivement enterr&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture de la nouvelle constitution devait s'achever fin octobre, pour de nouvelles &#233;lections en mars 2013. Le calendrier semble cependant prendre du retard du fait de d&#233;saccords entre le parti islamiste Ennahda, arriv&#233; en t&#234;te des &#233;lections d'octobre 2011, et ses alli&#233;s. Les d&#233;saccords ne portent pas tant sur les tentatives avort&#233;es d'inscrire dans la Constitution d'abord la Charia, puis la &lt;em&gt;&#171; compl&#233;mentarit&#233; &#187;&lt;/em&gt; de la femme et maintenant la &lt;em&gt;&#171; criminalisation de l'atteinte au sacr&#233; &#187;&lt;/em&gt;. Non, le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Moncef Marzouki, issu de la gauche &#171; r&#233;publicaine &#187;, continue d'expliquer qu'Ennahda ne repr&#233;sente pas une menace pour la d&#233;mocratie. Apr&#232;s tout, ces d&#233;bats permettent surtout de faire oublier les questions sociales. Ce qui provoque la col&#232;re de Marzouki, c'est plut&#244;t qu'Ennahda se garde toutes les bonnes places dans l'appareil d'&#201;tat !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les islamistes contre les travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'attaque de l'ambassade am&#233;ricaine a donc mis la lumi&#232;re sur les bandes islamistes &#171; radicales &#187;, les salafistes. Cela fait longtemps que les travailleurs y sont confront&#233;s. Avec la complaisance ou en renfort de la police et du gouvernement, elles attaquent les sit-in et passent &#224; tabac des syndicalistes, des enseignants, des journalistes ou des intellectuels. En f&#233;vrier, plusieurs locaux de l'Union g&#233;n&#233;rale du travail (UGTT) ont &#233;t&#233; saccag&#233;s et en juin, des gr&#233;vistes de Jendouba, au nord-est de la Tunisie, ont d&#251; repousser un assaut contre le si&#232;ge r&#233;gional du syndicat. Des expositions d'art et des spectacles sont aussi mis &#224; sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ennahda fait mine de marquer ses distances... quoique ! En janvier, Sadok Chourou, d&#233;put&#233; d'Ennahda, a appel&#233;, en pleine session parlementaire, &#224; &lt;em&gt;&#171; tuer, crucifier et couper leurs membres aux protestataires ! &#187;&lt;/em&gt;. Quant &#224; Ghannouchi, chef d'Ennadha, s'il annonce apr&#232;s les &#233;meutes qu'il va leur &lt;em&gt;&#171; serrer la vis &#187;&lt;/em&gt;, il affirme plus tard que &lt;em&gt;&#171; les salafistes font partie int&#233;grante de la Tunisie. Il n'est question de combattre aucun mouvement religieux. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH690/carte_tunisie-1eec9.png?1787895049' width='400' height='690' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La classe ouvri&#232;re ne baisse pas la t&#234;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, ces attaques ne d&#233;moralisent pas les travailleurs, qui ont repris le chemin de la lutte apr&#232;s l'accalmie qui avait marqu&#233; la p&#233;riode &#233;lectorale. R&#233;guli&#232;rement, des ch&#244;meurs occupent des zones industrielles, des voies ferr&#233;es ou des si&#232;ges d'entreprises pour exiger des embauches. Quant aux gr&#232;ves, on ne les compte plus. Rien qu'en juin, se sont succ&#233;d&#233;s : les postiers de Sfax pour 150 embauches, les m&#233;decins, les magistrats, les employ&#233;s des caf&#233;s, restaurants et bars, les enseignants, sans compter la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; Jendouba les 19 et 20 juin. &#192; Sousse, les ouvriers de Meublatex, une usine de meubles, ont fait trois jours de gr&#232;ve &#224; propos des tenues de travail et pour le paiement des heures suppl&#233;mentaires, poursuivant le conflit par des d&#233;brayages et entra&#238;nant une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de solidarit&#233; pour la r&#233;int&#233;gration de 80 gr&#233;vistes licenci&#233;s. &#192; Sfax, le personnel de l'h&#244;pital a tenu un sit-in pendant cinq mois pour bloquer l'acc&#232;s au directeur, dont ils exigent le limogeage. Par deux fois, la police, accompagn&#233;e de &lt;em&gt;&#171; simples citoyens qui cherchaient &#224; disperser le sit-in &#187;&lt;/em&gt; (dixit la presse officielle), a tent&#233; de les d&#233;loger sans succ&#232;s, avant d'envoyer l'arm&#233;e. Alors que plusieurs gr&#233;vistes &#233;taient emprisonn&#233;s et tortur&#233;s, les travailleurs de Sfax ont r&#233;pondu par une gr&#232;ve tournante touchant diff&#233;rents secteurs : sant&#233;, eau, &#233;nergie, imp&#244;ts, poste...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Sidi Bouzid, toujours en lutte !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fin juillet, &#224; Sidi Bouzid, d'o&#249; la r&#233;volution &#233;tait partie, ce sont des ouvriers de chantiers qui ont envahi le si&#232;ge du gouvernorat, avant de s'en prendre au local d'Ennahda. Leur salaire n'avait pas &#233;t&#233; vers&#233; depuis deux mois ! Deux semaines plus tard, le 9 ao&#251;t, une autre manifestation, appel&#233;e par la &#171; gauche &#187;, contre le ch&#244;mage et les coupures d'eau et d'&#233;lectricit&#233; &#233;tait dispers&#233;e violemment par la police. Les travailleurs ont alors r&#233;pondu par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;ussie le 14 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre, les gr&#232;ves et sit-in ont continu&#233;, avec les retrait&#233;s de la SNCF tunisienne exigeant l'embauche de leurs enfants ch&#244;meurs par la compagnie, une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour l'emploi &#224; Tataouine, o&#249; le ch&#244;mage culmine &#224; 52 %, trois jours de gr&#232;ve dans le m&#233;tro pour le respect des dur&#233;es maximales de conduite, une semaine des conducteurs de train pour le versement d'une prime&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes sont nombreuses et t&#233;moignent d'une forte combativit&#233;. Elles semblent cependant manquer d'unit&#233;. Chacun se bat pour les revendications de son entreprise ou le d&#233;veloppement de sa r&#233;gion. Lorsque des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales sont appel&#233;es, elles se limitent &#224; la ville, &#224; 24 heures et ne d&#233;bordent pas le cadre syndical.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le parti r&#233;volutionnaire reste &#224; construire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, les travailleurs tunisiens restent mal arm&#233;s. Les m&#233;dias mettent en avant la &lt;em&gt;&#171; bipolarisation &#187;&lt;/em&gt; politique avec, face aux islamistes et leurs alli&#233;s, le nouveau parti L'Appel de la Tunisie de B&#233;ji Ca&#239;d Essebsi&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Essebsi est un ancien ministre de Bourguiba sorti du placard pour gouverner (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, rassemblant notamment des ex du RCD et d'Ettajdid&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RCD : ancien parti de Ben Ali. Ettajdid : ancien Parti communiste, devenu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; sur la base du &lt;em&gt;&#171; tout sauf Ennahda &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; gauche &#187; appara&#238;t comme la &lt;em&gt;&#171; troisi&#232;me voie &#187;&lt;/em&gt;, loin derri&#232;re. Pour se rendre visible, elle a commenc&#233; &#224; se rassembler dans un &#171; Front populaire &#187;, auquel participent le Parti des travailleurs (PT, ex-PCOT)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PCOT : Parti communiste des ouvriers de Tunisie, de tradition mao&#239;ste &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, les patriotes d&#233;mocrates&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Courants issus du mao&#239;sme. Ils ont une position importante dans l'UGTT.&#034; id=&#034;nh10-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et des nationalistes arabes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nass&#233;riens et baathistes (du m&#234;me courant que Al Assad en Syrie...)&#034; id=&#034;nh10-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La coalition a pour but de &lt;em&gt;&#171; r&#233;aliser les objectifs de la r&#233;volution &#187;&lt;/em&gt;. Un programme &#233;conomique est d&#233;j&#224; mis en avant, concernant le pouvoir d'achat et contre la dette, mais sans pr&#233;cision sur les moyens de le r&#233;aliser : par la lutte ou gr&#226;ce aux &#233;lections ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des trotskistes, la petite LGO&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LGO : Ligue de la gauche ouvri&#232;re, section tunisienne du secr&#233;tariat unifi&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; participe &#224; ce front en esp&#233;rant le tirer &#224; gauche, pour qu'il &lt;em&gt;&#171; s'ancre dans les mobilisations sociales &#187;&lt;/em&gt; et mette en place un programme de lutte. Elle vise la construction du front autour de l'UGTT, dans laquelle les militants se retrouvent d&#233;j&#224;, et qu'elle appelle &#224; &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; [prendre] &lt;em&gt;ses responsabilit&#233;s historiques pour former un gouvernement ouvrier et populaire anti-lib&#233;ral &#187;&lt;/em&gt;. Difficile pourtant de penser que l'UGTT, dont la vieille direction a gard&#233; le contr&#244;le, puisse devenir en l'&#233;tat une direction r&#233;volutionnaire. Esp&#233;rons surtout que, &#224; travers ses luttes, la classe ouvri&#232;re parviendra &#224; s'organiser pour faire avancer sa r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ, 28 septembre 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb10-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Essebsi est un ancien ministre de Bourguiba sorti du placard pour gouverner avant les &#233;lections du 23 octobre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;-&lt;br class='autobr' /&gt;
RCD : ancien parti de Ben Ali. Ettajdid : ancien Parti communiste, devenu d&#233;mocrate bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PCOT : Parti communiste des ouvriers de Tunisie, de tradition mao&#239;ste &#171; pro-albanais &#187;. Estimant que le terme &#171; communiste &#187; est mal compris des couches populaires, car elles l'associent &#224; l'ath&#233;isme, le PCOT a chang&#233; son nom en juillet 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Courants issus du mao&#239;sme. Ils ont une position importante dans l'UGTT.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nass&#233;riens et baathistes (du m&#234;me courant que Al Assad en Syrie...)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;LGO : Ligue de la gauche ouvri&#232;re, section tunisienne du secr&#233;tariat unifi&#233; de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les grandes puissances et la Syrie : Des bruits de bottes, pas pour emp&#234;cher les massacres
</title>
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		<dc:date>2012-07-03T01:04:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Syrie
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>Le mardi 29 mai, alors qu'il venait de retirer son agr&#233;ment &#224; l'ambassadrice de Syrie, Fran&#231;ois Hollande d&#233;clarait &#224; la t&#233;l&#233; qu'une &#171; intervention militaire n'est pas exclue &#224; condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international &#187;, c'est-&#224;-dire de l'ONU. &#171; &#192; moi de convaincre les Russes et les Chinois &#187;, avait-il ajout&#233; modestement. F&#233;licitations imm&#233;diates de S&#233;gol&#232;ne Royal et de Jean-Fran&#231;ois Cop&#233; pour un tel courage ! &lt;br /&gt;Le m&#234;me jour, le va-t-en guerre de service,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-82-juillet-aout-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 82, juillet-ao&#251;t 2012
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mardi 29 mai, alors qu'il venait de retirer son agr&#233;ment &#224; l'ambassadrice de Syrie, Fran&#231;ois Hollande d&#233;clarait &#224; la t&#233;l&#233; qu'une &lt;em&gt;&#171; intervention militaire n'est pas exclue &#224; condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international &#187;&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire de l'ONU. &lt;em&gt;&#171; &#192; moi de convaincre les Russes et les Chinois &#187;&lt;/em&gt;, avait-il ajout&#233; modestement. F&#233;licitations imm&#233;diates de S&#233;gol&#232;ne Royal et de Jean-Fran&#231;ois Cop&#233; pour un tel courage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le va-t-en guerre de service, Bernard-Henri L&#233;vy, avait exhort&#233; le nouveau pr&#233;sident &#224; se montrer aussi ferme que son pr&#233;d&#233;cesseur et &#224; faire &lt;em&gt;&#171; pour Houla et Homs, ce qu'elle &lt;/em&gt;[la France] &lt;em&gt;a fait pour Benghazi et Misrata &#187;&lt;/em&gt;. Avec le succ&#232;s que l'on sait, cette guerre de Libye ayant remplac&#233; le sanglant dictateur par le chaos d'une guerre des clans, dont les divers chefs sont des baroudeurs int&#233;gristes religieux ou d'anciens notables du r&#233;gime Kadhafi. Sur le dos du peuple libyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'est pour envoyer demain l'arm&#233;e fran&#231;aise guerroyer en Syrie, c'&#233;tait bien la peine de nous faire un cin&#233;ma sur le retrait des troupes fran&#231;aises d'Afghanistan. (Retrait qui pourrait bien prendre plus de temps que pr&#233;vu.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est &#233;videmment pas une intervention arm&#233;e des grandes puissances qui aiderait le peuple syrien aujourd'hui victime des massacreurs du r&#233;gime, m&#234;me si certains des dirigeants de l'opposition syrienne, aspirant &#224; remplacer El Assad, la demandent pour leur compte. Bien au contraire. L'exemple de l'&#233;tat de la Libye, l'Afghanistan ou l'Irak aujourd'hui suffit &#224; le montrer. La seule aide ext&#233;rieure que le peuple syrien pourrait avoir, ce serait le d&#233;veloppement les luttes r&#233;volutionnaires dans les pays voisins, &#224; commencer par la lutte de la classe ouvri&#232;re en &#201;gypte, qui affaibliraient toutes les dictatures, s'en prendraient aux int&#233;r&#234;ts des grandes puissances et donneraient aux peuples pauvres de la r&#233;gion d'autres perspectives que de passer d'une dictature &#224; l'autre pour y conna&#238;tre la m&#234;me exploitation de la part des clans r&#233;gionaux, des bourgeoisies nationales et, derni&#232;re elles, des grands trusts qui pillent les richesses de toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, on n'en est qu'aux premiers bruits de bottes. Les bottes elles-m&#234;mes sont encore h&#233;sitantes. Pas seulement parce que la Chine et la Russie seraient r&#233;ticentes. Les grandes puissances occidentales, en premier lieu les USA, n'ont jamais soumis leurs choix d'une intervention militaire &#224; l'obtention d'une couverture de l'ONU. Elles ont d'autres casquettes disponibles : l'OTAN pour la guerre du Kosovo en 1999, une simple coalition sur mesure pour celle d'Irak en 2003, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles h&#233;sitent, d'abord parce qu'une intervention militaire en Syrie pourrait ne pas &#234;tre aussi simple que celle de Libye, o&#249; il suffisait de bombarder du ciel les troupes de l'un des deux camps, s&#233;par&#233; g&#233;ographiquement de l'autre par de longues routes dans le sable, et de n'envoyer au sol, &#224; la fin, que quelques commandos sp&#233;cialis&#233;s ou quelques troupes form&#233;es ou pr&#234;t&#233;es par le Qatar. En Syrie, les combats se d&#233;roulent dans les villes, dans les quartiers pauvres o&#249; explosent les manifestations et s'abat une r&#233;pression sanglante, o&#249; ont lieu des accrochages entre groupes arm&#233;es et d&#233;serteurs d'un c&#244;t&#233;, arm&#233;e du r&#233;gime de l'autre. Outre les dangers d'enlisement que repr&#233;senterait une intervention militaire directe au sol, comme en Irak ou Afghanistan, celle-ci pourrait bien avoir un r&#244;le encore plus d&#233;stabilisateur pour l'ordre dans la r&#233;gion que ne l'est la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bien l'ordre avant tout, et non le sort du peuple syrien, qui pr&#233;occupe Hollande et ses semblables. Ce qu'il avouait d'ailleurs lui-m&#234;me en expliquant, dans la m&#234;me intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e : &lt;em&gt;&#171; Il ne faut pas non plus mettre n'importe qui &#224; la place &#187;&lt;/em&gt; du r&#233;gime d'Assad ; &lt;em&gt;&#171; il y a donc une organisation de l'opposition &#187;&lt;/em&gt; &#224; r&#233;aliser pour &lt;em&gt;&#171; faire en sorte qu'elle puisse elle-m&#234;me &#234;tre capable de se substituer au r&#233;gime &#187;&lt;/em&gt;. D&#232;s fois que &lt;em&gt;&#171; n'importe qui &#187;&lt;/em&gt; &#8211; l'homme de la rue, le peuple syrien &#8211; s'empare du pouvoir laiss&#233; vacant par une chute pr&#233;cipit&#233;e du dictateur&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 15 000 morts qu'a d&#233;j&#224; faits la r&#233;pression exerc&#233;e par le r&#233;gime d'El Assad depuis le d&#233;but de la r&#233;volte n'ont pas emp&#234;ch&#233; de dormir nos gouvernants. Leur seul souci est qu'ils n'ont pas encore trouv&#233; une &#233;quipe qui pourrait remplacer le dictateur en place, s'ils en pr&#233;cipitaient le d&#233;part, et qui serait capable de tenir le peuple syrien en main. Dans sa mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O.B.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_620 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH303/syrie-41763.png?1788253608' width='500' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Bahre&#239;n : Hamad 2 et Formule 1
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 20 juin dernier, au Bahre&#239;n, un gosse de 11 ans passait en proc&#232;s apr&#232;s un mois dans une prison pour mineurs, accus&#233; d'avoir particip&#233; &#224; un rassemblement ill&#233;gal. Car, malgr&#233; l'intervention, en mars 2011, de l'arm&#233;e d'Arabie Saoudite, grand alli&#233; des USA, pour mettre un coup d'arr&#234;t &#224; la r&#233;volte et &#224; la gr&#232;ve contre le r&#233;gime d'Hamad II, roi du Bahre&#239;n et dipl&#244;m&#233; de l'universit&#233; de Cambridge, les manifestations n'ont jamais cess&#233;. M&#234;me s'il s'agit surtout de multiples rassemblements &#233;pars, vite et brutalement dispers&#233;s par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques milliers d'opposants sont en prison. La torture y est monnaie courante. Mais, pour Hollande et ses semblables, le Bahre&#239;n est un pays sans probl&#232;me : aux ressources p&#233;troli&#232;res du petit royaume (1,2 million d'habitants) s'ajoute une fiscalit&#233; des plus basses qui attire les si&#232;ges des soci&#233;t&#233;s multinationales op&#233;rant dans la r&#233;gion ; en avril dernier, le grand prix de Formule 1 s'y est d&#233;roul&#233;, m&#234;me si, au m&#234;me moment, les manifestants affrontaient la police qui ripostait en tirant sur eux &#224; la chevrotine ; l'&#238;le abrite une base de la cinqui&#232;me flotte am&#233;ricaine. &#192; la diff&#233;rence de la Syrie, voil&#224; une dictature comme ils les aiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#201;gypte : &#201;preuve de force et marchandages entre Coran et mitraillette
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Egypte-Epreuve-de-force-et-marchandages-entre-Coran-et-mitraillette</link>
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		<dc:date>2012-07-03T01:04:23Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<dc:subject>&#201;gypte
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		<description>Apr&#232;s une semaine d'attente, le r&#233;sultat de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle &#233;gyptienne, dont le second tour avait eu lieu les 16 et 17 juin, a finalement &#233;t&#233; proclam&#233; dimanche 24. Et le candidat des Fr&#232;res musulmans, Mohamed Morsi, a &#233;t&#233; annonc&#233; gagnant avec 51,73 % des voix, contre 48,27 % &#224; son concurrent, Ahmad Chafik, ex-g&#233;n&#233;ral et ex-Premier ministre de Moubarak. L'arm&#233;e s'est, semble-t-il, fait quelque peu tirer les oreilles avant de reconna&#238;tre la d&#233;faite de son candidat. &lt;br /&gt;Devant le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s une semaine d'attente, le r&#233;sultat de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle &#233;gyptienne, dont le second tour avait eu lieu les 16 et 17 juin, a finalement &#233;t&#233; proclam&#233; dimanche 24. Et le candidat des Fr&#232;res musulmans, Mohamed Morsi, a &#233;t&#233; annonc&#233; gagnant avec 51,73 % des voix, contre 48,27 % &#224; son concurrent, Ahmad Chafik, ex-g&#233;n&#233;ral et ex-Premier ministre de Moubarak. L'arm&#233;e s'est, semble-t-il, fait quelque peu tirer les oreilles avant de reconna&#238;tre la d&#233;faite de son candidat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le retard de cette proclamation, recul&#233;e de jour en jour, une nouvelle manifestation avait eu lieu place Tahrir le vendredi 22 juin contre le pouvoir de l'arm&#233;e qui gouverne le pays depuis la chute de Moubarak, organis&#233;e essentiellement par les partisans des Fr&#232;res musulmans. M&#234;me si leur chef de file, aujourd'hui pr&#233;sident, Mohamed Morsi, pr&#234;chait le calme et affirmait : &lt;em&gt;&#171; nous n'avons pas de probl&#232;me avec les forces arm&#233;es, m&#234;me si celles-ci ont commis ces derniers jours des erreurs &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques &lt;em&gt;&#171; erreurs &#187;&lt;/em&gt;, le mot est gentil ! Car, par avance, le Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es (CSFA) avait pris ses pr&#233;cautions : entre les deux tours du scrutin pr&#233;sidentiel, les juges &#224; ses ordres avaient d&#233;cid&#233; la dissolution du parlement &#233;lu de novembre &#224; janvier dernier, o&#249; les islamistes, Fr&#232;res musulmans et Salafistes du parti El Nour (La Lumi&#232;re), d&#233;tenaient la majorit&#233;. En m&#234;me temps, ils avaient limit&#233; les pr&#233;rogatives du futur pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence entre la mitraillette et le Coran n'est visiblement pas termin&#233;e. M&#234;me si les deux sont loin d'&#234;tre incompatibles. Les Fr&#232;res musulmans ont pignon sur rue en &#201;gypte depuis longtemps &#8211; c'&#233;tait m&#234;me le cas lorsqu'ils &#233;taient politiquement interdits &#8211;, poss&#233;dant des banques, dirigeant des affaires et de multiples &#339;uvres sociales qui leur donnent du poids dans les quartiers pauvres. Ils se sont empress&#233;s, d&#232;s la chute de Moubarak, d'appeler au calme et &#224; l'arr&#234;t des gr&#232;ves, de faire amende honorable aupr&#232;s de l'arm&#233;e, dans le but d'&#234;tre associ&#233;s au pouvoir. Bref des &#171; islamiste mod&#233;r&#233;s &#187; comme disent aujourd'hui les gouvernements occidentaux de ces chefs religieux dont l'arriv&#233;e au pouvoir pourrait prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts de leurs trusts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'arm&#233;e &#233;gyptienne, qui contr&#244;le les plus grandes entreprises du pays, n'a, semble-t-il, pas grande envie de partager le pouvoir avec eux. Ce qui lui vaut quelques rappels &#224; l'ordre des USA qui, depuis la chute de Moubarak, voient dans les Fr&#232;res musulmans une rel&#232;ve potentielle. Selon le &lt;em&gt;New-York Times &lt;/em&gt;du 22 juin, Hillary Clinton aurait demand&#233; aux militaires de respecter leur engagement &#224; conduire l'&#201;gypte vers la d&#233;mocratie, et certains s&#233;nateurs d&#233;mocrates en seraient &#224; regretter l'aide de 1,3 milliard de dollars apport&#233;e &#224; l'&#201;gypte si le CSFA continue &#224; ne pas respecter le r&#233;sultat des &#233;lections. Dimanche 24, un message de la Maison blanche pressait l'arm&#233;e d'acc&#233;l&#233;rer la transition d&#233;mocratique, en m&#234;me temps qu'Obama envoyait ses f&#233;licitations &#224; Morsi pour sa victoire &#8211; et &#224; Chafik pour son sens de l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le &#171; moindre ennemi &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le petit jeu entre les chefs de l'arm&#233;e et les Fr&#232;res musulmans, fait d'alternance, de bras de fer et de compromis, rend encore plus injustifiable l'attitude de ceux des opposants au r&#233;gime qui, tout en se disant de gauche, ont trouv&#233; le moyen de soutenir les seconds ou, en tout cas, d'appeler &#224; voter au second tour pour leur candidat, Mohamed Morsi. Un tel appel &#224; voter Morsi, au nom du moindre mal, ou &#171; du moindre ennemi &#187;, a &#233;t&#233; aussi le fait des &lt;em&gt;R&#233;volutionnaires Socialistes&lt;/em&gt;, un petit groupe politique li&#233; au Socialist Workers Party (SWP) anglais, qui pourtant se r&#233;clame du trotskysme et semble s'efforcer par ailleurs de se lier au mouvement ouvrier &#233;gyptien et aux militants syndicaux qui ont jou&#233; un r&#244;le dans les gr&#232;ves de ces derni&#232;res ann&#233;es, ou participent &#224; la construction des organisations syndicales ind&#233;pendantes. Ils ont tout de m&#234;me eu &#224; s'en expliquer dans leur journal vis-&#224;-vis de ceux de leurs sympathisants ou lecteurs qui le leur avaient reproch&#233;, s'excusant d'avoir fait ce choix sans les avoir consult&#233;s, tout en le justifiant : &lt;em&gt;&#171; La question est de savoir contre lequel nous pr&#233;f&#233;rons militer : un g&#233;n&#233;ral qui lancera les chars pour affronter les masses ou un Fr&#232;re musulman vacillant et opportuniste qui peut subir des pressions d'en bas et qu'on peut d&#233;noncer devant ses bases et ses masses ? &#187; &lt;/em&gt;Moins de g&#234;ne, vu d'Angleterre, de la part des deux branches du SWP lui-m&#234;me : &lt;em&gt;&#171; En d&#233;pit des rancunes des militants envers la Confr&#233;rie, voter pour Morsi et contre Chafik est une &#233;tape importante pour construire le mouvement r&#233;volutionnaire au-del&#224; des &#233;lections &#187;,&lt;/em&gt; &#233;crit le journal du SWP anglais dat&#233; du 16 juin. Quant &#224; l'autre groupe &lt;em&gt;Counterfire&lt;/em&gt;, sorti du SWP, il pr&#233;sente ce choix comme une application de la politique de L&#233;nine de front unique avec les sociaux-d&#233;mocrates r&#233;formistes face au putsch de Kornilov en ao&#251;t 1917. Rien que cela ! Comme si l'armement au grand jour de la classe ouvri&#232;re, propos&#233; y compris aux ouvriers qui avaient des illusions dans le gouvernement Kerenski, pour faire face au putsch militaire, a quoi que ce soit &#224; voir avec l'alliance &#233;lectorale avec un parti r&#233;actionnaire religieux, ou m&#234;me avec le simple vote pour lui, sous pr&#233;texte qu'il a de l'influence dans les quartiers populaires. Pauvre L&#233;nine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, les Fr&#232;res musulmans &#233;gyptiens ont, &#224; diverses occasions, surtout &#233;lectorales, repris le chemin de la place Tahrir (chemin qu'ils avaient &#233;t&#233; parmi les derniers &#224; prendre en janvier 2011). Faisant oublier les longs mois o&#249;, &#224; la suite de la chute de Moubarak, se voyant d&#233;j&#224; candidats favoris pour le pouvoir et tenant &#224; montrer patte blanche &#224; l'arm&#233;e autant qu'aux USA, ils s'opposaient &#224; toute manifestation, toute gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les luttes sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut d'une alliance entre partis conservateurs religieux et commandement de l'arm&#233;e, qui semble, pour l'instant, bris&#233;e, la guerre pour le pouvoir pourrait bien, pour un temps, redonner aux Fr&#232;res musulmans ou aux courants salafistes une nouvelle aur&#233;ole de partis d'opposition &#224; la dictature. Et c'est bien un autre des dangers de la situation. Car ils ont bien des moyens (financiers, &#339;uvres sociales, poids des mosqu&#233;es) de regrouper autour d'eux une partie des couches populaires m&#233;contentes, comme ils ont capt&#233;s leurs suffrages aux &#233;lections. Pas seulement les leurs, d'ailleurs ; une partie de la bourgeoisie conservatrice des quartiers riches a vot&#233; pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ni l'arm&#233;e ni les Fr&#232;res n'ont, jusqu'&#224; pr&#233;sent, r&#233;ussi &#224; enrayer, depuis la chute de Moubarak, les protestations sociales, les manifestations et les gr&#232;ves, malgr&#233; les arrestations, les proc&#232;s de manifestants par les tribunaux militaires, sans parler des provocations comme les attentats contre les coptes ou l'intervention des voyous contre les manifestants. Le nouveau r&#233;gime qui sortira soit des urnes, soit de leur escamotage, aura bien du fil &#224; retordre avec elles. C'est bien l&#224; que r&#233;side le seul espoir. &#192; tous les militants qui veulent voir la r&#233;volution de janvier 2011 aboutir &#224; un v&#233;ritable changement de se consacrer &#224; les organiser et les d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 juin 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH253/sphinx-b46f0.png?1787884240' width='500' height='253' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> TUNISIE : pouss&#233;e &#233;lectorale conservatrice, mais les luttes restent &#224; l'ordre du jour
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>Les islamistes d'Ennahda forment donc le premier parti repr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e constituante tunisienne, avec 41,5 % des suffrages exprim&#233;s et 90 si&#232;ges sur 217. &#192; noter d'entr&#233;e que le chiffre triomphaliste de 90 % de participation annonc&#233; rel&#232;ve de la manipulation comptable, car sur 7 500 000 &#233;lecteurs potentiels, seuls 3 700 000 ont vot&#233;. Un peu moins de 50 % donc. &lt;br /&gt;Cela dit, de Ghannouchi, chef d'Ennahda, &#224; Alain Jupp&#233;, on a droit &#224; la version rassurante : les islamistes&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les islamistes d'Ennahda forment donc le premier parti repr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e constituante tunisienne, avec 41,5 % des suffrages exprim&#233;s et 90 si&#232;ges sur 217. &#192; noter d'entr&#233;e que le chiffre triomphaliste de 90 % de participation annonc&#233; rel&#232;ve de la manipulation comptable, car sur 7 500 000 &#233;lecteurs potentiels, seuls 3 700 000 ont vot&#233;. Un peu moins de 50 % donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, de Ghannouchi, chef d'Ennahda, &#224; Alain Jupp&#233;, on a droit &#224; la version rassurante : les islamistes vainqueurs seraient mod&#233;r&#233;s, d&#233;mocrates. Le chef du CNT libyen, alli&#233; de l'OTAN, favorable au r&#233;tablissement de la Charia, a eu droit aux m&#234;mes &#233;loges. Version d&#233;fendue en France aussi bien &#224; gauche qu'&#224; droite, puisque l'actuel ministre des arm&#233;es G&#233;rard Longuet et l'ancien ministre socialiste des affaires &#233;trang&#232;res Hubert V&#233;drine nous l'ont servie en ch&#339;ur &#224; l'&#233;mission &lt;em&gt;Mots crois&#233;s&lt;/em&gt; de France 2. Sans parler du &lt;em&gt;Nouvel Observateur&lt;/em&gt; qui, dans son &#233;ditorial du 3 novembre, r&#233;sume : &lt;em&gt;&#171; C'est le coup d'arr&#234;t donn&#233; l&#233;galement par le peuple lui-m&#234;me &#224; la r&#233;volution qu'il s'&#233;tait invent&#233;e&#8230; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s leur succ&#232;s &#233;lectoral, les dirigeants d'Ennahda ont multipli&#233; les rencontres avec le patronat et les investisseurs pour rappeler qu'ils sont &lt;em&gt;&#171; ouverts aux capitaux nationaux et &#233;trangers &#187;&lt;/em&gt;. Du moment que ces int&#233;gristes religieux sont favorables &#224; l'&#233;conomie de march&#233;, les d&#233;mocrates leur donnent le bon dieu sans confession !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La Turquie ou l'Iran ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les islamistes tunisiens sont-ils de l'engeance de ceux qui gouvernent en Turquie, dont ils se disent proches et que les puissances imp&#233;rialistes qualifient de d&#233;mocrates ? Ou visent-ils &#224; &#233;tablir une dictature comme en Iran ? Pratiquent-ils un double discours ? Ni plus ni moins que tous les partis bourgeois qui ne se pr&#233;tendent d&#233;mocrates dans des pays pauvres en r&#233;volte que pour mieux arr&#234;ter la r&#233;volution. Par des moyens l&#233;gaux, tant que c'est possible, tant qu'ils peuvent tromper les travailleurs et les pauvres, &#233;touffer leurs revendications et reprendre leur libert&#233; si ch&#232;rement gagn&#233;e. Mais en se pr&#233;parant &#224; revenir sur toutes les libert&#233;s de parole, de presse et d'organisation arrach&#233;es, par la force s'ils l'estiment n&#233;cessaire. L'arm&#233;e au pouvoir applique cette strat&#233;gie en &#201;gypte, sans m&#234;me attendre le succ&#232;s annonc&#233; des Fr&#232;res musulmans aux prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le jeu des &#233;lections bourgeoises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La victoire d'Ennahda n'est pas vraiment une surprise. Le scrutin tunisien a montr&#233; une fois de plus que les &#233;lections bourgeoises ne sont jamais &#224; l'avantage des classes populaires, et encore moins en p&#233;riode de r&#233;volution. Pour l'heure, Ennahda a certes b&#233;n&#233;fici&#233; de l'aura du parti longtemps interdit. Mais surtout, &#224; part le RCD anciennement au pouvoir puis dissout (et dont nombre de notables se sont recycl&#233;s sur diverses listes), il &#233;tait le seul parti organis&#233; de longue date et disposant de moyens consid&#233;rables, notamment d'&#339;uvres de charit&#233;. Il a achet&#233; le vote de pauvres, de jeunes, de marginaux, les a emmen&#233;s aux urnes. Il a brandi la promesse de la viande &#224; 4 dinars le kilo au lieu de 13 dinars, ou du pain deux fois moins cher qu'aujourd'hui. Les pr&#234;ches des mosqu&#233;es ont fait sa campagne et stigmatis&#233; toutes les listes des &#171; m&#233;cr&#233;ants &#187;&#8230; Au point que des jeunes de Kasserine, une ville d&#233;sh&#233;rit&#233;e du centre de la Tunisie o&#249; la r&#233;pression en janvier avait &#233;t&#233; l'une des plus violentes, le tournaient &#224; la rigolade : &lt;em&gt;&#171; On va boire de la bi&#232;re avec l'argent des islamistes &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des autres faits marquants du scrutin a &#233;t&#233; l'arriv&#233;e en bonne position (9 % et 19 si&#232;ges) des listes &lt;em&gt;&#171; P&#233;tition populaire &#187;&lt;/em&gt; qui ne se sont fait conna&#238;tre que gr&#226;ce &#224; la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision commerciale priv&#233;e de son dirigeant, le millionnaire londonien Hamdi. Tour &#224; tour islamiste puis benaliste, il a pu profiter du scrutin malgr&#233; ce lourd pass&#233;, &#224; moins que celui-ci ne lui ait permis de rassembler largement sur ses listes ; certaines d'entre elles ont &#233;t&#233; rattrap&#233;es par les instances de surveillance des &#233;lections et invalid&#233;es car des anciens du RCD trop notoires en faisaient partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres partis ayant engrang&#233; un nombre relativement important de d&#233;put&#233;s sont : la gauche &#171; r&#233;publicaine &#187; repr&#233;sent&#233;e par Moncef Marzouki (30 d&#233;put&#233;s) ; Ettakatol qui a pris la place du parti de Ben Ali comme membre tunisien de l'Internationale socialiste (21) ; le PDP (Parti d&#233;mocrate progressiste) qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; servir de &#171; machine &#224; laver &#187; pour les anciens du RCD (17). Les uns et les autres sont &#224; la recherche d'alliances pour &#234;tre au gouvernement, y compris Marzouki, grand la&#239;c devant l'&#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie, jadis mao&#239;sant), il obtient 50 000 voix soit 1,38 % et trois d&#233;put&#233;s. La petite LGO, trotskyste, ne s'est pas pr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un coup d'arr&#234;t &#224; la r&#233;volution ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le pays, depuis des mois, bien des travailleurs et des jeunes nourrissaient quelques illusions sur ces &#233;lections toutes neuves &#8211; illusions non r&#233;fut&#233;es par le PCOT ou les syndicats combatifs, qui encourageaient &#224; subordonner leurs luttes &#224; une future Constituante, cens&#233;e permettre de changer la situation politique. Il ne pouvait en aller ainsi. Du temps a &#233;t&#233; gaspill&#233; &#224; cause de ces illusions dans le jeu d&#233;mocratique qui ont contribu&#233; &#224; calmer provisoirement le climat social. Mais rien n'est perdu si les jeunes et les ouvriers en col&#232;re qui ont &#233;t&#233; la force de la r&#233;volution de janvier et les militants eux-m&#234;mes ne sont pas d&#233;moralis&#233;s par le r&#233;sultat &#233;lectoral. S'ils ne tombent pas maintenant dans le pi&#232;ge de ceux qui, face &#224; l'ampleur du raz-de-mar&#233;e conservateur, en appellent &#224; un Front de Gauche, essentiellement pour faire contrepoids aux islamistes et &#224; leurs alli&#233;s &#224; l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas sur ce terrain d'alliances politiciennes qu'est l'issue favorable aux travailleurs et aux jeunes qui ont fait cette premi&#232;re r&#233;volution de janvier. Soit la classe ouvri&#232;re, entra&#238;nant et regroupant derri&#232;re elles toutes les classes pauvres, continue de se mobiliser et s'organise jusqu'&#224; renverser r&#233;ellement le pouvoir des classes poss&#233;dantes, avec ses propres organes de d&#233;mocratie prol&#233;tarienne, soit les poss&#233;dants reprendront la main, sans l&#233;siner sur aucun moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 novembre 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Apr&#232;s les &#233;lections&lt;/h2&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Retour aux choses s&#233;rieuses&lt;/h2&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, bien que l'assembl&#233;e nouvellement &#233;lue soit charg&#233;e d'&#233;crire une Constitution et, du c&#244;t&#233; des partis dits de gauche, de d&#233;battre de toutes les vieilles lunes r&#233;publicaines, de la la&#239;cit&#233; au mode de scrutin, c'est la situation &#233;conomique et sociale qui est au centre de toutes les discussions. Dans les classes populaires, &#233;cras&#233;es par le ch&#244;mage bien s&#251;r, mais aussi du c&#244;t&#233; de la bourgeoisie, qui esp&#232;re utiliser son avantage temporaire pour reprendre la main. Le FMI de Christine Lagarde n'a pas perdu de temps en annon&#231;ant &lt;em&gt;illico presto&lt;/em&gt; que : &lt;em&gt;&#171; Les d&#233;penses extra op&#233;r&#233;es dans l'objectif d'apaiser la rue tout au long du printemps arabe pourraient avoir des effets assez n&#233;gatifs &#187;&lt;/em&gt; . Bref, il faudrait une politique d'aust&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie tunisienne a remport&#233; une victoire symbolique, certes importante, mais qui n'enl&#232;ve pas encore aux travailleurs tunisiens le principal acquis de leur r&#233;volution : la possibilit&#233; de discuter librement, de s'organiser pour lutter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La contestation ouvri&#232;re &#224; l'ordre du jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'interm&#232;de &#233;lectoral &#233;tant pass&#233;, la classe ouvri&#232;re tunisienne reprend d&#233;j&#224; le chemin de la lutte. Gr&#232;ve &#224; la poste pour l'application d'accords salariaux arrach&#233;s au lendemain de la R&#233;volution de janvier, gr&#232;ve dans les universit&#233;s pour protester contre les agressions d'enseignantes non voil&#233;es, gr&#232;ve dans l'h&#244;tellerie et les agences de voyage, gr&#232;ve de deux jours des cheminots de la r&#233;gion de Sfax, gr&#232;ve des agents du Centre national de l'informatique, sit-in sur la route GP1 pr&#232;s de Gab&#232;s, mise &#224; sac du b&#226;timent de la Garde nationale par des jeunes en col&#232;re &#224; Sidi Bouzid, le berceau de la r&#233;volution, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine post-&#233;lectorale, la presse tunisienne fait &#224; nouveau &#233;tat de nombreux mouvements de contestation de toutes sortes. Le quotidien bourgeois &lt;em&gt;Le Temps&lt;/em&gt; titrait d'ailleurs &lt;em&gt;&#171; Overdose de gr&#232;ves &#187;&lt;/em&gt; et exigeait que &lt;em&gt;&#171; les contestataires cessent de faire le forcing au nom de la R&#233;volution et de la Libert&#233; &#187;&lt;/em&gt;. La plus ancienne entreprise priv&#233;e de Tunisie, le groupe &#233;tranger Lemetal implant&#233; depuis 1929, vient de fermer provisoirement ses portes pour des raisons de s&#233;curit&#233;. Son g&#233;rant explique : &lt;em&gt;&#171; Pour un oui, pour un non, ces repr&#233;sentants syndicaux se mobilisent pour bloquer le travail et pour semer le trouble (&#8230;) nous avons d'ailleurs fait appel &#224; l'arm&#233;e tunisienne et aux autorit&#233;s comp&#233;tentes. Nous avons eu des discussions sans fin avec l'UGTT et on nous raconte que des mensonges. Ils nous ont m&#234;me emp&#234;ch&#233;s de communiquer avec les ouvriers. &#192; priori l'UGTT, lance une guerre sans merci. De notre c&#244;t&#233;, les propri&#233;taires du groupe ont fait appel aux ambassades de France et des &#201;tats-Unis en Tunisie et nous risquons d'internationaliser le d&#233;bat. R&#233;sultat des courses, nous accusons une perte de 60 % de notre chiffre d'affaires (CA) et une perte de production estim&#233;e &#224; 1 million 248 mille dinars.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cette base des luttes sociales que les r&#233;volutionnaires tunisiens pourraient rattraper le temps perdu pendant la campagne, temps que la bourgeoisie a mis &#224; profit pour r&#233;organiser ses forces de r&#233;pression et ses partis politiques. Car c'est avec les gr&#233;vistes, les &#171; sit-ineurs &#187;, les jeunes qui se sentent flou&#233;s apr&#232;s leurs combats h&#233;ro&#239;ques de janvier, que se formera le parti ouvrier r&#233;volutionnaire capable de d&#233;jouer les pi&#232;ges du jeu &#171; d&#233;mocratique &#187; bourgeois et de proposer des perspectives de lutte &#224; toute la population pauvre de Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Libye : l'imp&#233;rialisme crie victoire, mais le peuple n'a pas dit son dernier mot
</title>
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		<dc:date>2011-09-25T19:53:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<dc:subject>Libye
</dc:subject>

		<description>Dimanche 21 ao&#251;t, le r&#233;gime de Kadhafi est tomb&#233; &#224; son tour. Chute suivie d'explosions de joies dans les rues de Tripoli et de Benghazi, bien s&#251;r, mais sans commune mesure avec celles qui avaient suivi en Tunisie et en &#201;gypte les chutes de Ben Ali et de Moubarak. &lt;br /&gt;Car six mois de guerre se sont d&#233;roul&#233;s depuis le &#171; jour de la col&#232;re &#187; du 17 f&#233;vrier qui avait fait &#233;cho en Libye &#224; ces deux r&#233;volutions. Six mois o&#249; la r&#233;volte a &#233;t&#233; polaris&#233;e en un conflit r&#233;gional bien plus que social,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-77-septembre-octobre-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 77, septembre-octobre 2011
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dimanche 21 ao&#251;t, le r&#233;gime de Kadhafi est tomb&#233; &#224; son tour. Chute suivie d'explosions de joies dans les rues de Tripoli et de Benghazi, bien s&#251;r, mais sans commune mesure avec celles qui avaient suivi en Tunisie et en &#201;gypte les chutes de Ben Ali et de Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car six mois de guerre se sont d&#233;roul&#233;s depuis le &lt;em&gt;&#171; jour de la col&#232;re &#187;&lt;/em&gt; du 17 f&#233;vrier qui avait fait &#233;cho en Libye &#224; ces deux r&#233;volutions. Six mois o&#249; la r&#233;volte a &#233;t&#233; polaris&#233;e en un conflit r&#233;gional bien plus que social, par ceux qui, &#224; Benghazi, se sont autoproclam&#233;s chefs de la r&#233;bellion, le Conseil National de Transition (CNT). Six mois o&#249; les puissances imp&#233;rialistes ont pris la direction des op&#233;rations, donnant &#224; la victoire d'aujourd'hui sur le dictateur Kadhafi un go&#251;t amer : celui d'une sorte de retour au vieil ordre, Kadhafi mis &#224; part, et d'une reprise des march&#233;s p&#233;troliers, dont le CNT a d&#233;j&#224; promis de nouvelles concessions que Sarkozy et Cameron sont all&#233;s f&#234;ter &#224; Tripoli le jeudi 15 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une intervention militaire destin&#233;e &#224; &#233;touffer la r&#233;volte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car ce n'est pas au secours du peuple libyen qu'ont vol&#233; les Mirage fran&#231;ais, Eurofighter britanniques, F16 ou drones am&#233;ricains. D&#232;s l'explosion des r&#233;voltes dans les pays arabes, les &#201;tats-Unis se sont pr&#233;cipit&#233;s pour tenter d'&#233;touffer l'incendie, &#233;paul&#233;s en Libye par la France, l'Angleterre et quelques autres. Avant m&#234;me le d&#233;but de l'intervention militaire conjointe, les USA avaient d&#233;p&#234;ch&#233; quelques navires de guerre en M&#233;diterran&#233;e, au large des c&#244;tes libyennes. Pour menacer la Libye, mais aussi ses voisins en cas de d&#233;rapage des r&#233;volutions &#233;gyptienne et tunisienne, et montrer leurs muscles vis-&#224;-vis de tous les peuples arabes en r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tunisie et en &#201;gypte les USA se sont appuy&#233;s, pour s'efforcer de faire rentrer les choses dans l'ordre alors qu'ils l&#226;chaient les dictateurs &#224; bout de souffle, sur les arm&#233;es des deux pays, avec lesquelles ils avaient, de longue date, des liens &#233;troits. Au Barhein c'est le grand voisin saoudien qui s'est directement charg&#233; de la r&#233;pression dans l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Libye &#233;tait pour les USA et ses alli&#233;s un autre casse-t&#234;te : n'ayant aucune carte de rechange &#224; Kadhafi, comment mettre en place un pouvoir docile &#224; leur &#233;gard et capable de contr&#244;ler un pays qui venait &#224; peine de se r&#233;volter ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Comment &#233;carter le peuple libyen de sa victoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#232;nements des derni&#232;res semaines et le d&#233;roulement m&#234;me des op&#233;rations qui ont abouti &#224; la prise de Tripoli par les &lt;em&gt;&#171; rebelles &#187;&lt;/em&gt; (il faudra d&#233;sormais dire le nouveau &lt;em&gt;&#171; pouvoir l&#233;gitime &#187;&lt;/em&gt; puisque le CNT vient de se voir remettre le si&#232;ge de la Libye &#224; l'ONU) montrent &#224; quel point tout y a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; pour que, si possible, le peuple libyen n'ait pas son mot &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnu aujourd'hui comme gouvernement provisoire, le CNT n'a d&#233;j&#224; pas grand chose &#224; voir avec les r&#233;volt&#233;s du 17 f&#233;vrier : un ancien ministre de la justice de Kadhafi &#224; sa t&#234;te, un ing&#233;nieur rentr&#233; des USA pour ministre de l'&#233;conomie, etc. Ses membres n'ont, aux yeux des grandes puissances, qu'un d&#233;faut pour l'instant : &#234;tre tous issus de la m&#234;me r&#233;gion, voire du m&#234;me clan. Plus ou moins, car l'assassinat du chef militaire du CNT, le g&#233;n&#233;ral Younes, ex-ministre de l'Int&#233;rieur de Kadhafi, fleure le r&#232;glement de compte. Son rempla&#231;ant est de la m&#234;me eau : g&#233;n&#233;ral et &#233;galement ex-notable du r&#233;gime Kadhafi. Il est &#233;paul&#233;, ou concurrenc&#233;, par un colonel, Khalifa Hifter, qui avait l&#226;ch&#233; Kadhafi plus t&#244;t, puis guerroy&#233; au Tchad et servi d'agent de la CIA. Un nouvel homme fort du CNT de toute confiance&#8230; sauf pour les insurg&#233;s libyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#224; l'avanc&#233;e des troupes &lt;em&gt;&#171; rebelles &#187;&lt;/em&gt; sur Tripoli, elle a &#233;t&#233; orchestr&#233;e et encadr&#233;e par les grandes puissances intervenantes : pilonnages de l'aviation pour assurer l'avanc&#233;e des troupes ; livraison au moment des op&#233;rations, dans le port de Tripoli, d'armements et de v&#233;hicules pick-up ; commandos envoy&#233;s sur place pour coordonner les op&#233;rations, compos&#233;s de militaires fran&#231;ais, britanniques, qataris et de soldats des &#201;mirats Arabes Unis. Quant aux rebelles du Djebel Neffoussa, qui ont gagn&#233; la bataille de Tripoli, ils ne sont pas sortis de rien, pr&#233;alablement entra&#238;n&#233;s dans cette r&#233;gion avec l'aide et les &#233;quipements fournis par les alli&#233;s. Des contingents de Libyens avaient &#233;t&#233; entra&#238;n&#233;s au Qatar, formant des troupes fiables, ind&#233;pendantes des insurg&#233;s. Et, selon le journal &lt;em&gt;Times&lt;/em&gt; (cit&#233; par &lt;em&gt;Courrier International&lt;/em&gt;) les alli&#233;s occidentaux et le CNT auraient pr&#233;vu un d&#233;tachement de 10 000 &#224; 15 000 hommes sp&#233;cialement recrut&#233;s pour contr&#244;ler la capitale apr&#232;s la chute de Kadhafi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un nouvel Irak ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; n'est pas forc&#233;ment aussi simple que les plans des grandes puissances. M&#234;me si elles n'ont (&#224; quelques commandos de sp&#233;cialistes pr&#232;s) fait cette guerre que du ciel, elles pourraient se retrouver dans un bourbier semblable &#224; ceux d'Irak ou d'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne serait-ce que parce qu'elles se sont (comme le faisait d&#233;j&#224; le r&#233;gime de Kadhafi) appuy&#233;es sur les divers clans et chefs r&#233;gionaux qui rivalisent aujourd'hui dans Tripoli. Sans parler du poids des int&#233;gristes musulmans dans le pays, dont l'ancien djihadiste qui vient de se propulser au poste de chef de la s&#233;curit&#233; de Tripoli. Sans parler de la prolif&#233;ration d'armes dans la r&#233;gion occasionn&#233;e par la guerre et que les &#201;tats-Unis semblent craindre, sous pr&#233;texte qu'elle pourrait alimenter des groupes terroristes et mouvements int&#233;gristes. (Crainte que dit partager le gouvernement alg&#233;rien, &#224; moins qu'il ne fasse que revendiquer des aides financi&#232;res pour son arm&#233;e face aux risques de r&#233;voltes populaires.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre cot&#233; &#8211; et c'est ce que l'on pourrait esp&#233;rer de mieux &#8211;, rien ne dit que les jeunes et moins jeunes qui avaient massivement particip&#233; aux manifestations du mois de f&#233;vrier, ou qui ont particip&#233; ensuite &#224; la guerre avec l'illusion d'y gagner la libert&#233;, vont accepter du nouveau r&#233;gime ce qu'ils n'acceptaient plus de Kadhafi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, le virus du r&#233;gionalisme insuffl&#233; par ceux qui se sont proclam&#233;s chefs, comme les incitations &#224; la chasse aux immigr&#233;s d'Afrique noire, p&#232;sent dans le mauvais sens. Mais l'impulsion peut revenir, une nouvelle fois, de ce qui se passe dans les pays voisins.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;volution arabe toujours l&#224;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car si en Libye on n'a jamais vu la classe ouvri&#232;re en tant que telle jouer un r&#244;le dans les &#233;v&#232;nements (et elle &#233;tait en bonne partie constitu&#233;e de ses immigr&#233;s d'&#201;gypte ou d'Afrique), elle continue &#224; se manifester fortement en &#201;gypte et en Tunisie. Ce d&#233;but septembre y est marqu&#233; par une multiplication de gr&#232;ves (notamment en &#201;gypte dans l'industrie textile une nouvelle fois, chez les enseignants, dans les transports publics, &#224; la poste) et des mouvements sociaux, malgr&#233; toutes les tentatives de serrage de vis des autorit&#233;s &#171; &lt;em&gt; de transition &#187;&lt;/em&gt;, civiles ou militaires. Toute une effervescence populaire, en d&#233;pit des tentatives de d&#233;rivatifs que pourraient repr&#233;senter des escarmouches diplomatiques ou militaires entre l'&#201;gypte et Isra&#235;l (dont la provocation militaire d'Isra&#235;l dans le Sina&#239; a r&#233;cemment donn&#233; l'occasion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 septembre 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#61472;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Editorial : L'extension de la col&#232;re
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<dc:subject>Indign&#233;s
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		<description>Cela a commenc&#233; par les r&#233;volutions tunisienne et &#233;gyptienne, qui ont fait chuter deux dictateurs. Des r&#233;volutions loin d'&#234;tre achev&#233;es, o&#249; la jeunesse et les travailleurs en gr&#232;ve continuent de se mobiliser contre tous ceux pr&#234;ts &#224; r&#233;tablir l'ancien r&#233;gime. De profonds mouvements dont les acteurs les plus d&#233;termin&#233;s en appellent &#224; &#171; la r&#233;volution permanente &#187;, en se r&#233;f&#233;rant aux illustres pr&#233;c&#233;dents de 1789 et 1917. &lt;br /&gt;Puis il y a eu la Libye, o&#249; malheureusement l'intervention&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Indignes-+" rel="tag"&gt;Indign&#233;s
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela a commenc&#233; par les r&#233;volutions tunisienne et &#233;gyptienne, qui ont fait chuter deux dictateurs. Des r&#233;volutions loin d'&#234;tre achev&#233;es, o&#249; la jeunesse et les travailleurs en gr&#232;ve continuent de se mobiliser contre tous ceux pr&#234;ts &#224; r&#233;tablir l'ancien r&#233;gime. De profonds mouvements dont les acteurs les plus d&#233;termin&#233;s en appellent &#224; &#171; la r&#233;volution permanente &#187;, en se r&#233;f&#233;rant aux illustres pr&#233;c&#233;dents de 1789 et 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il y a eu la Libye, o&#249; malheureusement l'intervention militaire tr&#232;s int&#233;ress&#233;e de l'OTAN a gel&#233; sous les bombes l'effervescence r&#233;volutionnaire en la transformant en guerre civile de tribus concurrentes. Ce qui, en d&#233;pit des calculs des grandes puissances, n'a toutefois en rien congel&#233; la contestation populaire ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a continu&#233; par les r&#233;voltes au long cours au Y&#233;men, au Bahre&#239;n... puis en Syrie o&#249; la population continue d'affronter la r&#233;pression la plus sanglante avec un courage inou&#239;. Sans faiblir. Sans renoncer. Comme un signal aux peuples du monde entier, de la part de ceux qui n'ont rien &#224; perdre. Que leurs cha&#238;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on moins saisissante, du moins jusque-l&#224;, le vent de la col&#232;re s'est propag&#233; par moult gr&#232;ves et manifestations en Alg&#233;rie, puis au Maroc, o&#249; depuis f&#233;vrier la jeunesse multiplie les mobilisations en d&#233;pit des interdictions et premi&#232;res mesures r&#233;pressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, cette ann&#233;e, l'avis de turbulences a touch&#233; l'Europe. &#192; commencer par l'Espagne. Ah, pas contre &#171; la dictature &#187;, certes, mais &#224; la veille pr&#233;cis&#233;ment&#8230; de ces &#233;lections si ch&#232;res &#224; nos pr&#233;tendues d&#233;mocraties occidentales ! Ces &#233;lections gr&#226;ce auxquelles la gauche et la droite se relaient presque m&#233;caniquement au pouvoir pour imposer leurs plans d'aust&#233;rit&#233; aux classes populaires. Cette d&#233;mocratie de fa&#231;ade que conteste la jeunesse &#171; indign&#233;e &#187;, mais qui a fait dire &#224; notre ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Alain Jupp&#233;, interrog&#233; sur l'occupation de la Puerta del Sol, qu'il ne croyait pas &#224; &lt;em&gt;&#171; un &#233;t&#233; europ&#233;en qui ferait suite au printemps arabe &#187;. &lt;/em&gt;Sans s'aventurer toutefois au-del&#224; de l'&#233;t&#233; ! Car la question se pose, justement. Et s&#233;rieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la semaine m&#234;me, c'est la jeunesse grecque qui se remettait &#224; manifester chaque jour contre le nouveau plan sc&#233;l&#233;rat impos&#233; par les usuriers de l'Europe et du FMI. Mais aussi contre ce gouvernement socialiste qui accepte de vendre toute la Gr&#232;ce &#224; l'encan (ports du Pir&#233;e et de Salonique, services publics, chemin de fer, a&#233;roports, patrimoine immobilier&#8230; jusqu'aux monuments !), pour rembourser ce si mal nomm&#233; &#171; plan de sauvetage &#187; qui &#233;tranglera le peuple grec et ne sauvera que les financiers des pays &#171; pr&#233;teurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, les &#171; indign&#233;s &#187; d'Espagne, du Portugal et de Gr&#232;ce ne croient plus &#224; cette dr&#244;le de d&#233;mocratie qui impose, derri&#232;re la fa&#231;ade des &#233;lections, la &#171; dictature des march&#233;s &#187;. Certes, comme dirait Jupp&#233;, il n'y a pas eu en Europe de vendeur ambulant de 26 ans qui s'est immol&#233; comme &#224; Sidi Bouzid. Mais si la mis&#232;re y est moins terrible, rappelons que la &#171; d&#233;mocratie &#187; &#224; l'occidentale s'arr&#234;te &#224; la porte des entreprises. Ces grandes entreprises qui pour mieux faire pression sur les effectifs et r&#233;mun&#233;rer leurs actionnaires, font r&#233;gner chez elles cette ambiance totalitaire qui a conduit de trop nombreux d&#233;sesp&#233;r&#233;s, techniciens, cadres ou ouvriers, &#224; s'immoler sur leur lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tunisie, en &#201;gypte, ces gestes pr&#233;monitoires ont conduit &#224; la r&#233;volution. Pour l'heure, en Europe, des d&#233;sespoirs analogues n'ont conduit qu'&#224; &#171; l'indignation &#187;. Ne minimisons pas. Pour peu que la classe ouvri&#232;re, d'Espagne, de Gr&#232;ce, du Portugal&#8230; ou de France rejoigne sa jeunesse, ceux qui tiennent aujourd'hui le bon bout du manche auraient du souci &#224; se faire. Comme disait le jeune Karl Marx, &#224; 25 ans, &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;La critique &#187; &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;(de la soci&#233;t&#233; doit &#234;tre) &lt;strong&gt;&#171; &lt;em&gt;une arme de guerre&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;. (&#8230;) &lt;strong&gt; &lt;em&gt;Son pathos essentiel est l'indignation et son travail essentiel la d&#233;nonciation.&lt;/em&gt; (&#8230;) &lt;em&gt;Il faut rendre l'oppression r&#233;elle plus dure encore en lui ajoutant la conscience de l'oppression&lt;/em&gt; (&#8230;) &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; Et c'est ainsi que lui-m&#234;me passa de l'indignation &#224; la r&#233;volution&#8230; et au Manifeste communiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 juin 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> O&#249; en est la r&#233;volution tunisienne ?
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		<description>Le 5 mai dernier, Farhat Rajhi, ancien ministre de l'Int&#233;rieur du gouvernement Ghannouchi, cr&#233;e le buzz avec une interview diffus&#233;e sur Facebook o&#249; il traite notamment le Premier ministre Essebsi de &#171; menteur &#187;, d&#233;clare que son gouvernement est manipul&#233; par Kamel Letaief, un homme d'affaires proche de Ben Ali, et que le chef d'&#233;tat-major, Rachid Ammar, pr&#233;pare un coup d'&#201;tat au cas o&#249; les islamistes remporteraient les &#233;lections du 24 juillet &#224; l'Assembl&#233;e constituante. Probable coup&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 5 mai dernier, Farhat Rajhi, ancien ministre de l'Int&#233;rieur du gouvernement Ghannouchi, cr&#233;e le buzz avec une interview diffus&#233;e sur Facebook o&#249; il traite notamment le Premier ministre Essebsi de &lt;em&gt;&#171; menteur &#187;&lt;/em&gt;, d&#233;clare que son gouvernement est manipul&#233; par Kamel Letaief, un homme d'affaires proche de Ben Ali, et que le chef d'&#233;tat-major, Rachid Ammar, pr&#233;pare un coup d'&#201;tat au cas o&#249; les islamistes remporteraient les &#233;lections du 24 juillet &#224; l'Assembl&#233;e constituante. Probable coup de bluff publicitaire de la part de celui qui avait ordonn&#233; la r&#233;pression des sit-in de la place de la Kasbah qui avaient fait tomber le gouvernement Ghannouchi &#224; la fin f&#233;vrier. Il n'en fallait pas plus pour que des &#233;meutes &#233;clatent &#224; Tunis et dans d'autres grandes villes entre le 6 et le 10 mai. Une occasion pour les Brigades de l'Ordre Public (l'&#233;quivalent des CRS) de ressortir leurs matraques et de tuer deux manifestants. Ce retour des manifestations de rue massives n'a &#233;t&#233; que tr&#232;s temporaire et limit&#233; dans ses objectifs. Mais cela montre &#224; quel point la situation reste explosive, alors que le gouvernement provisoire, les grands partis et la bureaucratie syndicale de l'UGTT font tout pour maintenir le calme dans cette p&#233;riode baptis&#233;e &lt;em&gt;&#171; transition d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt; o&#249; tout le monde politique a les yeux braqu&#233;s sur l'&#233;lection de la Constituante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La contre-r&#233;volution s'active&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement provisoire de Beji Ca&#239;d Essebsi, l'ancien ministre de Bourguiba qui a succ&#233;d&#233; &#224; Ghannouchi le 27 f&#233;vrier, s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; en pleine &#233;bullition populaire comme neutre et &lt;em&gt;&#171; technocratique &#187;&lt;/em&gt;, charg&#233; d'exp&#233;dier les affaires courantes, reprenant &#224; son compte la revendication d'une Assembl&#233;e constituante. Pour pr&#233;parer les &#233;lections, il a nomm&#233; une &lt;em&gt;&#171; Haute instance pour la r&#233;alisation des objectifs de la r&#233;volution, de la r&#233;forme politique et de la transition d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt; o&#249; il a associ&#233; tous les partis et nombre de personnalit&#233;s, syndicalistes et autres, coupant l'herbe sous les pieds du &lt;em&gt;&#171; Conseil National de Protection de la R&#233;volution &#187;&lt;/em&gt; (CNPR) que le Front du 14 Janvier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Front qui regroupe diff&#233;rents partis se revendiquant de la classe ouvri&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; avait cr&#233;&#233; avec les autres partis d'opposition (jusqu'aux islamistes d'Ennahdha) et dont il demandait la reconnaissance par le gouvernement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Convergences R&#233;volutionnaires n&#176;74.&#034; id=&#034;nh11-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant du reflux des mobilisations et du consensus ainsi obtenu avec la plupart des partis d'opposition, le gouvernement Essebsi impose de plus en plus clairement ses choix politiques au service de la bourgeoise tunisienne en lien avec les gouvernements imp&#233;rialistes &#8211; les USA, mais aussi le gouvernement fran&#231;ais qui a envoy&#233; des conseillers sur place. Il a notamment d&#233;cid&#233; de payer d&#233;but avril la tranche de 300 millions de la dette tunisienne contract&#233;e sous Ben Ali &#224; des banques occidentales et il a m&#234;me emprunt&#233; &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats impos&#233;s par le pouvoir et la presse aux ordres tournent exclusivement autour de la nouvelle Constitution, notamment de son caract&#232;re la&#239;c, ou de la possibilit&#233; pour les anciens cadres du RCD de se faire &#233;lire d&#233;put&#233;s. De nombreuses voix officielles proposent une amnistie : il ne faudrait pas disqualifier l'essentiel du personnel politique de la bourgeoi&#173;sie ! En attendant d'&#234;tre blanchis, les anciens caciques du r&#233;gime fondent quotidiennement de &#171; nouveaux &#187; partis ou investissent l'ancienne opposition officielle comme le PDP ou Ettajdid qui leur servent de &lt;em&gt;&#171; machine &#224; laver &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les islamistes semblent b&#233;n&#233;ficier de leur aura d'opposition farouche &#224; Ben Ali (ils avaient jusqu'&#224; 30 000 militants emprisonn&#233;s, qui sont maintenant tous sortis). Ils ont &#233;t&#233; les premiers &#224; organiser des meetings, dont l'un a tout de m&#234;me r&#233;uni 1 500 personnes &#224; Sfax, une grande ville ouvri&#232;re, avec la pr&#233;sence du dirigeant local de l'UGTT. Ils ont eu moins de succ&#232;s dans d'autres r&#233;gions, comme &#224; Bizerte, Monastir ou Kelibia, o&#249; les habitants ont fermement emp&#234;ch&#233; la tenue de leurs r&#233;unions. Ils seraient financ&#233;s largement par la Turquie et l'Arabie Saoudite. Sur le plan politique, ils pratiquent l'opportunisme le plus pouss&#233; : ils n'ont absolument pas particip&#233; &#224; la chute de Ben Ali, puis ont soutenu Ghannouchi, avant d'appuyer du bout des l&#232;vres les manifestants qui ont obtenu sa d&#233;mission. Pas un mot de travers aujourd'hui contre Essebsi : ils r&#233;p&#232;tent &#224; l'envi qu'ils sont d&#233;mocratiques et progressistes. L'essentiel de leurs efforts est tourn&#233; vers l'&#233;lection du 24 juillet, pour laquelle ils ne n&#233;gligent aucun terrain : ils rassurent la bourgeoisie sur leurs intentions, mais tentent aussi de s&#233;duire d&#233;magogiquement les ouvriers, agriculteurs et ch&#244;meurs. Les militants de gauche d&#233;noncent leur double discours &#8211; ce qui est l'&#233;vidence. Mais Ennahdha joue aussi aupr&#232;s d'eux son r&#244;le d'&#233;pouvantail, &#224; tel point que, pour certains, la perc&#233;e des islamistes est le pr&#233;texte pour un retour &#224; l'ordre ou un &lt;em&gt;&#171; front d&#233;mocratique et progressiste &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est notamment la ligne du PCOT&#8230;&#034; id=&#034;nh11-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien appareil d'&#201;tat reste int&#233;gralement en place. La trop fameuse police politique de Ben Ali, officiellement dissoute, a &#233;t&#233; en fait r&#233;partie dans les autres unit&#233;s, sans changer d'activit&#233;. L'arm&#233;e assure sa pr&#233;sence quotidienne dans les rues de Tunis, jouant la mine bon enfant &#224; c&#244;t&#233; de ses autos blind&#233;es sur l'avenue Bourguiba. Bien entendu, tous les bourgeois, notables et leurs serviteurs politiques se revendiquent de la &lt;em&gt;&#171; glorieuse r&#233;volution pour la libert&#233; et la dignit&#233; &#187;&lt;/em&gt;, se r&#233;f&#232;rent &#224; la m&#233;moire des &lt;em&gt;&#171; martyrs &#187;&lt;/em&gt; (qu'ils qualifiaient de voyous il y a quelques mois) pour appeler tous les &lt;em&gt;&#171; vrais r&#233;volutionnaires &#187;&lt;/em&gt; au calme et &#224; la retenue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH690/carte_tunisie-1eec9.png?1787895049' width='400' height='690' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Les comit&#233;s locaux &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux semaines qui ont suivi la chute de Ben Ali, des comit&#233;s de d&#233;fense se sont form&#233;s contre les hommes de l'ancien dictateur, qui semaient la terreur et pillaient avant de s'enfuir. Ces comit&#233;s ont &#233;t&#233; tr&#232;s diff&#233;rents suivant les r&#233;gions, et m&#234;me suivant les quartiers, mais de nombreux travailleurs, jeunes et ch&#244;meurs y ont pris une part active. Malheureusement, la plupart ont disparu d&#233;but f&#233;vrier avec la fin des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans diff&#233;rentes villes, et m&#234;me &#224; l'&#233;chelle de r&#233;gions, des maires, administrateurs ou gouverneurs trop proches de Ben Ali ont &#233;t&#233; d&#233;barqu&#233;s. Face &#224; la vacance du pouvoir local sont apparus des &lt;em&gt;&#171; comit&#233;s locaux de protection de la r&#233;volution &#187;&lt;/em&gt;. Il en existe aujourd'hui environ 400, r&#233;partis dans les 24 gouvernorats du pays. Ils ont le plus souvent &#233;t&#233; form&#233;s comme des coalitions de partis, en g&#233;n&#233;ral dits de gauche, mais parfois bien plus larges, ralli&#233;s par le PDP ou les islamistes. Dans certains cas, y ont &#233;t&#233; associ&#233;s des repr&#233;sentants des &lt;em&gt;&#171; dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs &#187;&lt;/em&gt;, des comit&#233;s de quartiers ou des comit&#233;s de jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s locaux, pour beaucoup constitu&#233;s par en haut, sont le plus souvent d&#233;sormais coup&#233;s de toute mobilisation et n'exercent plus aucun pouvoir. Leurs perspectives sont loin d'&#234;tre la prolongation de la r&#233;volution : elles d&#233;pendent essentiellement de la ligne du parti qui domine chaque localit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ceux qui veulent dissoudre la mobilisation dans la d&#233;mocratie bourgeoise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le front du 14 janvier qui avait d&#233;fendu la revendication d'Assembl&#233;e constituante, reprise tr&#232;s largement dans les manifestations contre Ghannouchi. Derri&#232;re cette demande, l'id&#233;e qu'il faut &lt;em&gt;&#171; d&#233;raciner le RCD &#187;&lt;/em&gt;, se d&#233;barrasser de toute trace de l'ancien r&#233;gime. Mais si le gouvernement Essebsi s'y est ralli&#233;, c'est qu'il s'arrange aujourd'hui pour la tourner &#224; son avantage. Comme le souligne un militant trotskiste : &lt;em&gt;&#171; C'est l'inverse de la r&#233;volution bolch&#233;vique : les comit&#233;s et l'intervention ouvri&#232;re &#233;taient tr&#232;s forts en 1917 donc la bourgeoisie a repouss&#233; la Constituante. L&#224;, la bourgeoisie l'a accept&#233;e car elle peut en tirer profit. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cr&#233;ant la &lt;em&gt;&#171; Haute instance &#187;&lt;/em&gt; autour de Ben Achour, un juriste membre de diff&#233;rents &#171; think tanks &#187; occidentaux, le gouvernement a tent&#233; d'associer tous les partis, m&#234;me les plus contestataires, au jeu &#233;lectoral. Son objectif : que tous les courants soient solidaires du gouvernement provisoire, via la pr&#233;paration des &#233;lections, et d&#233;sertent la rue. Un pari en partie r&#233;ussi puisque, parmi les partis connus, seul le PCOT&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8230;ainsi que la petite LGO.&#034; id=&#034;nh11-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a d&#233;clin&#233; l'invitation. Le Front du 14 janvier, divis&#233; sur la question, est depuis tr&#232;s affaibli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais partisans de la &lt;em&gt;&#171; Haute Instance &#187;&lt;/em&gt; ou pas, les partis importants ont tourn&#233; tous leurs efforts vers les &#233;lections &#224; l'Assembl&#233;e constituante. Ceux des islamistes et des partis institutionnels bien s&#251;r, mais aussi ceux des partis qui s'affirment ouvriers comme le PTPD ou le PCOT. Ce dernier insiste sur la n&#233;cessaire &lt;em&gt;&#171; cristallisation des acquis d&#233;mocratiques de la r&#233;volution &#187;&lt;/em&gt;, qui pourrait &#234;tre obtenue en envoyant le maximum de d&#233;put&#233;s &lt;em&gt;&#171; d&#233;mocratiques et progressistes &#187;&lt;/em&gt; &#224; l'Assembl&#233;e. Ce serait la &lt;em&gt;&#171; premi&#232;re &#233;tape n&#233;cessaire &#187;&lt;/em&gt; pour, dans un deuxi&#232;me temps, &#224; la faveur d'un r&#233;gime d&#233;mocratique, &lt;em&gt;&#171; combattre pour le socialisme &#187;&lt;/em&gt;. Une politique qui, de fait, rel&#232;gue les questions sociales les plus mobilisatrices au second plan.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dans la jeunesse : &#171; il faut une deuxi&#232;me r&#233;volution &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les sit-in, qui continuent de rassembler quelques dizaines de jeunes dans diverses villes du pays, sont un reliquat des mobilisations &#171; Kasbah 1 &#187; et &#171; Kasbah 2 &#187; : &#224; peine une semaine apr&#232;s le 14 janvier, des jeunes ch&#244;meurs de tout le pays avaient converg&#233; vers la place de la Kasbah, le centre politique de Tunis, pour exiger la d&#233;mission des ministres RCD du gouvernement provisoire. Un mois plus tard, un nouveau campement avait &#233;t&#233; mis en place par les m&#234;mes, baptis&#233; Kasbah 2. Apr&#232;s deux semaines d'occupation, et sans appel clair des partis, une manifestation gigantesque avait rejoint le sit-in le vendredi 25 f&#233;vrier, pr&#233;cipitant la d&#233;mission de Ghannouchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des participants de Kasbah 2, de retour dans leurs provinces, ont d&#233;cid&#233; de remettre cela localement : ils ont plant&#233; leurs tentes devant les anciens locaux du RCD ou les administrations locales pour appeler &#224; une &lt;em&gt;&#171; seconde r&#233;volution &#187;&lt;/em&gt; : le ch&#244;mage est toujours aussi important, la police toujours aussi agressive et le spectacle des anciens RCD se recyclant &#224; tous les postes a achev&#233; de les r&#233;volter. &#192; leurs yeux, les &#233;lections du 24 juillet n'apporteront rien : ils ne se font aucune illusion sur l'issue de la Constituante et consid&#232;rent que, dans l'&#233;tat actuel des choses, les anciens RCD peuvent tr&#232;s bien rafler l'essentiel des postes de d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jeunes, rassemblant tout un potentiel, semblent malheureusement isol&#233;s sous leurs tentes, sans beaucoup de contacts avec les autres fractions mobilis&#233;es de la population, et notamment la classe ouvri&#232;re, m&#234;me s'ils re&#231;oivent des soutiens mat&#233;riels. Une tentative de Kasbah 3 a avort&#233; d&#233;but avril, la place &#233;tant d&#233;sormais boucl&#233;e par les flics. Les jeunes de diff&#233;rentes villes tentent de rester en contact, un embryon de coordination r&#233;unissant les repr&#233;sentants de quarante-neuf sit-in se r&#233;unit r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Gr&#232;ves et revendications sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant la deuxi&#232;me semaine d'avril, toutes les villes de Tunisie &#233;taient couvertes d'ordures : cons&#233;quence de la gr&#232;ve nationale des ouvriers municipaux, dont les &#233;boueurs, appel&#233;e par l'UGTT. En cause : les bas salaires (un Smic autour de 300 dinars, soit 150 euros), les conditions de travail, et l'embauche des int&#233;rimaires. Des revendications qui sont reprises dans de nombreux secteurs : le nombre de gr&#232;ves a augment&#233; de 155 % par rapport &#224; 2010&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Temps, 6 mai.&#034; id=&#034;nh11-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, entra&#238;nant en moyenne 85 % des salari&#233;s concern&#233;s contre 53 % l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. 85 % d'entre elles sont dites sauvages (c'est-&#224;-dire qu'elles ne sont pas appel&#233;es par le syndicat ou ne respectent pas les pr&#233;avis l&#233;gaux), contre 19 % seulement en 2010. L'agitation sociale touche des secteurs tr&#232;s diff&#233;rents, comme l'&#201;ducation, la presse, l'agriculture, les centres d'appels, la Soci&#233;t&#233; nationale de distribution des p&#233;troles, les municipalit&#233;s, British gaz, Tunisie Telecom, Tunis Air, ainsi que d'innombrables entreprises du priv&#233;, tunisiennes ou occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse et le gouvernement d&#233;noncent en permanence dans un m&#234;me lot &lt;em&gt;&#171; l'ins&#233;curit&#233; et les gr&#232;ves qui durent depuis quatre mois &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Temps, 20 mai.&#034; id=&#034;nh11-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Argument choc : sans retour &#224; la normale, la saison touristique n'y survivra pas et c'est toute l'&#233;conomie du pays qui sera en danger. La bourgeoisie tunisienne fait bien s&#251;r un chantage consid&#233;rable, mais aussi la bourgeoisie imp&#233;rialiste, qui menace de d&#233;localiser si les gr&#232;ves ne cessent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces quatre mois d'agitation sociale, le syndicat UGTT s'est consid&#233;rablement renforc&#233;. Il a presque doubl&#233; en nombre et, surtout, diversifi&#233; sa base : alors qu'il organisait essentiellement le secteur public, les nouveaux adh&#233;rents sont principalement des ouvriers et employ&#233;s du secteur priv&#233;. Une opportunit&#233; extraordinaire pour des militants lutte des classes, mais un casse-t&#234;te pour les bureaucrates. Des syndicalistes, autrefois adversaires farouches de Ben Ali, se prennent au jeu de la &lt;em&gt;&#171; transition d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt; et se voient d&#233;j&#224; passer d'opposants syndicaux &#224; responsables. L'opposition de gauche dans l'UGTT est donc aujourd'hui tr&#232;s divis&#233;e sur l'attitude &#224; adopter. D'apr&#232;s des militants ouvriers, elle &#233;tait plus efficace sous l'ancien r&#233;gime !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la classe ouvri&#232;re tunisienne, qui profite d&#233;j&#224; de l'agitation pour relever la t&#234;te, pourrait bien s'organiser et s'imposer sur le terrain politique en bousculant ceux qui pr&#233;tendent aujourd'hui la repr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 juin 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH204/democratie-ac7f7.png?1787895049' width='400' height='204' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Les principaux partis cit&#233;s&lt;/h2&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Ennahdha&lt;/strong&gt; : les islamistes, se revendiquant du parti gouvernemental turc, l'AKP.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;PDP (Parti D&#233;mocrate Progressiste)&lt;/strong&gt; : un des principaux partis de l'opposition l&#233;gale sous Ben Ali. A particip&#233; au gouvernement de Ghannouchi.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Ettajdid&lt;/strong&gt; : ancien Parti Communiste, d&#233;sormais d&#233;mocrate bourgeois. A particip&#233; au gouvernement de Ghannouchi.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;PTPD (Parti du Travail Patriotique et D&#233;mocratique) &lt;/strong&gt; : nationalistes dits progressistes, ses militants ont de nombreux postes de direction dans l'UGTT, dont ils animaient l'aile oppositionnelle sous Ben Ali.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;PCOT (Parti Communiste des Ouvriers Tunisiens) &lt;/strong&gt; : de tradition mao&#239;ste &#171; pro-albanais &#187;, ce parti a surv&#233;cu vingt-trois ans dans la clandestinit&#233; sous Ben Ali, organisant un millier de militants et &#233;ditant un journal interdit, &lt;em&gt;La voie du peuple. &lt;/em&gt;Son leader, Hamma Hammami est un opposant historique tr&#232;s connu en Tunisie.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;LGO (Ligue de la Gauche Ouvri&#232;re) &lt;/strong&gt; : petite organisation trotskiste fond&#233;e en janvier, li&#233;e &#224; la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale (SU).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb11-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Front qui regroupe diff&#233;rents partis se revendiquant de la classe ouvri&#232;re comme le PCOT, la LGO, mais aussi les nationalistes du PTPD, les Baasistes, les Nass&#233;riens et quelques associations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Tunisie-Egypte-Lybie-Algerie-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir &lt;em&gt;Convergences R&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; n&#176;74&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est notamment la ligne du PCOT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#8230;ainsi que la petite LGO.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le Temps&lt;/em&gt;, 6 mai.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le Temps&lt;/em&gt;, 20 mai.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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