<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L144xH18/siteon0-6badf.png?1787993460</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>18</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Lear &#8212; Oise (&#233;quipementier automobile, PSA) : un combat de 11 semaines
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Lear-Oise-equipementier-automobile-PSA-un-combat-de-11-semaines</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Lear-Oise-equipementier-automobile-PSA-un-combat-de-11-semaines</guid>
		<dc:date>2009-07-03T14:05:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Lear
</dc:subject>

		<description>Les ouvriers de Lear &#224; Lagny-le-sec, dans l'Oise, en gr&#232;ve depuis le 6 avril, ont cess&#233; le conflit le 18 juin. Onze semaines de gr&#232;ve et, pour finir, un accord qui pr&#233;voit, pour les travailleurs qui acceptent d'aller travailler dans l'usine de si&#232;ges de Cergy, 18 500 euros de prime et la garantie de leur salaire actuel (ils auraient sinon perdu entre 280 et 400 euros par mois sans la gr&#232;ve), pour ceux qui quittent l'entreprise 23 500 euros de prime en plus des indemnit&#233;s l&#233;gales de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-64-juillet-aout-2009-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 64, juillet-ao&#251;t 2009
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Licenciements-+" rel="tag"&gt;Licenciements
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Lear-+" rel="tag"&gt;Lear
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les ouvriers de Lear &#224; Lagny-le-sec, dans l'Oise, en gr&#232;ve depuis le 6 avril, ont cess&#233; le conflit le 18 juin. Onze semaines de gr&#232;ve et, pour finir, un accord qui pr&#233;voit, pour les travailleurs qui acceptent d'aller travailler dans l'usine de si&#232;ges de Cergy, 18 500 euros de prime et la garantie de leur salaire actuel (ils auraient sinon perdu entre 280 et 400 euros par mois sans la gr&#232;ve), pour ceux qui quittent l'entreprise 23 500 euros de prime en plus des indemnit&#233;s l&#233;gales de licenciement. La direction annule 15 licenciements pour faute lourde qu'elle avait d&#233;cid&#233;s pendant la gr&#232;ve. Une centaine de gr&#233;vistes ont par ailleurs constitu&#233; des dossiers en justice pour attaquer cette la direction pour d&#233;faut de PSE (plan social).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut appara&#238;tre peu de choses, surtout pour faire face au ch&#244;mage. Mais c'est quand m&#234;me plus que ce que les ouvriers auraient eu s'ils s'&#233;taient laiss&#233; faire, notamment pour ceux qui seraient partis &#224; Cergy avec une &#233;norme perte sur leur salaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;PSA en premi&#232;re ligne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Surtout, les 175 gr&#233;vistes (dont 80 tr&#232;s actifs), organis&#233;s en AG souveraines chaque jour et en comit&#233; de gr&#232;ve &#233;lu, peuvent &#234;tre fiers d'avoir tenu la drag&#233;e haute non seulement &#224; Lear mais au groupe PSA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, derri&#232;re Lear, c'est PSA qui est aux manettes. C'est le donneur d'ordres qui d&#233;cide aujourd'hui d'une vaste restructuration de toute sa fili&#232;re de production, y compris en dictant la fermeture d'usines chez les sous-traitants, tout en recevant 3,5 milliards d'euros de l'&#201;tat en &#233;change&#8230; de la promesse de ne pas fermer de sites en France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs conflits ont &#233;clat&#233; chez les sous-traitants, mena&#231;ant parfois l'approvisionnement et donc la production des usines du groupe. Parfois, PSA a l&#226;ch&#233; du lest. Ainsi, &#224; Faurecia Auchel (propri&#233;t&#233; &#224; 71 % de PSA) dans le Nord : apr&#232;s un conflit de presque un mois, avec interventions de policiers et de vigiles, une centaine de postes (sur 500) ont &#233;t&#233; maintenus et une prime extra-l&#233;gale de 50 000 euros net accord&#233;e. Mais, pour Lear, la direction de PSA a d&#233;cid&#233; de ne pas c&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une intransigeance qui lui a pourtant co&#251;t&#233; cher. Jusqu'&#224; 18 000 v&#233;hicules ont &#233;t&#233; produits sans si&#232;ges par l'usine d'Aulnay. La direction a d&#233;pens&#233; des sommes consid&#233;rables pour faire venir des si&#232;ges de Madrid ou faire monter des si&#232;ges hauts de gamme sur ses v&#233;hicules bas de gamme, d&#233;rogeant ainsi aux normes ISO. Les concessionnaires ont d&#251; faire patienter tous les clients ne voyant toujours pas venir leurs voitures. Aujourd'hui encore, la direction de l'usine d'Aulnay veut entretenir des &#233;quipes d'int&#233;rimaires pour monter des si&#232;ges jusqu'au mois d'ao&#251;t inclus pour rattraper son retard. Au total PSA et Lear ont probablement davantage d&#233;pens&#233; pour battre la gr&#232;ve que s'ils avaient accord&#233; les indemnit&#233;s demand&#233;es (40 000 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette hargne patronale, qui s'est traduite aussi par l'envoi de 25 vigiles &#224; Lagny, les Lear ont tent&#233; tout ce qui &#233;tait &#224; leur port&#233;e. Le probl&#232;me est que, dans les premi&#232;res semaines, ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; &#233;tendre leur mouvement &#224; l'usine Lear de Cergy. Celle-ci fonctionnait &#224; plein r&#233;gime, l'&#233;quipe syndicale CGT avait d'ailleurs &#233;t&#233; enti&#232;rement licenci&#233;e peu avant sous pr&#233;texte de faute lourde, et les Lear de Lagny &#233;taient trop peu nombreux pour r&#233;ussir une manifestation impressionnante devant Cergy, encore moins pour p&#233;n&#233;trer &#224; l'int&#233;rieur de l'usine. Ils se sont aussi cherch&#233; des alli&#233;s en allant voir d'autres entreprises soumises comme la leur aux fermetures et licenciements. Mais ils se sont assez vite retrouv&#233;s seuls &#224; se battre dans leur secteur g&#233;ographique, aux c&#244;t&#233;s bien s&#251;r des salari&#233;s de Continental, leurs premiers alli&#233;s, Kuhne-Nagel et Sodimatex, ayant repris le travail d&#233;but mai.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une combativit&#233; exceptionnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais, loin de se d&#233;courager, les gr&#233;vistes ont fait preuve d'une combativit&#233; exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se sont battus aux c&#244;t&#233;s des Conti. Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai, le 26 mai, ils ont manifest&#233; &#224; Compi&#232;gne avec eux. Le 18 mai ils sont venus devant la Bourse &#224; Paris, pour aider les Conti &#224; faire pression sur les n&#233;gociations devant d&#233;buter le lendemain &#224; Francfort. Auparavant, 120 Conti avaient donn&#233; un coup de main aux Lear en les accompagnant devant la sous-pr&#233;fecture de Senlis pour r&#233;clamer des comptes au sous-pr&#233;fet Schmidt, qui a envoy&#233; les gendarmes mobiles pour &#171; prot&#233;ger l'usine &#187; de Lagny et contraindre les piquets &#224; lever le blocage des entr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, les Lear ont cherch&#233; &#224; maintenir la pression sur PSA. Le 3 juin, ils se sont rendus en manifestation &#224; l'AG des actionnaires du groupe, rue de la Grande-Arm&#233;e &#224; Paris, afin de d&#233;noncer la fa&#231;on dont le groupe supprime partout des emplois pour pouvoir continuer tranquillement d'engraisser ses actionnaires, &#224; commencer par la richissime famille Peugeot. Pendant une heure nos braves rentiers ont d&#251; contourner le b&#226;timent et s'infiltrer par une petite porte, &#224; l'abri des forces de police, pour aller c&#233;l&#233;brer leur grand'messe du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Lear se sont aussi rendus plusieurs fois devant l'usine d'Aulnay. Le 2 juin, la direction de l'usine, DRH en t&#234;te, s'est approch&#233;e un peu trop pr&#232;s des manifestants derri&#232;re les grilles. Dommage pour leurs costumes. Un jet de 300 &#339;ufs bien frais les a accueillis dignement. Autre bon tour pour faire enrager la direction de PSA : les Lear, avec le soutien d'Arlette Laguiller, sont all&#233;s au-devant des clients de PSA, aux succursales commerciales de Pantin et de Porte d'Italie, leur expliquer pourquoi leurs voitures n'&#233;taient toujours pas l&#224;. Tr&#232;s bon accueil, y compris des garagistes et des commerciaux des succursales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Deux politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Convaincus que seule une conjonction des luttes pourra changer vraiment le rapport de force, ils ne se sont pas fait prier non plus pour se joindre aux Molex de Toulouse, autres sous-traitants de PSA. Sur proposition du secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT des m&#233;taux, Ducret, les Lear et des d&#233;l&#233;gations CGT de PSA Aulnay et Saint Ouen sont venus les accueillir &#224; la gare d'Austerlitz et les ont accompagn&#233;s jusqu'&#224; Bercy. Ce jour-l&#224;, dans une ambiance fraternelle, les Lear ont pourtant eu l'occasion de mesurer l'&#233;cart entre leur politique&#8230; et celle de la direction nationale de la CGT. Sous les yeux un peu &#233;bahis des Lear, des militants CGT de PSA, et d'Olivier Besancenot venu soutenir lui-aussi, Ducret a &#171; interpell&#233; &#187; (pour la millioni&#232;me fois ?) les pouvoirs publics dans sa prise de parole. En substance : le gouvernement fran&#231;ais a dit vouloir verser des milliards pour d&#233;fendre l'emploi fran&#231;ais, les investissements fran&#231;ais, dans les entreprises fran&#231;aises, il doit tenir parole et imposer que son argent serve r&#233;ellement &#224; cela&#8230; Un discours assez radicalement&#8230; patriotique, demandant au gouvernement de tenir les promesses qu'il foule au pied depuis le d&#233;but de la crise, alors que le probl&#232;me de l'heure n'est certes pas de pleurnicher ou d'interpeller le pouvoir, mais de cr&#233;er un rapport de forces. Ne serait-ce qu'avec les deux millions de travailleurs de la m&#233;tallurgie que compte le pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin, les Lear manifestaient &#224; nouveau &#224; Compi&#232;gne, cette fois avec les Conti et les Goodyear d'Amiens, en lutte contre 820 licenciements (sur les 1 400 emplois que compte encore leur usine). Ambiance combative pour cette quatri&#232;me manifestation commune des salari&#233;s du pneu en quinze jours ! Apr&#232;s un barbecue g&#233;ant, 250 Continental, 700 Goodyear, une soixantaine de Lear, plus un millier de manifestants venus les soutenir, ont d&#233;fil&#233; dans les art&#232;res bourgeoises du centre-ville apr&#232;s avoir br&#251;l&#233; deux cents pneus sur le pont au-dessus de l'Oise. Entre les Conti et les Goodyear, il y a comme un passage de t&#233;moin. Entre des Conti p&#234;chus, car satisfaits d'avoir arrach&#233; &#224; leur patron bien plus d'argent que les miettes qui leur &#233;taient donn&#233;es au d&#233;part, et des Goodyear p&#234;chus, car tr&#232;s en col&#232;re, tr&#232;s d&#233;termin&#233;s. Apr&#232;s la prise de parole fraternelle de Xavier Mathieu de Continental, un des responsables de la CGT de Goodyear affirme son souhait de suivre l'exemple des Conti, de faire preuve de la m&#234;me combativit&#233;. Il pr&#233;cise aussi : on va essayer non seulement d'arracher du fric comme vous, mais aussi de sauver nos emplois. C'est notre priorit&#233;. Et comme on n'y arrivera pas sans le tous ensemble, alors le tous ensemble on va essayer de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un clou enfonc&#233; juste apr&#232;s par un des membres du comit&#233; de gr&#232;ve des Lear qui, en racontant leurs longues semaines de lutte, a suscit&#233; l'&#233;motion de tous les travailleurs pr&#233;sents &#224; la manif. Avec un avertissement : &lt;em&gt; &#171; Si vous restez isol&#233;s comme nous, vous n'aurez que des miettes. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'effectivement la lutte actuelle, bien r&#233;elle, des &#233;quipementiers de l'automobile, pour ne prendre que l'exemple de ce secteur, a quelque chose d'absurde dans son &#233;miettement. Depuis des mois, des conflits ont &#233;clat&#233; chez Visteon (Belfort) et ThyssenKrupp (Orne) sur les salaires, et puis contre les licenciements chez Faurecia Auchel (Nord), Faurecia Mompatelise (Vosges), Molex, Sodimatex, Tr&#232;ves, Accuments, Fulmen, Sachs, Sonas, Valeo, Inoplast, Rencast, Livbag, Simoldes&#8230; Liste non exhaustive ! Unifier toutes ces r&#233;voltes, ce sera l'enjeu essentiel des mois &#224; venir. Cela ne pourra &#234;tre l'&#339;uvre que des travailleurs en lutte eux-m&#234;mes, et des &#233;quipes militantes qui sont r&#233;ellement &#224; leur service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 juin 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles BOCCARA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH273/coursK-a9ea2.png?1788798994' width='400' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Dans l'Oise, la gr&#232;ve des Lear contre leur patron&#8230; et PSA
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Dans-l-Oise-la-greve-des-Lear-contre-leur-patron-et-PSA</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Dans-l-Oise-la-greve-des-Lear-contre-leur-patron-et-PSA</guid>
		<dc:date>2009-04-30T21:39:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>PSA
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Lear
</dc:subject>

		<description>&#192; Lagny-le-sec, dans l'Oise, les salari&#233;s de Lear se sont mis en gr&#232;ve le 6 avril contre un patron qui pr&#233;tend fermer leur usine de si&#232;ges automobile en ne leur accordant que des miettes, avec la complicit&#233; du constructeur PSA. Au moment o&#249; nous &#233;crivons la gr&#232;ve dure depuis plus de deux semaines et on n'en conna&#238;t pas l'issue. Mais en deux semaines, ceux de Lear ont d&#233;j&#224; appris, et montr&#233;, bien des choses. &lt;br /&gt;En f&#233;vrier ils avaient d&#233;j&#224; fait trois semaines de gr&#232;ve ! Le groupe&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-63-mai-juin-2009-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 63, mai-juin 2009
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-PSA-+" rel="tag"&gt;PSA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Licenciements-+" rel="tag"&gt;Licenciements
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Lear-+" rel="tag"&gt;Lear
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Lagny-le-sec, dans l'Oise, les salari&#233;s de Lear se sont mis en gr&#232;ve le 6 avril contre un patron qui pr&#233;tend fermer leur usine de si&#232;ges automobile en ne leur accordant que des miettes, avec la complicit&#233; du constructeur PSA. Au moment o&#249; nous &#233;crivons la gr&#232;ve dure depuis plus de deux semaines et on n'en conna&#238;t pas l'issue. Mais en deux semaines, ceux de Lear ont d&#233;j&#224; appris, et montr&#233;, bien des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier ils avaient d&#233;j&#224; fait trois semaines de gr&#232;ve ! Le groupe am&#233;ricain Lear Corporation venait d'annoncer sa volont&#233; de fermer l'usine de Lagny (fournissant Citro&#235;n Aulnay en si&#232;ges) pour concentrer la production sur le site de Cergy (approvisionnant Poissy). Les 320 salari&#233;s ont le &#171; choix &#187; entre aller travailler 100 kilom&#232;tres plus loin &#224; Cergy ou prendre la porte. Le 13 f&#233;vrier les repr&#233;sentants syndicaux CFDT, CGT et FO signent un accord avec le patron&#8230; dans le dos des salari&#233;s. Est convenue une prime de 15 000 euros (10 000 vers&#233;s en acompte) en &#233;change de la reprise du travail jusqu'&#224; la fermeture en d&#233;cembre&#8230; et puis c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 avril, le DRH envoie une lettre aux ouvriers sur le passage &#233;ventuel &#224; Cergy&#8230; et leur apprend l'&#233;tendue des d&#233;g&#226;ts : ils perdraient entre 200 et 380 euros sur leur salaire fixe ! La col&#232;re explose, les d&#233;l&#233;gu&#233;s tra&#238;tres prennent la poudre d'escampette, et le lundi 6 avril, 80 % des travailleurs se retrouvent en gr&#232;ve, bloquent l'usine, enflamment palettes et pneus, et d&#233;clarent la guerre au patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier jour de la gr&#232;ve, des revendications sont fix&#233;es : pour ceux qui veulent partir (tant ils en ont assez des conditions de travail chez Lear !) une prime de 40 000 euros nets en plus d'un mois de salaire par ann&#233;e d'anciennet&#233;. Pour ceux qui veulent aller &#224; Cergy, aucune perte de salaire (et deux mois &#171; d'essai &#187; pour tester &#224; Cergy s'ils veulent effectivement y faire de vieux os ou plut&#244;t empocher la prime de d&#233;part).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;D&#233;mocratie directe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais comment s'organiser ? Et ne pas se faire trahir &#224; nouveau par de soi-disant repr&#233;sentants ? En 2007, quand 500 travailleurs de Citro&#235;n Aulnay avaient fait gr&#232;ve pour exiger 300 euros d'augmentation, les Lear s'&#233;taient &#233;galement mobilis&#233;s pendant une semaine sur les salaires, et ils avaient alors fait un bout de route (et une manif tout autour de l'Arc de triomphe &#224; Paris) avec ceux d'Aulnay, l'usine donneuse d'ordre. Alors il para&#238;t tout naturel de demander l'aide de l'&#233;quipe CGT d'Aulnay, qui ne se fait pas prier pour venir donner un bon coup de main (&#224; commencer par des militants de Lutte Ouvri&#232;re et en plus petit nombre de la Fraction l'&#201;tincelle de LO, qui l'animent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e s'impose vite qu'il faut instaurer une v&#233;ritable d&#233;mocratie directe dans la bagarre : l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des travailleurs qui se r&#233;unit chaque jour (avec jusqu'&#224; 80 travailleurs pr&#233;sents) doit d&#233;cider de tout contr&#244;ler. Un comit&#233; de gr&#232;ve est &#233;lu le matin du deuxi&#232;me jour de la gr&#232;ve, comprenant de nouveaux responsables syndicaux, mais aussi d'autres gr&#233;vistes, y compris des non syndiqu&#233;s. Le comit&#233; de gr&#232;ve, qui va se r&#233;unir chaque jour, est plac&#233; sous le contr&#244;le quotidien de l'AG. Histoire d&#233;j&#224; d'&#233;viter les m&#233;saventures de f&#233;vrier. Histoire aussi d'impliquer le plus de monde possible dans la r&#233;flexion et dans une gr&#232;ve active.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les alli&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes vont aussi r&#233;aliser peu &#224; peu une deuxi&#232;me chose : pour gagner, il faut ne pas se contenter de transformer son entreprise en une sorte de ch&#226;teau fort du Moyen-&#226;ge encercl&#233; de piquets de gr&#232;ve permanents (m&#234;me s'il est vrai que la Grande Jacquerie du Moyen-&#226;ge d&#233;buta dans ces contr&#233;es du sud de la Picardie). Il faut absolument se trouver des alli&#233;s. D'autant plus que le mouvement ne s'est pas &#233;tendu &#224; l'autre usine de Lear, &#224; Cergy, qui elle n'est pas concern&#233;e par les suppressions d'emplois, doit r&#233;cup&#233;rer leur production et o&#249; une grande partie des d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT ont &#233;t&#233; licenci&#233;s &#224; la suite d'un blocage plusieurs mois auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes d&#233;cident donc de s'adresser &#224; d'autres travailleurs en butte aux attaques patronales. Or malheureusement, autour d'eux, cela ne manque pas. L'Oise compte 3 000 ch&#244;meurs en plus chaque mois. Les fermetures, licenciements, ch&#244;mages partiels tombent en cascade. Continental &#224; Clairoix bien s&#251;r, mais aussi les amortisseurs Sachs, l'usine de tapis de sol de voitures Tr&#232;ves-Sodimatex (premier groupe &#224; recevoir des aides du fonds d'investissement de l'&#201;tat, 55 millions d'euros, qui n'emp&#234;chent pas l'annonce de la fermeture de deux usines !), CIE Automotive, la plate-forme logistique du groupe Kuehne-Nagel, l'usine de transmissions Bosch &#224; Beauvais, l'usine Mittal-Arcelor de Montataire&#8230; Les gr&#233;vistes vont donc prendre contact au fil des jours avec les &#171; Conti &#187; (le dimanche 12 avril des ouvriers de Lear les rejoignent sur le parcours de la course Paris-Roubaix pour faire conna&#238;tre leur mouvement, et rappeler les pav&#233;s de mai 68 au souvenir des pav&#233;s du Nord). Puis ils envoient des d&#233;l&#233;gations vers diff&#233;rentes entreprises de la r&#233;gion. Pour gagner il faut f&#233;d&#233;rer les bo&#238;tes et les luttes. C'est comme &#231;a que viendra le rapport de forces, et pourquoi pas la mobilisation de la population autour des ouvriers en lutte !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des t&#234;tes pensantes plut&#244;t pesantes &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une id&#233;e simple, mais si les gr&#233;vistes de Lear s'en sont bien empar&#233;s, ce n'est semble-t-il pas le cas des dirigeants des syndicats du d&#233;partement : CGT, FO, CFDT, CFTC, ils b&#233;nissent de loin toutes ces luttes, mais ne prennent pas d'initiative pour les unifier. Bien au contraire : apr&#232;s avoir organis&#233; 3 manifestations diff&#233;rentes dans le d&#233;partement le 19 mars, l'intersyndicale de l'Oise lance la fabuleuse initiative de 4 manifs au m&#234;me moment, toutes &#224; 10 heures du matin, pour le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai. &#192; Compi&#232;gne (o&#249; il ne faudrait pas que les Conti en entra&#238;nent d'autres autour d'eux), &#224; Beauvais, &#224; Creil, et dans la paisible petite ville de M&#233;ru&#8230; o&#249; il s'agit pour les t&#234;tes pensantes syndicales de comm&#233;morer dignement le centi&#232;me anniversaire de la gr&#232;ve des boutonniers (comme l'explique tr&#232;s s&#233;rieusement &lt;em&gt; &#171; l'appel de l'intersyndicale interprofessionnelle de l'Oise pour r&#233;ussir un 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai massif &#187; &lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de ces man&#339;uvres mesquines, les boutonniers modernes, les Lear, travaillent quant &#224; eux &#224; populariser leur mouvement et rompre leur isolement, malgr&#233; des forces limit&#233;es en nombre. Bien entendu, il faut aussi mettre la pression sur le donneur d'ordre, le client, le groupe PSA, qui tire en r&#233;alit&#233; les ficelles de tout ce petit jeu de fermetures, restructurations, course &#224; la productivit&#233; et aux bas co&#251;ts. Au point qu'il devient de plus en plus clair que ce sont des responsables de PSA qui g&#232;rent directement le conflit chez Lear et sont &#224; la man&#339;uvre !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La dynastie Peugeot peut payer &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 16 avril, les Lear prennent la route nationale 2 et au terme d'une longue op&#233;ration escargot, viennent manifester devant l'usine d'Aulnay accompagn&#233;s de travailleurs de Tr&#232;ves et de Kuehne-Nagel. Une petite centaine de manifestants en tout, accueillis par une cinquantaine de travailleurs de PSA qui ont d&#233;bray&#233; pour les soutenir. Tous ensemble ils adressent un message clair &#224; la direction du constructeur et &#224; ses actionnaires, &#224; commencer par la dynastie Peugeot : ils sont d&#233;cid&#233;s &#224; aller jusqu'au bout, et savent que PSA peut payer (avec ses 10 milliards d'euros de b&#233;n&#233;fices encaiss&#233;s au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es). Au passage les Lear ont pu admirer les parcs d'Aulnay, d&#233;j&#224; presque satur&#233;s par des milliers de v&#233;hicules sans si&#232;ges et invendables. &#192; moins que PSA ne commercialise un nouveau mod&#232;le de crise avec si&#232;ges en option ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, le TGI d'Amiens donne sa r&#233;ponse &#224; la plainte de la direction de Lear contre le blocage de l'usine. Comme pour Caterpillar Grenoble, la &#171; Justice &#187; condamne les gr&#233;vistes &#224; cesser le blocage et &#233;vacuer. Mais sans donner d'astreinte&#8230; et le sous-pr&#233;fet de l'Oise t&#233;l&#233;phone alors pour promettre qu'il ne fera pas donner les forces de police s'il n'y a pas de violence. Grosse satisfaction pour les gr&#233;vistes : ils se rendent compte qu'ils font peur aux autorit&#233;s, inqui&#232;tes d'une &#233;ventuelle &#233;meute, de la mauvaise pub, d'un effet de contagion !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La lutte continue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la deuxi&#232;me semaine de conflit, la direction fait mine de n&#233;gocier, mais en essayant d'&#233;carter le comit&#233; de gr&#232;ve pour ne discuter qu'avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux, de diviser les gr&#233;vistes en parlant de garanties donn&#233;es &#224; ceux qui iraient &#224; Cergy sans discuter de la revendication des 40 000 euros. Elle propose le vendredi 17 avril (provocation ou incompr&#233;hension compl&#232;te de l'&#233;tat d'esprit des salari&#233;s ?) une prime de 700 euros pour la reprise du travail. Les gr&#233;vistes ont rejet&#233; tout cela, et loin de baisser les bras, lundi 20 avril ils ont fait une op&#233;ration &#171; p&#233;age gratuit &#187; sur l'autoroute pr&#232;s de Senlis, et r&#233;colt&#233; 1 600 euros des automobilistes en guise de soutien. Puis, le 22 avril, afin de maintenir la pression sur le donneur d'ordre, ils ont bloqu&#233; la d&#233;partementale qui dessert l'usine d'Aulnay, retardant ainsi d'une demi-heure l'embauche de l'&#233;quipe du soir. Malgr&#233; la fermet&#233; affich&#233;e par PSA et Lear, la gr&#232;ve continue donc. Apr&#232;s tout, suite au pr&#233;c&#233;dent accord pourri du 13 f&#233;vrier, ils ont re&#231;u chacun sur leur compte en mars 10 000 euros. C'est un tr&#233;sor de guerre pour continuer leur combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 23 avril 2009&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles BOCARRA et Bernard RUDELLI &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
