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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Nouvelle vague f&#233;ministe en Am&#233;rique latine : la lutte pour le droit &#224; l'avortement et contre les violences patriarcales
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		<dc:date>2022-06-28T15:48:30Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Droits des femmes
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		<dc:subject>IVG
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine a vu fleurir ces derni&#232;res ann&#233;es des mouvements f&#233;ministes massifs qui ont d&#233;bouch&#233; sur des assouplissements des restrictions concernant l'avortement, voire sa l&#233;galisation, comme cela a r&#233;cemment &#233;t&#233; le cas en Argentine. Mais ces mouvements, &#224; l'&#339;uvre dans plusieurs pays (Chili, Uruguay, P&#233;rou, Colombie, Argentine, Mexique), sont loin de se limiter &#224; des manifestations en faveur de l'IVG. Ils s'&#233;tendent &#224; l'ensemble des violences patriarcales, elles-m&#234;mes li&#233;es aux politiques men&#233;es par les &#201;tats qui accompagnent des dynamiques &#233;conomiques alimentant un climat d'extr&#234;me violence. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-USA-droit-des-femmes-50-ans-en-arriere-593-" rel="directory"&gt;USA : droit des femmes&#8230; 50 ans en arri&#232;re !
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Droits-des-femmes-+" rel="tag"&gt;Droits des femmes
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton18588-b352a.jpg?1788794764' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : manifestation en Argentine)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine a vu fleurir ces derni&#232;res ann&#233;es des mouvements f&#233;ministes massifs qui ont d&#233;bouch&#233; sur des assouplissements des restrictions concernant l'avortement, voire sa l&#233;galisation, comme cela a r&#233;cemment &#233;t&#233; le cas en Argentine. Mais ces mouvements, &#224; l'&#339;uvre dans plusieurs pays (Chili, Uruguay, P&#233;rou, Colombie, Argentine, Mexique), sont loin de se limiter &#224; des manifestations en faveur de l'IVG. Ils s'&#233;tendent &#224; l'ensemble des violences patriarcales, elles-m&#234;mes li&#233;es aux politiques men&#233;es par les &#201;tats qui accompagnent des dynamiques &#233;conomiques alimentant un climat d'extr&#234;me violence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Les progr&#232;s obtenus sur le droit &#224; l'avortement en Am&#233;rique latine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Permettre en 2020 aux femmes de disposer de leur propre corps en imposant la l&#233;galisation de l'IVG, c'est l'aboutissement d'une lutte de quarante ans des femmes argentines, lutte d&#233;marr&#233;e dans les ann&#233;es 1980 et qui s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 2000 avec la cr&#233;ation en 2005 de la Campagne nationale pour le droit &#224; l'avortement. Ce mouvement a &#233;t&#233; marqu&#233; par la participation, dans de tr&#232;s nombreuses villes, de jeunes femmes, &#171; las pibas &#187;, qui ont rev&#234;tu &#224; partir de 2018 un foulard vert, oppos&#233; aux foulards bleus de l'&#201;glise catholique, tr&#232;s puissante dans le pays, qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; appeler elle aussi &#224; des manifestations massives. Par leur combat de longue haleine, les Argentines ont forc&#233; la main du pr&#233;sident Alberto Fernandez dont une des promesses de campagne &#233;tait le droit &#224; l'avortement mais qui n'aurait jamais pu r&#233;sister &#224; la pression de l'&#201;glise catholique &#8211; et aussi, de plus en plus, &#224; celle des &#201;glises &#233;vang&#233;liques &#8211; sans la mobilisation de centaines de milliers de femmes d&#233;termin&#233;es &#224; imposer ce droit. Apr&#232;s un &#233;chec de justesse de la l&#233;galisation en 2018, l'Argentine est ainsi devenue le troisi&#232;me pays, apr&#232;s l'Uruguay et Cuba, &#224; l&#233;galiser l'avortement sans condition. Avant la l&#233;galisation de l'IVG en 2020, selon les ONG, 500 000 femmes avaient recours en Argentine aux avortements clandestins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement de lib&#233;ralisation s'inscrit dans une avanc&#233;e &#224; l'&#233;chelle du continent avec, par exemple, la d&#233;p&#233;nalisation de l'avortement au Mexique en 2021 et en Colombie l'ann&#233;e suivante. Il a fortement contribu&#233; &#224; redonner confiance aux femmes dans leurs propres forces et s'inscrit de fait dans un contexte social de plus en plus tendu, qui a vu appara&#238;tre de nombreuses r&#233;voltes sur le sous-continent depuis 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la guerre &#224; mener au syst&#232;me patriarcal qui alimente la violence et les oppressions est encore longue. La loi impos&#233;e par les &#171; foulards verts &#187; est limit&#233;e, comme en France et dans d'autres pays, par la clause de conscience. Celle-ci permet &#224; un membre du corps m&#233;dical de ne pas accomplir l'acte qui lui est demand&#233; au nom de raisons personnelles ou morales pouvant relever de croyances religieuses. Par ailleurs, cette l&#233;galisation de l'avortement en Argentine concerne les 14 premi&#232;res semaines de grossesse, ce qui peut, si cette limite est enfreinte, d&#233;boucher sur l'emprisonnement des femmes concern&#233;es. C'est bien le reflet du pouvoir de l'&#201;glise catholique et de ses id&#233;es obscurantistes, dans un pays o&#249; elle est encore financ&#233;e par l'&#201;tat. Les catholiques comme les &#233;vang&#233;liques sont par ailleurs profond&#233;ment d&#233;termin&#233;s &#224; revenir sur ces avanc&#233;es substantielles. Il faut &#224; ce titre rappeler que les manifestants aux foulards bleus, qui d&#233;filent r&#233;guli&#232;rement contre l'application de cette loi, &#233;taient &#233;galement hostiles aux avortements pratiqu&#233;s en urgence, lorsque la vie de la femme enceinte est en danger, ou lorsque la grossesse est issue d'un viol. Avant la l&#233;galisation de l'avortement, un cas qui avait enflamm&#233; les d&#233;bats en 2019, en pleine lutte pour la l&#233;galisation de l'IVG, &#233;tait celui d'une enfant de onze ans victime de viol, qui avait subi une c&#233;sarienne au lieu d'un avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de l'acc&#232;s &#224; l'avortement l&#233;gal, qui entra&#238;ne des pr&#233;judices associ&#233;s &#224; une maternit&#233; forc&#233;e et &#224; un avortement clandestin dangereux, n'est qu'une forme r&#233;pandue de violence contre les femmes pratiqu&#233;es par le personnel m&#233;dical. R&#233;cemment, la revue m&#233;dicale &lt;em&gt;The Lancet&lt;/em&gt; rappelait que, dans l'Am&#233;rique latine du milieu &#224; la fin du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, certains types de ces violences gyn&#233;cologiques et obst&#233;tricales se produisaient dans le contexte plus g&#233;n&#233;ral d'une terreur politique organis&#233;e&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Obstetric violence in historical perspective &#187;, The Lancet, vol. 399, juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les dictatures militaires se sont illustr&#233;es par l'enl&#232;vement, la torture et l'assassinat de milliers de personnes, et des responsables militaires ont commis des actes de violence sexuelle contre les personnes d&#233;tenues ; les enfants n&#233;s de femmes d&#233;tenues &#233;taient presque toujours confisqu&#233;s et &#233;lev&#233;s par des familles qui soutenaient le r&#233;gime au pouvoir. Dans ce contexte, les autorit&#233;s ont eu recours &#224; la violence pour terroriser les femmes enceintes et rompre leurs liens de parent&#233;. Certaines de ces formes de violence ont persist&#233; au XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Une &#233;tude de 2017 portant sur 1 528 femmes dans des h&#244;pitaux p&#233;ruviens a r&#233;v&#233;l&#233; qu'environ 97 % d'entre elles avaient rencontr&#233; au moins une forme de manque de respect et d'abus lors de leur accouchement, les soins attentant &#224; leur dignit&#233; et non consentis &#233;tant les plus courants. L'&#233;tude nous apprend aussi qu'environ 55 % des femmes ont subi au moins quatre cat&#233;gories simultan&#233;es de mauvais traitements. On notera &#233;galement que ces violences sont plus fr&#233;quentes dans les r&#233;gions &#224; forte population autochtone. Plus encore qu'ailleurs, les violences sociales qui touchent l'ensemble des masses pauvres d'Am&#233;rique latine sont aggrav&#233;es par l'appartenance &#224; une cat&#233;gorie ethnique marginalis&#233;e de la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un mouvement qui s'&#233;tend &#224; la question des violences de genre et des f&#233;minicides&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la flamb&#233;e de mobilisations de femmes dans les pays d'Am&#233;rique du Sud d&#233;passe de loin le probl&#232;me du contr&#244;le des corps li&#233; aux violences gyn&#233;cologiques et obst&#233;tricales. Les femmes, majoritairement issues des classes populaires, sont nombreuses &#224; d&#233;noncer un syst&#232;me politique, social et &#233;conomique qui permet de laisser prosp&#233;rer les rapports patriarcaux et les violences faites contre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques de restriction budg&#233;taire li&#233;es aux secousses de l'&#233;conomie des pays d'Am&#233;rique latine dans la derni&#232;re d&#233;cennie &#8211; avec l'aggravation du taux de ch&#244;mage et le niveau des salaires qui ne permet pas de joindre les deux bouts &#8211; ont aggrav&#233; la situation des femmes dans les immenses quartiers populaires des villes d'Am&#233;rique latine. Ces derniers sont gangren&#233;s par le trafic ill&#233;gal, le d&#233;veloppement de la p&#232;gre et sont touch&#233;s par un regain de violences. Les femmes en sont les premi&#232;res victimes, dans la rue et dans leurs relations conjugales. Elles sont les premi&#232;res touch&#233;es par la violence sociale que repr&#233;sente la pr&#233;carit&#233; des emplois, mais elles d&#233;noncent &#233;galement cette forme de violence que repr&#233;sente le recul des services publics dans les secteurs de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et des soins, recul qui aboutit &#224; une intensification du travail domestique. Cette nouvelle vague f&#233;ministe, en d&#233;non&#231;ant la crise &#233;conomique, donne &#224; ce mouvement une dimension massive et politique qui vise directement des gouvernements d&#233;missionnaires par rapport aux probl&#232;mes sociaux. Les femmes qui se battent actuellement en Am&#233;rique du Sud s'en prennent aux gouvernements, de gauche comme de droite, qui n'ont fait qu'aggraver les probl&#232;mes que connaissent les classes populaires. Les femmes pauvres participent donc actuellement aux luttes des travailleurs pour leur &#233;mancipation dans la mesure o&#249; elles incluent leurs revendications dans des perspectives qui concernent l'ensemble des classes populaires, y compris les millions de ch&#244;meurs que comptent les soci&#233;t&#233;s d'Am&#233;rique latine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, lire sur notre site un r&#233;cent article sur les mobilisations de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question des f&#233;minicides a une acuit&#233; particuli&#232;re dans ces pays o&#249; c'est par dizaines de milliers que se comptent les meurtres ou les tentatives d'assassinats de femmes. N&#233; en 2015 en Argentine, &#171; Ni una menos &#187; (&#171; Pas une de moins &#187;) est un mouvement qui a &#233;t&#233; capable de rassembler des centaines de milliers de personnes autour de cette question, et il s'est &#233;tendu aux pays voisins. Les femmes sont d&#233;sormais deux fois plus nombreuses &#224; porter plainte pour violences qu'avant ce mouvement. Ce qui est d&#233;nonc&#233; dans les manifestations, c'est le machisme et l'id&#233;e que la femme est un objet qui appartient &#224; son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations contre les f&#233;minicides sont li&#233;es &#224; d'autres probl&#232;mes que vivent les femmes. Au Chili, en 2018, une vingtaine d'universit&#233;s ont &#233;t&#233; bloqu&#233;es et des manifestations monstres ont &#233;t&#233; organis&#233;es par les &#233;tudiantes entr&#233;es en lutte contre les violences qu'elles y subissent&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; On parlera de cette &#8220;r&#233;volution f&#233;ministe&#8221; dans les livres d'histoire &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cela s'est produit apr&#232;s qu'un professeur eut simplement &#233;t&#233; chang&#233; de poste alors m&#234;me qu'il &#233;tait accus&#233; de harc&#232;lement sexuel par une employ&#233;e de l'universit&#233; priv&#233;e de Valdivia. Mais ces &#233;tudiantes ont reli&#233; le f&#233;minisme aux probl&#232;mes structuraux de la soci&#233;t&#233; capitaliste, en incluant dans leur combat celui pour une transformation radicale de l'&#233;ducation, en d&#233;fendant notamment son caract&#232;re public. C'est que les facult&#233;s chiliennes ont &#233;t&#233; &#224; l'avant-garde d'une politique lib&#233;rale de l'enseignement sup&#233;rieur, avec des subventions publiques extr&#234;mement limit&#233;es et des &#233;tudes qui co&#251;tent de plus en plus cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modes d'action de ces militantes en guerre contre le patriarcat incluent les manifestations de masse qui mobilisent toute une partie de la population et des p&#233;titions, mais beaucoup d'entre elles ne se contentent pas de faire irruption dans la rue. Elles ressentent le besoin de s'organiser d'une mani&#232;re plus radicale dans ces soci&#233;t&#233;s o&#249; les f&#233;minicides ont lieu &#224; une tr&#232;s large &#233;chelle. Au Mexique, 4 000 femmes sont assassin&#233;es chaque ann&#233;e, mais 90 % de ces crimes restent impunis. Chaque jour, dans ce pays, onze femmes meurent en raison de leur genre. Selon de nombreux t&#233;moignages, beaucoup sont immol&#233;es par leurs compagnons ou leurs maris qui cherchent &#224; s'assurer que, si elles ne meurent pas de leurs br&#251;lures, elles ne puissent plus attirer d'autres hommes. Dans ce contexte o&#249; la justice ferme les yeux, la lutte contre la violence domestique devient par la force des choses quelque chose de tr&#232;s militant, directement pris en charge par les femmes livr&#233;es &#224; elles-m&#234;mes, qui se d&#233;fendent en cr&#233;ant des centres d'accueil autog&#233;r&#233;s pour les femmes qui ont fui leur foyer, et des cadres clandestins d'autod&#233;fense. Ce sont les femmes qui s'organisent, qui agissent l&#224; o&#249; l'&#201;tat s'efface. &#192; titre d'exemple, l'Argentine compte aujourd'hui 89 foyers pour femmes, ce qui est disproportionn&#233; par rapport aux dizaines de milliers de plaintes (140 000 en 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des collectifs de militantes cherchent &#224; r&#233;pondre &#224; la violence en perturbant la vie de violeurs impunis, en ne les l&#226;chant pas. Ce sont ces femmes, souvent jeunes, qui s'en chargent. Au Mexique, le &#171; Bloque Negro &#187; s'est illustr&#233; par des m&#233;thodes violentes d'intervention. Elles sont des dizaines de milliers &#224; travers tout le Mexique &#224; incarner ce f&#233;minisme qui cherche &#224; faire &#233;clater le cadre des institutions bourgeoises. Elles se distinguent par leur hostilit&#233; envers la police qui prot&#232;ge les violeurs et dont beaucoup de membres commettent eux-m&#234;mes des viols. Elles occupent des locaux qui servent de refuges pour les femmes menac&#233;es de mort et victimes d'agression. Dans ces espaces pr&#233;serv&#233;s de toute pr&#233;sence masculine, les militantes organisent toute la vie en commun et d&#233;battent de leurs prochaines interventions, de la mani&#232;re d'assurer leur s&#233;curit&#233; et de convaincre d'autres femmes de les rejoindre pour ne plus accepter la vie qui leur est faite et reprendre le contr&#244;le sur celle-ci. Certaines d'entre elles surveillent les abords de locaux occup&#233;s dans un quartier de Mexico et terrorisent les hommes en instaurant un p&#233;age lorsqu'ils passent devant le squat afin de financer les repas et l'entretien des femmes prot&#233;g&#233;es par la communaut&#233;. La peur change ainsi de camp. Dans ce contexte, elles n'h&#233;sitent pas &#224; faire usage de violence et &#224; faire fuir les flics qui stationnent dans le quartier en vue de les provoquer. &#192; la question d'une journaliste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le reportage d'Arte, &#171; Mexique : Bloque Negro, la r&#233;volution f&#233;ministe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; sur le fait qu'elles n'ont pas peur de s'en prendre aux forces de l'ordre, l'une de ces militantes r&#233;pondait r&#233;cemment : &lt;em&gt;&#171; Au Mexique, il y a plus de chance que tu meures de f&#233;minicide que d'aller en prison &#187;&lt;/em&gt;. Une phrase qui nous permet de prendre toute la mesure de l'ampleur des violences de genre dans cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces mobilisations r&#233;centes, qui ont souvent plac&#233; les femmes &#224; l'avant-garde des contestations politiques en Am&#233;rique latine, nous montrent qu'elles ne sont pas des victimes mais des battantes et qu'elles arrachent des victoires. Les manifestations de masse pour faire pression sur les parlements et les gouvernements ont port&#233; certains fruits et se sont &#233;tendues &#224; d'autres combats qui leur sont profond&#233;ment li&#233;s comme le ch&#244;mage de masse et le travail informel. Mais de nombreuses militantes ne se contentent pas de rester dans les limites de la lutte institutionnelle et cherchent &#224; s'organiser pour s'attaquer au probl&#232;me des violences sociales qui gangr&#232;nent cette soci&#233;t&#233; et qui les concernent directement. Cette diversit&#233; dans les modalit&#233;s d'intervention t&#233;moigne de d&#233;bats entre les militantes sur la mani&#232;re de lutter pour se d&#233;barrasser d&#233;finitivement des violences sexistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin Eraud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Sur la question de l'avortement et du combat des femmes du monde entier pour leur &#233;mancipation, quelques ressources : &lt;/h2&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Olivia Benhamou, &lt;em&gt;Avorter aujourd'hui, trente ans apr&#232;s la loi Veil&lt;/em&gt;, Mille et une nuits, 2004, 218 p. : un ouvrage tr&#232;s riche paru &#224; l'occasion du trenti&#232;me anniversaire de la loi Veil, contenant de nombreux t&#233;moignages de soignants et de militants sur le calvaire de l'avortement en France, pays o&#249; l'IVG est pourtant garantie par la loi&#8230; mais peu accessible dans les faits.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Carolina Olmedo et Luis Thiellemann, &#171; Chili. Un f&#233;minisme venant du Sud &#187;, &lt;em&gt;Contretemps&lt;/em&gt;, 27 juin 2018 : une r&#233;flexion int&#233;ressante (et sujette &#224; bien des discussions) produite par deux historiens, sur la mobilisation des femmes chiliennes, et en particulier des femmes pauvres. L'article analyse leur r&#244;le de premier plan dans la constitution d'un combat &#171; unitaire &#187; contre le capitalisme, profond&#233;ment intriqu&#233; au patriarcat.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Mukhtar Mai, &lt;em&gt;D&#233;shonor&#233;e&lt;/em&gt;, XO &#201;ditions, 2006, 208 p. : un c&#233;l&#232;bre t&#233;moignage sur la barbarie de la soci&#233;t&#233; patriarcale au Pakistan, o&#249; l'autrice a &#233;t&#233; condamn&#233;e par le tribunal de son village &#224; &#234;tre viol&#233;e pour r&#233;parer une faute qu'aurait commis son fr&#232;re. L'autrice a risqu&#233; sa vie pour pousser ce cri de r&#233;volte qui fait &#233;cho chez les femmes du monde entier.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux reportages d'Arte :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Argentine : la r&#233;volte des femmes &#187;, 2019&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Mexique : Bloque Negro : La r&#233;volution f&#233;ministe &#187;, 2021&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Obstetric violence in historical perspective &#187;, &lt;em&gt;The Lancet&lt;/em&gt;, vol. 399, juin 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; ce sujet, lire sur notre site un r&#233;cent article sur les mobilisations de ch&#244;meurs en Argentine en mai 2022 : &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Argentine-une-mobilisation-populaire-reussie-contre-l-austerite-et-l-inflation' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Argentine : une mobilisation populaire r&#233;ussie contre l'aust&#233;rit&#233; et l'inflation &#187;&lt;/a&gt;, 2 juin 2022&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; On parlera de cette &#8220;r&#233;volution f&#233;ministe&#8221; dans les livres d'histoire &#187;, Lib&#233;ration, 5 juin 2018 (&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/planete/2018/06/05/chili-on-parlera-de-cette-revolution-feministe-dans-les-livres-d-histoire_1656831/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/planete/2...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir le reportage d'Arte, &#171; Mexique : Bloque Negro, la r&#233;volution f&#233;ministe &#187;, 2021 (&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=DMV4y-L2J_w&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=DMV...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La corruption boost&#233;e par la pand&#233;mie
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-corruption-boostee-par-la-pandemie</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-corruption-boostee-par-la-pandemie</guid>
		<dc:date>2020-10-19T13:47:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine
</dc:subject>
		<dc:subject>Covid-19
</dc:subject>

		<description>Les syst&#232;mes de sant&#233; d'Am&#233;rique latine sont tragiquement d&#233;bord&#233;s par la pand&#233;mie de la Covid-19. Colombie, P&#233;rou, Bolivie, Venezuela, Br&#233;sil et &#201;quateur sont les six pays qui totalisent le plus grand nombre de morts en proportion de leur population. Les vautours grands et petits profitent de la trag&#233;die : vente de masques et de gel hydroalcoolique inefficaces, achat de ballons d'oxyg&#232;ne surfactur&#233;s, parfois vides, m&#233;decins escrocs vendant des m&#233;dicaments anti-Covid-19 gratuits,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Amerique-latine-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Covid-19-+" rel="tag"&gt;Covid-19
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les syst&#232;mes de sant&#233; d'Am&#233;rique latine sont tragiquement d&#233;bord&#233;s par la pand&#233;mie de la Covid-19. Colombie, P&#233;rou, Bolivie, Venezuela, Br&#233;sil et &#201;quateur sont les six pays qui totalisent le plus grand nombre de morts en proportion de leur population. Les vautours grands et petits profitent de la trag&#233;die : vente de masques et de gel hydroalcoolique inefficaces, achat de ballons d'oxyg&#232;ne surfactur&#233;s, parfois vides, m&#233;decins escrocs vendant des m&#233;dicaments anti-Covid-19 gratuits, vente de respirateurs inutilisables, h&#244;pital pay&#233; mais non construit&#8230; Le moteur du capitalisme, c'est l'avidit&#233;, et son corollaire, la corruption.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Au Mexique et en Am&#233;rique centrale, les responsabilit&#233;s de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Au-Mexique-et-en-Amerique-centrale-les-responsabilites-de-l-imperialisme</link>
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		<dc:date>2019-10-29T22:50:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Mexique
</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine
</dc:subject>

		<description>En 2017, les Mexicains repr&#233;sentaient 25 % des 44,5 millions de migrants vivant aux &#201;tats-Unis. L'immigration mexicaine a culmin&#233; en 2010 avant de commencer &#224; d&#233;cliner en 2014. Le Mexique n'est plus le principal pays d'origine des migrants r&#233;cemment pass&#233;s par la fronti&#232;re du sud. En 2017, ce sont les migrants venus du &#171; Triangle du Nord &#187; (Guatemala, Salvador, Honduras) qui ont repr&#233;sent&#233; plus de la moiti&#233; des migrants &#224; la fronti&#232;re du sud. Au Guatemala et au Honduras, la moiti&#233; de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-France-Europe-Etats-Unis-Une-meme-sale-politique-anti-migrants-" rel="directory"&gt;DOSSIER : France, Europe, &#201;tats-Unis. Une m&#234;me sale politique anti-migrants
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mexique-+" rel="tag"&gt;Mexique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Amerique-latine-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2017, les Mexicains repr&#233;sentaient 25 % des 44,5 millions de migrants vivant aux &#201;tats-Unis. L'immigration mexicaine a culmin&#233; en 2010 avant de commencer &#224; d&#233;cliner en 2014. Le Mexique n'est plus le principal pays d'origine des migrants r&#233;cemment pass&#233;s par la fronti&#232;re du sud. En 2017, ce sont les migrants venus du &#171; Triangle du Nord &#187; (Guatemala, Salvador, Honduras) qui ont repr&#233;sent&#233; plus de la moiti&#233; des migrants &#224; la fronti&#232;re du sud. Au Guatemala et au Honduras, la moiti&#233; de la population est pauvre ; le ch&#244;mage y touche jusqu'&#224; 20 % de la jeunesse. Le Triangle du Nord conna&#238;t aussi un des plus hauts taux d'homicides dans le monde, sans compter la violence rampante des gangs, le trafic de drogues et les enl&#232;vements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dictatures et interventions militaires pour garantir le pillage des richesses par les trusts US&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les grandes entreprises am&#233;ricaines ont longtemps pill&#233; les ressources de ces trois pays, le gouvernement des &#201;tats-Unis se chargeant de briser toute vell&#233;it&#233;, m&#234;me timide, d'att&#233;nuer ce pillage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guatemala &#8211; &lt;/strong&gt;Apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 1954 au Guatemala foment&#233; par la CIA, les &#201;tats-Unis ont fait se succ&#233;der des dictateurs militaires qui ont garanti la domination de la United Fruit Company et ouvert le pays &#224; d'autres entreprises am&#233;ricaines. De 1960 &#224; 1996, les militaires ont men&#233; une guerre civile contre la r&#233;sistance de la population indig&#232;ne maya, y faisant plus de 200 000 victimes, massacre qualifi&#233; de g&#233;nocide par l'ONU. Ces violences n'ont pas cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de dictateurs militaires et d'officiers de toute l'Am&#233;rique centrale ont &#233;t&#233; form&#233;s &#224; &#171; l'&#201;cole des Am&#233;riques &#187; (alias &#171; l'&#201;cole des Assassins &#187;), devenue &#171; &#201;cole des Am&#233;riques pour la coop&#233;ration de s&#233;curit&#233; &#187; (WHINSEC), &#224; Fort Benning en G&#233;orgie. Cette &#233;cole enseigne encore comment mener un coup d'&#201;tat militaire et utiliser la torture ou la terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salvador &#8211; &lt;/strong&gt;Dans les ann&#233;es 1980, sous Reagan, l'arm&#233;e am&#233;ricaine a soutenu le r&#233;gime du Salvador dans sa guerre sans merci contre la r&#233;sistance d'une gu&#233;rilla paysanne, tuant plus de 75 000 personnes. Le gouvernement am&#233;ricain avait investi des milliards de dollars dans l'armement et l'entra&#238;nement de la police, de la Garde nationale, de l'arm&#233;e et des forces a&#233;riennes salvadoriennes, qui attaqu&#232;rent la population au phosphore blanc et au napalm. Les Forces sp&#233;ciales am&#233;ricaines et la CIA jou&#232;rent un r&#244;le majeur dans la cr&#233;ation de forces de s&#233;curit&#233; paramilitaires, des &#171; escadrons de la mort &#187; responsables de la plupart des victimes. Le Salvador ne s'est jamais remis de la guerre civile et reste un pays extr&#234;mement pauvre. Il est gangren&#233; par la violence des gangs, un taux d'homicide &#233;lev&#233;, la torture, le viol et les enl&#232;vements, qui touchent sp&#233;cifiquement les femmes et les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Honduras &#8211; &lt;/strong&gt;En 1983, les &#201;tats-Unis ont entra&#238;n&#233; l'arm&#233;e du Honduras, en en faisant une zone de transit pour les Contras qui combattaient au Nicaragua. Les opposants au gouvernement furent tortur&#233;s, des escadrons de la mort terroris&#232;rent et tu&#232;rent des civils. En 2009, l'administration Obama soutint activement un coup d'&#201;tat militaire qui renversa le gouvernement de Manuel Zelaya, assurant le retour d'une administration d'extr&#234;me droite. La violence s'exacerba en 2011 et 2012 et c'est au Honduras que le taux d'homicide est le plus &#233;lev&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain qui a provoqu&#233; l'instabilit&#233; &#233;conomique, l'extr&#234;me violence et la d&#233;tresse qui poussent des centaines de milliers de personnes &#224; fuir l'Am&#233;rique centrale. En plus de la violence, pr&#232;s des deux tiers des travailleurs sont au ch&#244;mage ou en sous-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Aux plaies militaires s'ajoutent les plaies climatiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les s&#233;cheresses dues au changement climatique ont d&#233;truit de grandes surfaces agricoles et entra&#238;n&#233; des p&#233;nuries alimentaires. Au Honduras, plus de 100 000 familles ne mangent pas &#224; leur faim. Les familles guat&#233;malt&#232;ques sont le plus grand groupe qui fuit l'Am&#233;rique centrale pour tenter de rejoindre les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perturbations dues au changement climatique, notamment dans les r&#233;gions montagneuses du Guatemala, se sont ajout&#233;es &#224; la r&#233;pression politique constante et &#224; la violence. Le taux de malnutrition est voisin de 65 %, le taux le plus &#233;lev&#233; de l'h&#233;misph&#232;re occidental. Par le pass&#233;, les r&#233;coltes de c&#233;r&#233;ales et de l&#233;gumes pouvaient nourrir les familles pendant plus d'un an ; de nos jours, c'est une chance si cela assure leur subsistance pendant quelques mois. De nombreux foyers d&#233;pendent des grandes fermes qui fournissent du travail saisonnier, mais beaucoup d'entre elles ont d&#251; fermer d&#233;finitivement &#224; cause d'une concurrence internationale accrue, accentu&#233;e par les perturbations extr&#234;mes caus&#233;es par le changement climatique. Souvent, des familles enti&#232;res qui travaillaient dans ces grandes fermes ont &#233;migr&#233; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture du caf&#233; &#233;tait aussi l'une des principales sources de revenu de la r&#233;gion, avec une main-d'&#339;uvre de 120 000 petits fermiers. Depuis 2017, la plupart travaillent &#224; perte et beaucoup abandonnent compl&#232;tement leurs fermes. Les co&#251;ts de production ont augment&#233; pour les cultivateurs de caf&#233; guat&#233;malt&#232;ques du fait de l'obligation d'acheter des fertilisants et des pesticides pour supporter le raccourcissement des campagnes agricoles et la multiplication des nuisibles. Au niveau international, les perturbations climatiques, particuli&#232;rement l'augmentation des temp&#233;ratures, ont acc&#233;l&#233;r&#233; la propagation de la rouille du caf&#233;. Cela conduit certains scientifiques &#224; penser que le caf&#233; lui-m&#234;me pourrait &#234;tre menac&#233; et que sa production pourrait diminuer de plus de 80 % en 2050. Ces derni&#232;res ann&#233;es, la production de caf&#233; br&#233;silien s'est davantage industrialis&#233;e et lourdement m&#233;canis&#233;e, ce qui a provoqu&#233; une baisse drastique des prix qui sont pass&#233;s de 2,20 dollars la livre en 2015 &#224; 86 centimes en 2019. L'effondrement de ce secteur de l'&#233;conomie agricole a largement contribu&#233; &#224; l'augmentation de l'&#233;migration guat&#233;malt&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Cet article, sur les questions li&#233;es &#224; l'immigration aux &#201;tats-Unis, est traduit &#224; partir d'extraits d'un texte de nos camarades am&#233;ricains du groupe &lt;em&gt;Speak Out Now !&lt;/em&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#199;a chauffe (aussi) pour les gouvernements sud-am&#233;ricains !
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Ca-chauffe-aussi-pour-les-gouvernements-sud-americains</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Ca-chauffe-aussi-pour-les-gouvernements-sud-americains</guid>
		<dc:date>2019-10-21T15:46:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine
</dc:subject>
		<dc:subject>Chili
</dc:subject>

		<description>Apr&#232;s l'&#201;quateur ces derni&#232;res semaines, c'est au tour du Chili, r&#233;put&#233; pour &#234;tre le pays le plus stable d'Am&#233;rique latine mais aussi le plus in&#233;galitaire de l'OCDE, de connaitre une r&#233;volte contre la politique d'aust&#233;rit&#233; appliqu&#233;e par le gouvernement. L'augmentation du prix du ticket de m&#233;tro aux heures de pointe a &#233;t&#233; le d&#233;tonateur de la col&#232;re des classes populaires chiliennes. &lt;br /&gt;Les manifestants ont tenu le pav&#233; face aux flics et ont contraint le gouvernement &#224; annuler la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Amerique-latine-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#201;quateur ces derni&#232;res semaines, c'est au tour du Chili, r&#233;put&#233; pour &#234;tre le pays le plus stable d'Am&#233;rique latine mais aussi le plus in&#233;galitaire de l'OCDE, de connaitre une r&#233;volte contre la politique d'aust&#233;rit&#233; appliqu&#233;e par le gouvernement. L'augmentation du prix du ticket de m&#233;tro aux heures de pointe a &#233;t&#233; le d&#233;tonateur de la col&#232;re des classes populaires chiliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants ont tenu le pav&#233; face aux flics et ont contraint le gouvernement &#224; annuler la mesure. Malgr&#233; les 9 500 policiers et militaires d&#233;ploy&#233;s dans les quartiers ouvriers (chose qui ne s'&#233;tait pas vue depuis la dictature de Pinochet), les Chiliens n'ont pas fini de r&#233;gler leurs comptes avec l'&#201;tat qui leur fait avaler des couleuvres depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Lutte au Costa-Rica
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Lutte-au-Costa-Rica</link>
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		<dc:date>2018-09-24T15:54:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine
</dc:subject>
		<dc:subject>Costa-Rica
</dc:subject>

		<description>Depuis deux semaines, les travailleurs du Costa-Rica contestent le projet de r&#233;forme fiscale qui vise entre autres &#224; &#233;tendre aux services la taxe sur la valeur ajout&#233;e de 13 %. Face &#224; cette attaque qui pr&#233;tend lutter contre le d&#233;ficit public, les syndicats ont appel&#233; &#224; une gr&#232;ve illimit&#233;e. Le mouvement est particuli&#232;rement suivi dans l'&#201;ducation et les h&#244;pitaux publics. Et des barrages routiers ont &#233;t&#233; mis en place pour bloquer l'approvisionnement de carburant.

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux semaines, les travailleurs du Costa-Rica contestent le projet de r&#233;forme fiscale qui vise entre autres &#224; &#233;tendre aux services la taxe sur la valeur ajout&#233;e de 13 %. Face &#224; cette attaque qui pr&#233;tend lutter contre le d&#233;ficit public, les syndicats ont appel&#233; &#224; une gr&#232;ve illimit&#233;e. Le mouvement est particuli&#232;rement suivi dans l'&#201;ducation et les h&#244;pitaux publics. Et des barrages routiers ont &#233;t&#233; mis en place pour bloquer l'approvisionnement de carburant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Lire
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Lire</link>
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		<dc:date>2008-12-02T00:10:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine
</dc:subject>

		<description>Le r&#234;ve de Bolivar &lt;br /&gt;Marc Saint-Up&#233;ry &lt;br /&gt;370 pages, 12,50 &#8364;. &lt;br /&gt;&#201;ditions La d&#233;couverte. Ce livre, paru pour d&#233;but 2007, vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233; en format poche. Sous-titr&#233; &#171; Le d&#233;fi des gauches sud-am&#233;ricaines &#187; , il fournit des &#233;l&#233;ments sur les politiques de la gauche (ou des gauches) au pouvoir en Am&#233;rique du Sud. Trois pays sont l'objet d'un chapitre sp&#233;cifique : le Br&#233;sil de Lula, le Venezuela de Ch&#225;vez, l'Argentine des Kirchner. Un autre est consacr&#233; aux questions indienne et noire. Le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-60-novembre-decembre-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 60, novembre-d&#233;cembre 2008
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#234;ve de Bolivar&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Saint-Up&#233;ry&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;370 pages, 12,50 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions La d&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, paru pour d&#233;but 2007, vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233; en format poche. Sous-titr&#233; &lt;em&gt; &#171; Le d&#233;fi des gauches sud-am&#233;ricaines &#187; &lt;/em&gt;, il fournit des &#233;l&#233;ments sur les politiques de la gauche (ou des gauches) au pouvoir en Am&#233;rique du Sud. Trois pays sont l'objet d'un chapitre sp&#233;cifique : le Br&#233;sil de Lula, le Venezuela de Ch&#225;vez, l'Argentine des Kirchner. Un autre est consacr&#233; aux questions indienne et noire. Le dernier est consacr&#233; aux relations internationales en Am&#233;rique du Sud, avec &#233;videmment la question des relations avec les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur, qui r&#233;side en &#201;quateur, se pr&#233;sente comme un journaliste et un &lt;em&gt; &#171; militant de gauche &#187; &lt;/em&gt;qui croit encore &#224; la &lt;em&gt; &#171; transformation sociale &#187; &lt;/em&gt;et &#224; la &lt;em&gt; &#171; mobilisation populaire &#187; &lt;/em&gt;, mais qui &lt;em&gt; &#171; ne croit pas &#224; la r&#233;volution &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre, &#224; la lecture agr&#233;able, a le m&#233;rite en moins de 400 pages de donner des &#233;l&#233;ments tr&#232;s concrets sur la r&#233;alit&#233; sociale et politique du continent. L'auteur laisse la parole &#224; de nombreux interlocuteurs (hommes politiques, militants de gauche, journalistes ou simples habitants) qu'il a rencontr&#233;s au cours de son enqu&#234;te. Il nous plonge dans la r&#233;alit&#233; du racisme des &#233;lites blanches vis-&#224;-vis des Indiens, ou dans les espoirs de la population des bidonvilles de Caracas en Ch&#225;vez. Mais il donne aussi des rappels historiques, le p&#233;ronisme en Argentine ou l'histoire de la politique p&#233;troli&#232;re du Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'auteur ne cache pas ses sympathies et espoirs pour ces gouvernements de gauche, il ne tombe pas dans l'apologie. Ce qui permet de percevoir les fortes limites de cette gauche, et combien insuffisantes sont ces politiques pour en finir avec l'extr&#234;me in&#233;galit&#233; qui r&#232;gne dans ce continent. Il a aussi le m&#233;rite de se d&#233;marquer fermement de la th&#232;se des &#171; deux gauches &#187;, qui voudrait absolument distinguer une gauche mod&#233;r&#233;e, d'une autre, radicale, symbolis&#233;e par Ch&#225;vez, une image d'&#201;pinal du commentaire politique, aussi bien reprise par des admirateurs de la mod&#233;ration d'un Lula que par une partie des altermondialistes et de l'extr&#234;me-gauche qui ne jure que par Ch&#225;vez. Saint-Up&#233;ry met en lumi&#232;re nombre de continuit&#233;s avec les politiques des gouvernements ant&#233;rieurs : ainsi la politique de nationalisme p&#233;trolier au Venezuela pr&#233;c&#232;de largement Ch&#225;vez. Les alliances ou les diff&#233;rends entre les pays sud-am&#233;ricains s'expliquent d'abord par les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et g&#233;opolitiques et non par les &#233;tiquettes politiques des uns et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrage qui peut servir d'une bonne introduction &#224; l'Am&#233;rique du Sud actuelle, et dont on finit la lecture en ayant vraiment le sentiment d'avoir appris quelque chose sur ce continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel CHARVET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le mirage du Mercosur
</title>
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		<dc:date>2005-03-10T12:58:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine
</dc:subject>

		<description>Le march&#233; commun r&#233;gional des pays du C&#244;ne Sud de l'Am&#233;rique latine, le Mercosur, mis en place il y a 15 ans &#224; l'initiative du Br&#233;sil et l'Argentine, peut-il constituer un rempart aux vis&#233;es expansionnistes de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sur le continent ? Les USA se proposent en effet de cr&#233;er sous leur houlette une Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques (la ZLEA) regroupant tous les pays d'Am&#233;rique (&#224; l'exception de Cuba). Ou bien ce Mercosur est-il seulement une mani&#232;re pour les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le march&#233; commun r&#233;gional des pays du C&#244;ne Sud de l'Am&#233;rique latine, le Mercosur, mis en place il y a 15 ans &#224; l'initiative du Br&#233;sil et l'Argentine, peut-il constituer un rempart aux vis&#233;es expansionnistes de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sur le continent ? Les USA se proposent en effet de cr&#233;er sous leur houlette une Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques (la ZLEA) regroupant tous les pays d'Am&#233;rique (&#224; l'exception de Cuba). Ou bien ce Mercosur est-il seulement une mani&#232;re pour les bourgeoisies des deux puissances dites &#171; &#233;mergentes &#187;, Br&#233;sil et Argentine, de s'int&#233;grer au futur march&#233; commun am&#233;ricain, mais en y marchandant leur place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le Mercosur &#233;tait destin&#233; &#224; favoriser les affaires des grands patrons br&#233;siliens et argentins, il &#233;tait pour les m&#234;mes raisons avantageux aux entreprises &#233;trang&#232;res (nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes) implant&#233;es dans ces pays. Il contribuait m&#234;me d'une certaine fa&#231;on &#224; favoriser les investissements &#233;trangers dans les pays du Mercosur destin&#233;s &#224; offrir ainsi un plus vaste march&#233;. Il &#233;tait un des volets aussi de la politique de restructuration des &#233;conomies nationales du Br&#233;sil et de l'Argentine de la d&#233;cennie 1990. D&#233;r&#233;glementations et privatisations ont amen&#233; l'explosion des investissements directs &#233;trangers vers ces pays : au Br&#233;sil, ils passaient de 89 millions de dollars en 1991 &#224; 2 milliards en 1992, pour culminer &#224; 30 milliards en 2000 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil par exemple, la restructuration de la production automobile, avec d&#233;localisations et gains de productivit&#233;, a ruin&#233; l'industrie automobile de l'&#201;tat de Sao Paulo - qui a perdu 916 000 emplois industriels entre 1991 et 1996. Le terrain &#233;tait par contre favorable &#224; l'installation de Renault d&#233;but 1997, suivie des grands &#233;quipementiers et manufacturiers fran&#231;ais (Valeo, Michelin), ainsi qu'au red&#233;ploiement de Chrysler, Volkswagen et sa filiale Audi. Ces constructeurs se sont install&#233;s dans l'&#201;tat du Parana, au sud du pays, &#224; proximit&#233; de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay, profitant de la position g&#233;ographique d'une r&#233;gion cruciale pour l'exportation vers les autres pays du Mercosur. La zone de libre-&#233;change sud-am&#233;ricaine ainsi que l'objectif d'une union douani&#232;re servaient leurs int&#233;r&#234;ts, tout autant que ceux des grandes bourgeoisies locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population, elle, n'eut droit qu'au co&#251;t social des restructurations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un march&#233; r&#233;gional d&#233;pendant du march&#233; commun voulu par les &#201;tats-Unis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, la fragilit&#233; du Mercosur vient aussi et surtout de l'ext&#233;rieur : les crises qui ont secou&#233; le syst&#232;me financier &#224; la fin des ann&#233;es 1990, cons&#233;quence de la d&#233;pendance de ces pays vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme, l'ont montr&#233;. Le Br&#233;sil a proc&#233;d&#233; &#224; la d&#233;valuation de sa monnaie de 40 %, en accord avec le FMI sans consulter son voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le ralentissement des &#233;changes intra-r&#233;gionaux &#224; la fin des ann&#233;es 1990, Lula et Kirchner se proposent de donner &#224; ce Mercosur un nouvel &#233;lan. Une bonne partie de la gauche et les syndicats br&#233;siliens se complaisent &#224; pr&#233;senter le Mercosur et les propositions de Lula comme un &#171; projet alternatif &#187; s'opposant au ZLEA envisag&#233; par les USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Mercosur et ZLEA ne sont pas contradictoires. D'autant que si le march&#233; commun am&#233;ricain se cr&#233;e, un march&#233; commun r&#233;gional n'a aucune chance de lui faire concurrence. L'&#233;conomie des USA constitue 70 % du PIB des Am&#233;riques, celle du Br&#233;sil seulement 10 % (et l'Argentine 3 %). Mais 10 %, ce n'est pas n&#233;gligeable, par rapport aux petits pays avoisinants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le Br&#233;sil de &lt;em&gt;&#171; l'alter-mondialiste &#187; &lt;/em&gt;Lula a fait le choix de s'impliquer dans les n&#233;gociations de mise en place du ZLEA tout en renfor&#231;ant le Mercosur. Question de conserver sa marge de man&#339;uvre dans la r&#233;gion, comme les n&#233;gociations commerciale du Mercosur avec la communaut&#233; europ&#233;enne. Et question d'avoir plus de poids dans ses marchandages avec les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, la bourgeoise br&#233;silienne (comme la bourgeoisie argentine ou uruguayenne), est pr&#234;te, au nom de la rivalit&#233; entre Mercosur et USA aujourd'hui, au nom des contraintes du march&#233; commun am&#233;ricain demain, &#224; demander de nouveaux sacrifices aux travailleurs br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone CANETTI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La grande braderie des ann&#233;es 1990
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-grande-braderie-des-annees-1990</link>
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		<dc:date>2005-03-07T20:39:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine
</dc:subject>

		<description>Les recettes impos&#233;es &#224; l'Am&#233;rique Latine au nom de la dette ont &#233;t&#233; une aubaine pour les investisseurs nord-am&#233;ricains et europ&#233;ens. Le petit tableau du montant des privatisations effectu&#233;es dans les trois plus grands pays est parlant. &lt;br /&gt;Valeur des privatisations (en millions de dollars)Source : CEPAL &lt;br /&gt;Pr&#232;s de la moiti&#233; des investissements &#233;trangers au cours de ces dix ann&#233;es ont &#233;t&#233; des acquisitions d'entreprises existantes, essentiellement des entreprises d'&#201;tat. Les deux grandes&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les recettes impos&#233;es &#224; l'Am&#233;rique Latine au nom de la dette ont &#233;t&#233; une aubaine pour les investisseurs nord-am&#233;ricains et europ&#233;ens. Le petit tableau du montant des privatisations effectu&#233;es dans les trois plus grands pays est parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Valeur des privatisations (en millions de dollars)&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Source : CEPAL&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class='table spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1990&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1991&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1992&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1993&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1994&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1995&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1996&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1997&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1998&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1999&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2000&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;TOTAL&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Argentine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2139&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1896&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;5312&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4589&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1441&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1340&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1033&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;969&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;598&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4082&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;309&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23708&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Br&#233;sil&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1564&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2451&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2621&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;1972&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;910&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;3752&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;17400&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;36600&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4440&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;12260&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;83970&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Mexique&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;3580&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;10716&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;6799&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;2507&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;771&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;84&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;581&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;360&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4298&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29696&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;TOTAL pour toute l'Am&#233;rique Latine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;5876&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;16702&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;14886&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;10179&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;8529&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric '&gt;4281&lt;/td&gt;
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&lt;td class='numeric '&gt;18464&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;170791&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la moiti&#233; des investissements &#233;trangers au cours de ces dix ann&#233;es ont &#233;t&#233; des acquisitions d'entreprises existantes, essentiellement des entreprises d'&#201;tat. Les deux grandes vagues de privatisations ont eu lieu dans les ann&#233;es 1991-1992, au Mexique d'abord, puis en Argentine. La seconde en 1997-1998 concerna encore l'Argentine et surtout le Br&#233;sil, l&#224; o&#249; le montant total des entreprises privatis&#233;es &#224; &#233;t&#233; le plus consid&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut notamment au Br&#233;sil la vente de Telebras, op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phonie. Un succ&#232;s pour le Br&#233;sil avait titr&#233; la presse : les ventes aux ench&#232;res de la firme, le mercredi 29 juillet 1998 &#224; la bourse de Rio de Janeiro, auraient rapport&#233; 19 milliards de dollars aux caisses de l'&#201;tat. Les plus heureux &#233;taient les acheteurs, dont le principal, la compagnie espagnole Telefonica. Si heureux qu'ils semblent avoir remerci&#233; leurs bienfaiteurs : quelques mois plus tard, un scandale d&#233;frayait la chronique : le pr&#233;sident du Br&#233;sil Cardoso avec l'ancien pr&#233;sident Collor et quelques autres auraient touch&#233; sur un compte au Bahamas la r&#233;mun&#233;ration de leurs interventions en faveur des principaux b&#233;n&#233;ficiaires de cette fameuse vente aux ench&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
France T&#233;l&#233;com pour sa part s'est mis sous la dent, en partage avec l'espagnole Telefonica, les t&#233;l&#233;phones argentins. L'eau revenait entre autres &#224; Vivendi, les lignes d'autobus &#224; tant de petites PME sous contr&#244;le &#233;tranger que leurs tarifs ont explos&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les 500 premi&#232;res entreprises latino-am&#233;ricaines et cara&#239;b&#233;ennes, 149 &#233;taient &#233;trang&#232;res au d&#233;but des ann&#233;es 1990, 231 &#224; la fin de la d&#233;cennie. Le nombre des entreprises publiques, parmi ces 500 grosses, &#233;tait en revanche pass&#233; de 87 &#224; 38 sur la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Forgeat&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Une poudri&#232;re sociale
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
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		<description>L'Am&#233;rique latine d'aujourd'hui, o&#249; 75 % de la population vit dans les villes (la m&#234;me proportion qu'en France), est bien loin de celle des ann&#233;es 1960, quand la grande majorit&#233; des pauvres &#233;taient encore paysans. Cette Am&#233;rique &#233;tait surtout marqu&#233;e par les gu&#233;rillas paysannes, dans le sillage de la r&#233;volution cubaine. Celle du d&#233;but du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle l'a &#233;t&#233; par les &#233;meutes et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de d&#233;cembre 2000 en Argentine, puis les &#233;meutes de Cordoba (la seconde ville d'Argentine)&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine d'aujourd'hui, o&#249; 75 % de la population vit dans les villes (la m&#234;me proportion qu'en France), est bien loin de celle des ann&#233;es 1960, quand la grande majorit&#233; des pauvres &#233;taient encore paysans. Cette Am&#233;rique &#233;tait surtout marqu&#233;e par les gu&#233;rillas paysannes, dans le sillage de la r&#233;volution cubaine. Celle du d&#233;but du XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle l'a &#233;t&#233; par les &#233;meutes et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de d&#233;cembre 2000 en Argentine, puis les &#233;meutes de Cordoba (la seconde ville d'Argentine) en d&#233;cembre 2001, les &#233;meutes de Montevideo (Uruguay) en ao&#251;t 2002, la gr&#232;ve au P&#233;rou en mai 2003.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;R&#233;voltes paysannes et ouvri&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, une grande partie de la gauche ou l'extr&#234;me gauche voyait dans la paysannerie pauvre d'Am&#233;rique Latine (plus g&#233;n&#233;ralement du tiers-monde) la force sociale la plus susceptible de jouer un r&#244;le de premier plan, et dans les gu&#233;rillas ou le Che, les mod&#232;les politiques de la lutte contre les injustices, ou de la r&#233;volution &#224; venir, c'&#233;tait selon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait d&#233;j&#224; discutable. La Bolivie, le Chili avaient &#233;t&#233; marqu&#233;s par les luttes des mineurs de l'&#233;tain ou du cuivre. En Argentine, la contestation ouvri&#232;re &#224; la fin des ann&#233;es 1960 &#233;tait profonde. Elle devint quasi-insurrectionnelle au tournant des ann&#233;es 1970 &#224; Cordoba, ville de l'industrie automobile. Elle ne fut &#233;touff&#233;e que par la dictature militaire du g&#233;n&#233;ral Videla en 1976. Au Chili encore, en 1973, c'est bien la classe ouvri&#232;re et non la politique d'Allende que craignaient l'arm&#233;e et la bourgeoisie chilienne quand elles ont organis&#233; (avec l'appui des USA) le coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Pinochet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La classe ouvri&#232;re latino-am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sans parler du secteur minier bien plus ancien, dans les deux principaux pays d'Am&#233;rique du Sud, l'Argentine et le Br&#233;sil, le tournant vers l'industrialisation avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pris depuis 30 ans. C'est la crise de 1929 qui, paradoxalement, a permis &#224; l'Am&#233;rique latine de s'industrialiser. L'effondrement du commerce mondial avait emp&#234;ch&#233; les exportations des productions agricoles traditionnelles (la viande argentine, le caf&#233; br&#233;silien). Les plus grands &#201;tats ont engag&#233; une politique de d&#233;veloppement industriel pour fabriquer les produits qu'ils ne pouvaient importer. La seconde guerre mondiale et la p&#233;riode de l'imm&#233;diat apr&#232;s guerre rel&#226;cha aussi la pression imp&#233;rialiste et encouragea ces d&#233;veloppements industriels que souvent les r&#233;gimes accompagnaient d'une rh&#233;torique nationaliste. Ce fut le cas de Peron, en Argentine (de 1946 &#224; 1955) qui, au sortir de la seconde guerre mondiale, essaya de n&#233;gocier plus d'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et acquit une popularit&#233; qui marque encore la vie politique et syndicale du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1960, en Argentine, l'industrie comptait d&#233;j&#224; pour plus de 30 % du PIB alors qu'elle repr&#233;sentait moins de 15 % dans plusieurs pays voisins. Elle employait plus de 2,2 millions d'ouvriers. General Motors y avait d&#233;j&#224; implant&#233; ses usines automobiles. Au Br&#233;sil &#233;mergeait de grands p&#244;les industriels avec une sid&#233;rurgie, une industrie de construction m&#233;canique... La ville de Sao Paulo passait de 2,4 millions d'habitants en 1950 &#224; 8,4 millions en 1970. Elle a aujourd'hui plus de 18 millions d'habitants, c'est la 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; plus grande agglom&#233;ration du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taux de croissance d'un pays comme le Br&#233;sil ont &#233;t&#233; de l'ordre des 6 % par an dans les ann&#233;es 1960 &#224; 70. On parlait &#224; l'&#233;poque du &#171; miracle br&#233;silien &#187;. &#192; l'&#233;chelle du continent, la croissance du secteur industriel &#233;tait de l'ordre de 6,4 % en moyenne sur la p&#233;riode 1950-1974.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une bourgeoisie opulente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les riches d'Am&#233;rique Latine ne se r&#233;sument plus, et depuis longtemps, aux seuls grands propri&#233;taires latifundiaires ou possesseurs de plantations. Ils sont aussi et surtout la grande bourgeoisie industrielle et commer&#231;ante. Une bourgeoisie qui n'est pas seulement compradore, comme dans bien des pays du tiers-monde, mais une bourgeoisie semblable et &#233;troitement li&#233;e &#224; la bourgeoisie nord-am&#233;ricaine (&#224; la bourgeoisie europ&#233;enne dans une moindre mesure), non seulement parce qu'elle partage avec les trusts am&#233;ricains ou europ&#233;ens une partie de ses investissements dans les entreprises d'Am&#233;rique Latine, mais parce qu'elle place aussi et souvent au Nord une partie des capitaux et des b&#233;n&#233;fices qu'elle r&#233;alise chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrialisation des ann&#233;es 1960-1970 s'est faite en grande partie &#224; base d'emprunts. Si les capitaux nationaux ou &#233;trangers investissaient pour ouvrir des usines, les &#201;tats assumaient l'environnement n&#233;cessaire au d&#233;veloppement industriel, &#224; commencer par les infrastructures de transports, t&#233;l&#233;communication, &#233;lectricit&#233;, services publics urbains, etc. Et les banques nord-am&#233;ricaines ou europ&#233;ennes leur consentaient des pr&#234;ts avec garantie d'&#201;tat. Jusqu'&#224; aboutir &#224; la crise de la dette des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le co&#251;t social des recettes du FMI&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mesures d'aust&#233;rit&#233; draconiennes impos&#233;es par le FMI au nom du paiement de la dette ont pes&#233; lourdement sur le niveau de vie de la population laborieuse dans les ann&#233;es 1980-1990. Elles en ont enrichi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PIB baisse de 8 % sur la d&#233;cennie 1980 &#224; l'&#233;chelle de l'Am&#233;rique latine, ce chiffre d&#233;gringolant &#224; plus de 20 % en Argentine, au P&#233;rou, en Bolivie. La population pauvre a pay&#233; la note. Par des baisses impressionnantes des salaires : au P&#233;rou, le pouvoir d'achat de la classe ouvri&#232;re a baiss&#233; de 40 % entre 1973 et 1978. Par des vagues de privatisations o&#249; les &#201;tats bradaient tout ce qui &#233;tait vendable : infrastructure de transport, t&#233;l&#233;phonie, banques, etc. Ainsi le Mexique mit 1000 entreprises publiques (soit 87 % des entreprises) aux ench&#232;res entre 1983 et 1991, au prix de 1000 milliards de dollars. Et quand les services publics n'&#233;taient pas privatis&#233;s, ils &#233;taient d&#233;graiss&#233;s massivement : 100 000 fonctionnaires argentins perdirent leur emploi en 1991-1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de pauvres recens&#233;s en Am&#233;rique latine est pass&#233; de 136 &#224; 200 millions au cours de la d&#233;cennie 1980. On en compte aujourd'hui 222 millions (soit 43 % de la population), dont 96 millions d'indigents (soit 18 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la frange la moins ais&#233;e des classes moyennes s'est retrouv&#233;e fr&#233;quemment plong&#233;e dans la pr&#233;carit&#233; au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies. D&#233;j&#224; au d&#233;but des ann&#233;es 1990, on parlait en Argentine des membres des classes moyennes victimes des restructurations, ne pouvant plus payer leur loyer, quittant leur quartier pour rejoindre les &lt;em&gt;villas miserias&lt;/em&gt;, les bidonvilles argentins. Pr&#233;figuration des cons&#233;quences de la crise r&#233;cente. En Argentine fin 2001, en Uruguay quelques mois plus tard, la petite bourgeoisie a pay&#233;, elle aussi, la facture de la crise financi&#232;re de l'ann&#233;e 2002.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'aggravation des in&#233;galit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La grande bourgeoisie latino-am&#233;ricaine, tout comme les investisseurs nord-am&#233;ricains ou europ&#233;ens, a largement tir&#233; profit des restructurations et privatisations au rabais des ann&#233;es 1980 et 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs capitalistes mexicains, qui avaient rachet&#233; des entreprises privatis&#233;es &#224; bas prix, se sont ainsi hiss&#233;s au hit-parade des plus riches du monde. Le plus riche d'entre eux, &#224; la 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; place du classement Forbes, Carlos Slim, poss&#232;de la compagnie de t&#233;l&#233;phone mexicaine privatis&#233;e TELMEX. On &#233;value sa fortune au revenu annuel de 20 millions de mexicains. Ces grands bourgeois latino-am&#233;ricains sont extr&#234;mement li&#233;s &#224; la bourgeoisie nord-am&#233;ricaine et r&#233;investissent une bonne part de leurs capitaux dans les puissances imp&#233;rialistes. Inversement, l'Am&#233;rique latine est une ar&#232;ne o&#249; agissent les grandes multinationales am&#233;ricaines, mais aussi europ&#233;ennes. Il en est de m&#234;me des bourgeoisies argentines ou br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, les 10 % les plus riches per&#231;oivent 45,7 % des revenus du pays. Les 10 % les plus pauvres ne per&#231;oivent qu'un centi&#232;me de la richesse. Les 60 % les plus pauvres 21 % des revenus. Le Br&#233;sil est l'un des pays les plus in&#233;galitaires, mais toute l'Am&#233;rique latine est marqu&#233;e par ce clivage entre une mince couche riche et une masse de pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grande masse mis&#233;rable vit aujourd'hui dans les villes. Travailleurs de l'industrie, bien s&#251;r, mais aussi et surtout toute une fraction de la population qui a fui la mis&#232;re paysanne pour atterrir dans les favelas sans trouver pour autant un sort meilleur. Ce que les statistiques appellent l'emploi &#171; informel &#187; sont les petits boulots de d&#233;brouille : cireur de chaussures, vendeur ambulant, ouvrier &#224; domicile pour un petit fabricant du textile, chauffeur de minibus improvis&#233; pour pallier l'incurie des transports publics, femme de m&#233;nage... Plus de la moiti&#233; des emplois sont dans l'informel. Sans compter que bien souvent, les travailleurs du secteur &#171; formel &#187; se retrouvent dans l'obligation de cumuler un ou plusieurs petits boulots pour faire vivre leur famille ou basculent vite de ce secteur &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, la classe ouvri&#232;re faisait d&#233;j&#224; peur &#224; la bourgeoisie am&#233;ricaine. Vingt ans plus tard, l'Am&#233;rique latine compte 40 millions de travailleurs du secteur industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Am&#233;rique du Sud : une nouvelle gauche... contre les travailleurs
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Amerique-du-Sud-une-nouvelle-gauche-contre-les-travailleurs</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine
</dc:subject>

		<description>Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars dernier, le nouveau pr&#233;sident socialiste d'Uruguay, Tabar&#233; Vazquez, vainqueur du scrutin d'octobre dernier, a pris ses fonctions &#224; Montevideo. Il est le sixi&#232;me pr&#233;sident de gauche &#224; acc&#233;der au pouvoir en Am&#233;rique Latine ces derni&#232;res ann&#233;es, apr&#232;s Hugo Ch&#225;vez au Venezuela en d&#233;cembre 1998, Ricardo Lagos au Chili en janvier 2000, Luiz In&#225;cio da Silva, dit Lula, au Br&#233;sil en octobre 2002, Lucio Guti&#233;rrez en &#201;quateur le mois suivant, puis Nestor Kirchner en Argentine en mai&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars dernier, le nouveau pr&#233;sident socialiste d'Uruguay, Tabar&#233; Vazquez, vainqueur du scrutin d'octobre dernier, a pris ses fonctions &#224; Montevideo. Il est le sixi&#232;me pr&#233;sident de gauche &#224; acc&#233;der au pouvoir en Am&#233;rique Latine ces derni&#232;res ann&#233;es, apr&#232;s Hugo Ch&#225;vez au Venezuela en d&#233;cembre 1998, Ricardo Lagos au Chili en janvier 2000, Luiz In&#225;cio da Silva, dit Lula, au Br&#233;sil en octobre 2002, Lucio Guti&#233;rrez en &#201;quateur le mois suivant, puis Nestor Kirchner en Argentine en mai 2003. Si l'Uruguay n'est qu'une petite enclave de 3,4 millions d'habitants entre Br&#233;sil et Argentine, les six pays pass&#233;s &#224; gauche repr&#233;sentent 270 millions d'habitants (dont 180 millions pour le seul Br&#233;sil), soit les trois-quarts de la population de l'Am&#233;rique du Sud et l'essentiel de ses richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sixi&#232;me victoire de la gauche latino-am&#233;ricaine contre &#171; l'ultra-lib&#233;ralisme &#187;, f&#234;t&#233;e sous une pluie de confettis n'a pas troubl&#233; le gouvernement Bush. Le porte-parole du Secr&#233;tariat d'&#201;tat des USA y est all&#233;, comme il se doit, de ses f&#233;licitations &#224; Vazquez pour son intronisation &#224; la t&#234;te d'un pays &lt;em&gt;&#171; partenaire et ami important &#187;&lt;/em&gt;. Et le journal am&#233;ricain &lt;em&gt;New York Times&lt;/em&gt; de commenter les r&#233;actions nord-am&#233;ricaines en ces termes : &lt;em&gt;&#171; Bien que nombre de ces nouveaux leaders soient issus de la gauche r&#233;volutionnaire, ils semblent moins inspir&#233;s, aujourd'hui, par Che Guevara que par Felipe Gonz&#225;lez, l'ancien premier ministre socialiste espagnol &lt;/em&gt;[...]&lt;em&gt; Ils ont montr&#233; qu'ils d&#233;siraient respecter les r&#232;gles &#233;tablies du jeu politique &lt;/em&gt;[...] &lt;em&gt;Ce pragmatisme g&#233;n&#233;ral rend l'administration Bush bien moins oppos&#233;e &#224; ce nouveau cours qu'elle l'e&#251;t &#233;t&#233; &#224; une autre &#233;poque... &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si, d'un pays &#224; l'autre, cette gauche qui arrive au pouvoir est diverse, elle y acc&#232;de pour les m&#234;mes raisons : le m&#233;contentement populaire exacerb&#233; par l'aggravation du ch&#244;mage et de la pauvret&#233; et par l'accroissement des in&#233;galit&#233;s sociales. Et elle s'y donne la m&#234;me t&#226;che : poursuivre la politique des gouvernements auxquelles elle succ&#232;de, mais en calmant le m&#233;contentement social.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La d&#233;mocratisation des ann&#233;es 1980 et les exigences du FMI&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les ann&#233;es 1980 que la plupart des pays d'Am&#233;rique latine avaient officiellement renou&#233; avec la d&#233;mocratie. Ce qui, dans un pays pauvre, ne veut pas dire l'absence d'intervention de l'arm&#233;e &#224; la moindre &#233;meute. Les dictatures mises en place sur la quasi-totalit&#233; des pays d'Am&#233;rique du Sud et Centrale &#224; la fin des ann&#233;es 1960 ou au d&#233;but des ann&#233;es 1970 (1964 au Br&#233;sil, 1973 au Chili et en Uruguay, 1976 en Argentine) avaient fait leur temps. La vague des r&#233;volutions anticoloniales du tiers-monde et la r&#233;volution cubaine, pouvant &#233;chapper &#224; la main mise de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain en jouant de la rivalit&#233; entre l'Est et l'Ouest, avaient fait craindre aux &#201;tats-Unis une explosion sociale de l'Am&#233;rique Latine. En 1980, on n'en &#233;tait plus l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paralys&#233;es par la corruption et la faillite financi&#232;re de leurs r&#233;gimes, &#233;branl&#233;es par une remont&#233;e du m&#233;contentement social, les dictatures militaires se retiraient les unes apr&#232;s les autres, quand elles n'y &#233;taient pas discr&#232;tement pouss&#233;es par les &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes. L'Argentine renouait avec un r&#233;gime civil en 1983, apr&#232;s l'&#233;chec de l'aventure de la guerre des Malouines, engag&#233;e par le r&#233;gime militaire pour redorer son blason. Apr&#232;s une vague de gr&#232;ves et manifestations, l'arm&#233;e uruguayenne laissait le pouvoir l'ann&#233;e suivante. Les militaires br&#233;siliens, eux aussi aux prises avec des gr&#232;ves, pratiquaient depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 une politique d'ouverture (reconnaissance des partis interdits, amnisties, nouvelles &#233;lections l&#233;gislatives). Ils passaient la main en 1985. Seul Pinochet, au Chili, restait au pouvoir jusqu'en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique aussi la situation avait chang&#233;. La politique de cr&#233;dits accord&#233;s largement aux &#201;tats des pays du tiers-monde ou semi-d&#233;velopp&#233;s comme les grands pays d'Am&#233;rique Latine, qui permettait de leurs vendre des &#233;quipements, ne paraissaient plus aussi s&#251;rs aux banquiers des pays riches. La dette des pays d'Am&#233;rique Latine devenait irremboursable. On d&#233;cr&#233;tait ces pays insolvables et envoyait les huissiers se payer sur la b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes impos&#233;es par le FMI allaient co&#251;ter cher &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, c'est le pr&#233;sident radical Ra&#250;l Alfons&#237;n qui, en consacrant tous les exc&#233;dents du commerce ext&#233;rieur au payement de la dette, avec une d&#233;valuation de 5 000 % et une augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t, entama cette politique. Un p&#233;roniste (donc suppos&#233; plus ou moins de gauche et li&#233; aux syndicats), Carlos Menem, prenait son relais en 1989. Il acc&#233;l&#233;rait la privatisation de toutes les entreprises publiques, imposait la flexibilit&#233; du travail. Le co&#251;t pour la population laborieuse de ses mesures (sans parler de la corruption du r&#233;gime), aboutit au retour en 1999 d'un nouveau pr&#233;sident radical... qui dut d&#233;missionner apr&#232;s les &#233;meutes de d&#233;cembre 2001. C'est d'un pays o&#249; le ch&#244;mage touche 30 % de la population active, o&#249; un salari&#233; sur deux touche moins de 500 pesos (environ 160 &#8364;) et o&#249; la moiti&#233; de la population ne b&#233;n&#233;ficie d'aucune couverture sociale, dont h&#233;rite aujourd'hui Kirchner, p&#233;roniste &#224; nouveau, mais cette fois vraiment de gauche, nous dit-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me cheminement au Br&#233;sil, o&#249; le premier pr&#233;sident civil, Jos&#233; Sarney (Alliance d&#233;mocratique) avait commenc&#233; son r&#232;gne par une r&#233;forme mon&#233;taire et surtout un blocage des salaires. Son successeur Fernando Henrique Cardoso, du Parti social d&#233;mocrate (parti qui a eu &#224; certaines &#233;lection l'appui de PT de Lula), pr&#233;sident de 1994 &#224; 2002, r&#233;alisa les plus grandes fourn&#233;es de privatisations de services et d'entreprises publiques : plus en une seule ann&#233;e, 1998, que l'ensemble des privatisations argentines de 1990 &#224; 2000.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une gauche plurielle, mais assagie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;em&gt;&#171; nouvelles gauches &#187;,&lt;/em&gt; qui prennent aujourd'hui le relais, se sont constitu&#233;es &#224; partir d'ingr&#233;dients forts divers et parfois surprenants en comparaison de la politique que nous connaissons ici, dans les pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construit &#224; partir du mouvement syndical, le Parti des Travailleurs de Lula est probablement celui qui correspond le plus aux partis socialistes qui avaient vu le jour en Europe &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &#192; cette diff&#233;rence que l'histoire ne se r&#233;&#233;crit pas et que le r&#233;formisme du jeune parti de Lula ressemble &#224; celui des social-d&#233;mocraties s&#233;niles de la fin du vingti&#232;me si&#232;cle, celui de Jospin, Schr&#246;der ou Blair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#234;tre &lt;em&gt;&#171; au long parcours r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/em&gt;, d'apr&#232;s le quotidien El Pa&#237;s, mais aujourd'hui conseiller de Lula, Carlos Alberto Libanio Christo explique &#224; ce journal : &lt;em&gt;&#171; dans les ann&#233;es 60, la gauche que j'ai connue &#233;tait tr&#232;s dogmatique et doctrinaire &lt;/em&gt;[...] &lt;em&gt;L'id&#233;e selon laquelle il faut d'abord faire la r&#233;volution pour entrer ensuite dans l'appareil d'&#201;tat a &#233;volu&#233; au cours de ces ann&#233;es. [...] Aujourd'hui, en Am&#233;rique latine, la r&#233;volution n'int&#233;resse plus que deux milieux : les fabricants d'armes et l'extr&#234;me droite. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre, comme lui, retourn&#233;s r&#233;fl&#233;chir au couvent entre une folle jeunesse et un poste de conseiller pr&#233;sidentiel, un certain nombre d'anciens r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 1960-70, intellectuels sinc&#232;rement r&#233;volt&#233;s par les injustices mais qui se voyaient en leaders de &lt;em&gt;&#171; leur &#187;&lt;/em&gt; peuple ont, semble-t-il, suivi des chemins analogues. &lt;em&gt;&#171; En Uruguay, nous avons une culture de la n&#233;gociation. Les Partis colorado et blanco &lt;/em&gt;[les deux partis de droite qui ont gouvern&#233; l'Uruguay ces 20 derni&#232;res ann&#233;es] &lt;em&gt;ont eu d'&#233;normes diff&#233;rences, mais ils ont appris &#224; n&#233;gocier, et cela explique leur maintien au gouvernement aussi longtemps. Nous en avons conclu que la rigidit&#233; ne dure pas &#187;&lt;/em&gt;, explique &#171; Pepe &#187; Mujica, le nouveau ministre de l'agriculture uruguayen (cit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 3 mars). Il dirige le MPP (Mouvement de participation populaire) le parti des anciens Tupamaros reconvertis &#224; la politique politicienne, la composante du Front &#233;largi qui a obtenu le plus grand nombre de si&#232;ges dans le nouveau parlement uruguayen. Pr&#233;sidente de ce parlement, Nora Castro ajoute : &lt;em&gt;&#171; Je suis toujours une &#171; Tupa &#187;.&lt;/em&gt; [...] &lt;em&gt;Le combat politique ne se fait plus les armes &#224; la main, mais la lutte contre les injustices sociales demeure la priorit&#233;. Il s'agit de retrouver une croissance durable, mais aussi une meilleure redistribution de la richesse. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident uruguayen, Vazquez, chef de file de ce Front &#233;largi est, quant &#224; lui, un politicien bourgeois plus classique. Comme l'est le pr&#233;sident chilien Lagos, ancien fonctionnaire aux Nations Unies puis &#224; l'Organisation Internationale du Travail. Ce dernier a m&#234;me &#233;t&#233; plusieurs fois ministre dans les gouvernements des pr&#233;sidents d&#233;mocrates-chr&#233;tiens entre 1990 et 2000. Quant au pr&#233;sident argentin Kirchner, il a d&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir annonc&#233; la couleur en choisissant pour ministre de l'&#233;conomie, le ministre du gouvernement pr&#233;c&#233;dant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sidents v&#233;n&#233;zu&#233;liens et &#233;quatoriens Ch&#225;vez et Guti&#233;rrez sont d'une autre composante. Anciens militaires putschistes, ils sont sans doute l'expression d'une petite bourgeoisie nationaliste un peu radicale et &#233;tatiste, qui r&#234;ve de r&#233;duire la corruption ou moderniser le pays en r&#233;duisant le pillage de ses richesses en m&#234;me temps qu'ils nourrissent leurs ambitions personnelles. Et s'ils jouissent pour cela d'une certaine popularit&#233;, ils ne repr&#233;sentent pas plus que les autres les int&#233;r&#234;ts des pauvres et des travailleurs du pays.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH308/droitegauche-18518.gif?1788808114' width='300' height='308' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Des luttes sociales qui n'ont pas dit leur dernier mot&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin des dictatures militaires et surtout depuis la fin des ann&#233;es 1990, on a vu en Am&#233;rique Latine se d&#233;velopper les luttes sociales : manifestations de ch&#244;meurs, &#233;meutes contre les hausse de prix ou &#233;meutes de la faim, pillage de grandes surfaces, manifestations contre les privatisations. Et surtout d'importantes gr&#232;ves ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces mouvements que la gauche au pouvoir s'efforce d'endormir en parlant d'un socialisme&lt;em&gt; &#171; les pieds sur terre &#187; &lt;/em&gt;et en promettant cette &lt;em&gt;&#171; croissance durable &#187; &lt;/em&gt;que les sacrifices demand&#233;s seraient cens&#233; engendrer. Les illusions qu'ils s'efforcent de cr&#233;er sont mortelles. Elles ne conduisent qu'&#224; des d&#233;ceptions et des retours de b&#226;ton. Avec cette diff&#233;rence sur la classique alternance gauche-droite de nos pays riches, que les retours de b&#226;ton du pass&#233; de l'Am&#233;rique Latine se sont souvent traduits par des milliers de morts et de nouvelles ann&#233;es de dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les retours de b&#226;ton pourraient bien cette fois venir de la classe ouvri&#232;re. Si elle ne se laisse pas endormir par les nouveaux leaders qui pr&#233;tendent gouverner en son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier BELIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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