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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Les livreurs d'Uber Eats en gr&#232;ve
</title>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Livreurs
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		<description>Plusieurs milliers de livreurs d'Uber Eats ne seront pas connect&#233;s sur la plateforme ce week-end. Ils sont appel&#233;s &#224; faire gr&#232;ve pour protester contre le changement de leur r&#233;mun&#233;ration. Depuis trois semaines le syst&#232;me est g&#233;r&#233; par un algorithme. Cons&#233;quence : le revenu moyen des quelque 60 000 personnes qui travaillent pour la plateforme a baiss&#233; de 10 &#224; 30 %, selon le syndicat Union ind&#233;pendants qui accompagne cette gr&#232;ve nationale avec la CGT et Sud Commerces et services. Un&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livreurs-+" rel="tag"&gt;Livreurs
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs milliers de livreurs d'Uber Eats ne seront pas connect&#233;s sur la plateforme ce week-end. Ils sont appel&#233;s &#224; faire gr&#232;ve pour protester contre le changement de leur r&#233;mun&#233;ration. Depuis trois semaines le syst&#232;me est g&#233;r&#233; par un algorithme. Cons&#233;quence : le revenu moyen des quelque 60 000 personnes qui travaillent pour la plateforme a baiss&#233; de 10 &#224; 30 %, selon le syndicat Union ind&#233;pendants qui accompagne cette gr&#232;ve nationale avec la CGT et Sud Commerces et services. Un jeune livreur, post&#233; sur le parvis de la D&#233;fense, pr&#232;s de Paris, explique avoir vu sa r&#233;mun&#233;ration baisser. Le jeune homme travaille pour Uber Eats depuis 2016, mais ces derni&#232;res semaines, il doit p&#233;daler beaucoup plus. Et d'expliquer : &#171; Avant quand je travaillais en journ&#233;e, je gagnais 150 euros. L&#224;, il y a des jours o&#249; faire 100 euros, ce n'est pas &#233;vident. Maintenant, &#231;a m'arrive le week-end de travailler la nuit entre minuit et trois heures du matin pour compl&#233;ter&#8230; &#187; La direction d'Uber Eats d&#233;fend l'utilisation de son algorithme qui tiendrait mieux compte des conditions de travail et serait plus juste. Plus juste pour qui ? Pour les b&#233;n&#233;fices du patron certainement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'uberisation n'a pas de fronti&#232;res
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/L-uberisation-n-a-pas-de-frontieres</link>
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		<dc:date>2023-11-07T15:51:42Z</dc:date>
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		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>Pour faire entendre leur voix, huit livreurs ind&#233;pendants de six nationalit&#233;s diff&#233;rentes ont entam&#233; dimanche un p&#233;riple &#224; v&#233;lo de Paris &#224; Bruxelles. Ils sont anglais, fran&#231;ais, italiens, espagnols, autrichiens et belges mais ces coursiers de Deliveroo ou d'UberEats vivent exactement la m&#234;me gal&#232;re. Ils ont p&#233;dal&#233; jusqu'&#224; la capitale belge o&#249; a d&#233;but&#233; la derni&#232;re phase de n&#233;gociation d'une directive europ&#233;enne sur les droits des travailleurs de plateforme, un texte qui pr&#233;voit de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour faire entendre leur voix, huit livreurs ind&#233;pendants de six nationalit&#233;s diff&#233;rentes ont entam&#233; dimanche un p&#233;riple &#224; v&#233;lo de Paris &#224; Bruxelles. Ils sont anglais, fran&#231;ais, italiens, espagnols, autrichiens et belges mais ces coursiers de Deliveroo ou d'UberEats vivent exactement la m&#234;me gal&#232;re. Ils ont p&#233;dal&#233; jusqu'&#224; la capitale belge o&#249; a d&#233;but&#233; la derni&#232;re phase de n&#233;gociation d'une directive europ&#233;enne sur les droits des travailleurs de plateforme, un texte qui pr&#233;voit de requalifier comme salari&#233;s de nombreux travailleurs aujourd'hui consid&#233;r&#233;s comme &#171; ind&#233;pendants &#187;. Il serait temps !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Livreurs &#224; v&#233;lo : une petite avanc&#233;e
</title>
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		<dc:date>2023-04-22T14:19:14Z</dc:date>
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		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>Apr&#232;s de laborieuses n&#233;gociations, l'Association des plateformes d'ind&#233;pendants &#8211; qui regroupe notamment Deliveroo, UberEats et Stuart &#8211; a accept&#233; de fixer &#224; un minimum de 11,75 euros la course pour l'ensemble de ses livreurs. &#192; peu pr&#232;s au m&#234;me niveau que le salaire horaire minimum d'une femme de m&#233;nage. Ce n'est donc pas le P&#233;rou et seuls 20 % d'entre eux, les plus mal lotis, sont concern&#233;s. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; le ministre du Travail, Olivier Dussopt, de crier victoire : &#171; Ces&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s de laborieuses n&#233;gociations, l'Association des plateformes d'ind&#233;pendants &#8211; qui regroupe notamment Deliveroo, UberEats et Stuart &#8211; a accept&#233; de fixer &#224; un minimum de 11,75 euros la course pour l'ensemble de ses livreurs. &#192; peu pr&#232;s au m&#234;me niveau que le salaire horaire minimum d'une femme de m&#233;nage. Ce n'est donc pas le P&#233;rou et seuls 20 % d'entre eux, les plus mal lotis, sont concern&#233;s. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; le ministre du Travail, Olivier Dussopt, de crier victoire : &#171; Ces premiers accords consacrent le dialogue social et constituent une r&#233;elle avanc&#233;e en faveur du renforcement des droits des travailleurs de la livraison. &#187; Un dialogue social au ras des p&#226;querettes qui ne co&#251;te pas tr&#232;s cher aux patrons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Bordeaux : la gal&#232;re des &#171; auto-entrepreneurs &#187;
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Bordeaux-la-galere-des-auto-entrepreneurs</link>
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		<dc:date>2023-04-06T17:37:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>Le quotidien Sud-Ouest a publi&#233; une mini-enqu&#234;te sur les &#171; auto-entrepreneurs &#187; sp&#233;cialis&#233;s dans la livraison des repas &#224; Bordeaux et dans sa r&#233;gion. D'o&#249; il ressort que sur les 3 000 livreurs recens&#233;s, qui travaillent pour des plateformes comme Uber Eats ou Deliveroo, au moins 400 vivent dans des squats. 531 auto-entreprises se sont fait domicilier au centre communal d'action sociale et 249 autres &#224; la soci&#233;t&#233; Saint-Vincent-de-Paul qui proposent un service postal aux SDF. Un certain&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le quotidien &lt;em&gt;Sud-Ouest&lt;/em&gt; a publi&#233; une mini-enqu&#234;te sur les &#171; auto-entrepreneurs &#187; sp&#233;cialis&#233;s dans la livraison des repas &#224; Bordeaux et dans sa r&#233;gion. D'o&#249; il ressort que sur les 3 000 livreurs recens&#233;s, qui travaillent pour des plateformes comme Uber Eats ou Deliveroo, au moins 400 vivent dans des squats. 531 auto-entreprises se sont fait domicilier au centre communal d'action sociale et 249 autres &#224; la soci&#233;t&#233; Saint-Vincent-de-Paul qui proposent un service postal aux SDF. Un certain nombre de dispositifs ont &#233;t&#233; mis en place pour leur apporter une aide sociale, m&#233;dicale ou juridique, mais ils ne sont pas accessibles aux livreurs en situation irr&#233;guli&#232;re. Prix minimal de la course pay&#233; par les plateformes : entre 2,60 et 2,90 euros. Et ceux qui sont sans papier ristournent une partie de cette somme aux pr&#234;te-noms qui leur sous-louent des comptes et leur permettent de travailler. Une situation scandaleuse qui n'est pas propre &#224; Bordeaux et se retrouve un peu partout dans l'Hexagone. R&#233;gulariser tous les sans-papiers serait une mesure qui permettrait d'am&#233;liorer un peu leur situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Paris : des livreurs contre Uber Eats
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Paris-des-livreurs-contre-Uber-Eats</link>
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		<dc:date>2022-09-13T15:54:06Z</dc:date>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>sans-papiers
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>Environ 500 personnes, toutes africaines, ont manifest&#233; lundi &#224; Paris contre Uber Eats, la firme am&#233;ricaine sp&#233;cialis&#233;e dans la livraison des repas &#224; domicile. Elles d&#233;noncent la d&#233;connexion d'environ 2 500 comptes de livreurs de la plate-forme au pr&#233;texte que leur identit&#233; serait &#171; frauduleuse &#187;. Or ces travailleurs &#233;tant pour la plupart sans papiers, ils sont oblig&#233;s d'utiliser un nom d'emprunt pour pouvoir travailler. Une situation que connaissait parfaitement leur employeur qui&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livreurs-+" rel="tag"&gt;Livreurs
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Environ 500 personnes, toutes africaines, ont manifest&#233; lundi &#224; Paris contre Uber Eats, la firme am&#233;ricaine sp&#233;cialis&#233;e dans la livraison des repas &#224; domicile. Elles d&#233;noncent la d&#233;connexion d'environ 2 500 comptes de livreurs de la plate-forme au pr&#233;texte que leur identit&#233; serait &#171; frauduleuse &#187;. Or ces travailleurs &#233;tant pour la plupart sans papiers, ils sont oblig&#233;s d'utiliser un nom d'emprunt pour pouvoir travailler. Une situation que connaissait parfaitement leur employeur qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; les exploiter pendant plusieurs ann&#233;es pour nombre d'entre eux. Leurs comptes ont &#233;t&#233; d&#233;connect&#233;s du jour au lendemain les privant ainsi de tout revenu. Dans ce domaine, la seule &#171; normalisation &#187; qui vaille est la r&#233;gularisation de tous les travailleurs sans papiers pour leur permettre de travailler et de r&#233;sider en toute l&#233;galit&#233;, sans craindre les contr&#244;les au faci&#232;s ou les chantages patronaux qu'ils subissent par ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Royaume-Uni : les coursiers de Stuart en gr&#232;ve contre les pertes de r&#233;mun&#233;ration
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Royaume-Uni-les-coursiers-de-Stuart-en-greve-contre-les-pertes-de-remuneration</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Royaume-Uni-les-coursiers-de-Stuart-en-greve-contre-les-pertes-de-remuneration</guid>
		<dc:date>2022-01-31T17:37:58Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Royaume-Uni
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; Sheffield et dans quelques autres villes d'Angleterre, plusieurs dizaines de coursiers de Stuart ont engag&#233; un bras de fer contre la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ed, un militant du groupe trotskiste anglais Alliance for Workers' Liberty (AWL), mobilis&#233; aux c&#244;t&#233;s des gr&#233;vistes de Stuart de Sheffield, nous a racont&#233; la lutte en cours. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Royaume-Uni-+" rel="tag"&gt;Royaume-Uni
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livreurs-+" rel="tag"&gt;Livreurs
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH73/arton17524-b0401.jpg?1789285592' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo parue sur le site de &lt;a href=&#034;https://www.workersliberty.org/story/2022-01-28/we-need-recognise-our-power&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'AWL&lt;/a&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#192; Sheffield et dans quelques autres villes d'Angleterre, plusieurs dizaines de coursiers de Stuart ont engag&#233; un bras de fer contre la direction, &#224; la suite d'un changement de tarification. Les coursiers, employ&#233;s sous un statut auto-entrepreneur &#233;quivalent &#224; celui de la France, r&#233;alisent des livraisons de repas, de m&#233;dicaments ou de courses.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Stuart est une filiale du groupe La Poste, qui agit souvent derri&#232;re une cascade de sous-traitance. En France, une vingtaine de coursiers de la m&#234;me entreprise, livrant les courses pour Monoprix &#224; Paris, s'&#233;taient &#233;galement mobilis&#233;s en novembre avec d'autres travailleurs sans-papiers. Ils avaient obtenu des embauches en CDI et le formulaire de l'employeur ouvrant la voie &#224; une r&#233;gularisation.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ed, un militant du groupe trotskiste anglais Alliance for Workers' Liberty (AWL), mobilis&#233; aux c&#244;t&#233;s des gr&#233;vistes de Stuart de Sheffield, nous a racont&#233; la lutte en cours.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CR : Quel a &#233;t&#233; l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur de la mobilisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ed :&lt;/strong&gt; La direction de Stuart a introduit une nouvelle &#233;chelle de r&#233;mun&#233;ration. Auparavant, les coursiers &#233;taient pay&#233;s 4,5 &#163; (5,40 &#8364;) pour un trajet inf&#233;rieur &#224; trois kilom&#232;tres et 7,5 &#163; (9 &#8364;) au-del&#224;. D&#233;sormais, c'est une paie &#171; lin&#233;aire &#187; qui s'applique, avec un minimum &#224; 3,4 &#163; (4,10 &#8364;) et un montant proportionnel &#224; la distance. Le tarif minimum d'une course est donc r&#233;duit d'un quart. Avec le compl&#233;ment par kilom&#232;tre, les coursiers ont finalement constat&#233; une baisse comprise entre 10 et 20 % de leur r&#233;mun&#233;ration, ce qui les oblige &#224; travailler deux heures de plus par jour pour toucher la m&#234;me chose qu'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau syst&#232;me a &#233;t&#233; introduit ville par ville. D'abord &#224; Nottingham, en avril 2021, o&#249; il y a eu une gr&#232;ve de plus d'une semaine. Stuart a alors promis de relever le &#171; multiplicateur &#187; du tarif de la course durant quelques mois dans la ville. Ce multiplicateur s'applique aux heures de pointe ou en cas d'orage pour inciter les coursiers &#224; se connecter en nombre suffisant quand la demande est importante. Il peut varier fortement, mais laisse donc des paies tr&#232;s r&#233;duites aux heures creuses. Il s'agissait surtout d'habituer les coursiers au nouveau syst&#232;me, car &#224; peine quelques mois plus tard, ce multiplicateur a &#233;t&#233; &#224; nouveau r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre et octobre, d'autres villes sont pass&#233;es au m&#234;me syst&#232;me. &#192; Sheffield, la direction a organis&#233; des r&#233;unions par Zoom pour expliquer le nouveau dispositif. Lors de ces r&#233;unions, beaucoup de ranc&#339;ur s'est exprim&#233;e de la part des coursiers. Face &#224; une menace de gr&#232;ve par le syndicat, la direction a d'ailleurs report&#233; la mise en place de huit semaines. Mais le 6 d&#233;cembre, Sheffield a &#233;t&#233; la derni&#232;re ville &#224; subir ces tarifs. Cela a &#233;t&#233; le d&#233;but de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CR : Comment est organis&#233;e la mobilisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ed : &lt;/strong&gt; Dans plusieurs autres villes, il y a eu des manifestations et quelques gr&#232;ves spontan&#233;es, mais courtes. Les coursiers sont peu organis&#233;s et il est difficile de construire une mobilisation solide. &#192; Sheffield, la situation est diff&#233;rente. Depuis deux ans, nous menons un travail d'organisation des coursiers, au sein de l'Independent Workers' Union of Great Britain (IWGB, syndicat des travailleurs ind&#233;pendants de Grande-Bretagne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce petit syndicat organise des secteurs pr&#233;caires traditionnellement peu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Environ 80 coursiers &#233;taient syndiqu&#233;s avant la gr&#232;ve, ils sont une centaine &#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe WhatsApp a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour &#233;changer. Il permet de coordonner entre 200 et 250 coursiers, ce qui correspond &#224; peu pr&#232;s aux participants de la mobilisation &#224; Sheffield. Les gr&#233;vistes se r&#233;unissent tous les lundis matin pour d&#233;cider des suites &#224; donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur est difficile &#224; organiser, car il s'agit de travailleurs pr&#233;caires et presque toujours immigr&#233;s. Se c&#244;toient des Jama&#239;cains, &#201;rythr&#233;ens, &#201;thiopiens, Y&#233;m&#233;nites, Syriens, Somaliens, Tchadiens, Camerounais, Maliens, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CR : Et donc quelles formes prend la gr&#232;ve pour des travailleurs suppos&#233;s &#171; ind&#233;pendants &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ed :&lt;/strong&gt; &#192; partir du 6 d&#233;cembre, les gr&#233;vistes ont bloqu&#233; les commandes pour McDonald's chaque soir entre 17 et 22 heures. Des piquets &#233;taient tenus sur six restaurants &#224; Sheffield, avec quelques gr&#233;vistes et des soutiens pour emp&#234;cher les coursiers Stuart d'emporter les commandes. Mais surtout les coursiers qui travaillaient le soir rejetaient les commandes pour McDonald's ou ne se connectaient que pour d'autres plateformes (Deliveroo, Uber), certains &#233;tant inscrits sur plusieurs d'entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilisation a dur&#233; trois semaines, jusqu'au 24 d&#233;cembre. Elle a fait des &#233;mules, puisque des coursiers ont suivi le mouvement dans plusieurs autres villes du nord de l'Angleterre, &#224; Sunderland, Blackpool, Huddersfield et Chesterfield. Des r&#233;unions ont &#233;t&#233; organis&#233;es dans ces villes avec des &#233;missaires de Sheffield pour aider les gr&#233;vistes &#224; s'organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a repris le 10 janvier &#224; Sheffield et Sunderland, mais cette fois seulement sur trois McDo pour Sheffield.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
CR : Pourquoi McDonald's ? Est-ce que McDo a fait pression sur Stuart pour faire cesser la gr&#232;ve ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ed : &lt;/strong&gt; McDonald's repr&#233;sente le tiers de l'activit&#233; de Stuart. C'est donc un moyen de pression important. Nous estimons que les pertes de commandes repr&#233;sentent entre 250 000 et 1 million de livres sterling (300 000 &#224; 1,2 million d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;McDonald's n'est pas directement impact&#233;, car ses restaurants font appel &#224; d'autres plateformes. Ils ont m&#234;me fini par se d&#233;connecter eux-m&#234;mes de la plateforme Just Eat, interm&#233;diaire entre McDo et Stuart, pour &#233;viter de recevoir des commandes qu'ils ne pourraient pas honorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc surtout Stuart qui est p&#233;nalis&#233;. Mais les gr&#233;vistes r&#233;fl&#233;chissent aussi &#224; changer de cible, avec en vue une cha&#238;ne de restauration plus anglaise, Greggs, qui passe exclusivement par Stuart pour ses livraisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CR : Quelles sont maintenant les perspectives pour la mobilisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ed : &lt;/strong&gt; Deux concessions ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; obtenues par les gr&#233;vistes. Tout d'abord, Stuart a c&#233;d&#233; sur un &#233;l&#233;ment de proc&#233;dure. Les coursiers doivent prendre une assurance, qui est par ailleurs tr&#232;s ch&#232;re. Chaque ann&#233;e, au moment de d&#233;clarer qu'ils sont bien assur&#233;s, il y a des bugs et beaucoup de coursiers sont suspendus. Stuart a promis de refaire le site : une concession qui ne lui co&#251;te pas cher, mais &#233;viterait des tracasseries (et des pertes de revenus) aux coursiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stuart s'est &#233;galement engag&#233; &#224; r&#233;mun&#233;rer les temps d'attente trop longs dans les restaurants. Il y aura un bonus de 4,5 &#163; toutes les quinze minutes pour l'attente durant la pr&#233;paration de la commande dans le restaurant. Ce dispositif existait auparavant (avec un bonus toutes les vingt minutes), mais avait &#233;t&#233; supprim&#233;. C'est donc un progr&#232;s, m&#234;me si l'attente entre les commandes, elle, n'est toujours pas pay&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour gagner plus, le mouvement a besoin de s'&#233;tendre. Il faut donc maintenir la gr&#232;ve, trouver un rythme et se faire voir en gagnant du temps pour d&#233;velopper la gr&#232;ve dans d'autres villes. Il n'y a pas d'organisation dans les autres villes, nous travaillons donc &#224; d&#233;velopper des &#233;quipes capables d'y diriger la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous cherchons aussi d'autres moyens pour peser sur Stuart. Nous faisons appel notamment aux hommes et femmes politiques et aux syndicalistes en France pour faire pression sur La Poste, entreprise publique et maison m&#232;re de Stuart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une victoire des coursiers de Stuart serait essentielle pour tous les travailleurs des plateformes. Car dans beaucoup d'entre elles, les conditions d'emploi et de salaire sont encore plus pr&#233;caires. Une victoire chez Stuart pourrait entra&#238;ner un sursaut d'organisation parmi les livreurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce petit syndicat organise des secteurs pr&#233;caires traditionnellement peu syndiqu&#233;s, comme le nettoyage ou les travailleurs des plateformes. Il a &#233;t&#233; fond&#233; en 2013 en rupture avec les deux principales centrales syndicales britanniques (Unite et Unison), lors d'une gr&#232;ve du nettoyage &#224; l'Universit&#233; de Londres pour des cong&#233;s pay&#233;s, des arr&#234;ts maladie et une retraite digne de ce nom (mouvement appel&#233; &#171; 3 Cosas &#187; &#8211; trois choses, en espagnol &#8211; du fait de ces trois revendications et de la majorit&#233; latino parmi les gr&#233;vistes).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Lille : un jeune livreur clandestin &#233;cras&#233; par un camion
</title>
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		<dc:subject>sans-papiers
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		<dc:subject>&#201;conomie
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		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>Un adolescent de 16 ans, qui circulait &#224; bicyclette dans le quartier de Fives, a &#233;t&#233; percut&#233; par un camion et est d&#233;c&#233;d&#233;. Il &#233;tait porteur d'une sacoche de l'entreprise britannique Deliveroo et, selon toute vraisemblance, effectuait une livraison. Un repr&#233;sentant de l'entreprise a assur&#233; qu'il ne s'agissait pas d'un livreur &#171; officiel &#187; et que les mineurs ne pouvaient pas travailler chez elle. Si l'enqu&#234;te doit encore d&#233;terminer les circonstances exactes du drame, la mort du jeune&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un adolescent de 16 ans, qui circulait &#224; bicyclette dans le quartier de Fives, a &#233;t&#233; percut&#233; par un camion et est d&#233;c&#233;d&#233;. Il &#233;tait porteur d'une sacoche de l'entreprise britannique Deliveroo et, selon toute vraisemblance, effectuait une livraison. Un repr&#233;sentant de l'entreprise a assur&#233; qu'il ne s'agissait pas d'un livreur &#171; officiel &#187; et que les mineurs ne pouvaient pas travailler chez elle. Si l'enqu&#234;te doit encore d&#233;terminer les circonstances exactes du drame, la mort du jeune homme a relanc&#233; la pol&#233;mique sur les &#171; livreurs fant&#244;mes &#187;, ces personnes qui ne sont pas cens&#233;es travailler pour les diff&#233;rentes plateformes, mais qui parviennent &#224; emprunter ou &#224; sous-louer, contre r&#233;mun&#233;ration, un compte enregistr&#233; l&#233;galement. Ils sont des milliers dans ce cas. Car depuis des ann&#233;es, des titulaires de comptes de livreurs sous-traitent leur activit&#233; &#224; des personnes encore plus pr&#233;caires qu'eux : mineurs, sans-papiers, migrants en situation irr&#233;guli&#232;re, etc. Et ces livreurs multiplient les risques et le nombre de courses, chacune &#233;tant pay&#233;e &#224; un prix d&#233;risoire. L'an dernier, le Collectif des livreurs autonomes de plateformes estimait qu'&#224; Paris par exemple, plus de la moiti&#233; des livreurs &#233;taient sans papiers. Et, ces derniers mois, les accidents, parfois mortels, se sont multipli&#233;s. Preuve que l'uberisation tue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Plateformes num&#233;riques : vers &#171; une pr&#233;somption de salariat &#187; ?
</title>
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		<dc:date>2021-12-10T16:29:09Z</dc:date>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Livreurs
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		<description>La Commission europ&#233;enne vient de pr&#233;senter une proposition de directive visant &#224; r&#233;guler le statut des travailleurs des plateformes num&#233;riques et &#224; leur reconna&#238;tre des droits &#224; un salaire minimum, &#224; une protection sociale et &#224; la retraite en instituant une &#171; pr&#233;somption de salariat &#187;. Elle veut ainsi mettre fin &#224; l'usage frauduleux du statut d'ind&#233;pendant ou d'auto-entrepreneur que les travailleurs des plateformes num&#233;riques telles qu'Uber, Deliveroo ou Bolt sont contraints de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne vient de pr&#233;senter une proposition de directive visant &#224; r&#233;guler le statut des travailleurs des plateformes num&#233;riques et &#224; leur reconna&#238;tre des droits &#224; un salaire minimum, &#224; une protection sociale et &#224; la retraite en instituant une &#171; pr&#233;somption de salariat &#187;. Elle veut ainsi mettre fin &#224; l'usage frauduleux du statut d'ind&#233;pendant ou d'auto-entrepreneur que les travailleurs des plateformes num&#233;riques telles qu'Uber, Deliveroo ou Bolt sont contraints de choisir. On estime qu'ils sont quatre millions dans ce cas au sein de l'Union europ&#233;enne. Si l'adoption d'une telle directive &#8211; qui doit encore &#234;tre discut&#233;e par le Conseil et le Parlement europ&#233;ens &#8211; serait une bonne chose, elle ne r&#233;soudrait pas pour autant tout le probl&#232;me. Ainsi en Espagne, o&#249; les livreurs de repas b&#233;n&#233;ficient de la &#171; pr&#233;somption de salariat &#187; depuis mars dernier, les plateformes ont r&#233;pondu &#224; cette nouvelle l&#233;gislation soit en quittant le march&#233; espagnol, comme Deliveroo, soit, comme Uber Eats, en sous-traitant l'embauche des livreurs &#224; des soci&#233;t&#233;s interm&#233;diaires issues du secteur de la logistique. Ces derniers mois les livreurs se sont mobilis&#233;s &#224; plusieurs reprises, conscients que ce n'est en fin de compte que sur le rapport de force cr&#233;&#233; par la lutte et la mobilisation qu'ils peuvent compter pour obtenir la reconnaissance du statut de salari&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La lutte contre l'uberisation
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-lutte-contre-l-uberisation</link>
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		<dc:date>2021-06-28T14:27:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>Ce samedi 26 juin, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le syndicat CGT des livreurs parisiens, il s'agit de la 8&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; structure locale de la CGT organisant des livreurs &#224; deux roues. Le 18 juin &#224; Paris, une manifestation de livreurs posait le probl&#232;me des agressions, notamment racistes, qu'ils subissent. &lt;br /&gt;Par diff&#233;rents moyens d'organisation et de mobilisation, ces travailleurs, confront&#233;s &#224; leurs employeurs esclavagistes comme UberEats ou Deliveroo, ont bien raison de se battre pour faire valoir leurs droits.

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livreurs-+" rel="tag"&gt;Livreurs
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce samedi 26 juin, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le syndicat CGT des livreurs parisiens, il s'agit de la 8&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; structure locale de la CGT organisant des livreurs &#224; deux roues. Le 18 juin &#224; Paris, une manifestation de livreurs posait le probl&#232;me des agressions, notamment racistes, qu'ils subissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par diff&#233;rents moyens d'organisation et de mobilisation, ces travailleurs, confront&#233;s &#224; leurs employeurs esclavagistes comme UberEats ou Deliveroo, ont bien raison de se battre pour faire valoir leurs droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Micro-entrepreneurs : les patrons de mis&#232;re
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Micro-entrepreneurs-les-patrons-de-misere</link>
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		<dc:date>2021-05-04T12:16:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>&#201;conomie
</dc:subject>
		<dc:subject>Ub&#233;risation
</dc:subject>
		<dc:subject>Article
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Si vous ne trouvez pas d'emploi, cr&#233;ez-le vous-m&#234;mes &#187;&lt;/em&gt; nous racontent les politiciens chacun leur tour. Une fa&#231;on pour eux de rendre les travailleurs responsables du ch&#244;mage. Pourtant, nombreux sont ceux qui se sont r&#233;solus &#224; &#171; cr&#233;er leur emploi &#187;, tels ces micro-entrepreneurs, dont le nombre a d&#233;pass&#233; la barre du million. Qui sont-il ? Que gagnent-ils ? Sont-ils vraiment sortis du ch&#244;mage ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Article-+" rel="tag"&gt;Article
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livreurs-+" rel="tag"&gt;Livreurs
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L111xH150/arton15003-aeb31.jpg?1788113221' class='spip_logo spip_logo_right' width='111' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Si vous ne trouvez pas d'emploi, cr&#233;ez-le vous-m&#234;mes &#187;&lt;/em&gt; nous racontent les politiciens chacun leur tour, apr&#232;s avoir &#233;ventuellement propos&#233; de traverser la rue, comme Macron. Une fa&#231;on pour eux de rendre les travailleurs responsables du ch&#244;mage, tandis qu'ils r&#233;duisent les allocations au nom d'un d&#233;ficit creus&#233; &#224; force d'all&#232;gements de cotisations patronales. Nombreux sont ceux qui se sont r&#233;solus &#224; &#171; cr&#233;er leur emploi &#187;, tels ces micro-entrepreneurs (nouveau nom des auto-entrepreneurs depuis 2014), dont le nombre a d&#233;pass&#233; la barre du million. Le ch&#244;mage n'en a pas tant baiss&#233; pour autant. Et difficile de dire que m&#234;me ces micro-entrepreneurs soient vraiment sortis du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Qui sont-ils ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, ils ne sont pas tous &#171; uberis&#233;s &#187;. Fin 2018, derniers chiffres disponibles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Effectifs et revenus d'activit&#233; des non-salari&#233;s en 2018 &#187;, Insee (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, 9 600 micro-entrepreneurs sont taxis ou VTC et 28 300 sont livreurs (notamment de repas, mais aussi de colis en sous-traitance pour La Poste ou autres). Sur un million ce n'est pas beaucoup !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gros des effectifs :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 301 400 r&#233;alisent des conseils de gestion, des prestations informatiques, des missions d'ing&#233;nierie ou autres services aux entreprises, celles-ci &#233;tant de plus en plus friandes de prestataires et sous-traitance, pour licencier plus facilement en cas de besoin ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 131 800 travaillent dans le b&#226;timent et 66 400 dans l'industrie, artisans d&#233;butants ou salari&#233;s d&#233;guis&#233;s ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 96 500 sont dans l'enseignement, notamment des formateurs de la formation continue, souvent pay&#233;s &#224; la prestation par les organismes de formation ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 58 200 &#339;uvrent dans l'action sociale et 7 500 dans la sant&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 162 300 travaillent dans le commerce, dont 85 900 dans le commerce de d&#233;tail &#171; hors magasin &#187;, c'est-&#224;-dire dans la vente en ligne (par exemple des revendeurs sur Amazon) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; enfin, 31 800 sont dans l'h&#233;bergement et la restauration, 53 800 dans le spectacle, 42 100 dans la coiffure et soins de beaut&#233; et 71 200 dans d'autres services &#224; la personne.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Combien gagnent-ils ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les revenus peuvent varier d'un m&#233;tier &#224; l'autre, les micro-entrepreneurs ont ce point commun qu'ils restent tr&#232;s bas : 90 % d'entre eux gagnent moins de 1 390 euros net par mois et 75 % moins de 793 euros. Les livreurs sont les plus mal lotis, avec un revenu mensuel inf&#233;rieur &#224; 668 euros pour 90 % d'entre eux et m&#234;me moins de 326 euros pour 75 %. Et encore, c'&#233;tait avant les nouvelles baisses de tarif impos&#233;es par les plateformes depuis un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, il ne s'agit que d'un compl&#233;ment de revenu, car ils gardent une activit&#233; salari&#233;e en parall&#232;le. C'est le cas de quelques cadres et ing&#233;nieurs, qui r&#233;alisent quelques prestations en &#224;-c&#244;t&#233;, plus pour s'amuser que par n&#233;cessit&#233;. Mais pour beaucoup de ceux qui cumulent, il s'agit surtout d'am&#233;liorer un salaire insuffisant. On voit ainsi parfois des postiers s'essayer &#224; la livraison de repas apr&#232;s leur tourn&#233;e du matin. Parfois, ce sont au contraire les autres activit&#233;s qui viennent compl&#233;ter les revenus insuffisants du micro-entreprenariat, que l'on esp&#232;re voir d&#233;coller un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ceux qui n'ont que leur activit&#233; de micro-entrepreneur pour vivre, ils gagnent certes un peu plus (en y passant souvent bien plus qu'un temps plein), mais leurs revenus ne s'envolent pas pour autant : 75 % gagnent moins de 946 euros par mois, tandis que seuls les 10 % les plus chanceux parviennent &#224; d&#233;passer 1 522 euros.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Plus pr&#233;caire que &#231;a tu meurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la durabilit&#233; d'un tel emploi, c'est encore une autre affaire ! L'Insee avait d&#233;j&#224; mesur&#233; que, parmi les auto-entrepreneurs ayant commenc&#233; leur activit&#233; en 2010, plus du quart avait cess&#233; toute activit&#233; non salari&#233;e l'ann&#233;e suivante, la moiti&#233; trois ans apr&#232;s et pr&#232;s de six sur dix au bout de cinq ans. Et si leur nombre ne fait que grossir, c'est que les nouveaux micro-entrepreneurs se comptent par centaines de milliers chaque ann&#233;e : ils sont 600 000 &#224; s'&#234;tre lanc&#233;s depuis un an, sans doute pouss&#233;s par la d&#233;ferlante actuelle de suppressions d'emplois. Mais combien parmi eux ont r&#233;ellement d&#233;marr&#233; leur activit&#233; et d&#233;gag&#233; des revenus, et pour combien de temps ? Les statistiques ne le disent pas encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous vante les micro-entrepreneurs high-tech de &#171; l'informatique &#187; ou de la &#171; cr&#233;ation &#187; qui auraient trouv&#233; libert&#233; et richesse. Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : le statut de micro-entrepreneur sert surtout au grand patronat, le vrai, pour se d&#233;barrasser des contraintes du salariat et du Code du travail en employant comme prestataires une main-d'&#339;uvre ultra-pr&#233;caire et qui s'apparente en tout point &#224; d'authentiques salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice Spirz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.insee.fr/fr/statistiques/5351469&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Effectifs et revenus d'activit&#233; des non-salari&#233;s en 2018 &#187;&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Insee R&#233;sultats&lt;/em&gt;, avril 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Livreurs nantais en lutte
</title>
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		<dc:date>2021-05-03T22:21:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Livreurs
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		<description>Apr&#232;s avoir longtemps insist&#233; pour rencontrer la mairie (mais surtout gr&#226;ce &#224; des pressions internes avec lesquelles les livreurs conscients ont su admirablement composer, car la majorit&#233; municipale n'est pas &#224; l'aise), cette derni&#232;re s'est enfin d&#233;cid&#233;e &#224; rencontrer le 8 avril la d&#233;l&#233;gation &#233;lue des &#171; Livreurs nantais en lutte &#187;. Mais l'espoir des livreurs et de la petite dizaine de femmes parmi eux, n'a &#233;t&#233; que de courte dur&#233;e. &lt;br /&gt;Les livreurs sont mobilis&#233;s contre l'exploitation par&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-138-avril-2021-562-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 138, avril 2021
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton14992-2e411.jpg?1787873286' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir longtemps insist&#233; pour rencontrer la mairie (mais surtout gr&#226;ce &#224; des pressions internes avec lesquelles les livreurs conscients ont su admirablement composer, car la majorit&#233; municipale n'est pas &#224; l'aise), cette derni&#232;re s'est enfin d&#233;cid&#233;e &#224; rencontrer le 8 avril la d&#233;l&#233;gation &#233;lue des &#171; Livreurs nantais en lutte &#187;. Mais l'espoir des livreurs et de la petite dizaine de femmes parmi eux, n'a &#233;t&#233; que de courte dur&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les livreurs sont mobilis&#233;s contre l'exploitation par les plateformes, mais aussi contre l'arr&#234;t&#233; municipal (en application depuis le 8 mars) aggravant terriblement la pr&#233;carit&#233; de leur situation en interdisant l'acc&#232;s des zones pi&#233;tonnes aux scooters thermiques. Apr&#232;s l'application de cet arr&#234;t&#233; sans aucune concertation, ni avec les restaurateurs ni les livreurs, les Livreurs nantais en lutte n'avaient pas de grandes attentes sur ces n&#233;gociations. N&#233;anmoins, le tr&#232;s mince espoir de rencontrer une mairie pr&#234;te &#224; discuter est vite retomb&#233; : ont &#233;t&#233; envoy&#233;s, pour discuter avec les livreurs, MM. Thibaut Guin&#233; et Baptiste Le Coz, deux serviteurs de l'autorit&#233; municipale sans aucun pouvoir de d&#233;cision. Avaient-ils des propositions &#224; faire aux livreurs dont le quotidien est devenu un calvaire ? Non, absolument aucune. Alors m&#234;me que la ville est sous couvre-feu &#224; partir de 19&#8197;heures, la mairie n'a pas voulu c&#233;der sur la revendication d'ouverture d'un cr&#233;neau horaire pour les livraisons entre 19 et 22&#8197;heures, qui permettrait aux livreurs de respirer un peu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une hypocrisie qui ne dupe pas les livreurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais les livreurs ne sont pas dupes et ils et elles ont bien conscience de l'hypocrisie des arguments avanc&#233;s par la mairie. Une question de s&#233;curit&#233; ? Les scooters &#233;lectriques, pourtant beaucoup plus dangereux car on ne les entend pas, sont autoris&#233;s. Une question d'environnement ? Les livreurs ont parfaitement conscience des enjeux &#233;cologiques. Pour nombre d'entre eux, migrants en France, leurs familles rest&#233;es au pays sont d'ailleurs les premi&#232;res touch&#233;es par les s&#233;cheresses, et en outre l'interdiction des scooters thermiques pour l'achat de scooters &#233;lectriques neufs (dont la production est polluante) n'aura aucune cons&#233;quence sur ce fait-l&#224;. La mairie dite &#171; socialiste &#187; cherche seulement &#224; s'acheter une vitrine &#233;colo-bobo sur le dos des travailleurs les plus pr&#233;caires n'ayant que ce revenu pour nourrir leur famille, opposant ainsi la lutte pour la d&#233;fense de la vie sur Terre &#224; celle de l'int&#233;r&#234;t des travailleurs. Une honte sans nom. La mairie leur avait promis un retour rapide apr&#232;s &#233;tude de leurs revendications. Les deux courriers des livreurs sont rest&#233;s jusqu'ici lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La lutte continue et se durcit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sans mauvaise surprise, les livreurs restent donc sur leur faim, mais ne se laissent pas abattre. Ils et elles ont su aussit&#244;t trouver le soutien de pas moins de dix organisations politiques et syndicales (UCL, F&#233;ministes r&#233;volutionnaires Nantes, Solidaires 44, CGT 44, Nantes en Commun, Lutte ouvri&#232;re, NPA, Ensemble !, La France insoumise Nantes, et la Scala) qui ont sign&#233; un communiqu&#233; le 12 avril pour affirmer leur soutien &#224; la lutte des livreurs contre les plateformes, d&#233;noncer l'arr&#234;t&#233; municipal ainsi que l'attitude hypocrite de la mairie lors des pseudo-n&#233;gociations du 8 avril. Le collectif des Livreurs nantais en lutte a tenu une conf&#233;rence de presse le 15 avril et a invit&#233; ses soutiens &#224; venir s'exprimer publiquement. La presse est venue nombreuse et l'&#233;v&#233;nement a &#233;t&#233; une r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; leurs soutiens, les Livreurs nantais en lutte esp&#232;rent pouvoir trouver les fonds pour attaquer juridiquement la l&#233;galit&#233; de l'arr&#234;t&#233; municipal qui les emp&#234;che d'exercer leur travail alors qu'il n'y a eu aucune concertation pr&#233;alable, ni d&#233;lai de transition accord&#233; ; mais aussi attaquer les plateformes de livraison de repas pour travail dissimul&#233; afin d'obtenir une salarisation de l'ensemble des coursiers sur le territoire fran&#231;ais. En participant &#224; des manifestations avec des travailleurs de ce pays, des liens et des solidarit&#233;s se d&#233;veloppent, comme pour le premier mai mais aussi des meetings politiques, leurs prises de parole mettent en lumi&#232;re ces travailleurs invisibles. Les derni&#232;res condamnations des plateformes dans les tribunaux de diff&#233;rents pays d'Europe (Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pays-Bas&#8230;) leur donnent l'espoir de trouver justice pour leur condition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de deux derni&#232;res r&#233;unions du comit&#233;, les cartes de souscription pour les frais judiciaires ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es : la liste a vite &#233;t&#233; remplie, avec les noms des militants de la lutte, les billets de cinq et dix euros se sont accumul&#233;s, le prix d'un jour de travail pour ces for&#231;ats de la livraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 avril 2021 &#8211; correspondants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Micro-salaires pour les livreurs
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Micro-salaires-pour-les-livreurs</link>
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		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>Selon l'Insee, 90 % des livreurs sous statut micro-entrepreneur gagnent mois de 668 euros par mois. Et encore, c'&#233;tait avant les derni&#232;res baisses de tarifs impos&#233;es par les plateformes. &lt;br /&gt;Les Deliveroo, UberEats et autres s'appuient sur le statut de micro-entrepreneur (anciennement &#171; auto-entrepreneur &#187;) pour surexploiter un salariat pay&#233; aux pi&#232;ces. Mais dans plusieurs villes, des groupes de livreurs ont commenc&#233; s'organiser pour protester contre ces bas salaires. Esp&#233;rons que la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon l'Insee, 90 % des livreurs sous statut micro-entrepreneur gagnent mois de 668 euros par mois. Et encore, c'&#233;tait avant les derni&#232;res baisses de tarifs impos&#233;es par les plateformes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Deliveroo, UberEats et autres s'appuient sur le statut de micro-entrepreneur (anciennement &#171; auto-entrepreneur &#187;) pour surexploiter un salariat pay&#233; aux pi&#232;ces. Mais dans plusieurs villes, des groupes de livreurs ont commenc&#233; s'organiser pour protester contre ces bas salaires. Esp&#233;rons que la col&#232;re s'&#233;tende !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Nantes, les livreurs en col&#232;re : La lutte contre les plateformes, ou comment sortir l'eau des pierres
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-lutte-contre-les-plateformes-ou-comment-sortir-l-eau-des-pierres</link>
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		<dc:date>2021-03-29T16:35:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Livreurs
</dc:subject>

		<description>&#192; Nantes, la col&#232;re des livreurs Uber Eats et Deliveroo s'est rendue visible le 21 novembre 2020 par une manifestation de pr&#232;s de 200 livreurs en scooter klaxonnant dans la ville. Cette col&#232;re &#233;tait provoqu&#233;e par la baisse continuelle de leurs revenus depuis 2017, qui avait atteint un seuil inacceptable. Des courses qui pouvaient atteindre 2,99 euros (brut) sont tomb&#233;es &#224; 1,50 euro, avec l'impossibilit&#233; de les refuser. L'arr&#234;t&#233; de la mairie de Nantes du 8 mars 2021, interdisant aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-137-mars-2021-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 137, mars 2021
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livreurs-+" rel="tag"&gt;Livreurs
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH142/arton14810-48db3.jpg?1788112289' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='142' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Nantes, la col&#232;re des livreurs Uber Eats et Deliveroo s'est rendue visible le 21 novembre 2020 par une manifestation de pr&#232;s de 200 livreurs en scooter klaxonnant dans la ville. Cette col&#232;re &#233;tait provoqu&#233;e par la baisse continuelle de leurs revenus depuis 2017, qui avait atteint un seuil inacceptable. Des courses qui pouvaient atteindre 2,99 euros (brut) sont tomb&#233;es &#224; 1,50 euro, avec l'impossibilit&#233; de les refuser. L'arr&#234;t&#233; de la mairie de Nantes du 8 mars 2021, interdisant aux scooters thermiques d'acc&#233;der aux voies pi&#233;tonnes o&#249; se trouvent la tr&#232;s grande majorit&#233; des restaurants, a provoqu&#233; la col&#232;re. En laissant leurs scooters hors de la zone du centre-ville, les livreurs ne peuvent aligner plus de huit courses, avec en moyenne &#8211; chiffres issus des discussions en assembl&#233;e &#8211; entre 30 &#224; 40 euros brut par jour ! Avec les remboursements des pr&#234;ts, les taxes&#8230; et les amendes, il est impossible de gagner sa vie en travaillant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La construction d'une force&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Initi&#233;e par une r&#233;union de travail d'une trentaine de livreurs, samedi 6 mars, le d&#233;part des mobilisations du mois de mars a pris plusieurs formes, prouvant la force militante, l'ing&#233;niosit&#233; de prol&#233;taires aux parcours militants souvent riches, que leur statut d'auto-entrepreneur ne peut faire oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 mars se tient une assembl&#233;e de plus de 100 livreurs mobilis&#233;s. &#192; ce groupe s'ajoute un nombre de gr&#233;vistes rest&#233;s chez eux difficile &#224; &#233;valuer, mais de l'ordre d'une grosse centaine, d'apr&#232;s les estimations indicatives des militants de la lutte. Sur les 700 livreurs de la ville, dont pr&#232;s de 350 n'ont que cette activit&#233; pour vivre, la mobilisation est significative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res discussions sur l'organisation apparaissent et les premiers clivages aussi. Cela se r&#233;v&#233;lera par la confusion survenue suite au vote l'apr&#232;s-midi d'une gr&#232;ve d'une semaine, et son annulation sans concertation par un porte-parole autoproclam&#233;. Mais cette p&#233;rip&#233;tie, qui a suscit&#233; une certaine d&#233;moralisation, a &#233;t&#233; compens&#233;e le soir par l'intervention d'un noyau d'une quarantaine de livreurs aupr&#232;s des restaurateurs, des coll&#232;gues, et un premier contact avec la Mairie : ce sera la premi&#232;re affirmation d'une &#233;quipe d&#233;termin&#233;e regroupant les plus pr&#233;caires des livreurs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Se reporter au site : https://www.instagram.com/p/CMP6RvAAb6l/ et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers acquis de la mobilisation : des r&#233;unions quotidiennes des livreurs mobilis&#233;s, avec des d&#233;cisions collectives qui engagent. La gr&#232;ve d'une semaine devenant caduque, l'objectif se concentre sur les week-ends, cr&#233;neaux qui ont le plus de commandes avec le mardi. Le vendredi matin, un atelier &#233;tait organis&#233; pour faire les pancartes, et c'est &#224; une soixantaine qu'une manifestation est organis&#233;e, pour sensibiliser la population et les restaurateurs avec des tracts sp&#233;cifiques, en prenant la parole aussi devant l'op&#233;ra Graslin occup&#233; par les intermittents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des adjoints de la Mairie sont pr&#233;sents, et une promesse de rencontre est &#233;voqu&#233;e. La lutte gagne en visibilit&#233;, en popularit&#233;, mais c'est le soir qu'un seuil est franchi. Une sortie avec une centaine de livreurs est d&#233;cid&#233;e, et tout le monde est conscient des difficult&#233;s : la police encha&#238;ne les amendes en journ&#233;e, en soir&#233;e apr&#232;s le couvre-feu, mais aussi les menaces physiques de la BAC. Avec des livreurs sans papiers les risques sont &#233;valu&#233;s, pes&#233;s, et c'est l'organisation de la manifestation nocturne qui garantira le succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rents probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre : il y a les livreurs h&#233;sitants, ceux qui sont li&#233;s aux plateformes, les balances qui cherchent des provocations, et m&#234;me les flics en civil. Il faudra savoir parler aux coll&#232;gues en retrait, avec persuasion sans d&#233;passer la limite, mais comme le disait un militant du comit&#233; de lutte : &lt;em&gt;&#171; Parfois pour se faire remarquer d'un aveugle, il faut lui marcher sur les pieds ! &#187;&lt;/em&gt; Donc, discipline et coh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants du comit&#233; des livreurs forment une cha&#238;ne en se donnant la main&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, h&#233;rit&#233;e des luttes dans leur pays d'origine, Guin&#233;e notamment, mais aussi de leur exp&#233;rience dans les camps lors de leur venue en Europe. D'o&#249; trois recommandations expliqu&#233;es lors du d&#233;marrage : assurer que les discussions avec la population, les restaurateurs et les livreurs se fassent ensemble comme un groupe soud&#233; ; &#233;viter les d&#233;rapages individuels et emp&#234;cher les arrestations de camarades isol&#233;s. L'initiative a &#233;t&#233; une r&#233;ussite compl&#232;te, par la visibilit&#233; de l'action, mais surtout par l'assurance acquise par les participants. Une commission pour recenser les amendes, une autre les bless&#233;s (malades du Covid, etc.) s'est constitu&#233;e. Le fran&#231;ais est la langue des discussions, et les traductions ne manquent pas, de l'arabe au soussou. Mais c'est le langage de la lutte qui unit, avec un acquis important : les divergences sur l'orientation de la lutte ne se font pas sur des clivages d'origine. D&#233;sormais la lutte ne se r&#233;duit plus &#224; Nantes. &#192; Saint-Herblain aussi (en p&#233;riph&#233;rie de Nantes), les livreurs originaires du Soudan se sont joints &#224; la lutte, avec leur nombre et leur exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Construire un rapport de force&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La conscience politique parmi les livreurs du comit&#233; de lutte est claire, leur exp&#233;rience militante riche. Certains ont &#233;t&#233; opposants &#224; des dictatures, d'autres ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de leurs terres par des conglom&#233;rats chinois qui exploitent la bauxite, d'autres ont connu le printemps tunisien ou le hirak alg&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire reculer la Mairie sur l'arr&#234;t&#233; municipal, en m&#233;nageant des ouvertures le midi et le soir, n'est qu'un premier combat. Il faut d'abord pouvoir manger. Le combat contre les plateformes est un combat long, difficile, et cela n'&#233;chappe &#224; aucun des participants. Convaincre les coll&#232;gues pour gagner en force avec les tracts-vid&#233;os et surtout des discussions entre quatre yeux. Trouver des alli&#233;s parmi la population, les militants, et m&#234;me l'intersyndicale qui va soutenir le mouvement apr&#232;s avoir demand&#233; au comit&#233; de lutte les revendications &#224; mettre en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications des livreurs formul&#233;es dans un tract tournent aussi autour du statut de salari&#233;, que ce soit sur la prise en charge des soins, des accidents, ou la garantie d'un revenu minimum par jour (le chiffre de 40 euros par jour est dans les t&#234;tes, et port&#233; par les coll&#232;gues de l'Oise). La lutte conna&#238;t des hauts et des bas. Les plateformes d'ailleurs ne la sous-estiment pas, en l&#226;chant de belles primes pour ceux qui cassent les jours de gr&#232;ve, en proposant m&#234;me des CDI ou des privil&#232;ges pour acc&#233;der aux meilleures commandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les livreurs lisent la presse internationale : les victoires obtenues en Italie et en Espagne sont un espoir. Le parquet de Milan a condamn&#233; les plateformes &#224; plus de 700 millions d'euros d'amendes, et requalifi&#233; les statuts de 60 000 livreurs en contrats de salari&#233;s. L'Espagne suit le m&#234;me chemin. &#201;tablir que l'application informatique (comme sa suppression) constitue le lien de subordination, et donc le caract&#232;re juridique du salariat, est une piste juridique int&#233;ressante, mais seul un rapport de force national sera en mesure d'imposer ces revendications, et sans doute d'autres &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 mars 2021 - Correspondants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-_2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Se reporter au site : &lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/p/CMP6RvAAb6l/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.instagram.com/p/CMP6RvAAb6l/&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://youtu.be/DqKdO6Y8WC0&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://youtu.be/DqKdO6Y8WC0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les exploit&#233;s du dernier kilom&#232;tre
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		<dc:date>2021-02-22T15:56:47Z</dc:date>
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Livreurs
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		<description>&lt;p&gt;Depuis le premier confinement, les livreurs Deliveroo et Uber Eats sont sur le devant de la sc&#232;ne et leurs conditions de travail ne cessent de se d&#233;grader. On assiste, dans un contexte difficile pour la lutte collective, &#224; une recrudescence des luttes dans ce secteur depuis le printemps dernier. Ces derni&#232;res semaines, &#224; Toulouse, Bordeaux, Angers, Lyon, Paris, ou encore &#224; Saint-&#201;tienne, les livreurs bloquent les restaurants et appellent leurs camarades &#224; cesser le travail le temps d'une soir&#233;e. &#192; Nantes, un rassemblement spontan&#233; a rassembl&#233; 200 livreurs &#224; la fin du mois de novembre, et n'a pas encore connu de suites. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-136-fevrier-2021-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 136, f&#233;vrier 2021
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livreurs-+" rel="tag"&gt;Livreurs
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton14579-13dad.jpg?1789029759' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Dessin de Cl&#233;mentine Alloyer, &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/etoiledanstaface/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.facebook.com/etoiledans...&lt;/a&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le premier confinement, les livreurs Deliveroo et Uber Eats sont sur le devant de la sc&#232;ne et leurs conditions de travail ne cessent de se d&#233;grader. On assiste, dans un contexte difficile pour la lutte collective, &#224; une recrudescence des luttes dans ce secteur depuis le printemps dernier. Ces derni&#232;res semaines, &#224; Toulouse, Bordeaux, Angers, Lyon, Paris, ou encore &#224; Saint-&#201;tienne, les livreurs bloquent les restaurants et appellent leurs camarades &#224; cesser le travail le temps d'une soir&#233;e. &#192; Nantes, un rassemblement spontan&#233; a rassembl&#233; 200 livreurs &#224; la fin du mois de novembre, et n'a pas encore connu de suites. Pr&#233;par&#233;es clandestinement, ces mobilisations mettent &#224; jour col&#232;re et volont&#233; d'organisation. &#171; Ind&#233;pendants &#187;, mais certainement pas patrons, en r&#233;alit&#233; d'authentiques prol&#233;taires, les livreurs sont une couche particuli&#232;re d'exploit&#233;s ; et ils ont une longue histoire, car l'on revient progressivement au salaire aux pi&#232;ces, ce qui n'a rien de tr&#232;s high-tech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les informations qui suivent sont issues de discussions avec des livreurs de Nantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Algorithme opaque, travail d&#233;guis&#233; : circulez, y'a rien &#224; voir !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les plateformes de livraison dissimulent une exploitation d'autant plus f&#233;roce qu'elle est sauvage : officiellement, les travailleurs ne sont plus des salari&#233;s mais des auto-entrepreneurs : des individus &#171; libres &#187;, partenaires de l'entreprise qui leur fournit le travail. Ils ne disposent d'aucune protection sociale et doivent cotiser pour l'ensemble des cotisations sociales &#224; l'Urssaf. Ils sont de plus livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes : c'est aussi un moyen d'isoler les travailleurs afin de pr&#233;venir toute protestation collective. On les reconna&#238;t au premier coup d'&#339;il avec leurs blessures aux chevilles, leurs entorses mal soign&#233;es, le corps marqu&#233; par les chocs dus aux accidents. Le contrema&#238;tre est un logiciel dot&#233; d'un algorithme opaque qui fournit les commandes, d&#233;livre les plannings et sanctionne les livreurs. Elle permet aux commanditaires de se d&#233;douaner des responsabilit&#233;s et des d&#233;cisions. Mais l'exploitation, ainsi que les profits qui vont avec, est bien l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application propose les commandes aux livreurs sous forme d'ench&#232;res. Si elle s'aper&#231;oit qu'une commande est refus&#233;e plusieurs fois, c'est que le prix ne doit pas justifier la distance de la livraison. Elle augmente alors d'un euro la proposition, jusqu'&#224; ce qu'un travailleur aux abois se r&#233;signe &#224; accepter. Il n'y a aucun contr&#244;le, aucune limite qui plafonne les tarifs. Ils varient selon le nombre de livreurs en activit&#233; sur la ville et le moment de la journ&#233;e ; plus la main-d'&#339;uvre est mis&#233;rable, plus les tarifs sont bas. Les primes de pluie ou d'attente ont &#233;t&#233; supprim&#233;es. Si, il y a trois ans, il &#233;tait possible de b&#233;n&#233;ficier d'une prime allant jusqu'&#224; 150 euros lorsqu'une s&#233;rie de treize livraisons &#233;tait effectu&#233;e dans un temps imparti, aujourd'hui, celle-ci n'&#233;quivaut plus qu'&#224; une poign&#233;e d'euros. La plateforme peut d&#233;cider de fermer un compte &#224; la suite d'une plainte de client, en accusant la lenteur du livreur, son manque de volont&#233; (pas assez de connexions, refus trop fr&#233;quents de commandes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, il n'y a aucune justification. Non contentes d'engranger tous ces b&#233;n&#233;fices, les plateformes de livraison vont jusqu'&#224; toucher des commissions sur les pourboires sans le signifier aux clients et aux livreurs. Des pratiques d'autant plus vicieuses, qu'elles sont dissimul&#233;es et al&#233;atoires, accoutumant ainsi les livreurs &#224; une opacit&#233; qui les d&#233;sesp&#232;re de conna&#238;tre des crit&#232;res de tarification stables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'auto-entrepreneur : un nouveau statut pr&#233;caire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le statut d'auto-entrepreneur exon&#232;re les plateformes de toute responsabilit&#233;. Un livreur assume seul tous les frais (mat&#233;riels, soins, amendes) pour pouvoir travailler sans aucune protection sociale : sans cong&#233;, ni ch&#244;mage. G&#233;n&#233;ralement, il lui faut acqu&#233;rir deux vestes, une pour les grands froids, l'autre pour la pluie, pour un total de 150 euros ; un casque bas de gamme pour 50 euros ; des gants &#224; 50 euros ; une visi&#232;re, coupe-vent &#224; mettre sur le guidon : 50 euros ; un tablier &#224; 100 euros. &#192; quoi il faut ajouter 32 euros d'assurances ; 150 euros par mois d'essence ; les cotisations sociales &#224; un taux de 22 % du chiffre d'affaires ; et les frais d'achat d'un scooter &#8211; 1 600 euros pour les v&#233;hicules bas de gamme (&#224; raison de deux v&#233;hicules par an) ; sans oublier le t&#233;l&#233;phone et les frais de forfait. Dans ces conditions, difficile de pouvoir tirer de quoi vivre si les livreurs ne travaillent pas au moins 80 heures par semaine et, pour certains, parfois jusqu'&#224; 20 heures pour une seule journ&#233;e de travail en comptant les trajets. Car, pour beaucoup, la livraison est un moyen de travailler lorsque les br&#232;ves missions d'int&#233;rim dans des soci&#233;t&#233;s de m&#233;nage, sur les chantiers ou dans les champs de muguets sont interrompues &#8211; quand ils ne cumulent pas les deux activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, on peut voir des hommes affubl&#233;s du sac bleu et blanc du livreur Deliveroo rejoindre les files d'attente pour b&#233;n&#233;ficier de l'aide alimentaire. &#192; Nantes, certains viennent apporter des sacs de maf&#233; &#224; Feydeau, ou derri&#232;re la Fnac, pour partager un repas frugal et peu co&#251;teux. Selon des estimations approximatives, il y aurait pr&#232;s de 700 livreurs sur la seule ville de Nantes, dont une grande part ne dispose pas des papiers requis pour pouvoir esp&#233;rer &#234;tre r&#233;gularis&#233;s. En plus de devoir payer la location de leur compte aupr&#232;s d'une connaissance poss&#233;dant des papiers &#224; raison d'une centaine d'euros par semaine, ils doivent subir le harc&#232;lement policier traquant les livreurs dans le centre-ville, et ne peuvent protester. Des accidents de la circulation se produisent fr&#233;quemment et il arrive que le conducteur parte sans se soucier du sort du livreur renvers&#233;, qui devra assumer seul la prise en charge des r&#233;parations et des soins. Avec une minerve, ou des attelles &#224; la cheville confectionn&#233;es par leurs propres soins, les livreurs ne s'autorisent qu'une br&#232;ve convalescence, car les heures de repos sont des heures perdues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si les travailleurs sont d&#233;guis&#233;s, le patronat l'est aussi, en instaurant un contrat &#171; &#233;galitaire &#187; et pr&#233;tendument libre qui permet de se soustraire en m&#234;me temps du Code du travail en &#233;vacuant la question du lien de subordination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du premier confinement, des enseignes de la grande distribution telles que Monoprix, Leclerc ou Casino ont recrut&#233; des &#171; auto-entrepreneurs &#187; sur des postes identiques &#224; ceux des salari&#233;s, comme les caissi&#232;res, pour &#171; s'adapter au contexte d'&#233;pid&#233;mie de coronavirus &#187;. Ainsi, plus de salaire, mais un chiffre d'affaires ; pas d'exploitation, mais la libert&#233; ; pas de patron, mais des partenaires ; plus de classes, mais des individus ; plus de lutte, mais une association ! On le voit, la libert&#233; est brandie comme un &#233;tendard. Mais quelle est cette libert&#233; tyrannique ? Certainement pas celle des exploit&#233;s. La l&#233;gislation du travail, aussi limit&#233;e qu'elle soit, n'att&#233;nue m&#234;me plus la barbarie de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des plateformes pr&#234;tes &#224; tout pour briser la contestation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Uber Eats et Deliveroo emploient tous les moyens pour museler les livreurs. Ils savent que la plupart sont exil&#233;s et ne disposent d'aucun recours pour contester les d&#233;cisions. Craignant l'embrasement, les plateformes se d&#233;douanent derri&#232;re l'application et pr&#233;textent des bugs informatiques ; dans le m&#234;me temps, ils envoient des mails individuels aux plus mobilis&#233;s pour faire pression, ou bien les soudoient, afin de d&#233;courager ceux qui tenteraient de s'organiser. La menace d'une fermeture de compte plane toujours au-dessus des livreurs qui seraient tent&#233;s de se battre. Lorsqu'un mouvement de gr&#232;ve est impuls&#233;, les applications se chargent en ch&#339;ur de proposer des primes le temps de la soir&#233;e afin de briser la solidarit&#233;. De plus, elles entretiennent des rapports privil&#233;gi&#233;s avec une poign&#233;e de livreurs servant d'indicateurs et de contrema&#238;tres informels des plateformes ; d&#233;courageant tour &#224; tour les travailleurs de se mobiliser, calmant les ardeurs combatives, ou signalant les dissidents et agitateurs du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les menaces et les n&#233;gociations feintes n'aboutissent pas, les plateformes sont contraintes de l&#226;cher du lest : au mois de d&#233;cembre, &#224; Saint-&#201;tienne, Uber Eats s'est engag&#233; &#224; garantir, d&#232;s le 21 d&#233;cembre, un minimum horaire de 10 euros pour les courses effectu&#233;es entre 11 h 30 et 13 h 30, et de 12 euros entre 19 et 21 heures, tous les jours de la semaine, &#224; condition de r&#233;aliser deux courses minimum dans l'heure. Ces mesures ont eu pour effet imm&#233;diat d'interrompre le blocage pr&#233;vu dans la soir&#233;e. La plateforme a &#233;galement promis de r&#233;tablir la &#171; prime de pluie &#187; : 15 euros net par cr&#233;neau, de 11 &#224; 15 heures et de 19 &#224; 23 heures, sous r&#233;serve d'avoir effectu&#233; au moins trois livraisons et trois heures de connexion. Une preuve que les plateformes craignent la mobilisation des livreurs, quand bien m&#234;me ces timides mesures semblent d&#233;risoires lorsqu'on sait ce qui reste &#224; arracher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; maintenant, les luttes se cantonnent &#224; r&#233;clamer une r&#233;forme du statut d'auto-entrepreneur : il faudrait restaurer les primes de pluie, d'attente, fixer un tarif horaire d&#233;cent. Mais, &#224; ce jeu, les plateformes sont toujours gagnantes puisqu'elles d&#233;guisent en &#171; partenariat &#187; un travail en r&#233;alit&#233; salari&#233; et d&#233;cident toujours des conditions sous lesquelles les primes seraient vers&#233;es. Un lien de subordination &#233;vident r&#233;git les rapports entre plateformes et livreurs. De plus, ces mesures ne sont appliqu&#233;es que dans la localit&#233; de Saint-&#201;tienne, et les plateformes peuvent annuler ces accords &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains syndicats revendiquent m&#234;me une r&#233;gulation des recrutements, ce qui revient &#224; faire croire que, si les livreurs sont mal pay&#233;s, c'est qu'ils sont trop nombreux. C'est &#233;videmment l'int&#233;r&#234;t des plateformes de disposer de livreurs nombreux et qu'elles esp&#232;rent pr&#234;ts &#224; tout accepter parce qu'elle les met en concurrence. Mais, si les paies sont mis&#233;rables, cela vient de choix d&#233;lib&#233;r&#233;s de la part des plateformes. Il ne s'agit pas de rentrer dans ce jeu de la concurrence entre livreurs, mais de r&#233;clamer une augmentation des r&#233;mun&#233;rations pour tous. Tout ce qui va dans le sens de r&#233;clamer une limitation du nombre de livreurs comme condition de l'augmentation des r&#233;mun&#233;rations ne fait que conforter Uber Eats et Deliveroo.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le calme avant la temp&#234;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la col&#232;re couve tant que l'exploitation demeure. &#192; Nantes, &#224; Beaulieu, devant le Sun 7 &#224; la crois&#233;e des trams, dans les ruelles de Bouffay, les livreurs zigzaguent &#224; scooter et viennent se retrouver entre deux courses sous la pluie. Les promesses confuses, les menaces et les n&#233;gociations ont pour l'instant eu raison des d&#233;buts de concertation entre livreurs. Les plateformes ont su, jusqu'&#224; maintenant, juguler les contestations en germe, en n'h&#233;sitant pas &#224; opposer les communaut&#233;s et les livreurs entre eux, conscientes qu'elles exploitent en majorit&#233; des travailleurs pour qui manifester est risqu&#233;. Si l'application est un contrema&#238;tre impitoyable, que son algorithme est savamment occult&#233;, il y a des responsables qui les pensent et les fa&#231;onnent en vertu de la seule logique du profit. Les livreurs ne sont pas dupes et regardent avec attention ce qui s'est pass&#233; &#224; Saint-&#201;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouest France a r&#233;cemment publi&#233; une enqu&#234;te sur les livreurs (plusieurs articles &#224; compter du 27 janvier 2021) qui pose sur les travailleurs un regard valorisant l'exotisme en n'accordant aucune attention aux sentiments des livreurs, en d&#233;voyant leur parole, en pointant du doigt les interm&#233;diaires profiteurs de l'&#233;conomie informelle plut&#244;t que les donneurs d'ordre, c'est-&#224;-dire les plateformes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le lecteur aux penchants racistes y verra ses id&#233;es confort&#233;es et celui que la situation indigne valorisera le boycott des plateformes&#8230; Car il est de bon ton, dans certains milieux, de refuser Deliveroo, Uber Eats ou Amazon, un boycott tout personnel et qui n'emp&#234;che ni la g&#233;n&#233;ralisation de ce mode de distribution, ni la surexploitation des livreurs. Mais jamais la parole n'est donn&#233;e aux livreurs eux-m&#234;mes, les premiers concern&#233;s. Le Figaro, quant &#224; lui, annon&#231;ait dans un article du 4 f&#233;vrier dernier que le centre de la ville de Nantes serait bient&#244;t interdit aux scooters, en culpabilisant une nouvelle fois les livreurs. Mais pas une ligne dans l'article pour fustiger le nouveau module de contr&#244;le mis en place par Deliveroo qui incite les livreurs &#224; aller toujours plus vite en prenant des risques inconsid&#233;r&#233;s. Ainsi, pour garder une bonne note, ils doivent parcourir de longues distances chronom&#233;tr&#233;es par un timer dont l'estimation entre en contradiction avec celle qu'indique Google Maps : un trajet qui devrait prendre 15 minutes en respectant les r&#232;gles de s&#233;curit&#233;, et prenant en compte les feux rouges, l'attente et la circulation, est estim&#233; &#224; 4 minutes par l'application.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH542/uberdeliveroo-aa209.jpg?1787839652' width='400' height='542' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Pr&#233;parer les suites&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'impunit&#233; des plateformes durera aussi longtemps que le silence couvrira les conditions qu'elles imposent aux livreurs. Ce qui se joue, c'est la reconstruction du rapport salarial avec les grandes plateformes. Les revendications des livreurs se centrent sur le salaire, ainsi qu'une r&#233;gularisation &#8211; et non plus des primes &#8211; donc des horaires, sur l'obtention de conventions collectives garantes des quelques protections qu'ont les salari&#233;s, ainsi que d'une transparence pour briser le pi&#232;ge des n&#233;gociations individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il s'agit pour les livreurs qui veulent se battre contre cette surexploitation des plateformes non seulement de d&#233;noncer ces pratiques dignes du &lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;xix&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, mais de pr&#233;parer les conditions d'une riposte collective. Les r&#233;sultats obtenus &#224; Saint-&#201;tienne, bien que limit&#233;s, montrent que les plateformes ont des marges si importantes que les livreurs peuvent obtenir des avantages significatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 f&#233;vrier 2021, Lautaro Tarazona&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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