<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L144xH18/siteon0-6badf.png?1787993460</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>18</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Apr&#232;s 30 ans de croissance capitaliste
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Apres-30-ans-de-croissance-capitaliste</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Apres-30-ans-de-croissance-capitaliste</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:10:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>

		<description>Un &#171; miracle &#187; ! C'est ainsi que commentateurs et &#233;conomistes se plaisent r&#233;guli&#232;rement &#224; qualifier le d&#233;veloppement &#233;conomique de la Chine durant les trois derni&#232;res d&#233;cennies. Il faut dire qu'avec une croissance moyenne du Produit Int&#233;rieur Brut (PIB) de 9,8 % depuis 1978 et le d&#233;but de la p&#233;riode des r&#233;formes impuls&#233;es par Deng Xiaoping, ce d&#233;veloppement peut impressionner. Sans doute faut-il accueillir ces chiffres avec une certaine prudence (en particulier concernant la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un &#171; miracle &#187; ! C'est ainsi que commentateurs et &#233;conomistes se plaisent r&#233;guli&#232;rement &#224; qualifier le d&#233;veloppement &#233;conomique de la Chine durant les trois derni&#232;res d&#233;cennies. Il faut dire qu'avec une croissance moyenne du Produit Int&#233;rieur Brut (PIB) de 9,8 % depuis 1978 et le d&#233;but de la p&#233;riode des r&#233;formes impuls&#233;es par Deng Xiaoping, ce d&#233;veloppement peut impressionner. Sans doute faut-il accueillir ces chiffres avec une certaine prudence (en particulier concernant la fiabilit&#233; des donn&#233;es officielles fournies par l'&#201;tat chinois). Et ce n'est certes pas le seul cas, depuis la fin de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, o&#249; des pays relativement peu d&#233;velopp&#233;s connaissent des p&#233;riodes de forte croissance et attirent assez massivement les capitaux des grandes puissances imp&#233;rialistes. L'Asie a ainsi connu plusieurs vagues, elles aussi en leur temps tax&#233;es de &#171; miraculeuses &#187; : le Japon &#224; partir des ann&#233;es 1950, la Cor&#233;e du Sud, Ta&#239;wan et Singapour dans les ann&#233;es 1970 et 1980. Mais tant par son rythme, sa dur&#233;e et, surtout, le fait qu'elle concerne un pays immense &#8211; un quasi-continent de plus de 1,3 milliard d'habitants &#8211;, la croissance chinoise appara&#238;t sans pr&#233;c&#233;dent. Sur cette base, l'&#233;conomie chinoise serait en passe aujourd'hui de d&#233;passer celle du Japon et de lui ravir la seconde place dans l'&#233;conomie mondiale. Elle est la premi&#232;re exportatrice au monde et la deuxi&#232;me importatrice. Ces d&#233;cennies ont surtout &#233;t&#233; celles du d&#233;veloppement industriel. Si la production agricole occupe encore pr&#232;s de la moiti&#233; de la population du pays et si elle reste largement dominante pour de nombreux produits (elle est, par exemple, la premi&#232;re productrice mondiale de c&#233;r&#233;ales, de coton ou de tabac), elle ne repr&#233;sente plus que 11 % de la richesse produite en Chine, contre 48 % pour l'industrie. La Chine est aujourd'hui le premier producteur mondial d'acier (elle atteint 660 millions de tonnes et oscille entre 40 et 50 % de la production mondiale). Les produits &#171; made in China &#187; dominent le march&#233; mondial dans de nombreux secteurs. Ils repr&#233;sentent par exemple : 90 % des DVD, 85 % des jouets, 85 % des tracteurs, 85 % des montres et horloges, 70 % des photocopieurs, 60 % des bicyclettes, 58 % des t&#233;l&#233;phones portables, 55 % des ordinateurs portables, 36 % des t&#233;l&#233;viseurs ou 25 % des machines &#224; laver. La production chinoise se d&#233;veloppe &#233;galement dans le secteur automobile : en 2009, 14 millions de v&#233;hicules ont y &#233;t&#233; produits, faisant de la Chine, l&#224; aussi, le premier producteur mondial. Cette croissance industrielle s'est &#233;galement traduite par un formidable d&#233;veloppement urbain : le pays compte onze agglom&#233;rations de plus de 10 millions d'habitants (soit comparable &#224; l'agglom&#233;ration parisienne) et la plus grande de ces concentrations urbaines, celle de Chongqing, regroupe plus de 30 millions d'habitants. De m&#234;me, les infrastructures ont connu un d&#233;veloppement prodigieux et le territoire chinois compte aujourd'hui pr&#232;s de 86 000 km de voie ferroviaire (deuxi&#232;me r&#233;seau mondial) et un r&#233;seau autoroutier de plus de 65 000 km (&#233;galement le deuxi&#232;me mondial).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant &#233;t&#233; renvers&#233; ni au XIX&#176; ni au XX&#176; si&#232;cle, le capitalisme continue au XXI&#176; &#224; transformer la plan&#232;te &#224; sa fa&#231;on. L'essor de l'&#233;conomie chinoise s'inscrit &#224; la fois dans le cadre de l'organisation de ce syst&#232;me &#224; l'&#233;chelle internationale (la mondialisation) et dans la volont&#233; de l'appareil d'&#201;tat chinois de promouvoir un d&#233;veloppement purement national. Les profits des capitaux produits sur le dos des travailleurs chinois se partagent entre d'une part les grosses soci&#233;t&#233;s et la bourgeoisie des anciennes puissances imp&#233;rialistes et, d'autre part, celles de la Chine elle-m&#234;me. Dans quelle proportion ? Qu'est-ce qui change au niveau des rapports de forces entre la Chine et les &#201;tats des principales grandes puissances de ce monde ? La crise d&#233;marr&#233;e en 2008 avec les &lt;em&gt;subprimes&lt;/em&gt; aux &#201;tats-Unis va-t-elle imprimer un nouveau cours ? C'est ce que nous allons essayer de regarder de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, le r&#233;sultat le moins contestable de ce prodigieux essor, c'est la transformation sociale qui en r&#233;sulte. Que le camp de la classe ouvri&#232;re &#8211; elle qui, par son r&#244;le dans la production et par ses possibilit&#233;s d'organisation, devrait &#234;tre en capacit&#233; d'amener l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; plus humaine et plus rationnelle &#8211; s'en trouve ainsi renforc&#233;, voil&#224; pour nous le r&#233;sultat le plus important. L'existence de centaines de millions de nouveaux prol&#233;taires en Chine change le rapport des forces non seulement &#224; l'&#233;chelle de ce pays mais aussi de la plan&#232;te. Et les combats des travailleurs de Chine accompagnant ce r&#233;cent d&#233;veloppement sont un signal d'espoir pour les prol&#233;taires du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_472 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH361/dragon-1c06f.png?1787956371' width='400' height='361' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Un miracle en trompe-l'&#339;il ?
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Un-miracle-en-trompe-l-oeil</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Un-miracle-en-trompe-l-oeil</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:10:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>

		<description>La croissance de l'&#233;conomie et de la production industrielle chinoise est absolument incontestable. Cela ne signifie pas pour autant, comme bien des commentateurs le laissent entendre, que la Chine soit devenue une superpuissance &#233;conomique, ou soit imm&#233;diatement en passe de l'&#234;tre. Les chiffres impressionnants concernant le PIB ne mesurent que la quantit&#233; de richesse qui sort des usines chinoises. Ramen&#233;e &#224; la population totale du pays, la production chinoise est nettement moins&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La croissance de l'&#233;conomie et de la production industrielle chinoise est absolument incontestable. Cela ne signifie pas pour autant, comme bien des commentateurs le laissent entendre, que la Chine soit devenue une superpuissance &#233;conomique, ou soit imm&#233;diatement en passe de l'&#234;tre. Les chiffres impressionnants concernant le PIB ne mesurent que la quantit&#233; de richesse qui sort des usines chinoises. Ramen&#233;e &#224; la population totale du pays, la production chinoise est nettement moins impressionnante : avec un PIB par habitant de 6 600 $, la Chine se classe autour de la 100&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; place mondiale, tr&#232;s loin des &#201;tats-Unis (6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; avec plus de 46 000 $ par habitant), de la France (21&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; avec plus de 33 000 $ par habitant), et m&#234;me derri&#232;re des pays comme l'Albanie. La croissance a surtout creus&#233; les in&#233;galit&#233;s entre les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res industrielles et le reste du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, la quantit&#233; de produits estampill&#233;s &#171; made in China &#187; ne dit pas grand-chose de la place r&#233;elle de l'&#233;conomie chinoise. Le secteur de l'&#233;lectronique et des biens de &#171; haute technologie &#187; en fournit un bon exemple. Les statistiques placent la Chine comme leader incontest&#233; du secteur. Mais si, par exemple, plus de la moiti&#233; des t&#233;l&#233;phones portables vendus dans le monde sortent assembl&#233;s d'usines de Chine, cela ne signifie pas que c'est dans celles-ci qu'ils ont &#233;t&#233; int&#233;gralement produits. En fait, l'&#233;conomie chinoise tient aujourd'hui une place tr&#232;s particuli&#232;re dans la division mondiale du travail. Ce n'est, pour l'essentiel, que la derni&#232;re &#233;tape de la production, l'assemblage &#8211; qui n&#233;cessite une main d'&#339;uvre abondante et assez peu qualifi&#233;e &#8211; qui y est r&#233;alis&#233;e. &#192; l'&#233;chelle mondiale, la production de ces biens &#233;lectroniques est globalement sous-trait&#233;e par les grands trusts &#224; l'Asie. La Chine importe massivement les composants &#233;lectroniques &#224; ses voisins (Japon et Cor&#233;e du Sud principalement), et exporte les produits assembl&#233;s vers l'Occident. Ce &#171; commerce triangu&#173;laire &#187; explique la corr&#233;lation entre l'augmentation des exportations de la Chine et de celle ses importations, comme le fait qu'elle est &#224; la fois exportatrice net en direction des pays occidentaux et largement importatrice en provenance de ses voisins asiatiques. Et, si les biens ainsi produits sont globalement comptabilis&#233;s comme l'&#233;tant en Chine, on estime que 70 % de la production du secteur &#233;lectronique et 80 % des exportations sont en fait r&#233;alis&#233;es par des entreprises &#233;trang&#232;res. De fait, la Chine appara&#238;t encore aujourd'hui, et m&#234;me pour les secteurs &#224; haute technologie, comme &#171; l'atelier du monde &#187;, fournissant au grand capital un &#233;norme r&#233;servoir d'une main d'&#339;uvre extr&#234;mement bon march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Usines et d&#233;pendance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est tr&#232;s exactement le produit de la politique men&#233;e par l'&#201;tat chinois depuis les r&#233;formes de 1978. Car l'ouverture pr&#244;n&#233;e alors par Deng Xiaoping sous le nom incongru d'&#171; &#233;conomie socialiste de march&#233; &#187; consistait pour une bonne part &#224; chercher &#224; attirer les capitaux des pays imp&#233;rialistes, notamment avec la cr&#233;ation de vastes zones franches multipliant les avantages fiscaux pour les investisseurs comme l'exemption de droits de douane sur les importations de produits interm&#233;diaires (pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es ou composants). Ce faisant, il s'agissait de permettre une accumulation de capital et un d&#233;veloppement capitaliste proprement chinois, d'o&#249; l'encouragement de l'&#201;tat &#224; l'entrepreneuriat chinois. Et cet &#201;tat reste extr&#234;mement actif dans le d&#233;veloppement &#233;conomique actuel. Ses investissements directs repr&#233;sentent 40 % de l'investissement total dans le pays, 17 % des entreprises install&#233;es sur le territoire sont des entreprises d'&#201;tat, qui contr&#244;lent les secteurs cl&#233;s comme celui de l'&#233;nergie. Mais si, largement sous son impulsion, se sont d&#233;velopp&#233;s de grands groupes capitalistes chinois dans la plupart des secteurs industriels, l'&#233;conomie du pays est encore bien loin d'un d&#233;veloppement autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance actuelle reste globalement d&#233;pendante du capital &#233;tranger et des grandes puissances imp&#233;rialistes en termes d'investissements (la Chine est, depuis 2002, la premi&#232;re destination de l'investissement direct &#233;tranger) comme de d&#233;bouch&#233;s, puisque l'essentiel de la production r&#233;alis&#233;e en Chine reste destin&#233; &#224; l'exportation (le commerce ext&#233;rieur de la Chine repr&#233;sente plus de 60 % de son PIB contre environ 18 % pour les USA ou 21 % pour le Japon). La cons&#233;quence imm&#233;diate est que la Chine est encore aussi tr&#232;s largement d&#233;pendante technologiquement de ces m&#234;mes puissances occidentales, malgr&#233; une politique volontariste de &#171; rattrapage &#187; : par des investissements accrus en &#171; recherche et d&#233;veloppement &#187; (qui ont plus que tripl&#233; en six ans mais n'atteignent encore que 1,3 % du PIB, contre 3,4 % pour le Japon et 2,6 % de moyenne pour les pays riches de l'OCDE), ou encore par des rachats d'entreprises occidentales comme celui du su&#233;dois Volvo Cars par le groupe chinois Geely en d&#233;cembre 2009. Finalement, cette situation se double d'une d&#233;pendance pour l'approvisionnement en mati&#232;re premi&#232;re et en &#233;nergie (la Chine importe pour 60 milliards de dollars de minerais et pour 100 milliards de dollars de p&#233;trole par an).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_474 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH553/Chine3-175c4.png?1787956371' width='400' height='553' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Quel avenir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;conomistes n'h&#233;sitent pas &#224; pr&#233;dire que la Chine deviendra une puissance &#233;conomique majeure, au sens o&#249; le sont les grandes puissances imp&#233;rialistes actuelles (&#201;tats-Unis et puissances europ&#233;ennes en t&#234;te), &#224; plus ou moins br&#232;ve &#233;ch&#233;ance, en tout cas dans les d&#233;cennies qui viennent. Pour cela, ils ne font en g&#233;n&#233;ral qu'extrapoler la poursuite r&#233;guli&#232;re d'une croissance de 10 % du PIB par an et remarquent qu'&#224; ce rythme la Chine aura largement d&#233;pass&#233; les &#201;tats-Unis en 2030. De tels raisonnements n'ont pas grand int&#233;r&#234;t, sinon le plus souvent de chercher &#224; entretenir la peur du &#171; p&#233;ril chinois &#187; et les r&#233;flexes nationalistes (et ces derniers temps parfois aussi l'espoir que la Chine sauvera le monde de la crise &#233;conomique). Ils ne tiennent pas compte des difficult&#233;s et des contradictions auxquelles est confront&#233; le d&#233;veloppement chinois. Outre celles identiques aux &#233;conomies des pays occidentaux, le &#171; jeune &#187; capitalisme chinois conna&#238;t d&#233;j&#224; bon nombre des signes de la s&#233;nilit&#233; de ce syst&#232;me irrationnel : sp&#233;culation financi&#232;re, &#171; bulles &#187; immobili&#232;res, etc., les difficult&#233;s internes &#224; transformer l'app&#226;t du grand capital des puissances imp&#233;rialistes pour une main d'&#339;uvre bon march&#233; en d&#233;veloppement capitaliste national. Notamment le d&#233;s&#233;quilibre de l'industrie chinoise qui, outre les biens d'exportation, produit essentiellement des biens de production (des usines qui construisent des usines, en quelque sorte). Le capitalisme chinois reste confront&#233; &#224; la faiblesse de son march&#233; int&#233;rieur. (Encore que celui-ci ne soit pas n&#233;gligeable : l'&#233;quipement en biens de consommation durables commence &#224; &#234;tre vraiment important : des millions de Chinois n'ont peut-&#234;tre pas les moyens de se payer des produits import&#233;s mais ils peuvent se payer des produits chinois&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Fran&#231;oise Lemoine (L'&#233;conomie de la Chine, 2006) tous les m&#233;nages (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.) Ces difficult&#233;s tiennent aussi &#224; la place qu'occupe la Chine dans les rapports de force &#233;conomiques et politiques mondiaux qui font qu'un d&#233;veloppement propre de la Chine imposerait, au moins dans une certaine mesure, la remise en cause de la domination politique des grandes puissances imp&#233;rialistes, celles-l&#224; m&#234;me dont la croissance chinoise est, pour l'heure, encore largement d&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas pour autant de pr&#233;dire l'&#233;croulement imminent de la croissance chinoise ni de pr&#233;dire jusqu'o&#249; le d&#233;veloppement &#233;conomique du pays pourra se poursuivre. S'il n'y a pas de &#171; miracle chinois &#187;, le d&#233;veloppement de ces derni&#232;res d&#233;cennies n'est pas pour autant un simple mirage. Il a profond&#233;ment boulevers&#233; la soci&#233;t&#233; chinoise. L'objectif de l'&#201;tat chinois est bel et bien la poursuite d'un d&#233;veloppement capitaliste susceptible de rivaliser avec les grandes puissances imp&#233;rialistes &#233;tablies. L'avenir d&#233;pendra de bien des rapports de forces dont les aspects purement &#233;conomiques ne sont qu'une partie. La croissance, avec l'industrie, de la classe ouvri&#232;re chinoise est, de ce point de vue, loin d'&#234;tre secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yves LEFORT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon Fran&#231;oise Lemoine (&lt;em&gt;L'&#233;conomie de la Chine&lt;/em&gt;, 2006) tous les m&#233;nages urbains ont un t&#233;l&#233;viseur, 94 % ont un lave-linge, 90 % un r&#233;frig&#233;rateur, 42 % un magn&#233;toscope et pour les ruraux les pourcentages sont respectivement de 68 % (tv), 34 % (lave linge), 16 % (frigo) et 3 % magn&#233;toscope.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La col&#232;re gronde dans l'atelier du monde
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-colere-gronde-dans-l-atelier-du-monde</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-colere-gronde-dans-l-atelier-du-monde</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:07:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>

		<description>Au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, une vague de gr&#232;ves a d&#233;ferl&#233; sur toute une partie du sud et du centre de la Chine. &#192; Zhongstan, chez Honda Locks, une filiale du groupe japonais qui fabrique les serrures pour les automobiles produites localement, 1 300 ouvriers ont observ&#233; d'abord une gr&#232;ve totale pendant une semaine, puis une gr&#232;ve perl&#233;e pour obtenir de meilleurs salaires. De plus, les gr&#233;vistes ont &#233;lu un &#171; conseil ouvrier &#187; qui a dirig&#233; le mouvement puis particip&#233; aux n&#233;gociations avec la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, une vague de gr&#232;ves a d&#233;ferl&#233; sur toute une partie du sud et du centre de la Chine. &#192; Zhongstan, chez Honda Locks, une filiale du groupe japonais qui fabrique les serrures pour les automobiles produites localement, 1 300 ouvriers ont observ&#233; d'abord une gr&#232;ve totale pendant une semaine, puis une gr&#232;ve perl&#233;e pour obtenir de meilleurs salaires. De plus, les gr&#233;vistes ont &#233;lu un &#171; conseil ouvrier &#187; qui a dirig&#233; le mouvement puis particip&#233; aux n&#233;gociations avec la direction. &#192; Kunshan, les ouvriers de l'usine de caoutchouc KOK, un fabricant ta&#239;wanais de valves et de joints, ont arr&#234;t&#233; les machines pendant cinq jours pour protester contre les bas salaires et la trop forte temp&#233;rature qui r&#232;gne dans les ateliers. Ils ont alors &#233;t&#233; attaqu&#233;s par la police anti-&#233;meute et plusieurs d'entre eux ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, puis rel&#226;ch&#233;s. &#192; Xi'an, les 8 000 salari&#233;s de l'usine japonaise de machines &#224; coudre Brother ont d&#233;bray&#233;, suivis peu apr&#232;s par 3 000 ouvriers du coton de Pindgdinghan (Henan). &#192; Goatang, chez Tralinpak (usine sp&#233;cialis&#233;e dans la fabrication des emballages alimentaires), les ouvriers ont ouvert un forum de discussion sur Internet pour faire conna&#238;tre leur col&#232;re et leurs revendications. On peut lire notamment parmi les messages qu'ils envoient : &#171; Patrons et syndicat se moquent bien si on cr&#232;ve... &#187;, &#171; Faisons tous la gr&#232;ve, sinon les rares qui oseront seront vir&#233;s &#187;. Et ce ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d'autres. En fait, tout semble &#234;tre parti en mai de la gr&#232;ve des ouvriers de chez Honda &#224; Foshan qui s'&#233;tait termin&#233;e par une victoire des travailleurs et la formation d'un &#171; conseil ouvrier &#187; de seize membres. Elle avait &#233;t&#233; largement comment&#233;e par la presse chinoise. Dans une lettre ouverte reprise par les sites d'informations en ligne chinois, les gr&#233;vistes affirmaient d&#233;but juin : &lt;em&gt;&#171; Nous ne nous battons pas simplement pour les droits des 1 800 ouvriers (de chez Honda), mais pour celui des travailleurs de toute la Chine. &#187;&lt;/em&gt; Cet exemple a &#233;t&#233; contagieux, le mouvement revendicatif s'&#233;tendant d'abord &#224; d'autres sous-traitants du m&#234;me groupe avant de gagner d'autres entreprises. Il ne faut &#233;videmment pas exag&#233;rer le poids de ces gr&#232;ves qui ne touchent qu'une infime minorit&#233; du prol&#233;tariat chinois et se produisent la plupart du temps dans des entreprises relativement modernes &#224; capitaux &#233;trangers. Mais le fait qu'elles aient eu lieu sur une telle &#233;chelle, qu'elles aient impliqu&#233; en m&#234;me temps plusieurs dizaines de milliers de travailleurs &#8211; malgr&#233; le fait que le droit de gr&#232;ve a &#233;t&#233; supprim&#233; en 1982 &#8211; et qu'elles aient &#233;t&#233; men&#233;es par de jeunes ouvriers et ouvri&#232;res qui ont g&#233;n&#233;ralement moins de 25 ans est r&#233;v&#233;lateur du fait qu'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de prol&#233;taires est en train d'&#233;merger dans l'Empire du Milieu. Elles sont aussi un indicateur du poids d&#233;mographique, sociologique et &#233;conomique qu'a pris la classe ouvri&#232;re au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_475 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH384/Chine2-0051d.png?1787956371' width='300' height='384' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Une classe ouvri&#232;re jeune et majoritaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est devenu un lieu commun d'affirmer aujourd'hui que la classe ouvri&#232;re chinoise est num&#233;riquement la plus nombreuse au monde. Mais, en Chine m&#234;me, elle est majoritaire au sein de la population active. Il faut dire qu'au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es l'&#233;volution sociale a &#233;t&#233; foudroyante. En 1978, 82 % de la population vivait en milieu rural et 18 % en milieu urbain. Moins de trente ans plus tard, en 2006, les ruraux ne repr&#233;sentaient plus que 56 % du total alors que les urbains faisaient presque jeu &#233;gal avec 44 %. Mais, m&#234;me &#224; cette &#233;poque, 300 millions d'agriculteurs c&#244;toyaient dans les campagnes 225 millions d'ouvriers et d'employ&#233;s ne travaillant pas dans l'agriculture, g&#233;n&#233;ralement salari&#233;s dans des entreprises appartenant au secteur priv&#233; ou aux autorit&#233;s locales (municipalit&#233;s, districts, provinces). Et on estime qu'en 2015 la population urbaine comptera plus de 700 millions de personnes et d&#233;passera alors celle des campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiffrer l'importance num&#233;rique de la classe ouvri&#232;re chinoise &#8211; m&#234;me en se laissant une marge d'erreur de 20 &#224; 50 millions de personnes &#8211; n'est pas chose ais&#233;e. Les statistiques officielles &#8211; selon qu'elles &#233;manent du gouvernement central ou des autorit&#233;s locales &#8211; sont souvent contradictoires et ignorent des dizaines de millions de personnes qui n'ont pas d'existence l&#233;gale (sans-papiers, enfants clandestins, etc.). En 2002 on &#233;valuait &#224; 400 millions le nombre de prol&#233;taires (urbains et ruraux) pour une population active totale de 754 millions de personnes. Aujourd'hui on estime &#224; environ 200 millions le nombre de travailleurs urbains s&#233;dentaires, &#224; 140 millions le nombre de travailleurs ruraux et &#224; 200 millions les travailleurs migrants (les &#171; mingong &#187;, c'est-&#224;-dire les &#171; ouvriers-paysans &#187;), dont 120 millions vivraient dans les grandes agglom&#233;rations et 80 millions dans les villes petites ou mo&#173;yennes. En tout, la classe ouvri&#232;re chinoise serait donc forte de 540 millions de prol&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les mingong&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces travailleurs ce sont les &#171; mingong &#187; qui ont, de loin, le statut le plus pr&#233;caire. Les plus chanceux disposent d'un &#171; hukou &#187; urbain en r&#232;gle, une esp&#232;ce de carte de s&#233;jour indispensable pour avoir le droit de r&#233;sider, d'envoyer ses enfants &#224; l'&#233;cole, de b&#233;n&#233;ficier d'une couverture m&#233;dicale, etc. Mais ce &#171; hukou &#187; n'est valable que pour un certain temps au-del&#224; duquel le &#171; mingong &#187; est forc&#233; de retourner dans sa campagne d'origine. Ce que beaucoup refusent de faire. En pratique, de nombreux &#171; mingong &#187; n'ont pas de &#171; hukou &#187; et sont donc clandestins. Certains survivent avec de faux papiers d'identit&#233;, d'autres s'en passent et sont la merci de n&#233;griers ou des marchands de sommeil locaux qui les emploient dans des usines ou des mines clandestines o&#249; ils ne disposent d'aucune s&#233;curit&#233; et d'aucune garantie et dorment &#224; douze ou quinze dans des chambres insalubres. Parfois m&#234;me, ils ne sont pas pay&#233;s pendant des mois. Nombre de &#171; mingong &#187; r&#233;sident dans les villes depuis maintenant vingt ou trente ans. Ils se sont mari&#233;s et ont eu des enfants sur place. Ces nouvelles g&#233;n&#233;rations, plus &#233;duqu&#233;es que leurs parents qui sortaient du milieu rural, n'ont nullement l'intention de retourner dans les campagnes. Ce sont elles qui sont souvent &#224; l'avant-garde des luttes les plus r&#233;centes (on remarquera d'ailleurs que 50 % de la classe ouvri&#232;re est constitu&#233;e de jeunes n&#233;s apr&#232;s 1979). L'importance du ph&#233;nom&#232;ne &#171; mingong &#187; peut &#234;tre illustr&#233;e par quelques chiffres. &#192; Shenzen, ville situ&#233;e non loin de Canton et qui a connu un d&#233;veloppement &#233;conomique spectaculaire ces derni&#232;res ann&#233;es, 12 des 14 millions d'habitants sont des &#171; mingong &#187;. Non loin de l&#224; Dongguan, agglom&#233;ration qui abrite 6 000 usines &#224; capitaux ta&#239;wanais, compte 12 millions d'habitants dont seulement 1,7 million de r&#233;sidents &#171; officiels &#187;. Quant &#224; la capitale &#233;conomique du pays, Shanghai, 6 de ses 19 millions d'habitants n'ont pas le statut de r&#233;sidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; mingong &#187; travaillent souvent &#224; la cha&#238;ne dans des usines modernes qu'ils ne quittent pratiquement pas, les r&#233;fectoires et les dortoirs se trouvant au sein m&#234;me des entreprises. Ils subissent des conditions de travail tr&#232;s dures (cadences infernales, semaine de 60 &#224; 70 heures, encadrement quasi militaire, amendes &#224; la moindre occasion, parfois passages &#224; tabac voire viols pour les femmes), ont des contrats de travail le plus souvent pr&#233;caires dont les termes ne sont pas respect&#233;s par le patron, pas plus d'ailleurs que les accords d'entreprise lorsqu'ils existent. Cette surexploitation conduit parfois &#224; des suicides en cascade comme cela a &#233;t&#233; le cas chez le ta&#239;wanais Foxconn, le principal sous-traitant d'Apple. La plupart du temps les gr&#232;ves qu'ils lancent partent sur des coups de col&#232;re et ne sont ni planifi&#233;es, ni organis&#233;es &#224; l'avance. Mais le fait que, ces derni&#232;res ann&#233;es, leur nombre tend &#224; augmenter (m&#234;me dans les statistiques officielles) est la preuve d'une combativit&#233; grandissante et contagieuse. Ph&#233;nom&#232;ne relativement nouveau : d&#232;s qu'une gr&#232;ve &#233;clate, le contact s'&#233;tablit avec des &#233;tudiants, des avocats, des universitaires, des ONG qui viennent aider les gr&#233;vistes &#224; mettre en forme leurs revendications, &#224; mieux d&#233;fendre leurs droits au regard d'une l&#233;gislation du travail plus que restrictive, et &#224; faire conna&#238;tre les luttes au-del&#224; d'une usine ou d'une agglom&#233;ration (gr&#226;ce, en partie, aux 420 millions d'internautes que compte le pays en 2010).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une paysannerie mis&#233;rable et r&#233;volt&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Repr&#233;sentant jadis la quasi-totalit&#233; de la population, la paysannerie est aujourd'hui minoritaire. Cependant, dans les campagnes, 300 millions de personnes d&#233;pendent encore largement de l'agriculture pour vivre. Et, pour elles, la situation n'a cess&#233; d'empirer au cours des derni&#232;res ann&#233;es. En 2009, on estimait le revenu annuel d'un travailleur urbain &#224; 17 175 yuans et celui d'un agriculteur &#224; 5 153 yuans, soit trois fois moins. Rien d'&#233;tonnant &#224; ce qu'aujourd'hui la moiti&#233; du revenu agricole soit constitu&#233; d'argent envoy&#233; par les &#171; mingong &#187; &#224; leurs familles rest&#233;es au village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, outre une situation &#233;conomique extr&#234;mement difficile li&#233;e &#224; la taille trop petite des exploitations, ils doivent aussi faire face &#224; bien d'autres probl&#232;mes : pollution du sol et des eaux du fait de l'industrialisation sauvage et anarchique, confiscation de leurs terres (40 millions d'entre eux ont &#233;t&#233; expropri&#233;s entre 1997 et 2006) sans indemnit&#233;s ou avec des compensations ridicules au profit des autorit&#233;s locales ou r&#233;gionales qui les revendent ensuite &#224; prix d'or &#224; des sp&#233;culateurs, &#224; des industriels ou &#224; des promoteurs immobiliers (entre 2000 et 2005, l'urbanisation a consomm&#233; pr&#232;s de 6 millions d'hectares de terres agricoles, soit pr&#232;s de 5 % du total), multiplication des imp&#244;ts ill&#233;gaux par les m&#234;mes autorit&#233;s, etc. Cela a donn&#233; lieu &#224; de nombreuses r&#233;voltes qui se sont souvent traduites par des affrontements avec la police avec, &#224; la cl&#233;, des dizaines de morts et des centaines d'arrestations. Comme le mouvement d'expropriation va se poursuivre, il est probable que ce type de jacqueries continuera tout comme d'ailleurs l'exode massif et clandestin des paysans vers les villes &#224; la recherche d'un niveau de vie moins pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Et maintenant ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue hibernation pendant l'&#232;re du mao&#239;sme, la classe ouvri&#232;re chinoise s'est, ces derni&#232;res ann&#233;es, de nouveau &#233;veill&#233;e aux luttes. Elle l'a fait sans organisation, de fa&#231;on dispers&#233;e et spontan&#233;e mais avec d&#233;termination et enthousiasme. Il lui reste &#233;videmment de nombreux obstacles &#224; franchir pour que ces luttes passent &#224; un niveau sup&#233;rieur. L'un d'entre eux, et non des moindres, est la possibilit&#233; de s'organiser dans et hors des usines en &#233;tablissant des liens entre les diff&#233;rents centres ouvriers. L'autre est de surmonter l'indiff&#233;rence, voire l'hostilit&#233;, qui existent entre &#171; mingong &#187; et prol&#233;taires s&#233;dentaires (notamment ceux des secteurs toujours nationalis&#233;s : mines, p&#233;trole, travaux publics, aci&#233;ries lourdes, services publics, etc.), ces derniers ayant men&#233;, il y a une dizaine d'ann&#233;es maintenant, des luttes violentes et d&#233;sesp&#233;r&#233;es contre le d&#233;graissage de leurs entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut pr&#233;dire quels seront les prochains pas en avant du prol&#233;tariat chinois. Mais on peut &#234;tre s&#251;r que son irruption sur la sc&#232;ne politique chinoise aura des r&#233;percussions sur la classe ouvri&#232;re du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Leo STERN&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH353/regime-c3707.png?1787956371' width='300' height='353' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les riches &#224; l'ombre du Parti
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Les-riches-a-l-ombre-du-Parti</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Les-riches-a-l-ombre-du-Parti</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:07:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>

		<description>Selon le magazine Forbes, qui publie tous les ans ses classements des plus grandes fortunes mondiales, il y aurait en Chine, pour l'ann&#233;e 2009, plus de 130 milliardaires en dollars, contre 101 en 2008. Toujours selon Forbes, la richesse des 400 premi&#232;res grandes fortunes chinoises serait pass&#233;e en un an de 173 &#224; 314 milliards de dollars. Ces ultra-privil&#233;gi&#233;s n'h&#233;sitent pas &#224; &#233;taler leur richesse, &#224; la d&#233;penser en produits de luxe, se hissant ainsi &#224; la deuxi&#232;me place mondiale&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon le magazine &lt;em&gt;Forbes&lt;/em&gt;, qui publie tous les ans ses classements des plus grandes fortunes mondiales, il y aurait en Chine, pour l'ann&#233;e 2009, plus de 130 milliardaires en dollars, contre 101 en 2008. Toujours selon &lt;em&gt;Forbes&lt;/em&gt;, la richesse des 400 premi&#232;res grandes fortunes chinoises serait pass&#233;e en un an de 173 &#224; 314 milliards de dollars. Ces ultra-privil&#233;gi&#233;s n'h&#233;sitent pas &#224; &#233;taler leur richesse, &#224; la d&#233;penser en produits de luxe, se hissant ainsi &#224; la deuxi&#232;me place mondiale derri&#232;re les Japonais. Et, &#224; c&#244;t&#233; d'eux, toute une classe de moyens ou plus petits bourgeois vit aujourd'hui grassement et avec ostentation en Chine, s'effor&#231;ant de se hisser au niveau de ses homologues des puissances occidentales. Combien sont-ils &#224; disposer de telles capacit&#233;s de consommation ? Ils seraient 60 millions &#224; avoir un revenu suffisant pour acqu&#233;rir des biens de consommation import&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Louis Rocca, Une sociologie de la Chine, 2010, p 66.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Rapport&#233; &#224; la population totale, c'est peu, mais assez pour faire de la Chine un important march&#233; : elle est ainsi devenue en 2009 le premier march&#233; automobile mondial avec plus de 10 millions de voitures particuli&#232;res vendues. Autre signe de richesse, le gouvernement a d&#233;cid&#233; derni&#232;rement de restreindre le cr&#233;dit en demandant aux banques de ne plus faire de pr&#234;ts hypoth&#233;caires aux personnes achetant un troisi&#232;me logement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Figaro, 5 ao&#251;t 2010 : &#171; La Chine prend des mesures contre la bulle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, afin de limiter la sp&#233;culation immobili&#232;re, les prix ne cessant de monter vertigineusement ainsi que le nombre des nouveaux chantiers. L'importation de vins fins ou produits de luxe est en pleine croissance et le tourisme &#224; l'&#233;tranger dans les h&#244;tels haut de gamme bat son plein. Des fonds sp&#233;culatifs de placements de capitaux se d&#233;veloppent, il y en aurait d&#233;j&#224; quatre ou cinq &#224; Shanghai&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 30 avril 2010 : &#171; De Shanghai aux &#238;les Ca&#239;mans &#187;, Claire Gatinois.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le nombre des privil&#233;gi&#233;s, b&#233;n&#233;ficiaires et soutiens potentiels du r&#233;gime, est encore en plein d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;S'enrichir sous les auspices de Mao&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cet enrichissement est non seulement tol&#233;r&#233;, mais justifi&#233; par le pouvoir en place. Selon la formule de Deng Xiaoping, qui a initi&#233; en 1978 les r&#233;formes destin&#233;es &#224; lancer &#171; l'&#233;conomie socialiste de march&#233; &#187;, certains vont &#171; s'enrichir d'abord &#187; avant que l'ensemble de la soci&#233;t&#233; chinoise puisse conna&#238;tre la prosp&#233;rit&#233;. Rouler en Porsche et vivre dans des appartements de luxe est d&#233;sormais l&#233;gitime, car pr&#233;figurant le d&#233;veloppement de la Chine tout enti&#232;re. Le Parti communiste chinois justifie le cours actuel par la th&#233;orie des &#171; trois repr&#233;sentativit&#233;s &#187; : cette th&#233;orie officielle, d&#233;velopp&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1990 par le secr&#233;taire du parti Jiang Zemin, affirme la n&#233;cessit&#233; de donner un pouvoir de repr&#233;sentation &#224; trois cat&#233;gories sociales : le peuple, les intellectuels, et, nouveaut&#233;, les milieux d'affaires. De plus en plus d'hommes d'affaires sont nomm&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e nationale populaire et, en 2006, 40 % des patrons d'entreprises priv&#233;es et individuelles &#233;taient membres du Parti&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Louis Rocca, Une sociologie de la Chine, 2010, p.40.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un virage &#224; 180 degr&#233;s, apr&#232;s des d&#233;cennies de mao&#239;sme ? Pas vraiment. Tout en &#233;tant nouvelle, cette politique vis-&#224;-vis de la bourgeoisie et du capitalisme ne repr&#233;sente pas une n&#233;gation du pass&#233;. Sous Mao, la rupture avec les capitalistes n'a &#233;t&#233; ni imm&#233;diate, ni compl&#232;te. C'est aussi ce qui explique la rapidit&#233; de la renaissance du secteur priv&#233; &#224; partir de 1978. (Voir l'article : &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Soixante-ans-de-pouvoir-dit-communiste' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;em&gt;Soixante ans de pouvoir dit &#171; communiste &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;) En 1979, pour inciter les capitalistes &#224; r&#233;investir, le gouvernement leur a rembours&#233; l'arri&#233;r&#233; des dividendes dont le paiement avait &#233;t&#233; suspendu depuis la R&#233;volution cultu&#173;relle : en un an, l'&#233;quivalent de 600 millions de dollars ont &#233;t&#233; vers&#233;s pour indemniser les anciens bourgeois&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie-Claire Berg&#232;re, Capitalismes et capitalistes en Chine, 2007, p. 307.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le retour des capitalistes de la diaspora, qui avaient &#233;migr&#233; &#224; Hong Kong et ailleurs, fut encourag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les zones grises du capitalisme &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle est actuellement l'importance de cette bourgeoisie nationale ? Pour l'&#233;valuer, on peut tenter de diff&#233;rencier capitaux nationaux et internationaux. L'arriv&#233;e de capitaux &#233;trangers a &#233;t&#233; fortement encourag&#233;e par le gouvernement, au gr&#233; des r&#233;formes. L'importance des investissements directs &#233;trangers (IDE) est souvent &#233;voqu&#233;e dans le d&#233;veloppement de la Chine, mais il n'est pas si simple d'identifier l'origine r&#233;elle des capitaux : les privil&#232;ges (avantages fiscaux, acc&#232;s &#224; certains secteurs d'activit&#233;) accord&#233;s aux investisseurs &#233;trangers ont incit&#233; les entrepreneurs chinois &#224; exporter clandestinement leurs capitaux, en transitant par Hong Kong, pour ensuite les r&#233;importer. De nombreux &#171; chapeaux &#233;trangers &#187; coiffent ainsi des entreprises bien chinoises. Beaucoup d'investisseurs font aussi partie de la diaspora chinoise : en 2005, sur un flux de 60 milliards de dollars d'IDE, un tiers provenait de Hong Kong et de Taiwan&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bruno Astarian, Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes, 2009, p.28.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le m&#234;me flou r&#232;gne entre secteur public et secteur priv&#233;. De nombreuses entreprises priv&#233;es ont choisi d'&#234;tre enregistr&#233;es comme collectives (on dit qu'elles portent un &#171; chapeau rouge &#187;) pour faciliter l'acc&#232;s au cr&#233;dit, majoritairement distribu&#233; par des banques publiques, favorisant le secteur public. Ces &#171; chapeaux rouges &#187; permettent aussi de b&#233;n&#233;ficier plus facilement du soutien des autorit&#233;s. Sous le &#171; socialisme de march&#233; &#187; revendiqu&#233; par le gouvernement chinois, l'ascension des capitalistes est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'&#201;tat. Une entreprise priv&#233;e ne peut se d&#233;velopper sans le soutien des autorit&#233;s politiques. Les bonnes relations que les grands patrons du secteur priv&#233; ont su &#233;tablir avec les hi&#233;rarchies administratives jouent un r&#244;le essentiel dans leur r&#233;ussite. Surtout, une majorit&#233; de capitalistes sont issus des rangs m&#234;mes de l'appareil d'&#201;tat, &#224; travers le processus de privatisation en cours. Dans les ann&#233;es 1990, alors que la r&#233;forme du secteur public s'acc&#233;l&#233;rait, beaucoup de dirigeants d'entreprises d'&#201;tat et de fonctionnaires locaux sont devenus propri&#233;taires des nouvelles PME privatis&#233;es. Des cadres ont &#233;galement pu mettre la soci&#233;t&#233; publique qu'ils dirigeaient en difficult&#233;, en cr&#233;ant des filiales qui recueillaient tous les b&#233;n&#233;fices du groupe au d&#233;triment de la maison m&#232;re. Le gouvernement a, pour l'instant, fait le choix de se d&#233;barrasser des petites entreprises du secteur d'&#201;tat, qui se sont donc retrouv&#233;es aux mains de cadres locaux, et de garder son contr&#244;le sur les plus grandes. Ainsi les plus grandes entreprises restent publiques : la majorit&#233; des 37 soci&#233;t&#233;s chinoises du classement 2009 des 500 premiers groupes mondiaux &#233;tabli par le magazine &lt;em&gt;Fortune&lt;/em&gt;, sont publiques. Mais de nombreuses soci&#233;t&#233;s de droit public sont en r&#233;alit&#233; appropri&#233;es par leurs dirigeants. Ces grandes soci&#233;t&#233;s du secteur d'&#201;tat sont fr&#233;quemment contr&#244;l&#233;es par des dynasties familiales au sommet desquelles se trouvent les plus hauts dignitaires du Parti Communiste. Il existe ainsi une v&#233;ritable symbiose entre l'appartenance au Parti et la r&#233;ussite sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un capitalisme sauvage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour les investisseurs issus de la diaspora comme pour les nouveaux chefs d'entreprise issus de la bureaucratie d'&#201;tat, la carte de membre du Parti ou le poste de d&#233;put&#233; est donc un s&#233;same indispensable. Mais cette d&#233;pendance les met aussi &#224; la merci de l'arbitraire administratif : payer les pots de vin attendus ne les met pas toujours &#224; l'abri d'une chute brutale. Par exemple, le gestionnaire (et r&#233;el propri&#233;taire) d'une entreprise &#224; &#171; chapeau rouge &#187; peut &#234;tre condamn&#233; pour d&#233;tournement de fonds publics lorsqu'il utilise les revenus tir&#233;s de l'entreprise pour son usage personnel. Le flou r&#233;gnant entre secteur public et secteur priv&#233;, tout comme l'impr&#233;cision du statut des entreprises priv&#233;es (l'inviolabilit&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e a &#233;t&#233; inscrite dans la constitution en 2004, mais il a fallu trois ans pour que soit vot&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale populaire la loi en pr&#233;cisant les modalit&#233;s d'application&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie-Claire Berg&#232;re, op. cit., p. 285.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) fragilisent les entrepreneurs. La situation des entrepreneurs priv&#233;s conna&#238;t donc une forte instabilit&#233; : en 2006, &lt;em&gt;Forbes&lt;/em&gt; a &#233;limin&#233; de sa liste des &#171; Cent hommes d'affaires les plus riches &#187; pr&#232;s du tiers des noms s&#233;lectionn&#233;s l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Le gouvernement chinois encourage ouvertement l'&#233;panouissement du capitalisme en Chine, dans la mesure o&#249; il tire sa l&#233;gitimit&#233; de la croissance &#233;conomique actuelle. Mais, &#224; l'inverse, face aux in&#233;galit&#233;s criantes qui se d&#233;veloppent &#224; travers le pays et &#224; la col&#232;re sociale qu'elles peuvent susciter parmi la population pauvre, il lui arrive aussi de faire tomber des t&#234;tes, de mani&#232;re spectaculaire, pour jouer sur tous les tableaux. En mai 2010, le magnat de l'&#233;lectronique Huang Gangyu, fondateur de Gome, premi&#232;re cha&#238;ne chinoise de mat&#233;riel &#233;lectrique et &#233;lectronique, a ainsi &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 14 ans de prison pour corruption&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La r&#233;pression de la corruption doit trouver un juste milieu &#187;, Le Monde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pendant de ces incertitudes pour les capitalistes chinois est la violence que rev&#234;t la recherche du profit : dans certaines petites entreprises, ouvriers d&#233;tenus de force, priv&#233;s de salaire et battus &#224; mort quand ils tentent de s'&#233;chapper, mines de charbon aux galeries d&#233;pourvues de charpentes et de ventilation, produits d&#233;fectueux, frelat&#233;s et parfois dangereux, comme ce lait en poudre qui n'avait que l'apparence du lait, d&#233;pourvu de tout &#233;l&#233;ment nutritif, et a entra&#238;n&#233; la mort de nourrissons&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie-Claire Berg&#232;re, op.cit., p.283.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Lydie GRIMAL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_477 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH196/capitalismesauvage-a8bbd.png?1787956371' width='400' height='196' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;&#201;tat et capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Chine, l'&#201;tat semble omnipr&#233;sent dans l'&#233;conomie : c'est par une politique tr&#232;s volontariste que le capitalisme s'y d&#233;veloppe. Les liens entre business et bureaucratie &#171; communiste &#187; sont souvent pr&#233;sent&#233;s comme une originalit&#233;. Mais, hormis le fait que le r&#233;gime dictatorial se pare du drapeau rouge pour organiser l'exploitation forcen&#233;e de la classe ouvri&#232;re, le fait que le capitalisme puisse s'&#233;panouir sous contr&#244;le &#233;tatique est loin d'&#234;tre une nouveaut&#233;. Dans les pays anciennement industrialis&#233;s, l'impulsion est venue d'en haut, de mani&#232;re tr&#232;s centralis&#233;e et autoritaire : du mercantilisme de Colbert, dans la France de Louis XIV, au protectionnisme de Bismarck dans l'Allemagne de la fin du XIX&#176;, les exemples ne manquent pas. En Asie, l'&#232;re Meiji (1868-1912) a vu l'entr&#233;e volontaire et organis&#233;e du Japon dans l'&#232;re industrielle : abolition de la classe guerri&#232;re des samoura&#239;s, dont bon nombre se sont reconvertis dans le monde des affaires et ont &#233;t&#233; plac&#233;s &#224; la t&#234;te d'entreprises cr&#233;&#233;es par le pouvoir imp&#233;rial, d&#233;veloppement de la marine et des chemins de fer, cr&#233;ation d'une monnaie &#233;tatique, le yen, constitution de conglom&#233;rats comme Mitsubishi&#8230; La Cor&#233;e du Sud pr&#233;sente un autre exemple asiatique, plus r&#233;cent, du r&#244;le de l'&#201;tat dans le d&#233;veloppement &#233;conomique. Sous la dictature du pr&#233;sident Park Chung Hee, de 1962 &#224; la fin des ann&#233;es 1970, c'est l'&#201;tat qui a d&#233;fini les grandes orientations strat&#233;giques de la croissance de l'&#233;conomie cor&#233;enne. La planification de l'&#233;conomie visait &#224; r&#233;duire la d&#233;pendance ext&#233;rieure, en dotant la Cor&#233;e du Sud de puissants secteurs d'activit&#233;, comme la construction navale. Des groupes industriels puissants, tels que Hyunda&#239;, Daewoo ou Samsung sont aussi les b&#233;n&#233;ficiaires de cette politique &#233;tatique. En Chine, cette volont&#233; de d&#233;veloppement &#233;conomique, pour faire du pays une grande puissance en Asie, n'est par ailleurs pas nouvelle. Elle a d'abord &#233;t&#233; tent&#233;e par les empereurs au XIX&#176; si&#232;cle puis, &#224; partir de 1911, par le r&#233;gime nationaliste du Guomindang. Mais ce n'est qu'avec le r&#233;gime de Mao et de ses h&#233;ritiers actuels que l'&#201;tat a acquis une emprise suffisante pour parvenir &#224; contr&#244;ler le pays tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Louis Rocca, &lt;em&gt;Une sociologie de la Chine&lt;/em&gt;, 2010, p 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Figaro, 5 ao&#251;t 2010 : &#171; La Chine prend des mesures contre la bulle immobili&#232;re &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le Monde,&lt;/em&gt; 30 avril 2010 : &#171; De Shanghai aux &#238;les Ca&#239;mans &#187;, Claire Gatinois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Louis Rocca, &lt;em&gt;Une sociologie de la Chine&lt;/em&gt;, 2010, p.40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marie-Claire Berg&#232;re, &lt;em&gt;Capitalismes et capitalistes en Chine&lt;/em&gt;, 2007, p. 307.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bruno Astarian, &lt;em&gt;Luttes de classes dans la Chine des r&#233;formes&lt;/em&gt;, 2009, p.28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marie-Claire Berg&#232;re, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;, p. 285.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; La r&#233;pression de la corruption doit trouver un juste milieu &#187;, &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, 19 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marie-Claire Berg&#232;re, &lt;em&gt;op.cit&lt;/em&gt;., p.283.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Crise mondiale : la croissance chinoise a pli&#233;, mais n'a pas rompu
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Crise-mondiale-la-croissance-chinoise-a-plie-mais-n-a-pas-rompu</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Crise-mondiale-la-croissance-chinoise-a-plie-mais-n-a-pas-rompu</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:07:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>

		<description>La crise a eu des effets quelque peu diff&#233;rents sur les &#233;conomies &#233;mergentes et celles des pays d&#233;velopp&#233;s o&#249; elle a d&#233;marr&#233;. Tous en ont subi les cons&#233;quences, m&#234;me si la croissance n'a connu qu'une pause relativement courte pour certains. &lt;br /&gt;L'&#233;conomie chinoise n'a pas souffert, contrairement &#224; celles d'Afrique par exemple, de la chute des cours des mati&#232;res premi&#232;res et des ressources &#233;nerg&#233;tiques li&#233;e &#224; la crise. Au contraire, elle en a profit&#233; puisqu'elle en est importatrice&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise a eu des effets quelque peu diff&#233;rents sur les &#233;conomies &#233;mergentes et celles des pays d&#233;velopp&#233;s o&#249; elle a d&#233;marr&#233;. Tous en ont subi les cons&#233;quences, m&#234;me si la croissance n'a connu qu'une pause relativement courte pour certains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie chinoise n'a pas souffert, contrairement &#224; celles d'Afrique par exemple, de la chute des cours des mati&#232;res premi&#232;res et des ressources &#233;nerg&#233;tiques li&#233;e &#224; la crise. Au contraire, elle en a profit&#233; puisqu'elle en est importatrice nette, la plus grande importatrice du monde d'ailleurs. Elle n'a jusqu'&#224; maintenant &#233;galement que relativement peu souffert, contrairement aux pays d'Europe centrale et orientale par exemple, de l'effondrement des flux de capitaux ext&#233;rieurs (qui ont reflu&#233; vers les placements dans les pays les plus puissants et les plus d&#233;velopp&#233;s, plus s&#251;rs pour les investisseurs). Pour son plan de relance, la Chine a pu puiser dans ses propres capitaux afin de remplacer ceux qui ne viennent plus de l'ext&#233;rieur. Elle est elle-m&#234;me, depuis plus de dix ans, un des plus grands exportateurs nets de capitaux du monde, puisque les autorit&#233;s chinoises placent une grande partie des exc&#233;dents financiers acquis gr&#226;ce aux exportations en actifs &#233;mis dans les pays d&#233;velopp&#233;s, notamment les titres de la dette publique am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, ce que les autorit&#233;s et la bourgeoisie chinoises pouvaient craindre, c'est un recul brutal des exportations. Il a effectivement eu lieu. Entre l'&#233;t&#233; 2008 et l'&#233;t&#233; 2009, les exportations ont chut&#233; de 25 % en dollars, l'exc&#233;dent chinois est pass&#233; de 11 % du PIB en 2007 &#224; moins de 8 % en 2009 selon le FMI. L'ann&#233;e 2009 a &#233;t&#233; terrible pour des millions de travailleurs, mis au ch&#244;mage dans des industries d'exportation, ou renvoy&#233;s dans leurs campagnes dans le cas des travailleurs migrants. Les 25 millions de jeunes et de travailleurs migrants qui arrivent chaque ann&#233;e sur le march&#233; du travail n'ont pu trouver d'emploi, le ch&#244;mage a brutalement enfl&#233; dans les grandes villes du pays, des gr&#232;ves ont d'ailleurs &#233;clat&#233; dans des entreprises exportatrices quand des ouvriers ont appris leur renvoi, alors qu'ils n'avaient pas m&#234;me re&#231;u leurs derniers salaires. Pourtant, les exportations ont repris assez vite leur expansion : en juillet 2010 les exportations ont atteint de nouveaux records (145 milliards de dollars pour ce seul mois, + 38 % par rapport au creux de juillet 2009. L'&#201;tat chinois a par ailleurs tent&#233; de suppl&#233;er au recul des exportations de 2009 par un plan de relance massif de pr&#232;s de 600 milliards de dollars (8 % du PIB sur deux ans !), sans compter les interventions des gouvernements locaux et des administrations r&#233;gionales. Finalement, la croissance de l'&#233;conomie a &#233;t&#233; tout de m&#234;me, au moins officiellement, de 8,7 % en 2009 et, en 2010, elle semble repartie &#224; un rythme de 10 % ! Loin de ce qui se passe dans les pays d&#233;velopp&#233;s et la majorit&#233; des pays pauvres de la plan&#232;te&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, non seulement l'&#233;conomie chinoise n'a pas brutalement recul&#233; mais, comme elle a maintenu un taux de croissance &#233;lev&#233; alors que les &#233;conomies des pays d&#233;velopp&#233;s stagnaient voire r&#233;gressaient, elle a pour l'instant gagn&#233; en puissance relative &#224; la faveur de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH168/crise-2-459df.png?1787956371' width='300' height='168' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;On est donc bien loin d'une croissance chinoise qui serait d'une telle d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des &#233;volutions &#233;conomiques des pays d&#233;velopp&#233;s qu'elle pourrait &#234;tre brutalement annihil&#233;e, en &#233;tant asphyxi&#233;e par un reflux brutal des capitaux &#233;trangers (comme cela s'&#233;tait pass&#233; dans les ann&#233;es 1990 : pour le Mexique en 1994, les pays asiatiques hors Chine et Japon en 1997, la Russie et le Br&#233;sil en 1998) ou par un effondrement des exportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, le capitalisme chinois a aussi son propre dynamisme int&#233;rieur et, contrairement aux premi&#232;res ann&#233;es du d&#233;collage &#233;conomique, dans les ann&#233;es 1980 et le d&#233;but des ann&#233;es 1990, il ne d&#233;pend plus, pour l'essentiel, des capitaux &#233;trangers pour financer ses investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, il est fermement ancr&#233; au c&#339;ur de l'&#233;conomie mondiale, il en subit les fluctuations et, en m&#234;me temps, il ne peut &#234;tre brutalement marginalis&#233;, comme l'ont &#233;t&#233; dans le pass&#233; d'autres pays vivant un pr&#233;tendu &#171; miracle &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, la pol&#233;mique r&#233;guli&#232;rement relanc&#233;e dans les milieux politiques am&#233;ricains contre la suppos&#233;e sous-&#233;valuation du yuan ou la pr&#233;tendue n&#233;cessit&#233; d'envisager des mesures protectionnistes contre les importations chinoises, est tr&#232;s &#233;clairante&#8230; dans la mesure o&#249; elle n'a pour l'instant d&#233;bouch&#233; sur rien de concret. L'&#201;tat am&#233;ricain, qui fait face &#224; un d&#233;ficit commercial abyssal avec la Chine, n'a pas tent&#233; r&#233;ellement de faire payer la crise &#224; la Chine en s'affrontant s&#233;rieusement au gouvernement chinois sur la question du taux de change entre le yuan et le dollar, ou en d&#233;cidant des taxes ou des quotas contre les marchandises chinoises. Car une telle &#233;preuve de force serait bien p&#233;rilleuse&#8230; et surtout contraire &#224; toute la logique dans laquelle les grandes entreprises et les r&#233;centes administrations am&#233;ricaines se sont engouffr&#233;es depuis d&#233;j&#224; plusieurs d&#233;cennies : importer des biens de consommation chinois &#224; bas prix pour d'autant mieux comprimer les salaires des travailleurs am&#233;ricains, faire fabriquer &#224; bas co&#251;ts en Chine de plus en plus de productions des multinationales am&#233;ricaines, et financer des dettes de plus en plus gigantesques en faisant appel &#224; de l'argent chinois. Loin de vouloir brusquer les autorit&#233;s chinoises, toutes les puissances d&#233;velopp&#233;es de la plan&#232;te ont d'ailleurs au contraire consenti davantage de transferts technologiques pour obtenir des contrats de vente d'avions, de trains &#224; grande vitesse, de centrales nucl&#233;aires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier que l'&#201;tat chinois ne manque pas de moyens financiers et politiques, pour tenter de mener des politiques &#171; anticrise &#187; de grande ampleur sur son territoire. On l'a vu avec son plan de relance massif adopt&#233; en 2009 pour doper provisoirement son &#233;conomie et emp&#234;cher une d&#233;pression v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des contradictions au sein du peuple&#8230; et de la croissance &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la crise est aussi un r&#233;v&#233;lateur des difficult&#233;s, des contradictions m&#234;me, que doit affronter le capitalisme chinois, et qui p&#232;sent sur son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre qu'il souffre des m&#234;mes maux que ceux des pays imp&#233;rialistes &#8211; bulles sp&#233;culatives immobili&#232;res, banques grev&#233;es de cr&#233;ances pourries, endettement sans pr&#233;c&#233;dent des autorit&#233;s publiques &#224; tous les niveaux, etc. &#8211; le gouvernement du pays lui-m&#234;me, &#224; l'unisson d'ailleurs d'une foule d'&#233;conomistes et des responsables de la Banque mondiale et du FMI, ne cesse de d&#233;clarer que la Chine devrait t&#244;t ou tard changer de &#171; mod&#232;le de croissance &#187;. La croissance chinoise repose en effet en tr&#232;s large partie sur les exportations. Leur part dans l'ensemble de la richesse produite est m&#234;me exceptionnelle, surtout pour un si grand pays (40 % du PIB, quatre fois plus qu'un pays comme la France). Ces exportations sont avant tout le fait d'industries d'assemblage, fond&#233;es sur une main d'&#339;uvre terriblement exploit&#233;e, et en elles-m&#234;mes peu profitables (l'activit&#233; sur le sol chinois produit peu de valeur ajout&#233;e, celle-ci va plut&#244;t &#224; la conception, aux composants de haute-technologie et &#224; la commercialisation, qui sont plut&#244;t le fait des entreprises &#233;trang&#232;res clientes, donneuses d'ordre ou directement implant&#233;es sur le sol chinois). La continuation encore durable d'une telle croissance supposerait que les march&#233;s des pays riches continuent d'absorber toujours plus de produits chinois, consentent des d&#233;ficits commerciaux toujours plus importants, que ces pays s'endettent toujours plus pour financer ces d&#233;ficits, ou encore que les multinationales &#233;trang&#232;res qui sous-traitent ou d&#233;localisent leurs productions en Chine le fassent ind&#233;finiment, plut&#244;t que chercher &#224; s'implanter aussi dans d'autres pays riches&#8230; en travailleurs tr&#232;s pauvres. Ou encore que les d&#233;bouch&#233;s pour les marchandises chinoises s'&#233;tendent &#224; grande &#233;chelle dans les pays dits du Sud. Cela n'a rien d'&#233;vident. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, cette croissance par les exportations de produits bon march&#233; ne serait pas durable, car &#224; la fois incapable de faire progresser les autres secteurs de l'&#233;conomie chinoise, et pas ind&#233;finiment acceptable par les &#233;conomies du reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s chinoises disent donc appeler de leurs v&#339;ux une nouvelle croissance pour la Chine. Il s'agirait de substituer peu &#224; peu &#224; l'actuelle croissance tir&#233;e par des exportations de produits &#224; bas prix, une croissance tir&#233;e par la consommation int&#233;rieure. Officiellement, en Chine, cela a m&#234;me un nom : le &#171; d&#233;veloppement harmonieux &#187;, programme officiel du pr&#233;sident Hu Jintao... depuis son accession au pouvoir en 2003. Cela passerait par une part des salaires plus &#233;lev&#233;e dans la richesse produite &#8211; &#224; remarquer que, depuis la d&#233;claration de Hu Jintao, la part des salaires a baiss&#233; ! &#8211;, moins d'in&#233;galit&#233;s sociales pour que la consommation se d&#233;veloppe tr&#232;s largement au-del&#224; de la minorit&#233; de 60 millions de Chinois capables aujourd'hui de consommer &#171; &#224; l'occidentale &#187;, un d&#233;veloppement de la protection sociale et des infrastructures sociales, de logement ou d'&#233;ducation, qui permettrait &#224; une partie cons&#233;quente de la population chinoise de moins &#233;pargner (pour &#233;duquer ses enfants, se loger ou ne pas crever de faim en vieillissant) et davantage consommer. Du coup, cerise sur le g&#226;teau, une des plus grandes aberrations du fonctionnement actuel du capitalisme mondial se r&#233;sorberait quelque peu : l'argent chinois (de l'&#233;pargne et des exc&#233;dents commerciaux) servirait davantage &#224; financer le d&#233;veloppement de ce pays encore tr&#232;s pauvre qu'&#224; aller financer la croissance de pays infiniment plus d&#233;velopp&#233;s comme les &#201;tats-Unis. Joli sc&#233;nario, peut-&#234;tre. Mais, dans une &#233;conomie domin&#233;e par la loi du profit, aucun probl&#232;me n'est vraiment ainsi pos&#233;, d&#233;battu, affront&#233; collectivement et rationnellement, bien s&#251;r. Pour le compte de qui d'ailleurs ? En Chine, la classe au pouvoir (des millions de capitalistes et de grands bureaucrates) jouit depuis maintenant trois d&#233;cennies d'un enrichissement effr&#233;n&#233;, fond&#233; essentiellement sur un seul grand atout : une immense arm&#233;e de travailleurs aux salaires et aux conditions de travail mis&#233;rables. Un atout bien tangible qui, pour eux, a fait davantage ses preuves... que les r&#234;ves d'un capitalisme (pardon d'un socialisme) avanc&#233;, fond&#233; sur la consommation de masse. Or il est tout &#224; fait contradictoire avec l'espoir d'une croissance par une consommation de masse ressemblant (tr&#232;s) progressivement &#224; celle des pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de relance du gouvernement chinois est lui-m&#234;me r&#233;v&#233;lateur de cette vraie priorit&#233; : sous le vernis d'annonces encore tr&#232;s fumeuses sur le d&#233;veloppement de la protection sociale, les despotes soi-disant &#233;clair&#233;s de P&#233;kin ont attribu&#233; la plus grande partie des fonds non &#224; l'encouragement &#224; la consommation, mais aux infrastructures et aux aides aux entreprises, pour renforcer encore la machine industrielle &#224; exporter. Y compris dans des secteurs comme l'acier, alors que la Chine en produit d&#233;j&#224; 660 millions de tonnes par an, pour une consommation int&#233;rieure de 470 millions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie certes pas que le capitalisme chinois ne saurait continuer encore longtemps son expansion, ni que cet immense pays, au moins une partie importante de sa population, serait condamn&#233; &#224; ne plus progresser dans son rattrapage des pays d&#233;velopp&#233;s. Mais rien ne permet aujourd'hui encore de l'affirmer avec certitude et, si c'&#233;tait le cas, de dire quel en serait le prix &#224; payer pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH353/Chine4-a8c74.png?1787956371' width='300' height='353' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Avant la Chine, il y eut le Japon
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Avant-la-Chine-il-y-eut-le-Japon</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Avant-la-Chine-il-y-eut-le-Japon</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:07:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>
		<dc:subject>Japon
</dc:subject>

		<description>Aujourd'hui, le monde s'extasie devant le &#171; miracle &#187; chinois et &#171; l'invasion &#187; de ses produits dans le monde. Pourtant, la Chine n'est pas le premier pays d'Asie &#224; avoir affol&#233; les pr&#233;dicateurs, qu'ils soient &#233;conomistes ou journalistes. &lt;br /&gt;Il &#233;tait une fois dans l'Est... &lt;br /&gt;En son temps, le Japon a lui aussi connu une croissance spectaculaire et une industrialisation rapide, jusqu'&#224; se hisser, d&#232;s 1968, au rang de deuxi&#232;me &#233;conomie mondiale. La strat&#233;gie de l'&#201;tat japonais a &#233;t&#233; simple&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Japon-+" rel="tag"&gt;Japon
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, le monde s'extasie devant le &#171; miracle &#187; chinois et &#171; l'invasion &#187; de ses produits dans le monde. Pourtant, la Chine n'est pas le premier pays d'Asie &#224; avoir affol&#233; les pr&#233;dicateurs, qu'ils soient &#233;conomistes ou journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Il &#233;tait une fois dans l'Est...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En son temps, le Japon a lui aussi connu une croissance spectaculaire et une industrialisation rapide, jusqu'&#224; se hisser, d&#232;s 1968, au rang de deuxi&#232;me &#233;conomie mondiale. La strat&#233;gie de l'&#201;tat japonais a &#233;t&#233; simple : copier les produits occidentaux, acqu&#233;rir leur technologie en achetant des brevets, prot&#233;ger le march&#233; int&#233;rieur et subventionner des grandes entreprises pour initier l'industrialisation, tout en investissant massivement dans la R&amp;D (recherche et d&#233;veloppement) et en &#233;voluant vers des produits de plus en plus haut de gamme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon est ainsi devenu une puissance industrielle exportant des biens de haute technologie (automobile, &#233;lectronique, construction navale, etc.) et &#224; la pointe de l'innovation. Dans les ann&#233;es 1980, devant le &#171; miracle &#187; japonais, les journaux c&#233;l&#233;braient un challenger face aux USA. D'autant que le Japon ne faisait pas qu'exporter. Les revenus des exportations lui ont donn&#233; une puissance financi&#232;re. Celle-ci a aliment&#233;, d&#232;s la fin des ann&#233;es 1980, la dette am&#233;ricaine croissante, mais elle a aussi servi au rachat de symboles de la puissance am&#233;ricaine par les entreprises japonaises. C'est le cas, par exemple, de Rockefeller Group par Mitstubishi ou de CBS Records, major de l'industrie du disque, par Sony. Les entreprises japonaises ont &#233;galement export&#233; leur capital en implantant des usines partout dans le monde : Toyota, Sony, Bridgestone et d'autres ont des usines en France et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la croissance folle s'est arr&#234;t&#233;e brusquement en 1990 : effondrement de la bourse et de l'immobilier, faillites bancaires, l'emballement li&#233; aux succ&#232;s des produits japonais a engendr&#233; une surcapacit&#233;. Le ch&#244;mage a doubl&#233; et la croissance s'est gripp&#233;e. Il aura fallu attendre plus de dix ans et autant de plans de relance pour que l'&#233;conomie red&#233;marre &#8211; pour beaucoup gr&#226;ce au march&#233; chinois &#8211;, mais sans les taux de croissance hors norme bel et bien r&#233;volus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le Japon reste une puissance &#233;conomique. Elle n'a pratiquement pas d'arm&#233;e, cons&#233;quence de sa d&#233;faite dans la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, et, sur le plan politique, dans les d&#233;cisions mondiales, dans le contr&#244;le des ressources, l'&#201;tat japonais reste tr&#232;s d&#233;pendant des &#201;tats-Unis. Preuve que pour concurrencer les &#201;tats-Unis dans les rapports de force internationaux, il ne suffit pas d'afficher un fort taux de croissance et un gros PIB.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Au tour de la Chine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par tout un tas d'aspects, la Chine prend la m&#234;me voie que le Japon. Le gouvernement chinois tente d'acqu&#233;rir des technologies, bien que la m&#233;thode diff&#232;re : il n'ach&#232;te pas des brevets, mais ouvre son territoire aux entreprises occidentales avec pour condition des transferts de technologie. Depuis peu, il ach&#232;te aussi des entreprises &#233;trang&#232;res pour en rapatrier le savoir-faire, comme Volvo, achet&#233; par le constructeur chinois Geely en mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle fait des progr&#232;s dans certains secteurs, la Chine a un bilan qui reste mitig&#233;. Le cap de l'innovation, franchi par le Japon, est encore loin. M&#234;me l'envoi en orbite d'un cosmonaute, en 2003, cens&#233; montrer les progr&#232;s de la technique chinoise, a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; par une adaptation d'un vieux mod&#232;le de fus&#233;e sovi&#233;tique. Et, quand l'avion chinois C919 doit rivaliser avec les Airbus A320 et Boeing 737... ce sont les fran&#231;ais Snecma et am&#233;ricain General Electric qui fournissent le moteur. Pourtant, les atouts ne manquent pas : des centaines de milliers d'ing&#233;nieurs sortent chaque ann&#233;e des universit&#233;s chinoises. Mais, si l'investissement en R&amp;D grossit, il est encore proportionnellement faible par rapport &#224; celui des &#201;tats-Unis et du Japon, et uniquement orient&#233; vers la recherche industrielle sans recherche fondamentale. Il sera difficile de rattraper le retard en avan&#231;ant moins vite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'Asie : une zone de production int&#233;gr&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au final, les soci&#233;t&#233;s de haute technologie install&#233;es en Chine r&#233;alisent surtout l'assemblage, tandis que les composants &#233;lectroniques et les machines-outils viennent principalement du Japon. En fait, c'est l'ensemble de l'Asie orientale qui est organis&#233;e dans cette division r&#233;gionale du travail : le Japon et les NPIA&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NPIA : Nouveaux pays industrialis&#233;s d'Asie, ils regroupent les &#171; Dragons &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; produisent les biens interm&#233;diaires, tandis que la Chine et les autres pays du Sud-Est importent, assemblent et exportent vers l'Europe et les &#201;tats-Unis. Ainsi, 60 % des &#233;changes au sein de la r&#233;gion concernent des produits semi-finis. Et ces &#233;changes ne cessent de s'intensifier, cr&#233;ant une interd&#233;pendance entre pays asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise asiatique de 1997, qui a r&#233;v&#233;l&#233; cette d&#233;pendance, les &#201;tats de l'Asie Pacifique ont conclu 103 accords bilat&#233;raux de libre-&#233;change pour renforcer la zone face aux fluctuations des capitaux &#233;trangers et faciliter la strat&#233;gie r&#233;gionale de leurs entreprises. Mais la coh&#233;rence d'ensemble manque. Chine et Japon font la course pour l'organiser et ainsi se poser en leader r&#233;gional. La Chine a un atout : c'est elle qui tire la croissance de la r&#233;gion (la croissance du commerce r&#233;gional est due, pour 60 %, aux &#233;changes avec la Chine). De plus, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2010, elle a mis en place avec l'Asean&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Asean est l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Brunei, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; la plus grande zone de libre-&#233;change du monde, devant l'Union europ&#233;enne et l'accord nord-am&#233;ricain (Alena).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.S.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH268/fusee-fb02b.png?1787956371' width='400' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;NPIA : Nouveaux pays industrialis&#233;s d'Asie, ils regroupent les &#171; Dragons &#187; (Cor&#233;e du Sud, Ta&#239;wan, Singapour, Hong Kong) et les &#171; Tigres &#187; (Malaisie, Indon&#233;sie, Tha&#239;lande, Philippines, Brunei).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'Asean est l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Brunei, Cambodge, Indon&#233;sie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Tha&#239;lande, Vietnam), fond&#233;e en 1967 par cinq des membres actuels contre la &#171; contagion communiste &#187; et &#233;largie en 1995 et 1997. Elle a pour but de renforcer la coop&#233;ration financi&#232;re et mon&#233;taire, de peser ensemble dans les n&#233;gociations internationales et est li&#233;e par un accord de libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Soixante ans de pouvoir dit &#171; communiste &#187;
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Soixante-ans-de-pouvoir-dit-communiste</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Soixante-ans-de-pouvoir-dit-communiste</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:07:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>

		<description>Mais d'o&#249; vient donc ce pouvoir, formidable machine &#224; d&#233;velopper le capitalisme sous une dictature f&#233;roce, tout en se pr&#233;tendant toujours communiste ? &lt;br /&gt;En 1949, la guerre civile opposant le Parti Communiste chinois (PCC) de Mao Zedong et le parti nationaliste Guomindang de Chiang Ka&#239;-chek prend fin. Mao proclame, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre &#224; P&#233;kin la R&#233;publique Populaire de Chine. C'est la fondation du r&#233;gime encore en place aujourd'hui. &lt;br /&gt;Bien que le marxime-l&#233;ninisme, la lutte des classes,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais d'o&#249; vient donc ce pouvoir, formidable machine &#224; d&#233;velopper le capitalisme sous une dictature f&#233;roce, tout en se pr&#233;tendant toujours communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1949, la guerre civile opposant le Parti Communiste chinois (PCC) de Mao Zedong et le parti nationaliste Guomindang de Chiang Ka&#239;-chek prend fin. Mao proclame, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre &#224; P&#233;kin la R&#233;publique Populaire de Chine. C'est la fondation du r&#233;gime encore en place aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le marxime-l&#233;ninisme, la lutte des classes, soient toujours les r&#233;f&#233;rences de la Constitution chinoise et du programme officiel du parti dirigeant, le PCC &#233;tait, bien avant 1949, autre chose que le parti communiste r&#233;volutionnaire implant&#233; dans la classe ouvri&#232;re qu'il fut &#224; sa naissance en 1921. Il est devenu essentiellement un parti nationaliste ayant cherch&#233; &#224; remettre le pays sur la voie d'un d&#233;veloppement, &#224; restaurer la place de la Chine, cet ancien empire devenu pays soumis aux puissances imp&#233;rialistes. Il a conquis le pouvoir &#224; partir des campagnes, la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; soigneusement tenue &#224; l'&#233;cart. Le PC chinois s'est av&#233;r&#233; plus d&#233;termin&#233; que son adversaire le Guomindang &#224; restaurer un &#201;tat chinois unifi&#233;, capable de maintenir un certain rapport de force avec les puissances imp&#233;rialistes et de jeter les bases d'un d&#233;veloppement &#233;conomique. Et, soixante ans plus tard, on peut dire avec un certain succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Mao et la bourgeoisie &#171; patriote &#187;...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; son arriv&#233;e au pouvoir, le PCC avait clairement expliqu&#233; que son but r&#233;el n'&#233;tait pas le renversement du capitalisme. Le nouveau r&#233;gime &#233;tait pr&#233;sent&#233; en 1949 comme une &#171; d&#233;mocratie nouvelle &#187;, bas&#233;e sur une alliance de quatre classes : classe ouvri&#232;re, paysannerie, petite bourgeoisie et bourgeoisie nationale (ou &#171; capitalistes patriotes &#187;), repr&#233;sent&#233;es sur le nouveau drapeau par quatre &#233;toiles. Les quatre &#233;toiles symbolisaient l'unit&#233; nationale autour d'une cinqui&#232;me &#233;toile plus grande... le Parti Communiste. &#201;trange drapeau &#171; communiste &#187; qui met sur le m&#234;me plan bourgeois et ouvriers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pays sortait de deux guerres, celle contre le Japon et la guerre civile. Le pays &#233;tait exsangue, d&#233;sorganis&#233;. Nombre de capitalistes chinois avaient d&#233;j&#224; fui pour Hong Kong ou d'autres cieux plus favorables aux affaires et, malgr&#233; les promesses communistes, les bourgeois demeuraient m&#233;fiants face au nouveau r&#233;gime. En fait, le r&#233;gime de Chiang Ka&#239;-chek avait d&#233;j&#224; nationalis&#233; de larges parts de l'&#233;conomie. M&#234;me ce nationaliste clairement au service de la bourgeoisie avait eu du mal &#224; obtenir la collaboration de celle-ci et il se plaignait des &#171; tigres sp&#233;culateurs qui vivent du sang des hommes &#187;. Le nouveau r&#233;gime &#171; communiste &#187; se retrouva de fait, malgr&#233; ses tentatives, avec une classe hostile, pas dispos&#233;e &#224; s'inscrire dans les projets &#233;conomiques des nouveaux ma&#238;tres du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une nationalisation &#224; reculons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 1956 que l'&#201;tat chinois a proc&#233;d&#233; &#224; la nationalisation syst&#233;matique de l'industrie et du commerce de gros, entamant ainsi une p&#233;riode o&#249; l'essentiel de l'&#233;conomie chinoise &#233;tait aux mains de l'&#201;tat. Mais l'&#201;tat de Mao a tenu &#224; compenser les nationalisations. Les patrons qui le souhaitaient, et qui acceptaient les directives du Parti, pouvaient s'int&#233;grer dans la nouvelle administration et rester &#224; la direction de leur entreprise nationalis&#233;e. Par ailleurs, les actionnaires b&#233;n&#233;ficiaient d'une rente, qui permit &#224; d'anciens propri&#233;taires de garder un mode de vie bourgeois, avec grandes demeures, voitures de luxes et collections d'art pendant plusieurs ann&#233;es encore, gr&#226;ce aux dividendes vers&#233;s par le r&#233;gime &#171; communiste &#187;. On comptait en 1966, au d&#233;but de la R&#233;volution culturelle, 300 000 b&#233;n&#233;ficiaires d'indemnit&#233;s. &lt;em&gt;&#171; Le capitalisme est mort, les capitalistes survivent &#187;&lt;/em&gt; r&#233;sume l'historienne Marie-Claire Berg&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Du &#171; grand bond en avant &#187; &#224; la &#171; r&#233;volution culturelle &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s sa naissance, le r&#233;gime de la Chine &#171; populaire &#187; annon&#231;ait la couleur : un r&#233;gime prenant des mesures radicales pour en finir avec la soci&#233;t&#233; f&#233;odale d'autrefois, en instituant l'&#233;galit&#233; juridique entre hommes et femmes et autorisant le divorce, en appliquant la r&#233;forme agraire, en prenant en charge l'&#233;conomie pour sortir le pays du sous-d&#233;veloppement. En m&#234;me temps, ce r&#233;gime a toujours &#233;t&#233; une dictature, sur laquellle les paysans et les ouvriers n'ont jamais eu aucun contr&#244;le. M&#234;me les r&#233;formes favorables aux plus pauvres, comme la r&#233;forme agraire, ont &#233;t&#233; men&#233;es par en haut d&#232;s 1949. Pas question de tol&#233;rer une organisation des paysans ou des ouvriers en dehors des structures du parti au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a eu des cons&#233;quences catastrophiques comme lors du &#171; Grand Bond en avant &#187; &#224; la fin des ann&#233;es 1950. Il s'agissait alors d'organiser la vie des campagnes autour de &#171; Communes populaires &#187;, qui devaient &#234;tre autonomes, assurant y compris leur propre production industrielle. Une r&#233;forme qui a tourn&#233; au cauchemar quand elle a signifi&#233; une d&#233;sorganisation de la production rurale menant &#224; une famine catastrophique. Impos&#233;e par en haut, la r&#233;forme a perdur&#233; jusqu'&#224; ce que, du sommet de l'&#201;tat, vienne enfin la d&#233;cision de faire machine arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe du Grand Bond en avant, qui a provoqu&#233; des dizaines de millions de morts en Chine, Mao a lanc&#233; en 1966 la &#171; R&#233;volution culturelle &#187;. Derri&#232;re une apparence de radicalisme, il s'agissait de mettre au pas la population, en particulier celle des villes, pour qu'elle accepte de consacrer toutes ses forces au d&#233;veloppement du pays et &#224; la d&#233;fense du r&#233;gime. Accepter de travailler pour des salaires bas, toujours plus longtemps, plus dur, se plier aux mots d'ordre du pr&#233;sident Mao, c'&#233;tait l'attitude attendue, toute contestation &#233;tant assimil&#233;e &#224; de l'individualisme &#171; bourgeois &#187;, &#171; r&#233;actionnaire &#187;. Mao profita aussi de la R&#233;volution culturelle pour remettre au pas, voire &#233;liminer, ceux qui au sein du PC chinois lui reprochaient l'&#233;chec du &#171; Grand bond en avant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH231/goulagcopie-e6df7.png?1787956371' width='400' height='231' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le retour de la Chine sur la sc&#232;ne mondiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les deux premi&#232;res d&#233;cennies du r&#233;gime avaient &#233;t&#233; surtout marqu&#233;es par l'isolement de la Chine, avec une &#233;conomie en quasi-autarcie. Un isolement forc&#233;. Les &#201;tats-Unis avaient mis&#233; sur le Guomindang et, apr&#232;s 1949, avaient coup&#233; toute relation diplomatique et commerciale avec la Chine continentale, esp&#233;rant provoquer la chute du r&#233;gime communiste. L'Union Sovi&#233;tique avait, certes, dans les premi&#232;res ann&#233;es du r&#233;gime, &#233;t&#233; un alli&#233; de la Chine de Mao. Mais les dirigeants sovi&#233;tiques se m&#233;fiaient des dirigeants chinois qu'ils ne contr&#244;laient pas. Ceux-ci &#233;taient arriv&#233;s au pouvoir de leur propre chef, en menant leur propre politique, y compris contre l'avis des conseillers sovi&#233;tiques. Tr&#232;s vite, les tensions mont&#232;rent entre Chine et URSS. La rupture devint officielle en 1962. Les mao&#239;stes d&#233;nonc&#232;rent avec virulence le &#171; social-imp&#233;rialisme &#187; sovi&#233;tique, plus fortement m&#234;me que les puissances imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tournant dans les relations entre &#201;tats-Unis et Chine eut lieu au d&#233;but des ann&#233;es 1970. Il se manifesta par la spectaculaire visite de Nixon &#224; P&#233;kin en 1972, alors que la guerre du Vietnam n'&#233;tait pas achev&#233;e. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, la Chine populaire avait r&#233;cup&#233;r&#233; le si&#232;ge de la Chine &#224; l'ONU, auparavant attribu&#233; &#224; Taiwan, consid&#233;r&#233;e pendant 22 ans comme le vrai gouvernement chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce retour de la Chine sur la sc&#232;ne internationale pr&#233;figurait le retour de l'&#233;conomie chinoise au sein du march&#233; mondial. Apr&#232;s la mort de Mao, en 1976, Deng Xiaoping mit en &#339;uvre une succession de mesures de lib&#233;ralisation &#233;conomique, d'abord &#224; la campagne, ainsi que la cr&#233;ation de zones &#233;conomiques sp&#233;ciales. Des r&#233;formes qui en ont appel&#233; d'autres, ce qui a men&#233; &#224; la situation que nous connaissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine Populaire se sentait plus forte. La Chine qui se faisait auparavant mettre en d&#233;route par le Japon avait repris une certaine stature internationale. L'&#233;tatisme avait amen&#233; un certain d&#233;veloppement &#233;conomique, en particulier dans l'industrie. L'analphab&#233;tisme avait consid&#233;rablement recul&#233;. Le pays avait &#233;t&#233; le cinqui&#232;me au monde &#224; se doter de l'arme nucl&#233;aire, en 1964. Le r&#233;gime se sentait en mesure d'ouvrir ses portes aux investissements &#233;trangers tout en conservant un contr&#244;le certain pour ne pas retomber &#224; la situation de semi-colonie. De l'autre c&#244;t&#233;, les &#201;tats-Unis avaient pu appr&#233;cier le fait que le nouveau r&#233;gime faisait preuve d'une certaine stabilit&#233; et pouvait devenir garant d'un certain ordre dans la r&#233;gion. La Chine populaire s'&#233;tait impos&#233;e comme incontournable, mieux valait traiter directement avec elle que d'esp&#233;rer un effondrement qui ne venait pas. S'allier &#224; la Chine signifiait aussi alors pour les &#201;tats-Unis s'allier &#224; un ennemi de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les capitalistes reviennent, la dictature reste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du capitalisme et de la bourgeoisie, avec lesquels la Chine avait renou&#233; apr&#232;s ce qui ne fut finalement qu'une br&#232;ve parenth&#232;se, ne changea pas fondamentalement la nature du r&#233;gime chinois. Toujours un r&#233;gime nationaliste, c'est-&#224;-dire bourgeois... et toujours une dictature f&#233;roce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression violente de la mobilisation &#233;tudiante en 1989 en a &#233;t&#233; une d&#233;monstration devant le pays entier. Cette r&#233;pression, par les chars place Tian'anmen, a fait certainement plus de 2 000 morts. Et, les ann&#233;es qui ont suivi, la pers&#233;cution des opposants a redoubl&#233;. Une fa&#231;on de rappeler &#224; la population qu'il ne faut pas contester l'autorit&#233; du parti dirigeant. Une r&#233;pression qui s'abat aujourd'hui aussi bien sur les intellectuels contestataires que sur les travailleurs en lutte, les paysans ou les minorit&#233;s nationales. Une r&#233;pression qui, au-del&#224; des usuelles protestations de principe, ne d&#233;range aucunement les grands de ce monde, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Michel CHARVET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L450xH215/tanks-a7006.png?1787956371' width='450' height='215' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La Chine va-t-elle dominer le monde ?
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-Chine-va-t-elle-dominer-le-monde</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-Chine-va-t-elle-dominer-le-monde</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:07:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>

		<description>&#192; en croire les articles qui &#233;maillent la presse, la Chine sera bient&#244;t une &#171; superpuissance &#187;. Apr&#232;s le G7 devenu G8, puis le G20, ce serait finalement un G2 Chine-Am&#233;rique qui pr&#233;siderait au destin du monde. Pourtant, si la Chine est devenue un acteur &#233;conomique de premier plan, le r&#244;le politique qu'elle peut jouer est &#224; nuancer. &lt;br /&gt;Premier enjeu : le contr&#244;le des mati&#232;res premi&#232;res &lt;br /&gt;Pour devenir une puissance dominante, il ne suffit pas d'afficher une croissance record &#8211; le Japon en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; en croire les articles qui &#233;maillent la presse, la Chine sera bient&#244;t une &#171; superpuissance &#187;. Apr&#232;s le G7 devenu G8, puis le G20, ce serait finalement un G2 Chine-Am&#233;rique qui pr&#233;siderait au destin du monde. Pourtant, si la Chine est devenue un acteur &#233;conomique de premier plan, le r&#244;le politique qu'elle peut jouer est &#224; nuancer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Premier enjeu : le contr&#244;le des mati&#232;res premi&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour devenir une puissance dominante, il ne suffit pas d'afficher une croissance record &#8211; le Japon en est un contre-exemple. Par rapport au Japon, la Chine a cependant l'avantage de sa taille (1,3 milliard d'habitants) et, par rapport &#224; l'Inde, celui d'un &#201;tat centralis&#233; avec une vraie politique de d&#233;veloppement. Mais l'&#233;conomie chinoise reste tr&#232;s d&#233;pendante de l'ext&#233;rieur. Pour d&#233;velopper son &#233;conomie et rivaliser avec les &#201;tats-Unis, la Chine doit &#233;largir les d&#233;bouch&#233;s pour ses marchandises, pour ses capitaux et assurer son approvisionnement en mati&#232;res premi&#232;res. Mais elle n'a ni chasse gard&#233;e, ni zone d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les &#201;tats dits &#171; du Sud &#187; sont attir&#233;s par les pr&#234;ts faciles et les infrastructures chinoises &#224; bas co&#251;t. Si le Nigeria, grand exportateur de p&#233;trole, doit importer son carburant faute de raffinage, le gouvernement chinois s'engage &#224; installer pour 23 milliards de dollars en raffineries et autres infrastructures p&#233;troli&#232;res... comptant se voir attribuer un sixi&#232;me des r&#233;serves p&#233;troli&#232;res du pays. Si l'Asie centrale est enclav&#233;e, la Chine construit un gazoduc reliant le Turkm&#233;nistan, l'Ouzb&#233;kistan et le Kazakhstan &#224; l'Ouest chinois, abolissant le monopole russe sur les exportations de la r&#233;gion. En troquant aides, pr&#234;ts &#224; taux z&#233;ro, armes et infrastructures contre p&#233;trole et mati&#232;res premi&#232;res, le gouvernement chinois s'attire la sympathie de dirigeants habitu&#233;s aux r&#233;criminations du FMI et au pillage en r&#232;gle, sans d&#233;veloppement national, de leurs mati&#232;res premi&#232;res par les Occidentaux. L'entr&#233;e en jeu de la Chine a ouvert une marge de man&#339;uvre pour contester les diktats du FMI et des puissances occidentales. Mais on reste loin des ann&#233;es 1950-1960 quand Cuba et d'autres jouaient l'URSS contre les &#201;tats-Unis. La Chine est encore loin de concurrencer l'emprise politique et militaire occidentale. Le partenariat &#233;conomique avec la Chine int&#233;resse tant que contrats juteux et dessous de table continuent, mais USA et Europe restent les plus gros clients, ce sont eux qui peuvent faire et d&#233;faire des r&#233;gimes et l'arm&#233;e chinoise n'a pas une capacit&#233; &#224; mettre au pas des &#201;tats r&#233;calcitrants comme l'ont fait les &#201;tats-Unis en Irak et en Afghanistan. Car, malgr&#233; les difficult&#233;s pour les arm&#233;es d'occupation, les USA y ont bel et bien r&#233;tabli leur domination politique et ce sont eux d&#233;sormais qui pr&#233;sident &#224; l'attribution des champs p&#233;troliers irakiens. Au final, si la Chine devenait trop envahissante, la pression am&#233;ricaine pourrait fortement affaiblir son approvisionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance chinoise concerne ainsi les hydrocarbures, mais aussi les minerais, le bois, le coton et m&#234;me les technologies, puisque les produits semi-finis viennent principalement du Japon, grand alli&#233; des &#201;tats-Unis. De m&#234;me, les routes maritimes sont largement sous contr&#244;le am&#233;ricain, malgr&#233; le souci chinois de s'assurer des facilit&#233;s d'acc&#232;s dans une s&#233;rie de ports de l'Oc&#233;an indien, au besoin en aidant &#224; la construction des installations (c'est la &#171; strat&#233;gie du collier de perles &#187;). En bref, l'h&#233;g&#233;monie chinoise n'est pas pour demain et il faudrait un &#233;norme bouleversement des rapports de force politiques et militaires pour que la Chine domine le monde...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH343/guerreetallie-e320f.png?1787956371' width='300' height='343' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La d&#233;pendance mutuelle Chine-Am&#233;rique : r&#233;elle ou chim&#233;rique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour certains analystes, les rivalit&#233;s Chine-Am&#233;rique seraient d&#233;samorc&#233;es par la symbiose entre leurs deux &#233;conomies. Comprenons : les Am&#233;ricains consomment les produits chinois, les Chinois &#233;pargnent le revenu des exportations et l'investissent dans la dette am&#233;ricaine, la dette am&#233;ricaine alimente la consommation des Am&#233;ricains et la boucle est boucl&#233;e. En quelque sorte, les Chinois travaillent pour que les Am&#233;ricains consomment et tout le monde serait gagnant. Le capitalisme a sa logique bien &#224; lui... Et effectivement, jusque l&#224;, ce syst&#232;me tourne. L'exc&#233;dent commercial avec les &#201;tats-Unis a permis &#224; la Banque centrale chinoise d'accumuler 2 400 milliards de dollars en r&#233;serves de change, dont deux tiers en dollars et 895 milliards en bons du Tr&#233;sor am&#233;ricains. Ainsi, la Chine finance 23 % de la dette ext&#233;rieure publique am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plusieurs failles peuvent se pr&#233;senter dans ce &#171; cercle vertueux &#187;. L'une s'appelle la crise : les Am&#233;ricains ne consomment plus autant. Les produits chinois, moins chers, ne sont pas forc&#233;ment les premiers touch&#233;s, mais cela risque justement de renforcer des r&#233;flexes protectionnistes et donc les tensions entre pays. Et cela a d&#233;j&#224; commenc&#233; avec la bataille autour du yuan&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne reprochent &#224; la Chine de maintenir un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la Chine consacre son exc&#233;dent de capital &#224; la dette am&#233;ricaine, mais cette position de rentier n'est pas celle d'une puissance capitaliste &#224; l'offensive et il se pourrait que l'attitude de la Chine &#233;volue. Ce qui fait une puissance dominante, c'est sa capacit&#233; &#224; capter la richesse &#224; la source, c'est-&#224;-dire &#224; exploiter les travailleurs du monde. Pour le moment, il n'y a qu'en Afrique qu'elle s'aventure &#224; implanter ses entreprises, par la voie des &#233;migr&#233;s. (Voir &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-Chine-en-Afrique-une-nouvelle-colonisation' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Chine en Afrique : une nouvelle colonisation ?&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, la Chine n'a pas lanc&#233; son capital &#224; l'assaut du monde. Il y a eu quelques rachats symboliques (division PC d'IBM, Volvo), mais essentiellement dans un but de rapatriement technologique. La plus grande acquisition &#224; l'&#233;tranger pour une compagnie chinoise a &#233;t&#233; le rachat par China national petroleum corporation de PetroKazakhstan, une entreprise p&#233;troli&#232;re canadienne op&#233;rant au Kazakhstan, pour 4,2 milliards de dollars. On est loin des fusions de type Sanofi-Aventis &#224; 55 milliards d'euros. Pourtant, quand il le voudra, l'&#201;tat chinois aura une vraie force de frappe : avec ses seules r&#233;serves, la Banque populaire de Chine pourrait acheter deux fois le CAC 40. Mais alors la r&#233;action des puissances occidentales ne serait plus pacifique. D&#233;j&#224; en 2005, la CNOOC, troisi&#232;me compagnie p&#233;troli&#232;re chinoise, avait tent&#233; d'acqu&#233;rir Unocal, p&#233;trolier californien, pour s'ouvrir aux r&#233;serves am&#233;ricaines. Le toll&#233; a &#233;t&#233; imm&#233;diat et la Chambre des repr&#233;sentants a adopt&#233; une r&#233;solution par 398 voix contre 15 d&#233;non&#231;ant une menace pour la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure des &#201;tats-Unis. Prudente, la CNOOC avait alors recul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Vers une Troisi&#232;me Guerre mondiale ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224;, les dirigeants chinois se gardent bien d'afficher une ambition h&#233;g&#233;monique. Les discours officiels portent plut&#244;t l'id&#233;e d'un monde multipolaire (ce qui est malgr&#233; tout une contestation de la place des USA). Pendant longtemps, la diplomatie chinoise a suivi la doctrine de Deng Xiaoping : rester dans l'ombre et se concentrer sur le d&#233;veloppement int&#233;rieur. Mais la ligne &#233;volue. &#192; son arriv&#233;e au pouvoir en 2003, l'actuel pr&#233;sident Hu Jintao, a mis en avant le mot d'ordre d'une &#171; ascension pacifique &#187;. Face &#224; l'opposition d'une fraction du Parti Communiste hostile &#224; un tel affichage, il a d&#251; le remplacer par la formule moins offensive de &#171; d&#233;veloppement pacifique &#187;. Mais l'id&#233;e est l&#224; et, au fil des grandes messes internationales, du G20 au sommet de Copenhague, le gouvernement chinois s'affirme et cherche &#224; peser dans le r&#232;glement des affaires internationales. &#192; l'ONU, il se veut la voix des pays en d&#233;veloppement, s'appuyant sur sa position de membre permanent du Conseil de s&#233;curit&#233; et sur son droit de veto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement chinois n'a pas d&#233;cid&#233; de se lancer dans une course aux armements. Sans doute car il pense ne pas &#234;tre en mesure de gagner et qu'il est trop conscient que cette politique avait acc&#233;l&#233;r&#233; l'effondrement du r&#233;gime sovi&#233;tique. Certes, il lui est arriv&#233; de tester la r&#233;action am&#233;ricaine &#224; propos de Ta&#239;wan&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ta&#239;wan, officiellement R&#233;publique de Chine, fut le dernier refuge du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, mais sans aller bien loin. Bien s&#251;r, les dirigeants chinois entendent bien faire de la Chine l'une des premi&#232;res puissances militaires, mais c'est dans l'ombre qu'ils modernisent leur arm&#233;e. Ainsi, avec 2,3 millions d'hommes, l'arm&#233;e populaire de lib&#233;ration (APL) est la plus grande du monde et son budget, en constante augmentation, est le deuxi&#232;me, loin derri&#232;re les &#201;tats-Unis. Il est difficile de mesurer l'efficacit&#233; de l'APL car, depuis l'offensive contre le Vietnam en 1979, elle n'a pas combattu... si ce n'est contre la population chinoise elle-m&#234;me. Son retard technologique p&#232;se, elle est peu exp&#233;riment&#233;e et sa capacit&#233; de projection est faible, ce qui l'emp&#234;che d'intervenir sur l'ensemble du globe et donc de s'affronter aux &#201;tats-Unis. Quoi qu'il en soit, pour le moment, les dirigeants chinois privil&#233;gient les moyens diplomatiques dans la gestion des crises et agissent en &#201;tat &#171; responsable &#187;. &#192; moins d'&#233;v&#233;nements impr&#233;vus ou d'un contexte &#233;conomique radicalement boulevers&#233; par une nouvelle dimension de la crise, une guerre mondiale n'est pas actuellement du domaine pr&#233;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_484 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L350xH260/avenirporteavions-7b0fc.png?1787956371' width='350' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne reprochent &#224; la Chine de maintenir un cours du yuan artificiellement bas par rapport au dollar. En fait, le yuan est une monnaie inconvertible, c'est-&#224;-dire que seule la banque centrale chinoise peut en d&#233;livrer contre des dollars, ce qui lui permet en partie de d&#233;cider de son cours. Avec une monnaie sous-&#233;valu&#233;e, les produits chinois paraissent moins chers &#224; l'&#233;tranger, car un m&#234;me prix en yuan &#233;quivaut &#224; moins de dollars que pour un taux de change jug&#233; &#171; normal &#187;. Cela dit, suite &#224; l'&#233;quilibrage de la balance commerciale entre la Chine et l'Union europ&#233;enne avec la crise, certains &#233;conomistes remettent en cause l'id&#233;e que le yuan soit sous-&#233;valu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ta&#239;wan, officiellement R&#233;publique de Chine, fut le dernier refuge du gouvernement nationaliste de Chiang Ka&#239;-chek en 1949. Sous protection am&#233;ricaine, elle est autonome &lt;em&gt;de facto&lt;/em&gt;, mais ne s'est jamais d&#233;clar&#233;e ind&#233;pendante. Elle a longtemps si&#233;g&#233; &#224; l'ONU pour toute la Chine, avant d'&#234;tre &#233;cart&#233;e en 1971 pour un repr&#233;sentant de la R&#233;publique populaire de Chine. Officiellement, la Chine revendique toujours la souverainet&#233; sur Ta&#239;wan, mais, depuis quelques ann&#233;es, les gouvernements chinois et am&#233;ricains se sont tacitement entendus pour le &lt;em&gt;statu quo&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La Chine en Afrique : une nouvelle colonisation ?
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-Chine-en-Afrique-une-nouvelle-colonisation</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-Chine-en-Afrique-une-nouvelle-colonisation</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique
</dc:subject>

		<description>En dix ans, la Chine est devenue le deuxi&#232;me partenaire commercial, le premier constructeur et le troisi&#232;me fournisseur d'armes de l'Afrique. Comme la France et les USA, elle s'int&#233;resse surtout au p&#233;trole, minerais (cuivre, bauxite, cobalt, uranium, etc.) et autres mati&#232;res premi&#232;res (bois, coton, etc.) qu'elle &#233;change contre des marchandises &#224; bas prix et des infrastructures. Pourtant, les entreprises chinoises semblent aussi vouloir reconstruire l'Afrique. Elles ouvrent des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Afrique-+" rel="tag"&gt;Afrique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En dix ans, la Chine est devenue le deuxi&#232;me partenaire commercial, le premier constructeur et le troisi&#232;me fournisseur d'armes de l'Afrique. Comme la France et les USA, elle s'int&#233;resse surtout au p&#233;trole, minerais (cuivre, bauxite, cobalt, uranium, etc.) et autres mati&#232;res premi&#232;res (bois, coton, etc.) qu'elle &#233;change contre des marchandises &#224; bas prix et des infrastructures. Pourtant, les entreprises chinoises semblent aussi vouloir reconstruire l'Afrique. Elles ouvrent des chantiers un peu partout : routes, barrages, logements, h&#244;pitaux, universit&#233;s, installations portuaires&#8230; &#192; l'aide de subventions et du faible co&#251;t de la main d'&#339;uvre chinoise qu'ils am&#232;nent, les promoteurs chinois arrachent &#224; prix cass&#233;s les appels d'offres financ&#233;s par l'aide internationale. Mais le gouvernement chinois accorde lui aussi aides et pr&#234;ts &#224; taux z&#233;ro qu'il lie &#224; la r&#233;alisation des travaux par les entreprises chinoises et propose de rembourser en p&#233;trole ou minerais. L'autre atout chinois : les &#171; packages &#187;. Comme en Guin&#233;e, o&#249; les groupes occidentaux refusent de raffiner sur place la bauxite, dont est issu l'aluminium, pr&#233;textant le manque d'&#233;lectricit&#233;, alors que la Chine propose de construire un barrage, une centrale hydro&#233;lectrique, une raffinerie, le chemin de fer qui va avec, le tout financ&#233; par Exim Bank of China, qui se rembourse en minerais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les &#233;lites africaines appr&#233;cient avec la Chine, c'est le traitement d'&#233;gal &#224; &#233;gal. La diplomatie chinoise met en avant la &#171; non-ing&#233;rence &#187;, qui tranche avec le paternalisme et les discours racistes des anciens colons. Bien s&#251;r, les discours ne suffisent pas et il faut ajouter quelques dessous de tables, banquets offerts gracieusement ou construction ici du palais pr&#233;sidentiel, l&#224; de la maison personnelle d'un ministre. Mais m&#234;me la non-ing&#233;rence est &#224; g&#233;om&#233;trie variable : le pr&#233;sident tchadien Idriss D&#233;by a pu constater l'origine chinoise des armes du Front uni pour le changement (FUC), qui l'aurait renvers&#233; par deux fois s'il n'y avait eu l'arm&#233;e fran&#231;aise. Le FUC n'a cess&#233; de recevoir des armes que lorsque D&#233;by a ralli&#233; P&#233;kin et abandonn&#233; sa coop&#233;ration avec Ta&#239;wan (condition &lt;em&gt;sine qua non&lt;/em&gt;). Ce type d'ing&#233;rence chinoise reste cependant marginal, car la Chine n'a pas les m&#234;mes r&#233;seaux, ni la m&#234;me influence en Afrique que la France ou les &#201;tats-Unis. L'arm&#233;e chinoise n'a pas non plus les moyens, techniques et politiques, d'y intervenir directement comme la France en C&#244;te d'Ivoire ou au Tchad. Le seul pays o&#249; la Chine p&#232;se est le Soudan, suite aux sanctions contre Omar al-Bachir, qui ont fait partir les entreprises occidentales. Ce rapport de force d&#233;favorable ne pr&#233;sage &#233;videmment pas des intentions du gouvernement chinois. Celui-ci a install&#233; trois bases militaires en Afrique (une au Soudan et deux en RDC), il participe &#224; six op&#233;rations de casques bleus et &#224; celles contre les pirates somaliens. Il organise des tourn&#233;es diplomatiques avec annulations de dettes et nouveaux pr&#234;ts ou encore un forum Chine-Afrique, qui a r&#233;uni une cinquantaine de d&#233;l&#233;gations africaines pour la quatri&#232;me fois en 2009, &#224; l'image du sommet France-Afrique. Bref, en Afrique, la Chine joue aux grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si, avec ses &#233;changes in&#233;gaux, sa corruption et son soutien aux dictatures, la pr&#233;sence chinoise ressemble beaucoup &#224; celle des &#201;tats-Unis et de la France, elle conna&#238;t une dimension particuli&#232;re avec ces milliers de travailleurs chinois employ&#233;s sur les chantiers et ces centaines de commer&#231;ants et petits patrons venus tenter leur chance. Les premiers sont amen&#233;s par les entreprises du BTP pour &#234;tre plus productifs et moins chers que les travailleurs africains. Enr&#244;l&#233;s pour deux ou trois ans sur la promesse d'un salaire meilleur qu'en Chine, ils doivent travailler dix heures par jour, six jours par semaine, avec un mois de cong&#233;s pour deux ans. Les seconds, avec leurs marchandises bon march&#233;, &#233;vincent les produits occidentaux et crispent les commer&#231;ants locaux qui les vendent. Mais les consommateurs, eux, sont ravis d'acheter un lave-linge ou un r&#233;frig&#233;rateur qu'ils ne pouvaient se payer jusque-l&#224;. Quant aux petits patrons, ils ouvrent toutes sortes d'affaires : restaurants, h&#244;tels, usines textile, fonderies, exploitations foresti&#232;res, etc. &#192; l'image de Y.T. Chu, qui a repris une usine de biscuits, r&#233;organis&#233; la production, mais surtout &lt;em&gt;&#171; a motiv&#233; les 700 ouvriers, qui travaillent d&#233;sormais en deux &#233;quipes de douze heures &#187;&lt;/em&gt;, explique-t-il. Car dans les petites entreprises chinoises, qui, &#224; la diff&#233;rence du BTP, emploient la main d'&#339;uvre africaine, c'est aussi l'exploitation forcen&#233;e avec salaires au rabais, cadences infernales, sans cong&#233; ni arr&#234;t maladie. Les cadres chinois pressurisent les travailleurs africains, les traitent de paresseux... et se voient tax&#233;s de &#171; robots diaboliques &#187; en retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce qui fait le succ&#232;s de la Chine, c'est la surexploitation des travailleurs, qu'ils soient chinois ou africains. Mais il arrive que ces travailleurs se r&#233;voltent. &#192; Alger, en 2005, des ouvriers chinois ont provoqu&#233; des &#233;meutes contre leurs conditions de travail et pour &#234;tre pay&#233;s comme promis. Ils ont imm&#233;diatement &#233;t&#233; rapatri&#233;s par le gouvernement chinois&#8230; En 2008, en Zambie, les mineurs africains d'une exploitation chinoise de cuivre se sont mis en gr&#232;ve pour les salaires. Apr&#232;s le licenciement de 500 d'entre eux, ils ont s&#233;questr&#233; leurs cadres (chinois) pendant quelques heures, mais sans succ&#232;s. Dans ces exemples comme dans bien d'autres, c'est la division des travailleurs entre Chinois et Africains qui a permis aux patrons de r&#233;primer la lutte. Les travailleurs laissent trop souvent le m&#233;pris et la ranc&#339;ur s'installer entre eux... au b&#233;n&#233;fice des patrons. L'appel final du Manifeste communiste de Marx est plus que jamais d'actualit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.S.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L340xH251/afriquecolon-a758f.png?1787956371' width='340' height='251' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le long &#171; grand bond en avant &#187; des luttes ouvri&#232;res
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Le-long-grand-bond-en-avant-des-luttes-ouvrieres</link>
		<guid isPermaLink="true">http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Le-long-grand-bond-en-avant-des-luttes-ouvrieres</guid>
		<dc:date>2010-09-22T22:06:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chine
</dc:subject>

		<description>Si on ne peut qu'&#234;tre d'accord avec l'&#233;ditorial du Monde dat&#233; du 11 ao&#251;t dernier saluant comme une &#171; bonne nouvelle &#187; la r&#233;volte des ouvriers chinois, rien ne serait plus faux que d'analyser leur &#171; r&#233;veil &#187; comme une r&#233;ponse &#224; la crise &#233;conomique actuelle. En r&#233;alit&#233;, les luttes sociales ont progress&#233; au rythme du d&#233;veloppement &#233;conomique du pays et de son ouverture au march&#233; mondial. Les &#171; incidents de masse &#187; ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 10 entre 1993-1994 et la fin des ann&#233;es 2000. Si&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Chine-un-capitalisme-du-XXIo-siecle-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Chine, un capitalisme du XXI&#176; si&#232;cle
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si on ne peut qu'&#234;tre d'accord avec l'&#233;ditorial du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt; dat&#233; du 11 ao&#251;t dernier saluant comme une &#171; bonne nouvelle &#187; la r&#233;volte des ouvriers chinois, rien ne serait plus faux que d'analyser leur &#171; r&#233;veil &#187; comme une r&#233;ponse &#224; la crise &#233;conomique actuelle. En r&#233;alit&#233;, les luttes sociales ont progress&#233; au rythme du d&#233;veloppement &#233;conomique du pays et de son ouverture au march&#233; mondial. Les &#171; incidents de masse &#187; ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 10 entre 1993-1994 et la fin des ann&#233;es 2000. Si la part des gr&#232;ves dans cet agr&#233;gat volontairement flou est difficile &#224; quantifier, on peut supposer que celles-ci ont augment&#233; sensiblement. Et, par ailleurs, leur profil a fortement &#233;volu&#233; durant les deux derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH423/Chine5-8c900.png?1787956371' width='300' height='423' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Gr&#232;ves contre les privatisations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deng Xiaoping d&#233;cida en 1995 de privatiser la moiti&#233; des entreprises d'&#201;tat pour mieux tenir l'autre moiti&#233;. Dans les dix ann&#233;es suivantes, 64 millions de travailleurs devinrent &lt;em&gt;xiagangs&lt;/em&gt;, ce qui signifie &#171; d&#233;post&#233; &#187;. Car s'ils perdirent leur emploi et le salaire qui va avec, ils faisaient toujours partie de la &lt;em&gt;danwe&#239;&lt;/em&gt;, l' &#171; unit&#233; de vie &#187; : autrement dit, ils gardaient la protection sociale (assurance maladie, retraite, logement, etc.) de leur entreprise. Pas pour longtemps, car celle-ci &#233;tait dans le collimateur des nouveaux patrons. Des luttes &#233;clat&#232;rent alors, parfois massives comme en mars 2001 &#224; Fashun lorsque 10 000 travailleurs du charbon et du ciment (sur 300 000 &lt;em&gt;xiagangs&lt;/em&gt; tout de m&#234;me...) bloqu&#232;rent les voies ferr&#233;es ou bien un an apr&#232;s, &#224; Daqing, o&#249; 50 000 ouvriers du p&#233;trole firent de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la lutte pour la d&#233;fense de &#171; leur &#187; &lt;em&gt;danwe&#239;&lt;/em&gt; tendait &#224; enfermer les travailleurs dans leur entreprise, ceux-ci ont parfois r&#233;ussi &#224; gagner des soutiens ext&#233;rieurs, comme &#224; Mianyang o&#249; 100 000 licenci&#233;s de diff&#233;rentes entreprises se rassembl&#232;rent en juillet 1997. Lorsque le mouvement durait, les manifestants en venaient &#224; d&#233;noncer les autorit&#233;s locales, tant pour leur responsabilit&#233; dans les privatisations, que la corruption entourant celles-ci, ou les promesses faites aux licenci&#233;s &#8211; &#233;videmment non tenues &#8211; de les indemniser, de les r&#233;embaucher, voire de garantir leur retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le r&#233;gime a r&#233;ussi &#224; imposer ses &#171; r&#233;formes &#187;, alternant la carotte &#8211; notamment sanctions de bureaucrates locaux pris pour boucs-&#233;missaires de la corruption &#8211; et le b&#226;ton : arrestation et lourde condamnation des meneurs, &#233;radication syst&#233;matique des tentatives d'organisation. Certains observateurs estiment qu'il faut y voir le produit de la r&#233;signation d'ouvriers qui se consid&#233;raient comme une &#171; g&#233;n&#233;ration sacrifi&#233;e &#187; &#224; la r&#233;ussite de ses enfants &#8211; ou plut&#244;t son enfant &#171; unique &#187; &#8211; et revendiquant tout au plus de maigres compensations. Sans forc&#233;ment souscrire &#224; cette analyse, force est de constater que les cr&#233;ations massives d'emplois priv&#233;s et les perspectives d'am&#233;lioration de leurs conditions de vie qu'y voyaient les travailleurs ont contribu&#233; &#224; att&#233;nuer la crise sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#192; nouvelle g&#233;n&#233;ration, nouvelles luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine la lutte pour la d&#233;fense de la &lt;em&gt;danwe&#239;&lt;/em&gt; essouffl&#233;e, des luttes d'un type nouveau sont apparues. Les protagonistes en sont les &lt;em&gt;mingong&lt;/em&gt; de la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration. S'ils continuent d'envoyer 60 % de leurs revenus en moyenne au village, ils voient leur avenir en ville et connaissent mieux leurs droits. Selon les sources, les litiges port&#233;s devant les tribunaux ont &#233;t&#233; fortement multipli&#233;s, par 4, voire par 10 entre 1995 et le d&#233;but des ann&#233;es 2000. Cette activit&#233; a doubl&#233; &#224; nouveau dans l'ann&#233;e suivant l'entr&#233;e en vigueur de la nouvelle Loi sur le Contrat de Travail le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2008. Cet effort pour cr&#233;er un CDI a en effet provoqu&#233; le renvoi de 20 millions de &lt;em&gt;mingong&lt;/em&gt;, tandis que des millions d'autres travailleurs &#233;taient vir&#233;s puis r&#233;embauch&#233;s en contrat pr&#233;caire. Les diff&#233;rents syst&#232;mes d'arbitrage sont un moyen pour un r&#233;gime craignant par-dessus tout les conflits collectifs de canaliser la contestation en l'individualisant. La conciliation cens&#233;e permettre au salari&#233; comme au patron de &#171; garder la face &#187; &#8211; un imp&#233;ratif moral fondamental de la culture chinoise &#8211; est pourtant d'une efficacit&#233; douteuse au regard de la corruption des juges et du non-respect des d&#233;cisions de justice par les patrons, souvent appuy&#233;s par les autorit&#233;s locales qui n'h&#233;sitent pas &#224; &#233;dicter des lois sp&#233;ciales. De surcro&#238;t, elle a g&#233;n&#233;r&#233; un march&#233; important pour des avocats sp&#233;cialis&#233;s dans le droit du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas &#233;tonnant de voir les &lt;em&gt;mingong&lt;/em&gt; recourir &#224; l'arme classique de la gr&#232;ve, quitte &#224; innover en utilisant par exemple les SMS pour donner des rendez-vous, ou en d&#233;cidant comme &#224; Honda Foshan, de la liste des revendications et des dates de manifestation via un forum de discussion sur Internet rassemblant 600 gr&#233;vistes. La promiscuit&#233; et le manque d'hygi&#232;ne de la vie en dortoir, tout comme la mauvaise qualit&#233; des cantines, suscitent de plus en plus de protestations. Enfin, les femmes, majoritaires dans le textile et l'&#233;lectronique, n'h&#233;sitent pas &#224; entra&#238;ner les hommes. &#192; l'&#233;t&#233; 2005, les ouvri&#232;res de Canon &#224; Dalian ont ainsi fait gr&#232;ve contre le licenciement automatique &#224; l'&#226;ge de 23 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'animateur du &lt;em&gt;China Labour Bulletin&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;CLB&lt;/em&gt;) Han Dongfan, il y aurait en moyenne une gr&#232;ve de plus de 1 000 gr&#233;vistes chaque jour dans la r&#233;gion du Delta de la Rivi&#232;re des Perles (Hong-Kong, Canton, Shenzen). Certaines voient une jonction s'op&#233;rer entre &lt;em&gt;mingong&lt;/em&gt; et salari&#233;s des entreprises d'&#201;tat, dont la situation s'est d&#233;grad&#233;e et qui estiment du coup avoir moins &#224; perdre. Selon l'universitaire hongkongais Chris Chan, ces luttes auraient permis d'&#233;lever de 40 % le salaire minimum dans la zone de Shenzen &#8211; o&#249; la vie est 25 % plus ch&#232;re qu'ailleurs &#8211; entre 2004 et 2007, &#224; comparer avec les 6 % obtenus entre 2001 et 2004. Ce c&#339;ur industriel moderne du pays est sans doute &#224; la pointe de la lutte gr&#233;viste, et celle-ci n'a pas encore atteint tout le pays. Dans d'autres r&#233;gions, c'est en refusant massivement de travailler &#224; de trop mauvaises conditions et en cr&#233;ant des p&#233;nuries locales de main d'&#339;uvre que les ouvriers chinois ont am&#233;lior&#233; leur sort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un syndicat on ne peut plus int&#233;gr&#233; &#224; l'appareil d'&#201;tat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration Nationale des Syndicats Chinois (FNSC) est la seule organisation autoris&#233;e. Elle est contr&#244;l&#233;e, comme toutes les associations, par le Parti Communiste chinois (PCC). Forte sur le papier de 209 millions de membres, dont pas moins de 66 millions de &lt;em&gt;mingong&lt;/em&gt;, elle est avant tout un appareil de 470 000 permanents, tous membres du PCC et jouissant de conditions de vie privil&#233;gi&#233;es. Ses m&#233;thodes de recrutement sont &#224; premi&#232;re vue curieuses. Ainsi, il suffit que 25 salari&#233;s adh&#232;rent pour que l'entreprise enti&#232;re soit consid&#233;r&#233;e comme syndicalis&#233;e et verse 2 % de sa masse salariale au syndicat. Mais les ouvriers du textile de Xianyang qui cr&#233;&#232;rent en 2004 une section syndicale apr&#232;s 49 jours de gr&#232;ve furent d&#233;savou&#233;s par la FNSC, effray&#233;e de voir la base prendre une telle initiative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e avec pour objectif de concourir &#224; &#171; l'harmonie &#187; des relations patrons-salari&#233;s, elle a une solide tradition d'intervention aux c&#244;t&#233;s... des premiers ! Lorsqu'une gr&#232;ve &#233;clate, c'est presque toujours contre la volont&#233; de la FNSC. &#192; Honda Foshan cet &#233;t&#233; encore, des bureaucrates ont attaqu&#233; physiquement les gr&#233;vistes. Du coup, quand la lutte dure, il n'est pas rare que ceux-ci &#233;lisent leurs propres d&#233;l&#233;gu&#233;s. La FNSC est impopulaire. Le &lt;em&gt;CLB&lt;/em&gt; rapporte ainsi que des brochures d'informations sur leurs droits distribu&#233;es aux &lt;em&gt;mingong&lt;/em&gt; dans les gares &#224; l'occasion des vacances de printemps en f&#233;vrier 2007 finissent massivement d&#233;chir&#233;es dans les poubelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, avec la liquidation des combinats d'&#201;tat o&#249; elle disposait de bastions, la FNSC doit se red&#233;ployer vers le secteur priv&#233;. Nombre de patrons, surtout ceux du secteur priv&#233; national, ne veulent pas en entendre parler, quand bien m&#234;me l'existence d'une section de la FNSC dans l'entreprise a globalement pour effet d'accro&#238;tre la productivit&#233; ! L'implantation de la FNSC d&#233;pend donc enti&#232;rement des pressions politiques que le PCC choisit ou non d'exercer. Il use de cette arme surtout avec les entreprises occidentales. Wal-Mart, groupe am&#233;ricain de la distribution connu pour mener la traque aux syndicalistes dans ses magasins du monde entier, a fini par c&#233;der, en partie pour &#233;viter l'expression de tendances plus radicales chez ses salari&#233;s, voire un syndicat ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais certains universitaires pressent la FNSC de couper les ponts avec le PCC et de jouer d&#233;finitivement son r&#244;le de syndicat &#224; l'occidentale : pas plus favorable aux luttes sur le fond, mais plus &#224; m&#234;me de les encadrer. Ils d&#233;plorent l'inorganisation des travailleurs, synonymes pour eux de &#171; d&#233;bordements &#187;. Il est tr&#232;s probable que la fraction &#171; lib&#233;rale &#187; de la bureaucratie appuie les partisans de cette ligne dans la FNSC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout &#8211; vu ses effectifs ! &#8211;, il est possible que la FNSC compte des militants de valeur. Ont-ils des alli&#233;s ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une n&#233;cessit&#233; : s'organiser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Hors de la FNSC, quelques poign&#233;es de militants bas&#233;s &#224; Hong-Kong &#8211; qui jouit d'une libert&#233; politique beaucoup plus grande &#8211; tentent de promouvoir un syndicalisme ind&#233;pendant. C'est le cas du &lt;em&gt;CLB&lt;/em&gt;, mais aussi d'autres sites Internet comme le &lt;em&gt;China Labor Watch&lt;/em&gt; ou le &lt;em&gt;China Labor News Translation&lt;/em&gt;. Le d&#233;vouement de ces militants est incontestable et leur travail pr&#233;cieux. Mais leur perspective r&#233;formiste les conduit &#224; se faire les chantres d'un syndicalisme &#224; l'occidentale dont nous connaissons bien les limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Chine m&#234;me, des noyaux de militants laissent quelques traces sur Internet, tels ces &#233;tudiants partis s'&#233;tablir en usine afin de faire progresser parmi les salari&#233;s la conscience de leurs droits, ou l'ouvrier blogueur Liu Rongli qui livre ses r&#233;flexions de militant et lecteur de sociologie autodidacte. Sans doute en trouve-t-on aussi parmi la myriade d'ONG de soutien juridique aux travailleurs. L'&#201;tat les subventionne et leur laisse combler les minces espaces vides de la protestation l&#233;gale, mais peut &#224; tout moment les r&#233;primer. Mais il n'est pas s&#251;r qu'il puisse r&#233;sister encore longtemps &#224; l'imp&#233;rieux besoin ressenti par des milliers et des milliers &#8211; des millions ? &#8211; de travailleurs chinois de s'organiser pour lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour quels objectifs ? Bien s&#251;r pour am&#233;liorer leur sort dans l'imm&#233;diat, comme tous les travailleurs du monde. Mais ceux qui aimeraient bien se rassurer en disant que les travailleurs chinois ne sont pas r&#233;volutionnaires, n'aspirent qu'&#224; mieux vivre dans une soci&#233;t&#233; bien capitaliste mais pas &#224; se d&#233;barrasser de l'exploitation, pourraient encore avoir des surprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu PARANT&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L450xH271/revocul-2063a.png?1787956371' width='450' height='271' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
