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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> 2011-2021 : Que reste-t-il du Printemps arabe ?
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>L'ann&#233;e 2010, les troupes des USA et de leurs alli&#233;s (dont 4 000 soldats fran&#231;ais) poursuivaient la guerre d'Afghanistan d&#233;but&#233;e en 2001. L'Irak &#233;tait toujours en plein chaos, o&#249; l'on faisait pendre &#224; son tour un cousin de feu Saddam Hussein, sur les conseils des vainqueurs &#171; hautement civilis&#233;s &#187; de la guerre de 2003. Le monde riche n'&#233;tait toujours pas sorti de sa crise financi&#232;re de 2008, et en faisait payer notamment la note &#224; la population grecque (retraites r&#233;duites de 15-20 %&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L128xH150/arton14350-cdb7b.jpg?1789149630' class='spip_logo spip_logo_right' width='128' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2010, les troupes des USA et de leurs alli&#233;s (dont 4 000 soldats fran&#231;ais) poursuivaient la guerre d'Afghanistan d&#233;but&#233;e en 2001. L'Irak &#233;tait toujours en plein chaos, o&#249; l'on faisait pendre &#224; son tour un cousin de feu Saddam Hussein, sur les conseils des vainqueurs &#171; hautement civilis&#233;s &#187; de la guerre de 2003. Le monde riche n'&#233;tait toujours pas sorti de sa crise financi&#232;re de 2008, et en faisait payer notamment la note &#224; la population grecque (retraites r&#233;duites de 15-20 % de la population menac&#233;e de pauvret&#233;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La ministre fran&#231;aise des Affaires &#233;trang&#232;res, Mich&#232;le Alliot-Marie pr&#233;voyait d&#233;j&#224; ses vacances de No&#235;l en Tunisie. Avec la Libye, il est vrai, les affaires allaient plus mal : &lt;em&gt;&#171; Les Libyens, ils parlent, ils parlent mais ne nous ach&#232;tent rien &#187;,&lt;/em&gt; glissait aux oreilles compatissantes d'une responsable de l'ambassade am&#233;ricaine un diplomate fran&#231;ais, d&#233;&#231;u du retard pris par l'achat des Rafale promis par Kadhafi &#224; Sarkozy. En &#201;gypte, le pr&#233;sident Moubarak &#233;tait trop vieux pour pr&#233;senter &#224; nouveau sa candidature en 2012 et les calculs allaient bon train parmi les experts am&#233;ricains pour sugg&#233;rer le bon rempla&#231;ant : le fils de Moubarak, trop insignifiant et impopulaire ; le chef de file des &#171; d&#233;mocrates &#187;, Mohamed El Baradei, ancien directeur g&#233;n&#233;ral de l'Agence internationale de l'&#233;nergie, prix Nobel de la paix, trop peu fiable apr&#232;s leur avoir jou&#233; un sale tour en 2003 en refusant de cautionner le mensonge am&#233;ricain sur les pr&#233;tendues &#171; armes de destruction massive &#187; de l'Irak. Soutenir une alliance entre fr&#232;res ennemis, arm&#233;e et fr&#232;res musulmans, &#233;tait dans leurs cartons. &#201;lection, &#233;lection&#8230; les calculs allaient bon train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, on terminait une ann&#233;e ordinaire&#8230; quand le 17 d&#233;cembre 2010 un de ces innombrables jeunes ch&#244;meurs de Tunisie, dans une des villes pauvres du pays, Sidi Bouzid, s'est immol&#233; par le feu, d&#233;clenchant par son geste la vague de r&#233;voltes qui allait renverser le dictateur tunisien le 14 janvier, se propager en &#201;gypte o&#249; Moubarak &#224; son tour &#233;tait contraint de d&#233;missionner le 11 f&#233;vrier, toucher le Bahrein, la Syrie, et menacer d'exploser en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des moments o&#249; trop c'est trop, quand le vieux monde explose &#224; la gueule des poss&#233;dants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les opprim&#233;s n'ont pas la m&#233;moire courte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons cependant que si le monde a &#233;t&#233; surpris par l'irruption de ces r&#233;volutions arabes, celles-ci n'avaient pas &#233;clat&#233; sans signes pr&#233;curseurs. En Tunisie en 2008, la col&#232;re explosait dans la ville de Redeyef, dans le sud du pays, o&#249;, &#224; la suite de milliers de suppressions d'emplois dans les mines de phosphate cr&#233;ant un fort ch&#244;mage, sur fond de favoritisme dans les rares embauches, la mairie et le si&#232;ge du syndicat UGTT (dont les dirigeants &#233;taient cul et chemise avec ceux de la mine) &#233;taient occup&#233;s, pendant que l'arm&#233;e venait encercler la ville rebelle. De son c&#244;t&#233;, l'&#201;gypte avait connu en 2007-2008, sous la dictature f&#233;roce d'Hosni Moubarak, une des plus grandes gr&#232;ves de son histoire : celle des 27 000 ouvriers des usines textiles de la ville de Mahalla. Le dernier appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans la ville le 6 avril 2008 s'&#233;tait sold&#233; par un &#233;chec, policiers et forces anti&#233;meutes ayant envahi la ville, encercl&#233; les usines. Mais il en &#233;tait rest&#233; quelque chose, bien dangereux pour le pouvoir puisque c'est entre autres un &#171; comit&#233; du 6 avril &#187;, constitu&#233; en soutien de cette gr&#232;ve, qui appelait &#224; manifester place Tahrir en janvier 2011&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le d&#233;roulement de ce &#171; printemps arabe &#187; de 2011 voir nos articles de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que reste-t-il &#224; son tour aujourd'hui de cette r&#233;volte de 2011, qui a renvers&#233; deux dictateurs, s'est propag&#233;e dans les pays voisins et a fait trembler un temps les gouvernants des grandes puissances qui voyaient sauter leurs prot&#233;g&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 janvier 2021, &lt;strong&gt;Olivier Belin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur le d&#233;roulement de ce &#171; printemps arabe &#187; de 2011 voir nos&lt;br class='autobr' /&gt;
articles de 2011 sur notre site : &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-73-janvier-fevrier-2011-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Num&#233;ro 73, janvier-f&#233;vrier 2011&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-74-mars-avril-2011-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Num&#233;ro 74, mars-avril 2011&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#201;gypte dix ans apr&#232;s : La dictature du mar&#233;chal n'emp&#234;che pas la contestation
</title>
		<link>http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/Egypte-dix-ans-apres-La-dictature-du-marechal-n-empeche-pas-la-contestation</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>&#201;gypte
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		<description>En septembre dernier, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans plusieurs zones rurales et villes pauvres d'&#201;gypte. Quelques centaines de personnes sont descendues dans la rue pour d&#233;noncer une campagne de d&#233;molition de logements ill&#233;gaux et les conditions de vie insoutenables d'un nombre croissant d'&#201;gyptiens. L'augmentation des prix du m&#233;tro (qui ont tripl&#233;), de l'&#233;lectricit&#233; (+26 %), du gaz, de l'eau, des chemins de fer, la r&#233;duction du poids du pain subventionn&#233; (-15 %),&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En septembre dernier, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans plusieurs zones rurales et villes pauvres d'&#201;gypte. Quelques centaines de personnes sont descendues dans la rue pour d&#233;noncer une campagne de d&#233;molition de logements ill&#233;gaux et les conditions de vie insoutenables d'un nombre croissant d'&#201;gyptiens. L'augmentation des prix du m&#233;tro (qui ont tripl&#233;), de l'&#233;lectricit&#233; (+26 %), du gaz, de l'eau, des chemins de fer, la r&#233;duction du poids du pain subventionn&#233; (-15 %), ainsi que la crise sanitaire, ont touch&#233; les plus pauvres, parmi lesquels beaucoup de paysans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En septembre 2019, une s&#233;rie de manifestations avaient d&#233;j&#224; eu lieu, au Caire et &#224; Alexandrie notamment, avec pour mot d'ordre principal la d&#233;mission du mar&#233;chal Al-Sissi. Elles faisaient suite &#224; des vid&#233;os publi&#233;es en ligne par Mohammed Ali, un homme d'affaires &#233;gyptien aujourd'hui exil&#233; en Espagne, qui avait travaill&#233; avec Al-Sissi pendant plusieurs ann&#233;es. Il y d&#233;non&#231;ait la corruption qui s&#233;vit dans l'arm&#233;e et les deals immobiliers juteux. Quelques figures de la r&#233;volution de 2011 s'y &#233;taient jointes, aux c&#244;t&#233;s d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration manifestement trop jeune pour avoir v&#233;cu le soul&#232;vement de 2011. Les Fr&#232;res musulmans, dissous et traqu&#233;s par le pouvoir depuis 2013, avaient &#233;galement essay&#233; de surfer sur cette vague, mais sans grand succ&#232;s. L'&#201;tat &#233;gyptien a r&#233;agi violemment : les forces de l'ordre ont tir&#233; &#224; balles r&#233;elles et ont arr&#234;t&#233; 4 300 personnes de fa&#231;on arbitraire, la plus grande vague d'arrestations depuis celle qui avait suivi le coup d'&#201;tat militaire de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; la r&#233;pression de toute contestation politique par la dictature militaire depuis 2013, ces manifestations, malgr&#233; leur faiblesse num&#233;rique en comparaison avec celles de la r&#233;volution de 2011, donnent un thermom&#232;tre de la col&#232;re sociale en &#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Al-Sissi, la contre-r&#233;volution au pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car depuis le coup d'&#201;tat de l'arm&#233;e qui a mis Al-Sissi au pouvoir, une r&#233;pression f&#233;roce s'abat sur toute voix dissidente. Des dizaines d'ONG et d'associations ont &#233;t&#233; interdites et leurs militants emprisonn&#233;s, parfois jug&#233;s pas un tribunal anti-terroriste. Environ 60 000 personnes sont actuellement d&#233;tenues en &#201;gypte pour d&#233;lit d'opinion. Al Sissi assume ainsi son statut de leader de la contre-r&#233;volution, sous l'&#339;il bienveillant des puissances occidentales, qui ont finalement trouv&#233; en lui leur bon &#233;l&#232;ve pour &#171; stabiliser &#187; le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;gypte est le deuxi&#232;me b&#233;n&#233;ficiaire de l'aide financi&#232;re am&#233;ricaine apr&#232;s Isra&#235;l, avec 1,3 milliard de dollars qui vont chaque ann&#233;e aux d&#233;penses militaires du r&#233;gime. Trump (comme son pr&#233;d&#233;cesseur Obama), quatre ann&#233;es durant, a affich&#233; son soutien moral et politique &#224; celui qu'il nomme son &lt;em&gt;&#171; dictateur pr&#233;f&#233;r&#233; &#187;.&lt;/em&gt; Macron n'en fait pas moins, qui vient de d&#233;corer le mois dernier Al-Sissi de la l&#233;gion d'honneur, esp&#233;rant ainsi que la France reprenne sa place de premi&#232;re vendeuse d'armes et de technologies de surveillance pour la police et l'arm&#233;e &#233;gyptienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mar&#233;chal a donc le champ libre pour consolider sa dictature. Il commence par &#233;liminer la concurrence au sein m&#234;me de l'arm&#233;e et place ses proches &#224; des postes cl&#233;s. En 2017-2018, il limoge le chef de l'&#233;tat-major, le ministre de la D&#233;fense, les directeurs des renseignements g&#233;n&#233;raux et militaires ainsi que deux cents officiers sup&#233;rieurs du renseignement. En 2019, plusieurs amendements &#224; la Constitution lui permettent de rester au pouvoir jusqu'en 2030 et de soumettre le pouvoir judiciaire au contr&#244;le de l'ex&#233;cutif. Par ailleurs, cette r&#233;vision constitutionnelle institutionnalise le r&#244;le politique de l'arm&#233;e, charg&#233;e d'&lt;em&gt;&#171; imposer le plus grand int&#233;r&#234;t national &#187;&lt;/em&gt; et d'&#233;liminer toute&lt;em&gt; &#171; menace &#224; la Constitution &#187;&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;&#171; &#224; la d&#233;mocratie &#187;&lt;/em&gt;, bref libre d'arr&#234;ter et emprisonner &#224; sa guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'arm&#233;e &#233;gyptienne renforce sa position de premier acteur &#233;conomique du pays. Elle dirige des entreprises, produit des biens et g&#232;re des m&#233;ga-projets d'infrastructures comme la construction d'un deuxi&#232;me canal de Suez et d'une nouvelle capitale administrative. Voil&#224; des d&#233;cennies qu'elle s'est engag&#233;e dans tous les secteurs de l'activit&#233; &#233;conomique, officiellement pour r&#233;duire le budget de la D&#233;fense. C'est surtout une fa&#231;on pour elle de g&#233;n&#233;rer des capitaux en utilisant le pouvoir concentr&#233; de l'&#201;tat, et d'assurer l'all&#233;geance d'officiers sup&#233;rieurs (en poste ou retrait&#233;s) qui profitent de nouveaux revenus : de la gestion de caf&#233;s et de restaurants au d&#233;veloppement de projets immobiliers. Un business d'autant plus juteux que l'arm&#233;e ne paie aucune taxe sur aucune de ses activit&#233;s, ni de droit de douane sur les marchandises qu'elle importe. Elle peut &#233;galement d&#233;cr&#233;ter des zones enti&#232;res &lt;em&gt;&#171; d'importance capitale pour la d&#233;fense nationale &#187; &lt;/em&gt;et en faire ainsi sa r&#233;serve &#233;conomique exclusive, comme c'est le cas pour le canal de Suez ou la p&#233;ninsule du Sina&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas sans r&#233;actions puisqu'en d&#233;cembre dernier, des centaines de travailleurs d'une des plus grandes usines de textile du pays, Misr Spinning and weaving dans la ville de Kafr al-Dawar, ont organis&#233; un sit-in au sein de l'entreprise pour protester contre la nouvelle de la liquidation et de la d&#233;molition de l'entreprise, au profit d'un projet de l'arm&#233;e pour la construction d'un complexe de logement. Quinze travailleurs ont &#233;t&#233; licenci&#233;s et d'autres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; leur domicile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les r&#233;actions ouvri&#232;res sous la dictature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2014, les conditions pour le mouvement ouvrier se sont grandement d&#233;t&#233;rior&#233;es : les manifestations sont interdites et les gr&#232;ves ill&#233;gales, &#224; moins qu'elles ne soient approuv&#233;es par la centrale syndicale de l'&#201;tat, aussi docile vis-&#224;-vis de Sissi qu'elle le fut vis-&#224;-vis de Moubarak. Les autorit&#233;s proc&#232;dent &#224; une r&#233;pression syst&#233;matique et &#224; des arrestations, parfois m&#234;me en amont des mobilisations, pour &lt;em&gt;&#171; mise en danger de la paix sociale &#187;.&lt;/em&gt; Toute tentative d'organisation autonome des travailleurs, notamment au travers des nouveaux syndicats ind&#233;pendants qui avaient commenc&#233; &#224; surgir &#224; la veille de 2011, est pourchass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne suffit pas &#224; emp&#234;cher la contestation. En 2016, une centaine de dockers de la ville d'Assouan r&#233;clamaient la parit&#233; des salaires avec leurs coll&#232;gues du canal de Suez. Plus de 16 000 travailleurs de la Petro-trade Company ont fait vingt-cinq jours de gr&#232;ve pour leur salaire. Les 2 300 employ&#233;s de la Nasr Coke Company au Caire ont fait gr&#232;ve six jours pour d&#233;noncer la corruption de leur direction, r&#233;clamer la publication des comptes d'entreprise et exiger le paiement de parts de b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, en d&#233;cembre 2020, des centaines de travailleurs de la Delta Fertilizer Company &#224; Talkha organisaient un sit-in quotidien au si&#232;ge de l'entreprise, &#224; la suite de la d&#233;cision de transf&#233;rer l'usine dans une autre ville, &#224; Suez. Sur les 2 500 travailleurs, six cents seulement garderaient leur emploi. Le bras de fer continue &#224; ce jour alors que onze travailleurs viennent d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s cette semaine &#224; leur domicile et deux cents autres plac&#233;s sur la liste des personnes recherch&#233;es par les services de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir a multipli&#233; ses attaques contre les travailleurs ces derniers mois pour leur faire payer la crise &#233;conomique et sanitaire, pendant qu'il faisait cadeau de trois milliards d'euros au patronat du tourisme&#8230; contre onze millions seulement pour la sant&#233;. Malgr&#233; la r&#233;pression, les r&#233;actions resurgissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.R. et B.L. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Tunisie dix ans apr&#232;s : une r&#233;volution confisqu&#233;e par les caciques du r&#233;gime
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<description>Des manifestations ont &#233;clat&#233; dans plusieurs villes de Tunisie &#224; l'occasion du dixi&#232;me anniversaire de la r&#233;volution de 2011 qui avait renvers&#233; la dictature de Ben Ali. Car si elle avait soulev&#233; la chape de plomb et lib&#233;r&#233; la parole, elle n'a pas r&#233;pondu aux aspirations sociales et politiques des classes populaires tunisiennes. Le ch&#244;mage n'a pas arr&#234;t&#233; de grimper au fil des ans, notamment dans les r&#233;gions les plus pauvres de l'int&#233;rieur du pays et dans les quartiers populaires de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des manifestations ont &#233;clat&#233; dans plusieurs villes de Tunisie &#224; l'occasion du dixi&#232;me anniversaire de la r&#233;volution de 2011 qui avait renvers&#233; la dictature de Ben Ali. Car si elle avait soulev&#233; la chape de plomb et lib&#233;r&#233; la parole, elle n'a pas r&#233;pondu aux aspirations sociales et politiques des classes populaires tunisiennes. Le ch&#244;mage n'a pas arr&#234;t&#233; de grimper au fil des ans, notamment dans les r&#233;gions les plus pauvres de l'int&#233;rieur du pays et dans les quartiers populaires de Tunis. La jeunesse, m&#234;me dipl&#244;m&#233;e, est la premi&#232;re touch&#233;e, avec des taux de ch&#244;mage qui avoisinent les 30 %. L'inflation galopante et les p&#233;nuries de produits de base frappent l'immense majorit&#233; de la population : depuis 2011, le co&#251;t de la vie a augment&#233; de 35 %, un euro valait deux dinars en 2011, il en vaut trois aujourd'hui. La crise du coronavirus a provoqu&#233; l'arr&#234;t du tourisme, un des secteurs principaux de l'&#233;conomie tunisienne, d&#233;j&#224; mis &#224; mal apr&#232;s une s&#233;rie d'attentats en 2015. &#192; cause des restrictions sanitaires, le secteur informel s'est &#233;galement effondr&#233;, alors qu'il repr&#233;sente 40 % des emplois. Beaucoup de travailleurs se sont d&#232;s lors retrouv&#233;s sans revenu. Par contre, coronavirus ou non, les grandes fortunes du pays continuent &#224; s'enrichir en profitant de leurs accointances avec la classe politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Derri&#232;re la &#171; transition d&#233;mocratique &#187;, le recyclage de l'ancien r&#233;gime&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233;, certes&#8230; mais en d&#233;mocratie ? Les Tunisiens ont plus vot&#233; en dix ans que pendant les trente ans pr&#233;c&#233;dents. Mais ils ont aussi fait l'exp&#233;rience de mani&#232;re acc&#233;l&#233;r&#233;e des impasses de la &#171; d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#187; dans le syst&#232;me capitaliste. Si les gouvernements se sont succ&#233;d&#233; &#224; un rythme infernal depuis dix ans, leur politique &#233;conomique est rest&#233;e la m&#234;me, aggrav&#233;e par les mesures d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es par le FMI en &#233;change d'une restructuration de la dette de l'&#201;tat tunisien. Entre 2011 et 2019, la part des d&#233;penses d'&#233;ducation dans le budget de l'&#201;tat est pass&#233;e de 26,6 % &#224; 17,7 %, celle de la sant&#233;, de 6,6 % &#224; 5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; modernistes &#187; de Nidaa Toun&#232;s (parti aujourd'hui &#233;clat&#233;) aux islamistes d'Ennahda, en passant par la myriade de formations politiques cr&#233;&#233;es apr&#232;s 2011, l'int&#233;gralit&#233; ou presque du spectre politique a d&#233;fil&#233; au cirque parlementaire, au gr&#233; des alliances du moment. Les anciens b&#233;nalistes restent pour leur part omnipr&#233;sents dans les couloirs du pouvoir, absouts par une loi d'amnistie qu'ils se sont fait voter en 2017. Les fonctionnaires impliqu&#233;s dans des scandales de corruption avant 2011 ont &#233;t&#233; amnisti&#233;s. Les rares condamn&#233;s parmi les forces de l'ordre impliqu&#233;es dans la r&#233;pression ont vu pour beaucoup leur peine all&#233;g&#233;e. Une &#171; r&#233;conciliation nationale &#187; &#224; sens unique puisque la liste des &#171; martyrs et bless&#233;s &#187;, ouvrant notamment droit &#224; des indemnit&#233;s pour les familles, a &#233;t&#233; revue &#224; la baisse en 2019 et n'a toujours pas &#233;t&#233; proclam&#233;e officiellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier scrutin pr&#233;sidentiel de 2019 a vu s'opposer vingt-six candidats, dont une pellet&#233;e d'anciens ministres. Si bien que c'est un universitaire, sp&#233;cialis&#233; en droit constitutionnel, Ka&#239;s Sa&#239;ed, qui a gagn&#233; le gros lot en se pr&#233;sentant comme &#171; antisyst&#232;me &#187; et mod&#232;le d'int&#233;grit&#233; morale, profitant du discr&#233;dit qui touche la classe politique. M&#234;me si la faible participation a montr&#233; le peu d'illusions partag&#233;es par la population. Son costume de &#171; monsieur Propre &#187; ne suffit pas &#224; masquer les scandales de corruption, d'enrichissement illicite, de conflits d'int&#233;r&#234;t qui continuent &#224; rythmer la vie politique tunisienne. Et Ka&#239;s Sa&#239;ed s'illustre par des positions tr&#232;s conservatrices, s'oppose &#224; l'&#233;galit&#233; successorale entre hommes et femmes (fortement l&#233;s&#233;es par la loi en place), prend position pour la peine de mort et contre la d&#233;p&#233;nalisation de l'homosexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Depuis 2011, une classe ouvri&#232;re et une jeunesse qui se manifestent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait, la contestation sociale et politique n'a jamais cess&#233; depuis 2011. Chaque mois de janvier, la population ressort dans les rues pour revendiquer l'h&#233;ritage &#8211; et l'actualit&#233; ! &#8211; de sa r&#233;volution. &#192; chaque attaque du gouvernement, des collectifs citoyens, compos&#233;s majoritairement de jeunes, se forment pour organiser la riposte. &#171; Manich Msamah &#187; (&#171; je ne pardonne pas &#187;) s'est oppos&#233;e au projet de loi de r&#233;conciliation nationale tandis que &#171; Mansinekomch &#187; (&#171; on ne vous a pas oubli&#233;s &#187;) s'est form&#233;e en soutien aux martyrs et bless&#233;s de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Fech Nestannew &#187; (&#171; qu'est-ce qu'on attend ? &#187;) a surgi d&#233;but 2018 pour s'opposer &#224; la loi de finances du gouvernement qui mettait notamment en place de nouvelles taxes sur des produits de base (pain, p&#226;tes, lait&#8230;), conduisant &#224; une nouvelle augmentation des prix. Cette mobilisation de janvier 2018, partie de Tunis, s'est &#233;tendue rapidement dans tout le pays et notamment dans les r&#233;gions et quartiers les plus populaires. La r&#233;ponse du gouvernement a rappel&#233; le r&#233;gime de Ben Ali : la r&#233;pression, avec pr&#232;s d'un millier d'arrestations, parfois pour une simple distribution de tracts, et un manifestant tu&#233; par les forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion de Tataouine, tr&#232;s riche en hydrocarbures mais particuli&#232;rement touch&#233;e par le ch&#244;mage de masse, a notamment &#233;t&#233; secou&#233;e par plusieurs mouvements ces derni&#232;res ann&#233;es. En 2017, des jeunes ch&#244;meurs ont bloqu&#233; pendant des semaines les camions sortant du forage gazier et p&#233;trolier d'Al-Kamour pour r&#233;clamer des emplois et d&#233;noncer l'accaparement des richesses du sous-sol par des multinationales de l'&#233;nergie. La mort d'un manifestant, renvers&#233; par une voiture de police, a contribu&#233; &#224; mettre le feu aux poudres : la population a r&#233;pliqu&#233; en incendiant les si&#232;ges de la police et de la garde nationale. Le mouvement s'est conclu par une victoire avec la promesse de milliers d'embauches. Mais de ces emplois, les jeunes n'en ont finalement pas vu la couleur et ont donc d&#233;cid&#233; &#224; l'&#233;t&#233; 2020 de reprendre leur mouvement de blocage des sites d'hydrocarbures. Apr&#232;s deux mois de contestation marqu&#233;e par l'arrestation de plusieurs militants, les promesses d'embauche ont &#233;t&#233; renouvel&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sit-ins, blocages, gr&#232;ves, rassemblements de jeunes ch&#244;meurs : les mouvements se succ&#232;dent, malgr&#233; l'apathie de la centrale syndicale, l'UGTT, emp&#234;tr&#233;e dans sa collaboration avec les diff&#233;rents gouvernements. La col&#232;re grogne dans les quartiers populaires et les entreprises. Et bien moindres sont les illusions dans ceux qui s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s comme &#233;tant du c&#244;t&#233; de la r&#233;volution apr&#232;s 2011. &#192; commencer par les islamistes d'Ennahda, qui avaient jou&#233; sur la r&#233;pression subie par leurs militants sous le r&#233;gime de Ben Ali et se sont fortement d&#233;cr&#233;dibilis&#233;s une fois au pouvoir. Les technocrates, &#224; l'image du pr&#233;sident actuel Ka&#239;s Sa&#239;ed, sont &#233;galement jet&#233;s dans le m&#234;me panier que le personnel politique &#171; traditionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Travail ! Libert&#233; ! Dignit&#233; ! &#187; : un des slogans phares de la r&#233;volution de 2011 est toujours d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Myriam RANA et Boris LETO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Retour &#224; la case d&#233;part, ou prix Nobel de la paix sociale ? En &#201;gypte et en Tunisie, deux faces du maintien de l'ordre
</title>
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		<dc:date>2021-01-18T11:54:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<description>Retour &#224; la case d&#233;part en &#201;gypte, disent certains ? &lt;br /&gt;Puisqu'apr&#232;s un interm&#232;de de partage du pouvoir entre chefs de l'arm&#233;e et parti des Fr&#232;res musulmans, avec un pr&#233;sident islamiste, Mohamed Morsi, &#233;lu en juin 2012 et destitu&#233; en juillet 2013, l'arm&#233;e a repris, par un coup de force, le contr&#244;le sans partage du pouvoir, fait amnistier Moubarak (mort depuis) et fait &#233;lire son chef, le mar&#233;chal Abdel Fattah Sissi, &#224; la pr&#233;sidence. Les gr&#232;ves sont interdites. Des militants, et pas&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Retour &#224; la case d&#233;part en &#201;gypte, disent certains ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'apr&#232;s un interm&#232;de de partage du pouvoir entre chefs de l'arm&#233;e et parti des Fr&#232;res musulmans, avec un pr&#233;sident islamiste, Mohamed Morsi, &#233;lu en juin 2012 et destitu&#233; en juillet 2013, l'arm&#233;e a repris, par un coup de force, le contr&#244;le sans partage du pouvoir, fait amnistier Moubarak (mort depuis) et fait &#233;lire son chef, le mar&#233;chal Abdel Fattah Sissi, &#224; la pr&#233;sidence. Les gr&#232;ves sont interdites. Des militants, et pas seulement les islamistes auxquels Sissi a fait la chasse en renversant Morsi, mais aussi des militants ouvriers et d'extr&#234;me gauche, connaissent &#224; nouveau l'arbitraire policier et la prison. Mais la marche de la contre-r&#233;volution n'a pas pour autant &#233;teint la flamme de la r&#233;volte puisque malgr&#233; la dictature du mar&#233;chal Sissi, l'&#201;gypte connait aujourd'hui des mouvements sociaux (dont nous parlons dans l'article ci-dessous) qui sont &#224; leur fa&#231;on l'h&#233;ritage militant de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Long et douloureux apprentissage de la d&#233;mocratie en Tunisie, entend-on aussi ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est la version de bien des commentateurs aujourd'hui. Douloureux sans nul doute. Avec au passage l'assassinat par des islamistes de deux militants de gauche en 2013, les r&#233;pressions d'&#233;meutes en 2016 et en 2018, dans les m&#234;mes villes pauvres du pays que celles qui avaient &#233;t&#233; au c&#339;ur de l'explosion de janvier 2011. Quant &#224; l'apprentissage de la d&#233;mocratie, tout d&#233;pend de ce que l'on veut dire par l&#224;. Dans un article sur les dix ans du Printemps arabe, l'historien sp&#233;cialiste Jean-Pierre Filiu &#233;crit dans &lt;em&gt;Mediapart &lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; La Tunisie est parvenue &#224; &#233;chapper &#224; cette r&#233;gression d&#233;sastreuse &lt;/em&gt;[il compare &#224; l'&#201;gypte]&lt;em&gt;, d'abord parce qu'elle est la seule des r&#233;publiques autoritaires dans le monde arabe &#224; avoir &#233;t&#233; de nature polici&#232;re plut&#244;t que militaire.&lt;/em&gt; [&#8230;]&lt;em&gt; La m&#233;diation de la soci&#233;t&#233; civile, couronn&#233;e par le prix Nobel de la paix, a su alors concilier islamistes et nationalistes. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, l'arm&#233;e n'est pas au pouvoir en Tunisie comme elle l'est en &#201;gypte. Mais c'est la police qui tirait &#224; vue sur les manifestants en janvier 2011, dont les chefs les plus compromis dans les tueries (contre lesquels les parents des victimes ont port&#233; maintes plaintes) n'ont pour la plupart jamais &#233;t&#233; condamn&#233;s, tout juste mut&#233;s d'une r&#233;gion o&#249; on ne les connaissait que trop &#224; une autre. Et la &lt;em&gt;&#171; nature polici&#232;re &#187;&lt;/em&gt; du r&#233;gime est toujours l&#224;. M&#234;me si on est bien loin, &#233;videmment, d'une dictature &#224; la Sissi. Quant au prix Nobel de la paix, c'&#233;tait un gag ou une imposture : plus exactement celui de la paix sociale, d&#233;cern&#233;e en d&#233;cembre 2015 au &#171; Quartet &#187; constitu&#233; par le syndicat UGTT, l'Union patronale, l'association des avocats et la Ligue des droits de l'homme, pour leurs efforts communs &#224; la r&#233;conciliation entre opprim&#233;s et oppresseurs, et la rel&#232;ve de l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divers gouvernements que la Tunisie a connus depuis 2011 ont &#233;t&#233; une succession de savants partages de postes entre deux camps. D'une part il y avait les nouveaux venus, les ultra-r&#233;actionnaires du parti islamiste Ennahda, cr&#233;&#233; par les dirigeants exil&#233;s en Angleterre sous le r&#233;gime de Ben Ali, et que la presse fran&#231;aise se plaisait &#224; pr&#233;senter comme des &#171; islamistes mod&#233;r&#233;s &#187; semblables &#224; l'AKP d'Erdo&#287;an en Turquie (avant qu'on se f&#226;che un peu avec lui), l'&#233;quivalent de nos d&#233;mocrates-chr&#233;tiens d'Europe occidentale. D'autre part il y avait le parti Nidaa Tounes (&#171; L'Appel de la Tunisie &#187;), v&#233;ritable machine &#224; recycler les notables du r&#233;gime Ben Ali. L'explosion de ce parti sous la pression de ses guerres internes de clans laisse aujourd'hui une situation un peu nouvelle. Et le tout dernier gouvernement, &#233;lu en septembre 2020, apr&#232;s que le Premier ministre pr&#233;c&#233;dent accus&#233; de &#171; conflits d'int&#233;r&#234;ts &#187; a d&#251; d&#233;missionner, n'est constitu&#233; que de ministres dits &#171; ind&#233;pendants &#187; (sauf des milieux &#233;conomiques et financiers), mis en place gr&#226;ce au soutien d'Ennahda qui pr&#233;side le Parlement. Corruption et combines : le pain quotidien des &#171; d&#233;mocraties &#187; ! Et parmi les priorit&#233;s annonc&#233;es du nouveau gouvernement : assainir les finances de l'&#201;tat, relancer la production, notamment dans les mines troubl&#233;es par des mouvements de gr&#232;ve, retrouver la confiance des investisseurs : la guerre de classe pour faire payer la crise &#233;conomique aux exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, apprentissage de la d&#233;mocratie ? Certainement. Ou plus exactement apprentissage de toutes les supercheries de la d&#233;mocratie bourgeoise, dont une bonne part de la g&#233;n&#233;ration des r&#233;volt&#233;s garde les le&#231;ons pour demain. Car c'est au nom de cette pr&#233;tendue d&#233;mocratie que l'on a pr&#234;ch&#233; aux r&#233;volt&#233;s la patience et le renoncement &#224; exiger leur d&#251;, sous pr&#233;texte qu'il aurait fallu en passer par une Assembl&#233;e constituante, une Constitution (bourgeoise &#233;videmment), des &#233;lections&#8230; avant de finir ici par un coup d'&#201;tat, l&#224; avec un r&#233;gime de technocrates au service des riches. Vieille histoire tant que les exploit&#233;s ne retrouvent pas le chemin d'une politique de classe qui leur soit propre, r&#233;volutionnaire jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'ordre imp&#233;rialiste et son chaos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la partie la plus noire du tableau est s&#251;rement l&#224; o&#249; les grandes puissances sont intervenues militairement pour tuer dans l'&#339;uf toute extension de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut l'intervention de l'Arabie saoudite, richissime puissance r&#233;gionale, qui a envoy&#233; ses troupes dans la petite &#238;le du Bahre&#239;n (1,5 million d'habitants) pour y sauver la monarchie et r&#233;primer ceux qui se rassemblaient, en f&#233;vrier 2011 sur la place de la Perle de la capitale, &#224; l'image de ceux de la place Tahrir du Caire. Une intervention qui se proclamait surtout anti-chiite, m&#234;me si les manifestants &#233;taient de toutes les religions ou sans religion, et qui pr&#233;figurait d&#233;j&#224; cette sale guerre que m&#232;ne aujourd'hui l'Arabie saoudite au Y&#233;men.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut surtout l'intervention des grandes puissances en Libye. Il s'agissait de pr&#233;venir une extension de la r&#233;volte au Maghreb, de montrer qu'elles restaient maitresses du monde, de donner un avertissement &#224; tous les peuples arabes qui regardaient vers Tunis et Le Caire. Les USA, la France et l'Angleterre, se faisant donner mandat par l'ONU, sont donc intervenues militairement en Libye, ont pilonn&#233; le pays sous les bombes, ont pris l'initiative de renverser Kadhafi, avec l'espoir d'y placer un gouvernement &#224; leur solde. Pour ce faire, ces pays imp&#233;rialistes se sont appuy&#233;s sur les chefs de guerre r&#233;gionaux et sur des groupes islamistes, en partie arm&#233;s et entrain&#233;s par leur alli&#233; qatari. Avec pour cons&#233;quence un chaos immense dans le pays, une onde de choc dans tout le Sahel. Aujourd'hui en Libye, deux gouvernements rivalisent : l'officiel &#224; Tripoli, reconnu par l'ONU, le dissident &#224; Benghazi, chacun contr&#244;lant l'une des deux r&#233;gions p&#233;troli&#232;res du pays. Sur fond des rivalit&#233;s internationales qu'attire l'odeur du fioul : la France soutenant en sous-main le gouvernement dissident, la Turquie venant &#224; la rescousse du gouvernement officiel, avec un contingent de mercenaires recrut&#233;s dans les r&#233;gions de Syrie contr&#244;l&#233;es par l'arm&#233;e d'Erdo&#287;an. Dans quel monde vivons-nous ? Mais pourvu que le p&#233;trole coule, et que le chaos &#233;vite la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de Syrie est l'autre drame de l'apr&#232;s 2011, drame de la r&#233;pression f&#233;roce du r&#233;gime d'Assad qui tr&#232;s vite s'est transform&#233;e en une guerre civile meurtri&#232;re. Assad s'est toujours appuy&#233; sur la communaut&#233; musulmane alaouite, &#224; laquelle il appartient, contre la communaut&#233; musulmane sunnite, majoritaire dans le pays et dont des milices islamistes se proclamaient d&#233;fenseures, financ&#233;es par la Turquie, l'Arabie saoudite et d'autres. L&#224; encore, toutes les puissances militaires op&#233;rant dans la r&#233;gion, les grandes (USA, France, Russie) et les r&#233;gionales (Turquie ou Arabie saoudite), ont jet&#233; de l'huile sur le feu, puis m&#234;me particip&#233; directement &#224; la guerre pour tenter d'y d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2019-2020, un nouveau souffle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais ailleurs dans le monde arabe, les ann&#233;es 2019-2020 ont connu et transmis un nouveau souffle. Les classes populaires d'Alg&#233;rie avaient peu boug&#233; en 2011, tant elles avaient d&#233;j&#224; donn&#233; avec la r&#233;volte d'octobre 1988 et les dix ans de guerre entre arm&#233;e et bandes islamistes. Mais n'en pouvant plus du r&#233;gime croupissant de Bouteflika et des clans qui dirigent et pillent le pays, elles ont surgi sur la sc&#232;ne avec le Hirak. Un mouvement qui a dur&#233; des mois avant d'&#234;tre pour beaucoup &#233;touff&#233; sous les mesures restrictives de la pand&#233;mie du Covid. Le Liban a pris le relai, avec une r&#233;volte commenc&#233;e &#224; l'automne 2019 qui a dur&#233; toute l'ann&#233;e 2020. La crise &#233;conomique, la faillite des banques et les mesures d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;es (sous tutelle de la Banque centrale europ&#233;enne et du FMI) pour en faire payer la note &#224; la population, a soulev&#233; toute une jeunesse qui veut en finir avec la corruption, le r&#232;gne des banquiers et des affairistes. Des jeunes qui rejettent dans une r&#233;volte commune ces divisions confessionnelles, chiites, sunnites druzes, maronites qui avaient aliment&#233; la guerre civile des ann&#233;es 1980 et r&#232;gle toujours le partage du pouvoir entre les grandes familles poss&#233;dantes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les contre-r&#233;volutions, rien n'est r&#233;gl&#233; ni fini : dix ans apr&#232;s il y a comme une suite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#201;meutes populaires en Tunisie : &#171; Janvier connait la Tunisie et la Tunisie connait janvier... &#187;
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<description>Jeudi 14 janvier, le gouvernement tunisien annon&#231;ait un confinement de quatre jours, pr&#233;lude &#224; un confinement &#171; cibl&#233; &#187; pour lutter contre une recrudescence du Covid en Tunisie. Le soir m&#234;me du 14 janvier, jour anniversaire du d&#233;part de Ben Ali en 2011, des &#233;meutes ont commenc&#233; dans les quartiers pauvres de Sousse, ville portuaire de l'est de la Tunisie. Le lendemain dans le nord-ouest, c'est au tour de la ville de Siliana de s'embraser. Samedi 16 janvier, blocages de route,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 14 janvier, le gouvernement tunisien annon&#231;ait un confinement de quatre jours, pr&#233;lude &#224; un confinement &#171; cibl&#233; &#187; pour lutter contre une recrudescence du Covid en Tunisie. Le soir m&#234;me du 14 janvier, jour anniversaire du d&#233;part de Ben Ali en 2011, des &#233;meutes ont commenc&#233; dans les quartiers pauvres de Sousse, ville portuaire de l'est de la Tunisie. Le lendemain dans le nord-ouest, c'est au tour de la ville de Siliana de s'embraser. Samedi 16 janvier, blocages de route, manifestations nocturnes, &#233;meutes et pillages de magasins &#224; Sousse, Monastir, Nabeul, Kairouan, Bizerte, Sfax, Kasserine, Hammamet, Carthage et dans le quartier Intilaka de Tunis, le quartier de Kram dans la ville de Tebourba &#224; trente kilom&#232;tres de Tunis. Constitu&#233;es de jeunes ch&#244;meurs, les manifestations de nuit se sont transform&#233;es en affrontements violents avec les flics et les blind&#233;s. Une banque a &#233;t&#233; vis&#233;e &#224; Sousse, les &#233;difices de l'&#201;tat (pr&#233;fecture, sous-pr&#233;fecture et commissariat) aussi. Bref, un soul&#232;vement qui se r&#233;pand comme une train&#233;e de poudre dans les villes et quartiers pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silence de la part du gouvernement, qui, trop occup&#233; par son r&#233;cent remaniement, se borne &#224; qualifier les manifestants de pilleurs et de voleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du premier confinement, les travailleurs et les pauvres de Tunisie avaient subi une augmentation des prix alimentaires et de la pauvret&#233;, qui les avait pouss&#233;s &#224; manifester pour r&#233;clamer l'aide de l'&#201;tat face &#224; l'absence de revenus li&#233;e au confinement. Les manifestants sont loin d'&#234;tre des &#171; voleurs &#187;, c'est la gestion catastrophique du premier confinement, la vie ch&#232;re, la faim et le taux de ch&#244;mage toujours croissant notamment chez les jeunes dipl&#244;m&#233;s, qui les ont pouss&#233;s &#224; sortir s'affronter &#224; la police. Face &#224; l'&#233;pid&#233;mie, des mesures sanitaires s'imposent tr&#232;s certainement. Les travailleurs et les pauvres de Tunisie n'ont pas &#224; en payer le co&#251;t, et certains semblent pr&#234;ts &#224; braver le couvre-feu pour se d&#233;fendre. Dix ans apr&#232;s le d&#233;part de Ben Ali : comm&#233;moration ou r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nora Debs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/carte-de-la-tunisie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH673/carte-de-la-tunisie-7d335.jpg?1788723003' width='500' height='673' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
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