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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Dans la foul&#233;e de la guerre de Poutine contre l'Ukraine, les grandes man&#339;uvres imp&#233;rialistes
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Guerre en Ukraine
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		<description>Joe Biden s'en est flatt&#233; : l'Alliance atlantique (Otan), alliance militaire mise sur pied en 1949 par les &#201;tats-Unis pour contenir l'influence de l'URSS, vient d'afficher une vigueur nouvelle lors du dernier sommet de ses trente &#201;tats membres, &#224; Madrid les 29 et 30 juin. Dans un contexte tout &#224; fait diff&#233;rent puisque l'URSS a disparu il y a d&#233;j&#224; trente ans et que la Russie qui lui succ&#232;de appartient bel et bien au monde imp&#233;rialiste. Mais un monde de brigands rivaux. Et Biden,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Joe Biden s'en est flatt&#233; : l'Alliance atlantique (Otan), alliance militaire mise sur pied en 1949 par les &#201;tats-Unis pour contenir l'influence de l'URSS, vient d'afficher une vigueur nouvelle lors du dernier sommet de ses trente &#201;tats membres, &#224; Madrid les 29 et 30 juin. Dans un contexte tout &#224; fait diff&#233;rent puisque l'URSS a disparu il y a d&#233;j&#224; trente ans et que la Russie qui lui succ&#232;de appartient bel et bien au monde imp&#233;rialiste. Mais un monde de brigands rivaux. Et Biden, derri&#232;re l'Otan, saisit l'opportunit&#233; de la guerre que Poutine a d&#233;clar&#233;e le 24 f&#233;vrier dernier &#224; l'Ukraine pour se poser en d&#233;fenseur de &#171; valeurs &#187; occidentales, en r&#233;alit&#233; pour raffermir l'h&#233;g&#233;monie mondiale de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et pousser en avant ses pions &#233;conomiques et militaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Militarisation acc&#233;l&#233;r&#233;e et profiteurs de guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Otan se f&#233;licite de la victoire politique qu'est son &#233;largissement &#224; deux pays dits neutres jusque-l&#224;, la Su&#232;de et la Finlande (ce qui va allonger de 1 340 kilom&#232;tres la fronti&#232;re &#8211; zone de contact &#8211; entre la Russie et les pays de l'Otan limitrophes). Ce qui n'est pas all&#233; sans concessions faites au leader turc Erdo&#287;an : la Su&#232;de &#8211; au grand dam d'une partie de son opposition int&#233;rieure &#8211; s'est engag&#233;e &#224; cesser sous certaines modalit&#233;s d'h&#233;berger des Kurdes du PKK et du YPG, organisations consid&#233;r&#233;es par Erdo&#287;an comme terroristes. Biden a &#233;galement fait inclure la Chine dans la liste des &#201;tats mena&#231;ant &#171; la s&#233;curit&#233; et les valeurs &#187; occidentales. Mais l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain veut surtout faire monter d'un cran l'armement du monde (comprenez les ventes d'armes made in USA). Le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, a ainsi annonc&#233; &lt;em&gt;&#171; la r&#233;organisation la plus importante de notre d&#233;fense collective depuis la guerre froide &#187;&lt;/em&gt;, comportant, entre autres, le passage d'une force dite de r&#233;action rapide de 70 000 hommes &#224; un contingent de 300 000 potentiellement mobilisables, l'augmentation du nombre de destroyers am&#233;ricains sur une base navale en Espagne, celle du nombre d'escadrons de F-35 am&#233;ricains en Grande-Bretagne et un nouveau quartier g&#233;n&#233;ral pilot&#233; par les USA en Pologne. Les &#201;tats europ&#233;ens sont &#233;galement pri&#233;s de continuer &#224; augmenter leurs budgets militaires (ce qui est le cas depuis huit ann&#233;es cons&#233;cutives) pour atteindre voire d&#233;passer les 2 % de leur PIB, objectifs fix&#233;s en 2014. De son c&#244;t&#233; bien s&#251;r, Volodymyr Zelensky, qui s'est adress&#233; &#224; ce sommet de l'Otan par visioconf&#233;rence, a demand&#233; davantage d'aide financi&#232;re et militaire : il lui faudrait quelque cinq milliards de dollars par mois pour financer sa d&#233;fense, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Discussions au sein de l'extr&#234;me gauche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;coule-t-il de cette politique des &#201;tats-Unis et de leurs alli&#233;s de l'Otan, ind&#233;niables &#171; profiteurs de guerre &#187;, qu'ils seraient protagonistes directs de ce conflit ? Que Zelensky et la population ukrainienne seraient en la circonstance des fantassins de l'imp&#233;rialisme occidental ? Bref que cette guerre entre la Russie et l'Ukraine serait &#171; inter-imp&#233;rialiste &#187; et que donc les r&#233;volutionnaires devraient rejeter de la m&#234;me fa&#231;on les deux camps et s'en tenir, du fait qu'aucun d'entre eux ne repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat, &#224; une simple d&#233;nonciation abstraite de la guerre ? L'imp&#233;rialisme &#233;tant porteur de guerre, c'est bien connu, alors mobilisons-nous &#224; l'&#233;chelle internationale contre la guerre ? Ou luttons d'abord en France, l'ennemi imp&#233;rialiste &#233;tant dans notre propre pays ? Certes, mais encore ? Et l'Ukraine et sa population ? L'extr&#234;me gauche dans son ensemble est bien incertaine et divis&#233;e sur l'attitude &#224; adopter, entre groupes, au sein m&#234;me de groupes, comme le NPA, au sein m&#234;me de notre courant l'&#201;tincelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Pour l'heure, c'est le peuple ukrainien qui compte ses morts, ses bless&#233;s, ses millions de femmes et enfants qui ont d&#251; fuir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette ind&#233;niable militarisation du monde, accrue et montante, fi&#232;rement affich&#233;e par l'Otan et l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain qui en est le principal artisan, &#224; la t&#234;te d'alli&#233;s dont l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, les r&#233;volutionnaires se doivent &#233;videmment de dire aux prol&#233;taires du monde que l'imp&#233;rialisme c'est la militarisation et la guerre &#8211; c'est-&#224;-dire la guerre &#233;conomique par d'autres moyens ; que nous sommes menac&#233;s, &#224; un terme encore non d&#233;fini, d'une nouvelle conflagration mondiale dans un contexte de rivalit&#233;s plan&#233;taires entre grandes puissances pour les mati&#232;res premi&#232;res et les march&#233;s &#8211; dont celui des armes et dont celui des armes nucl&#233;aires. Du moins si les prol&#233;taires ne prennent pas l'offensive. Il devient effectivement palpable qu'une guerre r&#233;gionale comme l'actuelle guerre d'Ukraine peut basculer vers un conflit mondial. Mais pour l'heure, cette guerre qui est pr&#233;texte pour les USA et ses alli&#233;s de l'Otan &#224; militarisation pouss&#233;e, a lieu en Ukraine. Ils ne sont pas bellig&#233;rants. Pour l'heure, c'est le peuple ukrainien qui compte ses morts, ses bless&#233;s, ses millions de femmes et enfants qui ont d&#251; fuir. Et qui tente de r&#233;sister parce qu'il a face &#224; lui un des dictateurs forcen&#233;s de la plan&#232;te, Poutine, qui voudrait annexer tout ou partie de son pays, comme il a d&#233;j&#224; annex&#233; la Crim&#233;e en 2014. Qui voudrait asservir l'Ukraine au nom d'une histoire r&#233;&#233;crite pour les besoins de vis&#233;es imp&#233;rialistes sur un &#171; &#233;tranger proche &#187; et au-del&#224; m&#234;me dans le monde, au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique &#8211; m&#234;me si cet expansionnisme imp&#233;rialiste est sans commune mesure avec l'expansionnisme de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ou des vieux imp&#233;rialismes europ&#233;ens ? Et le probl&#232;me est que face &#224; cette guerre-l&#224;, une guerre bien concr&#232;te qui a ses victimes, son histoire, ses protagonistes et leurs motivations, il est bien difficile d'en rester &#224; une position &#171; anti-guerre &#187; abstraite, voire &#224; une position qui pourrait para&#238;tre plus militante d'appel &#224; construire un mouvement international contre la guerre et la militarisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quelle politique de classe ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et est-ce la situation ? Une telle attitude, dans le contexte que nous essayons d'analyser dans le texte qui suit, ne revient-elle pas &#224; refuser &#224; la population ukrainienne la solidarit&#233; basique que les travailleurs du monde lui doivent, dans un premier temps ? Ne serait-ce que pour qu'elle soit encourag&#233;e &#224; chercher le chemin d'une politique de classe : &#224; la fois de d&#233;fense contre l'agresseur Poutine, mais en m&#234;me temps de mobilisation ind&#233;pendante de Zelensky qui repr&#233;sente les poss&#233;dants ukrainiens. Une politique qui s'adresserait en particulier aux travailleurs de Russie pour une solidarit&#233; de classe ? Car quid de la population ukrainienne qui n'a pas envie de tomber sous le joug politique de Poutine ? En cas de victoire de Poutine, dans les r&#233;gions de l'Ukraine qui pourraient &#234;tre conquises, que va-t-il advenir de celles et ceux qui l'ont combattu, par les armes, qu'ils soient r&#233;actionnaires ou qu'ils soient de gauche, militants associatifs et syndicalistes ? Que va-t-il advenir de ces cheminots qui ont assur&#233; &#224; leurs risques et p&#233;rils l'exode de la population devant les bombes ? Des salari&#233;s d'une multitude de secteurs publics, de sant&#233; ou d'&#233;ducation, qui font face au d&#233;sastre par une organisation collective &#224; la base, tant bien que mal, avec les moyens du bord, face &#224; un pouvoir qui a quasiment diminu&#233; des salaires de moiti&#233;, impos&#233; une loi martiale qui rogne les droits ouvriers et proscrit toute gr&#232;ve ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quels basculements &#224; venir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La guerre en Ukraine entre dans son cinqui&#232;me mois, a d&#233;j&#224; fait des dizaines de milliers de morts et d'incalculables destructions dans le pays, d'innombrables victimes aussi dans les rangs de l'arm&#233;e russe. Cette situation dramatique et complexe n'est certainement pas soluble par de simples mots d'ordre ou slogans. Il faut savoir aussi qu'elle peut changer. Qu'un d&#233;rapage pourrait transformer ce conflit en guerre opposant vraiment cette fois deux ou plusieurs camps imp&#233;rialistes entre eux. Ou qu'au contraire &#8211; s'appuyant sur la lassitude de la population et les trop grandes souffrances subies &#8211;, des repr&#233;sentants de l'imp&#233;rialisme occidental et de la Russie poussent &#224; un compromis de fin de conflit&#8230; sur le dos de la population ukrainienne, voire sur le dos de Zelensky. C'est en tout cas une telle fin de conflit que cherche Macron &#8211; qui n'a cess&#233; de se poser en homme du dialogue avec Poutine (il n'est d'ailleurs pas le seul &#224; tenir au maintien de quelques relations &#233;conomiques avec le ma&#238;tre du Kremlin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/La-guerre-de-Poutine-contre-l-Ukraine-sur-fond-de-rivalites-imperialistes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'article qui suit (cliquer ici)&lt;/a&gt; revient en d&#233;tail sur tous ces sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2022, Michelle Verdier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La guerre de Poutine contre l'Ukraine, sur fond de rivalit&#233;s imp&#233;rialistes
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		<description>La situation internationale est marqu&#233;e, depuis pr&#232;s de cinq mois et avant m&#234;me son d&#233;clenchement, par la guerre de Poutine contre l'Ukraine. Cette guerre, agression militaire de la Russie (qui compte au rang des grandes puissances de la plan&#232;te, avec ses 17 millions de km2 comme ses 144 millions d'habitants) contre l'Ukraine voisine (600 000 km2 et 44 millions d'habitants), ind&#233;pendante depuis la chute de l'URSS en 1991, s'accompagne d'un soutien largement affich&#233; &#224; l'Ukraine des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton18642-8ce8e.jpg?1787837569' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La situation internationale est marqu&#233;e, depuis pr&#232;s de cinq mois et avant m&#234;me son d&#233;clenchement, par la guerre de Poutine contre l'Ukraine. Cette guerre, agression militaire de la Russie (qui compte au rang des grandes puissances de la plan&#232;te, avec ses 17 millions de km2 comme ses 144 millions d'habitants) contre l'Ukraine voisine (600 000 km2 et 44 millions d'habitants), ind&#233;pendante depuis la chute de l'URSS en 1991, s'accompagne d'un soutien largement affich&#233; &#224; l'Ukraine des USA et dans leur sillage, bon gr&#233; mal gr&#233;, de puissances europ&#233;ennes, n&#233;anmoins mesur&#233; et dos&#233; pour ne pas faire basculer dans la &#171; cobellig&#233;rance &#187;. Le fond de cette guerre est de toute &#233;vidence l'exacerbation de confrontations inter-imp&#233;rialistes qui minent la plan&#232;te mondialis&#233;e sous la loi du capital. Ces rapports de force &#224; l'&#233;chelle internationale, en &#233;volution acc&#233;l&#233;r&#233;e depuis la crise de 2008 et marqu&#233;s par la tendance au retour &#224; un certain protectionnisme des plus grandes puissances, restent &#224; &#233;tudier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente &#8211; des r&#233;volutions du monde arabe en 2011 jusqu'aux r&#233;voltes de masse dans diff&#233;rents pays du monde, tout particuli&#232;rement en 2019 (Soudan, Alg&#233;rie, Ha&#239;ti, Hong Kong, Honduras, Porto Rico, &#201;gypte, Liban, Irak, Chili, Iran, Colombie), puis en 2020 en Bi&#233;lorussie et 2022 au Kazakhstan &#8211;, avait mis au centre de l'actualit&#233; des mobilisations sociales et politiques d&#233;termin&#233;es et tenaces contre des dictatures qui l'&#233;taient tout autant. C'&#233;tait &#171; ceux d'en haut &#187;, solidaires voire complices dans le recours &#224; la force brute de leurs pouvoirs d'&#201;tat, contre &#171; ceux d'en bas &#187;, aspirant &#224; une vie meilleure et &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187; &#8211; m&#234;me si aucune perspective ind&#233;pendante de classe du prol&#233;tariat ne s'en &#233;tait d&#233;gag&#233;e. La guerre de Poutine en Ukraine survient dans un contexte de rivalit&#233;s inter-imp&#233;rialistes pour les mati&#232;res premi&#232;res &#233;nerg&#233;tiques, industrielles ou agricoles. De quoi faire basculer dans une confrontation entre grandes puissances mondiales, laquelle, d'&#233;conomique ou g&#233;opolitique qu'elle reste &#224; ce stade, pourrait devenir arm&#233;e &#224; une &#233;chelle plus large.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ce n'est pas la guerre sur le terrain ukrainien qui est &#171; inter-imp&#233;rialiste &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la Russie de Poutine qui d&#233;fend des int&#233;r&#234;ts de grande puissance, entre autres de maintien d'une mainmise sur son &#171; &#233;tranger proche &#187; et au-del&#224; aussi, l'Ukraine d&#233;fend son existence et son ind&#233;pendance &#8211; sa population &#233;tant jusqu'&#224; pr&#233;sent largement mobilis&#233;e derri&#232;re son gouvernement et ses forces arm&#233;es, autant qu'on puisse en juger. Il nous est impossible de savoir jusqu'o&#249; des forces politiques et syndicales d'opposition au r&#233;gime de Zelensky (dont le Sotsialny Rukh (Mouvement social), un petit groupe), le soutiennent depuis le d&#233;clenchement de la guerre, ou comment elles s'en d&#233;marquent. D&#233;j&#224; avant la guerre r&#233;cente (pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une guerre dans l'est du pays depuis 2014, l'annexion de la Crim&#233;e et la proclamation des R&#233;publiques populaires de Donetsk et Lougansk, ayant fait quelque 14 000 morts), le prol&#233;tariat ukrainien ne s'&#233;tait pas exprim&#233; en propre contre un pouvoir pourtant ha&#239; d'oligarques corrompus. Arriv&#233; au pouvoir en 2019, avec plus de 70 % des voix au second tour de la pr&#233;sidentielle (mais 30 % au premier), l'humoriste Zelensky malgr&#233; ses sketches &#224; succ&#232;s d&#233;fendant les &#171; petits &#187; contre les &#171; gros &#187;, n'a pas chang&#233; l'ordre des choses &#8211; lui-m&#234;me d'ailleurs homme d'affaires et en partenariat d'affaires avec un des puissants oligarques du pays, Kolomoysky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous nous sommes exprim&#233;s clairement contre l'agression militaire de Poutine, si nous avons dit et &#233;crit &#171; Troupes russes hors d'Ukraine ! &#187; et d&#233;fendu le droit du peuple ukrainien &#224; disposer de lui-m&#234;me (titre de notre &#233;ditorial du 28 f&#233;vrier 2022 : &lt;em&gt;C'est au peuple ukrainien de d&#233;cider lui-m&#234;me de son sort&lt;/em&gt;), ce n'est pas seulement parce que Poutine aurait &#233;t&#233; l'agresseur, ce n'est pas parce qu'il serait l'homme d'une dictature brute contre une d&#233;mocratie m&#234;me formelle, pas non plus parce qu'un grand &#201;tat aurait envahi un plus petit. C'est aussi parce que cela d&#233;coule de notre analyse de l'appr&#233;ciation de la Russie de Poutine et sa politique : celle d'une des puissances du monde capitaliste, qu'on peut qualifier d'imp&#233;rialiste parce qu'elle m&#232;ne une politique de r&#233;alisation et expansion de ses profits sur la sc&#232;ne internationale, y compris par des moyens militaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La Russie, puissance &#171; pauvre &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le fait que certains la disent &#171; puissance pauvre &#187; est &#224; relativiser. Ce n'est pas en quelques lignes que nous pouvons &#233;puiser la question. Mais la Russie de Poutine a su par exemple utiliser les sanctions &#233;conomiques prises contre elle depuis 2014, par une politique de &#171; substitution des importations &#187; qui a partiellement corrig&#233; le fait que son &#233;conomie &#233;tait essentiellement de &#171; rente &#187; sur des mati&#232;res premi&#232;res, dont les hydrocarbures ; elle a par ailleurs r&#233;orient&#233; ses exportations, en particulier en direction de la Chine. Et si la F&#233;d&#233;ration de Russie, le plus grand pays du monde en superficie et probablement parmi les mieux dot&#233;s en ressources naturelles malgr&#233; sa position septentrionale, souffre manifestement d'une &#233;conomie ax&#233;e sur l'exportation de mati&#232;res premi&#232;res, cela n'en fait pas moins une puissance avide d'arracher des zones d'influence pour ses march&#233;s et ses capitaux dans le monde &#8211; par le &#171; soft &#187; comme par le &#171; hard &#187; power.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Nous ne sommes plus dans un cadre de &#171; guerre froide &#187; d'avant la fin de l'URSS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux blocs (Ouest et Est) s'affrontaient alors, tout en &#233;tant complices &#224; gendarmer le monde contre les r&#233;voltes ou r&#233;volutions populaires (bloc Est issu de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne n'ayant rien &#224; voir avec un p&#244;le r&#233;volutionnaire). Gorbatchev a initi&#233; la contre-r&#233;volution politique et juridique qui a jet&#233; les bases de la restauration du capitalisme, a r&#233;introduit la propri&#233;t&#233; priv&#233;e dans l'ex-URSS, a abouti &#224; son &#233;clatement sous l'effet des forces centrifuges capitalistes. Tout logiquement, Elstine comme Poutine ont trouv&#233; les symboles de leur nouveau pouvoir dans une F&#233;d&#233;ration de Russie r&#233;int&#233;gr&#233;e dans le giron de l'imp&#233;rialisme mondial, du c&#244;t&#233; du tsarisme : aigle &#224; deux t&#234;tes, croix de saint Georges, religion orthodoxe redevenue d'&#201;tat&#8230; Au-del&#224; de l'anecdotique, c'est surtout une politique imp&#233;riale ou imp&#233;rialiste &#8211; peu importe comment on la nomme, on pourrait aussi la dire n&#233;ocoloniale quant aux r&#233;publiques du Caucase Nord dont la Tch&#233;tch&#233;nie &#8211; qui a &#233;t&#233; men&#233;e. D'abord consistant &#224; consid&#233;rer les quatorze autres &#201;tats ind&#233;pendants issus de l'ex-URSS (qui &#233;taient des R&#233;publiques socialistes sovi&#233;tiques avant le d&#233;mant&#232;lement) comme un &#171; &#233;tranger proche &#187; sur lequel exercer comme de droit un pouvoir. Ensuite en d&#233;clenchant deux guerres en Tch&#233;tch&#233;nie, dont la deuxi&#232;me sous Poutine avec destruction sous les bombes de la capitale Grozny, pour tuer toute aspiration &#224; l'ind&#233;pendance d'&#171; entit&#233;s/sujets &#187; appartenant &#224; la F&#233;d&#233;ration de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, apr&#232;s que le pays fut sorti du chaos des ann&#233;es 1990 li&#233; &#224; la sauvagerie des ex-bureaucrates devenus &#171; nouveaux Russes &#187; ou nouveaux capitalistes (dits oligarques) &#224; s'approprier les meilleurs pans de l'&#233;conomie dans la grande braderie des privatisations, Poutine a restaur&#233; une &#171; verticale du pouvoir &#187;. Il s'agit tr&#232;s certainement d'une soumission d'oligarques &#224; son pouvoir politique, mais un pouvoir par ailleurs tout d&#233;vou&#233; aux int&#233;r&#234;ts de ces m&#234;mes oligarques. Dans des relations entre &#171; acteurs politiques &#187; et &#171; acteurs &#233;conomiques &#187; pas bien diff&#233;rentes de celles qu'on conna&#238;t ailleurs (le PDG de Total ne pr&#233;tend pas rafler la place de Macron, ce qui n'emp&#234;che pas Macron d'&#339;uvrer autant qu'il le peut pour Total).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le positionnement de Lutte ouvri&#232;re, il nous semble par exemple totalement impropre de trouver &#224; Poutine, pour son agression contre l'Ukraine certes d&#233;nonc&#233;e par LO, l'excuse qu'elle serait &#171; d&#233;fensive &#187; face &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain avan&#231;ant derri&#232;re le bouclier de l'Otan. Nous ne sommes plus en juin 1940, quand Trotski a pu analyser l'avanc&#233;e de l'arm&#233;e rouge dans les &#201;tats baltes comme une campagne militaire &#171; d&#233;fensive &#187;, y compris face &#224; l'Allemagne nazie avec laquelle Staline avait pourtant pass&#233; un pacte. Nous ne sommes plus &#224; l'&#233;poque de l'URSS, d'un &#201;tat ouvrier certes d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; mais qui gardait le besoin de se d&#233;fendre face aux puissances imp&#233;rialistes. Pr&#233;cisons d'ailleurs que m&#234;me &#224; l'&#233;poque de l'URSS, Lutte ouvri&#232;re n'a pas accord&#233; la moindre justification &#171; d&#233;fensive &#187; aux chars russes envoy&#233;s contre la r&#233;volution hongroise de 1956, ou contre le printemps tch&#233;coslovaque de 1968, ou contre l'Afghanistan et sa r&#233;sistance nationale en d&#233;cembre 1979. Parce que c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment la pire des fa&#231;ons de &#171; d&#233;fendre &#187; l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas non plus ignorer la politique d'interventions militaires ext&#233;rieures de Poutine, en G&#233;orgie en 2008, en Ukraine d&#233;j&#224; en 2014, mais aussi en Syrie aux c&#244;t&#233;s d'Assad en 2015 (et destruction d'Alep), en Libye, voire en Afrique pour tenter de damer le pion, ne serait-ce &#224; ce stade qu'&#224; la marge, &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un contexte de tensions inter-imp&#233;rialistes marque fortement cette guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La toile de fond, hors du terrain ukrainien o&#249; l'arm&#233;e russe affronte des forces arm&#233;es ukrainiennes, tend &#224; prendre autant de relief que la guerre elle-m&#234;me. Au-del&#224; des tirades hypocrites de Biden, Johnson ou Macron sur la &#171; d&#233;mocratie &#187; qu'il faudrait d&#233;fendre face aux dictatures autoritaires (quand et o&#249; ces dirigeants ont-ils respect&#233; ces crit&#232;res, eux qui sont amis avec les dirigeants d'Arabie saoudite, d'Isra&#235;l et tant d'autres dictateurs ? Sans parler &#233;videmment de leurs propres politiques de &#171; d&#233;mocraties imp&#233;rialistes &#187; qui les am&#232;nent &#224; guerroyer, directement ou indirectement dans le monde par les moyens les plus barbares).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la guerre du gaz, la guerre du p&#233;trole, la guerre des armes voire la guerre du bl&#233; et de bien d'autres richesses naturelles que se disputent les &#201;tats et les multinationales de la plan&#232;te capitaliste mondialis&#233;e. De toute &#233;vidence, Biden aimerait redessiner un monde davantage favorable &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, se r&#233;approprier des parts de march&#233; dans bien des domaines, en &#171; d&#233;branchant &#187; ou en &#171; d&#233;connectant &#187; (comme le formulent des responsables politiques am&#233;ricains), non seulement l'Europe de la Russie, mais aussi l'Asie de la Chine. &lt;em&gt;Le Monde &lt;/em&gt;du 25 mai, &#224; l'occasion du voyage de Biden en Cor&#233;e du Sud et au Japon, titrait &lt;em&gt;Washington veut cr&#233;er un front antichinois en Asie&lt;/em&gt; et introduisait ainsi son article : &lt;em&gt;&#171; La Cor&#233;e du Sud et le Japon, points d'ancrage de la strat&#233;gie am&#233;ricaine en Asie du Nord-Est, sont &#233;galement engag&#233;s dans la politique visant &#224; sanctionner et &#224; isoler la Russie &#224; la suite de l'invasion de l'Ukraine. &#187;&lt;/em&gt; Il y aurait le front europ&#233;en mais aussi le front Indo-Pacifique, face &#224; la Chine&#8230; et certains commentateurs voient d&#233;j&#224; Xi Jinping agresser militairement Ta&#239;wan comme Poutine agresse l'Ukraine. Les USA, d&#233;j&#224; depuis des ann&#233;es en guerre &#233;conomique contre la Chine, cherchent probablement &#224; ne pas avoir en face d'eux un bloc &#171; Russie-Chine &#187;, voire plus vaste si l'on en juge par le nombre de pays qui comme la Chine mais aussi l'Inde, sans soutenir ouvertement Poutine, marquent des distances avec la politique des USA et de l'Otan.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La position &#171; Ni Poutine ni Otan &#187; est critiquable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle est adopt&#233;e par des r&#233;gimes de &#171; pays du sud &#187; comme l'Alg&#233;rie, par une certaine &#171; gauche &#187; en France (PCF ou LFI) comme par une partie de l'extr&#234;me gauche dans le monde, et elle minorise la responsabilit&#233; de Poutine, exprime un &#171; anti-am&#233;ricanisme &#187; largement partag&#233; sur la plan&#232;te mais qui n'a rien &#224; voir avec un positionnement de classe, qui exprime en r&#233;alit&#233; un nationalisme qui peut &#234;tre &#171; de gauche &#187; comme de droite ou d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacifisme ou le positionnement &#171; anti-guerre &#187; mis en avant y compris par des courants d'extr&#234;me gauche, refl&#232;te ces pressions anti-am&#233;ricaines ou quelque pr&#233;cipitation &#224; vouloir trouver un slogan. Mais on ne se retrouve en aucune fa&#231;on dans un contexte de conflit inter-imp&#233;rialiste o&#249; le &#171; d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire &#187; s'imposerait. La situation est plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'opposition &#171; Otan vs Poutine &#187; est une analyse manich&#233;enne des contradictions inter-imp&#233;rialistes, en tout cas fait fi des divergences manifestes d'int&#233;r&#234;ts entre imp&#233;rialismes rivaux : en l'occurrence, autour de cette guerre en Ukraine, entre les USA et l'Allemagne, &#224; un certainement moindre degr&#233; entre les USA et la France. On le voit tout particuli&#232;rement &#224; propos des sanctions &#233;conomiques contre la Russie, propos&#233;es tambour battant par les USA, mais discut&#233;es, valid&#233;es (ou non) et appliqu&#233;es (ou non) de fa&#231;on bien diff&#233;rentes par les pays d'Europe, directement concern&#233;s, eux qu'il s'agit de &#171; d&#233;brancher de la Russie &#187;. Nous ne reviendrons pas longuement sur l'&#233;pisode de ce gazoduc Nord Stream 2 dont Trump puis Biden ont arr&#234;t&#233; la mise en fonctionnement, reliant directement la Russie &#224; l'Allemagne (et au reste de l'Europe) pour un approvisionnement en gaz vital pour le continent. L'offensive am&#233;ricaine avait commenc&#233; avant le d&#233;clenchement de la guerre actuelle, qui offre aux USA l'opportunit&#233; &#8211; sous pr&#233;texte de sanctions &#233;conomiques &#8211; de presser davantage l'Allemagne, la France, l'Autriche ou la Hongrie, &#224; rompre le maximum de liens &#233;conomiques avec la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Interd&#233;pendances &#233;conomiques entre Russie et Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis la chute de l'URSS, les imp&#233;rialistes allemands et dans une moindre mesure fran&#231;ais ont investi &#224; l'est, et en Russie. Les interd&#233;pendances sont importantes. Le gaz et l'embargo sur cette manne russe &#8211; &#224; la une des m&#233;dias &#8211; a fait figure d'embl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, des dirigeants socialistes ou Verts (Hollande et Jadot en t&#234;te), sont les champions de l'embargo sur le gaz russe au profit du gaz liqu&#233;fi&#233; am&#233;ricain. De grandes firmes fran&#231;aises, industrielles ou commerciales, qui avaient investi en Russie (dont Renault, propri&#233;taire d'Avtovaz qui g&#232;re la marque Lada), y ont arr&#234;t&#233; leurs usines de production ou leurs sites. D'autres comme Leroy-Merlin, du groupe Mulliez, semblent r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la situation est particuli&#232;rement difficile pour le grand capital allemand, dont l'approvisionnement en gaz russe (avec participation de l'ex-chancelier Gerhard Schr&#246;der au capital de Gazprom, de plus en plus d&#233;cri&#233;e dans le pays) ne satisfait pas seulement les besoins &#233;nerg&#233;tiques du pays, mais conditionne la production, en tant que mati&#232;re premi&#232;re, en particulier dans la chimie. D'o&#249; un genre de bras de fer &#8211; &#224; peine gant&#233; de velours &#8211; entre imp&#233;rialismes US et allemand. Une r&#233;cession s'annonce en Allemagne avec des cons&#233;quences sur l'ensemble du continent. L'inflation aussi s&#233;vit : d&#233;j&#224; en mars 2022 l'indice officiel des prix &#224; la consommation &#233;tait de 7,3 % plus &#233;lev&#233; que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente &#8211; les cons&#233;quences de la guerre en Ukraine s'ajoutant comme partout &#224; des probl&#232;mes ant&#233;rieurs, entre autres li&#233;s au Covid. Les d&#233;bats politiques font rage en Allemagne sur l'alignement ou non sur les volont&#233;s am&#233;ricaines, et des conversions &#224; marche forc&#233;e s'annoncent (que les classes populaires vont payer), en faveur du GNL am&#233;ricain (gaz liqu&#233;fi&#233; dont les USA sont exportateurs et &#224; l'aff&#251;t de march&#233;s depuis qu'ils ont avec Obama mis&#233; sur l'extraction du gaz de schiste). Et l'Allemagne d'annoncer sous la houlette de son ministre de l'&#201;conomie &#171; Vert &#187;, Robert Habeck, la mise en chantier d'installations flottantes g&#233;antes &#8211; terminaux de r&#233;ception du gaz am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article du &lt;em&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/em&gt; du mercredi 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juin r&#233;sumait la complexit&#233; de ces affaires d'embargos anti-russes, &#171; &#224; g&#233;om&#233;trie variable &#187; : les institutions europ&#233;ennes annoncent voire d&#233;cident de paquets de sanctions en ne se privant pas de les d&#233;tourner, par ces exceptions qui pr&#233;servent la r&#232;gle, pour que &#171; le business reste roi &#187; (dit &#224; juste titre le &lt;em&gt;Canard&lt;/em&gt;). &#192; l'heure du &#171; sixi&#232;me paquet &#187; de sanctions et d'un embargo proclam&#233; strict sur le p&#233;trole russe, la Hongrie dont 65 % des besoins en p&#233;trole sont satisfaits par la Russie continuerait &#224; &#234;tre aliment&#233;e par le c&#233;l&#232;bre ol&#233;oduc ouvert en l'an 1963 de l'&#232;re sovi&#233;tique, appel&#233; &lt;em&gt;Droujba&lt;/em&gt; (c'est-&#224;-dire &lt;em&gt;Amiti&#233;&lt;/em&gt; en russe). L'amiti&#233; &#233;tant largement partag&#233;e, l'ol&#233;oduc traverse l'Ukraine et la Slovaquie. Par ailleurs, le gaz russe continue d'irriguer largement l'Europe, y compris par un gazoduc ukrainien, et le pays de Zelensky ou du moins son entreprise nationale Naftogaz a touch&#233; au passage une redevance de transit de quelque 7,2 milliards de dollars pour la p&#233;riode de 2022 &#224; 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Monde diplomatique&lt;/em&gt; de juin 2022, de son c&#244;t&#233;, attire l'attention sur le &#171; duopole sino-russe &#187; qui est en passe de se partager la &#171; plan&#232;te &#233;lectronucl&#233;aire &#187; &#8211; remise &#224; l'honneur du fait des besoins de se passer des &#233;nergies fossiles &#8211; &#171; transition &#233;cologique &#187; oblige ! L'article souligne que la soci&#233;t&#233; russe Rosatom est tourn&#233;e vers une reconqu&#234;te du march&#233; mondial, le dominerait d&#233;j&#224; par l'extraction de l'uranium, son enrichissement, la production de combustibles nucl&#233;aires et des projets par dizaines de construction de r&#233;acteurs &#224; l'&#233;tranger. Les McDo viennent de fermer en fanfare en Russie mais le nucl&#233;aire est un bien plus gros &#171; Big Mac &#187; : &lt;em&gt;&#171; Exelton et Duke Energy, les deux principaux op&#233;rateurs du pays, combattent toutes restrictions aux &#233;changes avec la Russie, leur rentabilit&#233; d&#233;pendant largement de la capacit&#233; &#224; se fournir en combustibles aupr&#232;s de Rosatom. &#187;&lt;/em&gt; Le diable est toujours dans ces d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ces clans &#233;conomiques qui cherchent &#224; se constituer et font aujourd'hui l'actualit&#233; en se dressant en toile de fond de cette guerre en Ukraine, il ne faut pas perdre de vue les complicit&#233;s qui demeurent entre &#171; grands &#187; de la plan&#232;te. Si les USA, la Grande-Bretagne ou les plus grandes puissances de l'UE mettent tant de soin &#224; se dire non directement bellig&#233;rantes, ce n'est pas par souci moral ou humanitaire, voire crainte de d&#233;clencher une Troisi&#232;me Guerre mondiale. Leurs politiques ne nous en prot&#232;gent pas. C'est simplement le signe qu'&#224; ce stade, la Russie de Poutine reste pour elles un adversaire s&#233;rieux mais n&#233;anmoins partenaire en bien des affaires. Effectivement, le business reste roi. C'est d'ailleurs ce qui explique le refus de l'UE comme de l'Otan, sous des pr&#233;textes fallacieux, d'int&#233;grer dans leurs rangs l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Sanctions, sanctions &#233;conomiques&#8230; Les classes populaires et elles seules vont trinquer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains, m&#234;me dans l'extr&#234;me gauche les justifieraient, pour peu qu'elles ne frappent que les oligarques. Mais ce n'est vraiment qu'&#224; la marge que des sanctions peuvent toucher ceux dont les fortunes se chiffrent &#224; 10 ou 20 milliards de dollars (ils seraient 220 &#171; super milliardaires &#187; en dollars en Russie, contre 230 en France et 220 en Grande-Bretagne). Ils peuvent all&#233;grement s'accommoder d'un pr&#233;l&#232;vement sur leurs portefeuilles, yachts ou r&#233;sidences &#224; Londres ou sur les rivieras italienne ou fran&#231;aise. Ce sont immanquablement les classes populaires, et elles seules, qui vont trinquer. En r&#233;action aux sanctions &#233;conomiques dont financi&#232;res, qui vont nuire &#224; l'extraction de plus-value tir&#233;e de l'exploitation des classes populaires, les poss&#233;dants vont se rattraper de diverses fa&#231;ons : par la croissance du ch&#244;mage ou par des flamb&#233;es d'inflation &#8211; ou par les deux &#8211;, dans tous les cas par une baisse du niveau de vie des populations. Du fait de l'interd&#233;pendance des &#233;conomies, ce sont tous les prol&#233;taires qui vont le payer, s'ils ne r&#233;agissent pas. La guerre en Ukraine entra&#238;ne d&#233;j&#224; une vague de ch&#244;mage en Russie, compens&#233;e jusqu'o&#249; et pour combien de temps par des aides de l'&#201;tat ? Elle fait planer des menaces s&#233;rieuses de ch&#244;mage en Allemagne aussi. Du fait de l'approvisionnement d'un bon nombre de pays (dont l'&#201;gypte et le Maghreb) en c&#233;r&#233;ales dont la Russie et l'Ukraine sont de gros fournisseurs, ce sont aussi des menaces d'accroissement des p&#233;nuries alimentaires, d'augmentation des dangers de famines, qui se dessinent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La course aux armements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est aussi une farouche concurrence dans le secteur de la production et vente d'armes. Pour la p&#233;riode 2016-2020, les USA arrivent largement en t&#234;te (37 % du march&#233;), mais la Russie arrive en second (20 %), la France de Hollande-Macron est remont&#233;e au troisi&#232;me rang mondial (8,2 %). Par ailleurs, la plupart des grands &#201;tats, ces derni&#232;res ann&#233;es, augmentent leur budget d'armement (y compris l'Allemagne et le Japon). Les &#201;tats sont &#233;videmment et g&#233;n&#233;ralement les premiers clients de leurs propres marchands d'armes, mais ils se disputent aussi des march&#233;s. Voir les d&#233;boires de la France il y a quelques mois, avec une Australie qui sur pression de Biden a rompu un contrat de fourniture de sous-marins. Les grosses machines que sont les complexes militaro-industriels des grandes puissances, prennent une place qui ne faiblit pas &#8211; au contraire &#8211; dans leur &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre, les livraisons d'armes &#224; l'Ukraine marquent tr&#232;s largement l'actualit&#233;. Elles n'alimentent pas seulement les discussions entre militants d'extr&#234;me gauche qui s'interrogent sur la l&#233;gitimit&#233; du peuple ukrainien &#224; demander des armes &#224; ceux qui peuvent leur en fournir, &#224; savoir pr&#233;cis&#233;ment ces &#201;tats, grands marchands d'armes. Sans attendre les verdicts d'extr&#234;me gauche, USA, Grande-Bretagne et de nombreux pays de l'UE livrent des joujoux de guerre &#8211; ou plut&#244;t les vendent &#224; cr&#233;dit &#224; l'Ukraine qui devra un jour rembourser. Biden a annonc&#233; plus de 50 milliards de dollars de &#171; pr&#234;t-bail &#187; sur le mod&#232;le de Roosevelt au d&#233;but de la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 3 juin consacre un article &#224; ces livraisons d'armes et &#224; &#171; l'effort contrast&#233; des Occidentaux &#187; en la mati&#232;re. C'est en quantit&#233; et qualit&#233; diverses, mais croissantes, que les demandes sont honor&#233;es, par les &#201;tats-Unis en t&#234;te, mais aussi &#8211; nouveaut&#233; &#8211; par l'Allemagne dont le Bundestag discute en ce d&#233;but juin sur un volume de 100 milliards d'euros de moyens suppl&#233;mentaires accord&#233;s &#224; la Bundeswehr dans ce cadre. Un genre de s&#233;isme politique dans une Allemagne qui a longtemps camp&#233; sur une position de non-intervention militaire sur des terrains ext&#233;rieurs (spectre des d&#233;vastations de la Seconde Guerre mondiale). Et que des gouvernements ont rompu en deux &#233;tapes, sous l'impulsion en 1999 du Vert Joschka Fischer (vice-chancelier et ministre des Affaires &#233;trang&#232;res), premier homme politique du pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale &#224; engager des troupes dans une op&#233;ration militaire &#224; l'&#233;tranger, en la circonstance contre Milo&#353;evi&#263; aux c&#244;t&#233;s de l'Otan en Yougoslavie ; sous l'impulsion en 2022 du Vert Robert Habeck, ministre de l'&#201;conomie du gouvernement du social-d&#233;mocrate Olaf Scholz (gouvernement &#171; tripartite &#187; SPD-Verts-Lib&#233;raux), au lendemain m&#234;me de l'agression russe en Ukraine. La guerre en Ukraine et d&#233;j&#224; la situation tendue qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e ont &#233;t&#233; aussi l'occasion pour les USA, et plus largement leurs alli&#233;s dans l'Otan, de renforcer leur dispositif de bases militaires dans les pays europ&#233;ens limitrophes &#224; l'Ukraine (&#201;tats baltes, Pologne, Roumanie entre autres), d'augmenter les effectifs militaires am&#233;ricains, mais aussi britanniques, fran&#231;ais ou allemands dans ces m&#234;mes pays, et aussi et surtout de grossir leur budget militaire. Il s'agirait pour les &#201;tats de la plan&#232;te de viser &#224; atteindre voire d&#233;passer les 2 % du PIB. Ce qui revient &#224; grossir d'abord et avant tout les carnets de commande des marchands d'armes am&#233;ricains. Si Biden pousse &#224; une r&#233;activation de l'Otan (Alliance militaire cr&#233;&#233;e en 1949 sous sa coupe et &#224; l'&#233;poque contre l'URSS, &#224; laquelle des &#201;tats r&#233;put&#233;s neutres comme la Finlande et la Su&#232;de veulent maintenant adh&#233;rer), c'est une affaire autant commerciale que politique. Au nom de l'&#171; interop&#233;rabilit&#233; &#187; des armements, condition &#224; la meilleure collaboration possible, il serait par exemple bon que tous ach&#232;tent du &lt;em&gt;&#171; made in US &#187;&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;&#171; La clause de s&#233;curit&#233; de l'Otan s'appelle article V, pas article F-35 &#187;,&lt;/em&gt; aurait d&#233;clar&#233;, &#224; propos des contrats avec l'Australie rafl&#233;s par les USA, l'ex-ministre fran&#231;aise des arm&#233;es Florence Parly. Bonjour l'amiti&#233; inter-atlantique ! Au grand dam de Dassault, l'Allemagne a d&#233;cid&#233; d'acheter des F-35 am&#233;ricains plut&#244;t que ses bons Rafale. La guerre et la mort des uns, se fait par les armes d'autres, qui en tirent profits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'extr&#234;me gauche r&#233;volutionnaire : un large panel de positionnements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France comme dans divers pays, on s'interroge : faut-il soutenir un camp et lequel ? Faut-il exiger, et de qui, la livraison d'armes &#224; l'Ukraine (certains introduisant la nuance entre &#171; offensives &#187; et &#171; d&#233;fensives &#187;) ? Faut-il soutenir la politique de sanctions &#233;conomiques contre la Russie, un peu, beaucoup ou pas du tout ? Quelle politique faudrait-il esquisser ? Le panorama est vaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, nous sommes tout particuli&#232;rement concern&#233;s par les positions de la direction du NPA. Lors de la campagne pr&#233;sidentielle, Philippe Poutou comme Olivier Besancenot ont &#233;t&#233; interview&#233;s sur la trag&#233;die de la guerre en Ukraine. Sans ambages, ils ont d&#233;nonc&#233; l'agression de Poutine et apport&#233; leur soutien &#224; la population ukrainienne, comme aux opposants russes &#224; la politique de Poutine. On peut souligner que la formulation d'un tract du NPA du 4 mars, &lt;em&gt;&#171; Les appels des UkrainienEs &#224; se faire livrer des armes d&#233;fensives sont &#224; ce titre parfaitement compr&#233;hensibles, m&#234;me si nous n'avons aucune confiance dans les dirigeants des puissances capables de r&#233;pondre &#224; cet appel &#187;&lt;/em&gt; &#8211; formulation &#224; laquelle le NPA s'est tenu dans sa presse &#233;crite, ne revient pas &#224; demander la livraison d'armes. Philippe Poutou comme Olivier Besancenot ont en r&#233;alit&#233; adopt&#233; un ton modeste, compr&#233;hensible et appr&#233;ciable en l'absence de liens s&#233;rieux avec des militants de l'opposition ukrainienne, quels qu'ils soient ; eux comme nous bouscul&#233;s par l'irruption de cette guerre barbare au c&#339;ur de l'Europe et eux comme nous &#233;tant en peine de dire quelle politique il faudrait mener l&#224;-bas, qui soit d'opposition &#224; l'invasion arm&#233;e russe tout en &#233;tant &#171; de classe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quelle serait une politique d'ind&#233;pendance de classe ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certes, s'adresser aux soldats russes pour tenter de les faire basculer. Certes, tenter d'organiser des &#171; brigades &#187; ouvri&#232;res qui en Ukraine combattraient l'ennemi arm&#233; mais aussi la politique de loi martiale et d'atteinte du pouvoir ukrainien &#224; des libert&#233;s d&#233;mocratiques, dont le droit de manifestation, le droit de gr&#232;ve et autres entorses au Code du travail ? Dans les entreprises qui continuent &#224; tourner, faire vivre des r&#233;seaux (certainement clandestins ?) sur cette ligne, pr&#233;servant une politique d'ind&#233;pendance de classe du prol&#233;tariat ? Mais qui peut ignorer qu'en raison de la faiblesse de l'extr&#234;me gauche ukrainienne et internationale, les grandes lignes d'une telle politique restent des phrases sur le papier ? Il s'agit de se poser les probl&#232;mes, de chercher des relais et des axes pour une politique ind&#233;pendante du prol&#233;tariat, mais aussi de se m&#233;fier des &#233;chafaudages hors sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, on peut constater que le caract&#232;re vital d'une politique d'ind&#233;pendance de classe, d'organisation et d'intervention des communistes r&#233;volutionnaires d'Ukraine, malgr&#233; tous les pi&#232;ges du &#171; hors sol &#187;, n'est que tr&#232;s peu &#233;voqu&#233; par les militants de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale. Force est de constater qu'ils en restent &#224; un positionnement de &#171; solidarit&#233; &#187; avec la &#171; r&#233;sistance &#187; ukrainienne &#224; l'envahisseur. Mais quelle &#171; r&#233;sistance &#187;, dirig&#233;e par qui, si ce n'est par des forces bourgeoises, y compris les plus r&#233;actionnaires ? De nombreuses discussions sont d&#233;battues au sein de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; sur l'Ukraine, dont certainement des positions peu critiques &#224; l'&#233;gard d'une &#171; r&#233;sistance &#187; ukrainienne elle-m&#234;me subissant les pressions qu'on peut imaginer fortes &#224; l'unit&#233; nationale contre Poutine. &#192; ce jour, la solidarit&#233; de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et de la direction du NPA s'exprime par un soutien quasi exclusif &#224; un R&#233;seau europ&#233;en de solidarit&#233; Ukraine (Resu), constitu&#233; de diverses organisations ukrainiennes &#8211; politiques, associatives (f&#233;ministes) et syndicales, dites de gauche ou tonalit&#233; &#171; gauche de la gauche &#187; &#8211;, critiques &#224; l'&#233;gard de la politique de Zelensky (sans qu'il soit clairement dit en quoi et sur quoi), et qui participent au &#171; combat arm&#233; et non arm&#233; &#187; contre l'arm&#233;e russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidarit&#233;, oui, elle est l&#233;gitime, mais sans s'abstenir de nos critiques ou interrogations sur les organisations en question, du moins certaines d'entre elles. C'est en tout cas dans le cadre des discussions avec les courants qui composent ce r&#233;seau qu'Olivier Besancenot, avec une d&#233;l&#233;gation de militants politiques et syndicaux de gauche de divers pays, s'est rendu &#224; Lviv il y a quelques semaines &#8211; ce qu'il a eu raison de faire, tous les contacts sont pr&#233;cieux &#8211; pour en revenir avec quelques &#233;l&#233;ments prudents de compr&#233;hension de la situation : &lt;em&gt;&#171; Le plus surprenant, c'est de constater &#224; quel point la vie politique perdure malgr&#233; le conflit, avec des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes bien s&#251;r selon l'endroit o&#249; l'on se trouve dans le pays. Les questions sociales n'ont pas disparu dans les combats. Les syndicalistes que nous avons rencontr&#233;s, engag&#233;s dans la r&#233;sistance face &#224; Poutine, continuent leurs luttes contre les politiques lib&#233;rales que m&#232;ne le pr&#233;sident Zelensky. Son gouvernement utilise, par exemple, le contexte de la guerre pour faciliter les licenciements dans les usines et les entreprises. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De notre c&#244;t&#233; aussi, la prudence est certainement de circonstance, ce qui n'a rien &#224; voir avec l'abandon d'un programme r&#233;volutionnaire de classe. Mais pour l'heure, reste que ce serait un programme propagandiste encore bien virtuel&#8230; en tout cas pour les Ukrainiens pris dans l'enfer de cette guerre. Nous ne pouvons pas faire abstraction de l'immense difficult&#233; dans laquelle ils se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'avenir serait surtout entre les mains des prol&#233;taires et opposants russes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La guerre en Ukraine a manifestement secou&#233; la soci&#233;t&#233; russe. De nombreuses manifestations ont eu lieu dans les jours qui ont suivi son d&#233;clenchement. Brutalement r&#233;prim&#233;es. La contestation depuis ne s'est pas totalement &#233;teinte, on en a des bribes par certains m&#233;dias, mais elle est manifestement affaiblie par la fuite du pays de dizaines de milliers de personnes, dont un grand nombre d'opposants r&#233;fugi&#233;s dans les pays limitrophes. La principale cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision russe, &lt;em&gt;Pervyi Kanal&lt;/em&gt;, d&#233;verse une propagande &#233;hont&#233;e. Jusqu'o&#249; la population y croit-elle ? Jusqu'o&#249; la politique de Poutine peut-elle rester cr&#233;dible et ne pas pousser &#224; la r&#233;volte ? La chape de la dictature &#8211; et la difficult&#233; et faiblesse des contacts entre r&#233;volutionnaires &#8211; emp&#234;chent d'avoir la moindre visibilit&#233;. M&#234;me s'il est &#233;vident que c'est du c&#244;t&#233; russe que pourrait venir le sursaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poutine a des opposants, en particulier des opposants bourgeois, &#171; lib&#233;raux &#187; (en particulier adeptes d'Alexe&#239; Navalny toujours emprisonn&#233;), quelque peu rod&#233;s &#224; une lutte, il faut le dire, courageuse contre Poutine. Une opposition se dessinerait aussi du c&#244;t&#233; du KPRF, parti communiste accr&#233;dit&#233; par Poutine, qui soutient son aventure militaire mais dont certains membres et d&#233;put&#233;s se seraient d&#233;marqu&#233;s. Poutine pourrait trouver aussi de l'opposition du c&#244;t&#233; de certains oligarques qui peuvent penser que sa politique n'est pas la meilleure pour leurs affaires &#8211; des rumeurs avaient circul&#233; dans ce sens. Mais bien &#233;videmment, c'est d'un sursaut populaire massif en Russie que viendrait l'issue favorable aux Ukrainiennes et Ukrainiens sous les bombes, comme &#224; tous les prol&#233;taires de la plan&#232;te. L'espoir n'est pas totalement vain quand on garde en m&#233;moire des mobilisations qui ont marqu&#233; le pays &#8211; entre autres une longue lutte, en 2018, contre une sale r&#233;forme des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agression militaire de l'Ukraine par l'arm&#233;e de Poutine a des cons&#233;quences humaines, mat&#233;rielles et politiques d&#233;vastatrices pour les classes populaires d'Ukraine mais aussi de F&#233;d&#233;ration de Russie. En plus de ses cons&#233;quences tragiques en Ukraine (nous ne revenons pas ici sur l'&#233;tat de d&#233;vastation humaine et mat&#233;rielle du pays, sur les millions qui ont fui leurs villages et villes comme leur pays), cette guerre aura in&#233;vitablement &#8211; ou a d&#233;j&#224; &#8211; des cons&#233;quences pour les classes populaires du reste du monde &#8211; la mont&#233;e des tensions entre puissances imp&#233;rialistes ne pouvant se traduire autrement que par l'exploitation et l'oppression renforc&#233;es des prol&#233;taires. Des sacrifices &#233;conomiques seront exig&#233;s, la militarisation des &#201;tats sera accrue au d&#233;triment des besoins sociaux, les r&#233;gimes politiques se durciront immanquablement. C'est le cadre in&#233;vitable des luttes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que peut-on faire ? Force est de reconna&#238;tre que pour l'heure, nous en sommes r&#233;duits &#224; expliquer, d&#233;noncer, &#233;clairer et nous donner les moyens d'y voir le plus clair possible nous-m&#234;mes. Entre autres par des contacts &#224; rechercher par toutes les voies possibles. Avec la conviction que les situations fortes de drames et de crimes imp&#233;rialistes contre l'humanit&#233;, sont fortes aussi de secousses sociales et r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 juin 2022, M. V.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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