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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Congo : Quand Elf s'en va-t-en guerre&#8230;
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Congo
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		<description>A ce jour, la derni&#232;re guerre ouverte pour le p&#233;trole porte la marque de la France. Au Congo-Brazzaville, en 1997, le pouvoir du pr&#233;sident Lissouba &#233;tait chancelant, ses caisses vides, et son rival, l'ancien dictateur de 1979 &#224; 1992, Denis Sassou Nguesso, constituait une v&#233;ritable arm&#233;e priv&#233;e pour reprendre le pouvoir. Pour payer ses fonctionnaires et&#8230; des armes, Lissouba oscilla entre chantage et servilit&#233; &#224; l'&#233;gard d'Elf, trust h&#233;g&#233;monique au Congo dont il produit 80 % du p&#233;trole,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Petrole-ces-trusts-qui-saignent-la-planete-" rel="directory"&gt;DOSSIER : P&#233;trole : ces trusts qui saignent la plan&#232;te
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Congo-+" rel="tag"&gt;Congo
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A ce jour, la derni&#232;re guerre ouverte pour le p&#233;trole porte la marque de la France. Au Congo-Brazzaville, en 1997, le pouvoir du pr&#233;sident Lissouba &#233;tait chancelant, ses caisses vides, et son rival, l'ancien dictateur de 1979 &#224; 1992, Denis Sassou Nguesso, constituait une v&#233;ritable arm&#233;e priv&#233;e pour reprendre le pouvoir. Pour payer ses fonctionnaires et&#8230; des armes, Lissouba oscilla entre chantage et servilit&#233; &#224; l'&#233;gard d'Elf, trust h&#233;g&#233;monique au Congo dont il produit 80 % du p&#233;trole, et qui jusque l&#224;, l'avait arros&#233; personnellement sans trop regarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dictateur releva la part des revenus p&#233;troliers que les compagnies doivent reverser au tr&#233;sor public congolais de 17 &#224; 33 %, et pire, d&#233;cida de mettre Elf en concurrence avec la compagnie am&#233;ricaine Oxy, qui lui avan&#231;a 150 millions de dollars en &#233;change du droit d'exploiter une concession. Cela suffit &#224; Elf pour miser &#224; nouveau sur Sassou, qui avait &#233;t&#233; un partenaire fiable pendant sa dictature. Il avait beaucoup aid&#233;, semble-t-il, Elf et l'Etat fran&#231;ais &#224; &#233;changer avec le pouvoir angolais des armes contre des droits d'exploitation sur des champs p&#233;trolif&#232;res gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre civile commen&#231;a en juin 1997, les combats ravag&#232;rent la capitale et firent environ 20 000 morts. Financ&#233; par Elf et soutenu par des troupes angolaises que la firme p&#233;troli&#232;re fran&#231;aise aida &#224; d&#233;barquer, Sassou l'emporta et prolongea sa victoire par de v&#233;ritables massacres ethniques dans les quartiers pauvres, qui auraient fait 100 000 morts en trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Elf et la France, cette guerre du p&#233;trole fut un franc succ&#232;s : la primaut&#233; fran&#231;aise dans la r&#233;gion &#233;tait r&#233;affirm&#233;e, les compagnies am&#233;ricaines mises &#224; distance, et le nouveau dictateur signa avec Elf (fusionn&#233;e maintenant avec Total) des contrats exceptionnellement favorables. La firme paye tr&#232;s peu d'imp&#244;ts sur ses profits, tout en versant un &#171; bonus &#187; personnel &#224; Sassou. Fin 1998, dans l'&#233;mission &#171; Capital &#187; de M6, &#224; la remarque du journaliste : &lt;em&gt;&#171; C'est quand m&#234;me malheureux qu'ils (les Congolais) se soient massacr&#233;s avec notre argent ! &#187;, &lt;/em&gt;un haut responsable d'Elf r&#233;pondait : &lt;em&gt;&#171; Dans ce cas oui, c'est un g&#226;chis. Mais nous ne sommes pas des sentimentaux ! nous sommes des gens r&#233;alistes, qui gagnons de l'argent : avec qui, cela nous est &#233;gal. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. R.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_32 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH225/art582-1-ac535.gif?1787900734' width='300' height='225' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;image 300 x 225
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Une chance pour le d&#233;veloppement ?
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>P&#233;trole
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		<description>La possession de gisements p&#233;troliers par un pays est suppos&#233; apporter l'abondance. C'est sans doute vrai pour ses classes dirigeantes, comme celles des p&#233;tromonarchies arabes. Ca l'est d&#233;j&#224; moins pour la population de ces Etats, pourtant peu nombreuse alors que les r&#233;serves d'hydrocarbures du pays sont colossales. Quant &#224; des pays comme l'Irak, l'Iran, le Nigeria, l'Alg&#233;rie ou encore le Venezuela, dot&#233;s d'une population bien plus nombreuse en proportion de leur production&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La possession de gisements p&#233;troliers par un pays est suppos&#233; apporter l'abondance. C'est sans doute vrai pour ses classes dirigeantes, comme celles des p&#233;tromonarchies arabes. Ca l'est d&#233;j&#224; moins pour la population de ces Etats, pourtant peu nombreuse alors que les r&#233;serves d'hydrocarbures du pays sont colossales. Quant &#224; des pays comme l'Irak, l'Iran, le Nigeria, l'Alg&#233;rie ou encore le Venezuela, dot&#233;s d'une population bien plus nombreuse en proportion de leur production p&#233;troli&#232;re, &#171; l'or noir &#187; s'est plut&#244;t r&#233;v&#233;l&#233; une mal&#233;diction.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Premiers d&#233;riv&#233;s du p&#233;trole : la guerre et l'oppression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple du Nigeria. Dans le delta du Niger, o&#249; sont concentr&#233;es les richesses p&#233;troli&#232;res du pays, les peuples Ogoni et Ijaws croupissent autant dans la mis&#232;re qu'il y a quarante ans. Leurs villages de p&#234;cheurs ignorent souvent l'&#233;lectricit&#233; et le taux de mortalit&#233; infantile reste effrayant. Le drame terrible survenu le 17 octobre 1998 &#224; Jesse, au c&#339;ur du delta, est bien r&#233;v&#233;lateur de la mis&#232;re sordide qui y r&#232;gne : plus de mille personnes, qui se pressaient autour d'un ol&#233;oduc perc&#233;, pour r&#233;cup&#233;rer dans des bidons l'essence qui fuyait, ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans une gigantesque explosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir nig&#233;rian pompe pour son seul profit, et bien s&#251;r celui des grandes compagnies occidentales. Alors, pour prendre leur part du pactole, de v&#233;ritables groupes arm&#233;s se sont constitu&#233;s pour faire la guerre &#224; l'arm&#233;e nig&#233;riane. Des commandos ont pris d'assaut des stations de forage et de pompage et en otage des techniciens des compagnies. Celles-ci ont du coup vers&#233; un peu d'argent aux &#171; communaut&#233;s &#187; de la r&#233;gion pour acheter un peu de paix. De l'autre main, pour prot&#233;ger leurs &#233;quipements, elles ont directement subventionn&#233; l'arm&#233;e et ses r&#233;pressions. En 1993 l'arm&#233;e massacra des centaines d'Ogoni, et deux ans plus tard, 9 militants du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni, parmi lesquels l'&#233;crivain Ken Saro-Wiwa, &#233;taient pendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le delta du Niger conna&#238;t donc une sorte de guerre larv&#233;e. Il en a connue une ouverte et sanglante 30 ans avant. En 1967, un groupe d'officiers dissidents issus de cette r&#233;gion du sud-est &#224; majorit&#233; chr&#233;tienne, reprochant aux g&#233;n&#233;raux issus du nord de r&#233;server les b&#233;n&#233;fices du p&#233;trole &#224; leurs client&#232;les et &#224; leurs propres ethnies, proclam&#232;rent une &#171; r&#233;publique du Biafra &#187; ind&#233;pendante. Elle regroupait comme par hasard la plus grande partie des r&#233;serves en hydrocarbures du pays. La guerre entre le Biafra et l'Etat nig&#233;rian dura 3 ans, et fut aliment&#233;e par la France de De Gaulle dans l'espoir de chiper &#224; Shell et autres compagnies anglo-saxonnes leurs champs d'or noir. Encercl&#233;, affam&#233; et vaincu, le Biafra eut &#224; enterrer plus d'un million de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de tels pr&#233;c&#233;dents, le projet d'exploitation de champs p&#233;trolif&#232;res au sud du Tchad, et de construction d'un ol&#233;oduc qui transporterait le brut vers le golfe de Guin&#233;e &#224; travers le Cameroun, n'est pas forc&#233;ment une bonne nouvelle pour ceux qui vivent au-dessus d'un tel tr&#233;sor. Le consortium Shell-Exxon-Total qui doit s'en charger a d&#233;j&#224; obtenu du dictateur tchadien, le seigneur de guerre Idriss D&#233;by, des conditions fiscales particuli&#232;rement avantageuses. En &#233;change D&#233;by, qui compte bien se r&#233;server la part tchadienne du g&#226;teau, &#224; lui et son clan, s'est lanc&#233; depuis deux ans dans une campagne de terreur contre les populations du sud. Des villages ont &#233;t&#233; bombard&#233;s et massacr&#233;s, des opposants ont &#171; disparu &#187;. Ce sont les m&#234;mes m&#233;thodes, terroristes, qu'utilise le gouvernement du Soudan contre des populations enti&#232;res des r&#233;gions du sud o&#249; des projets d'exploitation p&#233;troli&#232;re sont en cours. Cette fois encore, l'annonce de la d&#233;couverte de p&#233;trole dans le sous-sol a pr&#233;c&#233;d&#233; de peu de nouvelles vagues d'exactions et de massacres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les compagnies p&#233;troli&#232;res, ma&#238;tresses du jeu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le tiers-monde ne manque pas de dictateurs ou aspirants dictateurs, militaires ou civils, pr&#234;ts &#224; se battre les uns contre les autres, en saignant d'abord leur propre peuple, pour s'accaparer l'argent du p&#233;trole&#8230; et devenir les valets en titre des grands trusts occidentaux. Ces dictateurs, m&#234;me quand ils se pr&#233;sentent sous les traits de politiciens &#171; d&#233;mocrates &#187;, tout aussi corrompus, sont pr&#234;ts &#224; toutes les concessions, contrats au rabais ou fiscalit&#233; d&#233;risoire, voire d&#233;placements de population ou travail forc&#233;, pour obtenir les faveurs d'une compagnie et d'un Etat imp&#233;rialiste qui leur graisseront la patte et leur permettront de s'armer et d'exploiter leur propre population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les plus beaux marrons du feu sont &#233;videmment tir&#233;s par les grands trusts. Ce sont eux qui disposent seuls des technologies et des capitaux, souvent gigantesques, n&#233;cessaires pour prospecter et exploiter de nouveaux gisements, et surtout des r&#233;seaux de commercialisation dans le monde, notamment dans les pays d&#233;velopp&#233;s, principaux consommateurs. Et puis, pour n&#233;gocier la plus grosse part du g&#226;teau face aux Etats du Tiers-Monde, ils ont un atout essentiel : le soutien de leur Etat, les Etats-Unis, la France ou la Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une logique de sous-d&#233;veloppement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La seule &#224; ne pas b&#233;n&#233;ficier de l'argent du p&#233;trole, c'est donc la population. Au Nigeria, pour reprendre cet exemple, loin de servir au d&#233;veloppement &#233;conomique &#224; long terme du pays, cet argent a m&#234;me aliment&#233; une v&#233;ritable dynamique de sous-d&#233;veloppement. Alors que la population urbaine, d&#232;s les ann&#233;es 1960, augmentait de 11 &#224; 13 % par an, le pouvoir a laiss&#233; d&#233;cliner l'agriculture vivri&#232;re du pays, et a nou&#233; de fructueux contrats avec les multinationales de l'agro-alimentaire, des contrats qui avaient pour seul m&#233;rite de permettre aux militaires et affairistes en tout genre de se graisser la patte abondamment. La part des c&#233;r&#233;ales import&#233;es, a largement augment&#233;, au d&#233;triment du manioc, du mil ou du sorgho, ce qui a caus&#233; la ruine de nombreux paysans. La bourgeoisie nig&#233;riane achetant massivement, par ailleurs, des &#233;quipements et des biens de consommation aux pays d&#233;velopp&#233;s, avec l'argent du p&#233;trole, sans l'investir dans les infrastructures et l'industrie du pays, les importations du pays ont d&#233;cupl&#233;, passant de 1,5 milliard de dollars en 1972 &#224; 21,5 milliards de dollars en 1981. Mais l'industrie, &#224; cette date, ne repr&#233;sentait toujours que 8,5 % du PNB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les prix mondiaux du p&#233;trole se sont effondr&#233;s, au milieu des ann&#233;es 1980, le sous-d&#233;veloppement du Nigeria est apparu dans toute sa crudit&#233;, dans la mesure o&#249; le pays &#233;tait totalement d&#233;pendant des revenus du p&#233;trole (75 % des recettes publiques). Face &#224; une dette faramineuse, incapable de financer les importations dont d&#233;pendait pourtant le fonctionnement &#233;conomique du pays et son alimentation elle-m&#234;me, et soucieux, bien s&#251;r, de pr&#233;server le niveau de vie des g&#233;n&#233;raux et de la bourgeoisie, le gouvernement a saign&#233; les masses pauvres : en 1985, les salaires ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s, alors que les prix alimentaires doublaient en 6 mois et que des centaines de milliers d'immigr&#233;s &#233;taient chass&#233;s manu militari du pays. Les &#233;meutes urbaines qui ont suivi ont &#233;t&#233; durement r&#233;prim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez le cinqui&#232;me producteur de l'OPEP, le PNB par habitant est pass&#233; de 1000 dollars en 1980 &#224; 250 dollars en 1990, et il n'est pas remont&#233; depuis. La mortalit&#233; infantile serait de 100 pour 1000. A l'ombre du gigantesque centre d'affaires de Lagos, l'essentiel de la population croupit dans la mis&#232;re, et pour la tenir en respect, la rente p&#233;troli&#232;re a permis de mettre sur pied une arm&#233;e de 250 000 hommes, d'engraisser la bourgeoisie du pays et les multinationales du p&#233;trole, mais aussi bien d'autres firmes des pays d&#233;velopp&#233;s, vendeuses de c&#233;r&#233;ales, d'&#233;quipements industriels, de biens de consommation de luxe et, bien s&#251;r, d'armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire de sous-d&#233;veloppement, d'oppression et de guerre, que tous les peuples des pays sous-d&#233;velopp&#233;s dont le p&#233;trole a &#233;t&#233; exploit&#233;, ont v&#233;cue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard RUDELLI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'OPEP : le faux &#233;pouvantail
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>P&#233;trole
</dc:subject>

		<description>Dans les ann&#233;es 1950 la production p&#233;troli&#232;re mondiale reste sous la coupe des compagnies &#233;trang&#232;res qui contr&#244;lent l'exploitation et se contentent de verser des imp&#244;ts aux Etats. Au Venezuela, en Arabie Saoudite, c'est le principe du fifty-fifty : la compagnie verse 50 % de son b&#233;n&#233;fice aux gouvernements. Mais ce b&#233;n&#233;fice est calcul&#233; sur la base des prix &#171; post&#233;s &#187;, d&#233;cid&#233;s par les compagnies p&#233;troli&#232;res de fa&#231;on arbitraire et largement sous-&#233;valu&#233;s (la m&#234;me compagnie exploitant,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1950 la production p&#233;troli&#232;re mondiale reste sous la coupe des compagnies &#233;trang&#232;res qui contr&#244;lent l'exploitation et se contentent de verser des imp&#244;ts aux Etats. Au Venezuela, en Arabie Saoudite, c'est le principe du &lt;em&gt;fifty-fifty&lt;/em&gt; : la compagnie verse 50 % de son b&#233;n&#233;fice aux gouvernements. Mais ce b&#233;n&#233;fice est calcul&#233; sur la base des prix &#171; post&#233;s &#187;, d&#233;cid&#233;s par les compagnies p&#233;troli&#232;res de fa&#231;on arbitraire et largement sous-&#233;valu&#233;s (la m&#234;me compagnie exploitant, transportant, raffinant et distribuant, se vendant en fait &#224;&#8230; elle-m&#234;me). Et certains sont encore plus mal lotis : la Libye per&#231;oit alors 30 cents par baril de p&#233;trole, 3 fois moins que l'Arabie Saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend qu'Etat et bourgeoisie des pays producteurs aient senti une envie grandissante de remettre tout cela en question. Certains l'avaient d'ailleurs d&#233;j&#224; tent&#233;. En 1938 au Mexique, les compagnies p&#233;troli&#232;res avaient &#233;t&#233; nationalis&#233;es. M&#234;me chose en Iran en 1951 sous la direction de Mossadegh, un nationaliste r&#233;formateur. Mais il est renvers&#233; en 1953 et l'Anglo-Iranian company (future BP) r&#233;tablie dans&#8230; &#171; ses droits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Maintenir des revenus stables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1959, la Shell et BP d&#233;cident unilat&#233;ralement de r&#233;duire de 9 % les prix du p&#233;trole au Proche-Orient, certains dirigeants de ces pays tentent de se concerter. C'est le point de d&#233;part de la constitution de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de p&#233;trole) en 1960, &#224; l'initiative de l'Iran, l'Irak, l'Arabie Saoudite, du Kowe&#239;t et du Venezuela. Ils repr&#233;sentent alors 38 % de la production mondiale et se donnent pour objectif d'agir conjointement pour maintenir des revenus stables face aux compagnies p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles-ci refusent d'abord de reconna&#238;tre l'OPEP, qui pourra n&#233;anmoins emp&#234;cher de nouvelles r&#233;ductions unilat&#233;rales des prix nominaux au cours des ann&#233;es 1960. Elle se renforce alors avec de nouvelles adh&#233;sions : celle du Qatar en 1961, de l'Indon&#233;sie et de la Libye en 1967, des Emirats Arabes Unis en 1967, de l'Alg&#233;rie en 1969 et du Nigeria en 19711.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'apog&#233;e&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1970, alors que la valeur du dollar s'effrite, l'OPEP demande la ren&#233;gociation des prix et des contrats avec les compagnies. Elle obtient en 1971 une premi&#232;re satisfaction &#224; T&#233;h&#233;ran : une hausse du prix de 35 cents par baril est d&#233;cid&#233;e et l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices est port&#233; &#224; 55 % pour tous les pays du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis entre octobre 1973 et janvier 1974, le prix du baril est multipli&#233; par 4 et passe d'un peu plus de 2 $ &#224; 10 $. Une deuxi&#232;me mont&#233;e brusque des prix a lieu en 1979, et le baril atteint 34 $ en 1982, un prix multipli&#233; donc par 11 depuis 1973. L'OPEP semble imposer ses prix aux compagnies p&#233;troli&#232;res et aux pays importateurs. Certains disent m&#234;me que le cartel de l'OPEP a remplac&#233; le cartel des majors sur le march&#233; du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus qu'au cours des ann&#233;es 1970 et 1980, l'essentiel de la production p&#233;troli&#232;re des pays de l'OPEP passe aux mains de compagnies nationales. Le plus souvent, c'est gr&#226;ce aux nouveaux revenus p&#233;troliers engrang&#233;s par l'Etat (ceux des pays de l'OPEP ne sont-ils pas pass&#233;s de 12 milliards de dollars en 1971 &#224; 128 milliards en 1977 !) que les parts des compagnies &#233;trang&#232;res sont rachet&#233;es. C'est pourtant dans la plupart des cas des transitions en douceur, ces compagnies ayant &#233;t&#233; largement rembours&#233;es et restant li&#233;es par des accords de service &#224; la production p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230;et la chute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'aubaine, toute relative, ne va pas durer tr&#232;s longtemps. Le temps o&#249; les &#171; majors &#187; fixaient des prix &#171; post&#233;s &#187; est r&#233;volu. Mais le march&#233; mondial du p&#233;trole est aliment&#233; pour une part de plus en plus grande par une production venant d'autres pays que ceux de l'OPEP. Sa mise en place est aussi acc&#233;l&#233;r&#233;e par la fin des mesures protectionnistes aux Etats-Unis, qui repr&#233;sentent un quart de la consommation mondiale au d&#233;but des ann&#233;es 1980. D&#233;sormais il y a un prix mondial unique d&#233;cid&#233; en dehors de l'OPEP et qui s'impose &#224; elle et non l'inverse. Au milieu des ann&#233;es 1980, celle-ci cesse d'ailleurs d'annoncer ses prix officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui reste seulement de tenter de peser sur les cours. Difficile face aux compagnies qui contr&#244;lent encore une bonne part de la production mondiale et l'essentiel du raffinage et de la distribution. Les Etats de l'OPEP auraient bien une arme : moduler leur part de march&#233;, fixer des quotas de production qui devraient r&#233;duire l'offre de p&#233;trole et provoquer la hausse des cours. Mais cela exigerait une forte coh&#233;sion entre ses membres. Or chaque Etat demeure tent&#233; de vendre plus pour accro&#238;tre ses revenus. De plus l'Iran et l'Irak, ces deux pays cl&#233;s de l'OPEP, s'engagent en 1980 dans un conflit impitoyable. Pas question &#233;videmment de respecter les quotas. Ils vendent leur p&#233;trole &#224; bas prix pour financer la guerre et contribuent &#224; une chute des cours. Puis les dissensions internes de l'OPEP sont encore exacerb&#233;es par la guerre du Golfe. Un Etat membre, l'Irak, en a envahi un autre, le Kowe&#239;t, puis d'autres ont pris le parti des Etats-Unis contre l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute mani&#232;re, m&#234;me si il y avait coh&#233;sion entre les membres, pour que les d&#233;cisions de l'OPEP aient un impact, il faut qu'elle contr&#244;le une partie significative du march&#233;. C'est de moins en moins vrai. La hausse des prix &#224; partir de 1974 a permis le d&#233;veloppement de nouvelles exploitations, comme la production offshore en Mer du Nord ou le d&#233;veloppement des gisements africains. Et les Etats-Unis et l'URSS repr&#233;sentent &#224; eux deux, &#224; partir de 1982, une production p&#233;troli&#232;re comparable &#224; la part de l'OPEP, environ 30 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie tenta un moment de s'opposer &#224; la baisse des prix en limitant sa production jusqu'en 1985 (le tiers cette ann&#233;e-l&#224; de celle de 1980). Mais elle d&#251;t vite jeter l'&#233;ponge. Au bout du compte, le march&#233; a impos&#233; un prix du p&#233;trole certes sup&#233;rieur &#224; celui des ann&#233;es 1960 mais bien inf&#233;rieur aux prix les plus &#233;lev&#233;s atteints dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Bilan provisoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'OPEP est aujourd'hui un regroupement de 11 pays disparates. Le PNB du Nigeria est de 315 $ par habitant, c'est un Etat parmi les plus pauvres de la plan&#232;te. A l'autre extr&#233;mit&#233;, le PNB du Qatar atteint les 28 000 $/habitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les monarchies p&#233;troli&#232;res du Golfe (Qatar, Koweit, Emirats Arabes Unis, et dans une moindre mesure Arabie Saoudite), ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'une importante manne p&#233;troli&#232;re pour une faible ou tr&#232;s faible population. Leurs classes dirigeantes ont r&#233;investi&#8230; en Occident. Des pays comme l'Irak, l'Iran, le Venezuela, avec une population importante, ont tent&#233; un d&#233;veloppement industriel et ont subi d'autant plus durement les baisses de prix ult&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tous toutefois, la p&#233;riode faste des ann&#233;es 1970 est belle et bien finie. Compte tenu de l'inflation, le revenu p&#233;trolier par habitant en Arabie Saoudite est pass&#233; depuis 20 ans de 24 000 &#224; 2 600 dollars (alors que la population n'a fait que doubler pendant cette p&#233;riode).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; majors &#187; m&#234;me reprennent peu &#224; peu une place dans les pays de l'OPEP. Les compagnies &#233;taient rest&#233;es tr&#232;s pr&#233;sentes au Nigeria, trop pauvre pour vraiment nationaliser l'industrie p&#233;troli&#232;re. En Alg&#233;rie, en Libye, aux Emirats Arabes Unis, plusieurs compagnies internationales ont d&#233;j&#224; des filiales ou des participations. M&#234;me l'Arabie Saoudite est en n&#233;gociation pour conc&#233;der l'exploitation de gisements de gaz naturel &#224; des compagnies &#233;trang&#232;res. On imagine la situation de l'Irak demain, mis &#224; genoux par la guerre et l'embargo.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un retour de l'OPEP ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question a &#233;t&#233; pos&#233;e en 1999, quand l'OPEP paraissait reprendre de la vigueur. En 1998, les cours avaient atteint un cours particuli&#232;rement bas (12 $ le baril). Les compagnies p&#233;troli&#232;res annon&#231;aient de mauvais r&#233;sultats (baisse des profits de 34 % en moyenne). L'OPEP a alors relanc&#233; une politique de quotas, se donnant pour objectif de stabiliser les cours entre 22 et 28 $. Ce fut fait en 2000. Mais pour aboutir &#224; ce r&#233;sultat, l'OPEP a d&#251; compter sur le soutien d'autres pays, Norv&#232;ge, Mexique ou m&#234;me Russie. Heureusement pour elle, alors les int&#233;r&#234;ts de tous les producteurs et des compagnies allaient dans le sens du rel&#232;vement des cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis la Russie a cess&#233; de respecter ses quotas, et annonc&#233; sa volont&#233; de conqu&#233;rir des parts de march&#233;. Au sein de l'OPEP, l'Alg&#233;rie, le Nigeria et d'autres d&#233;passent les leurs. A la suite du ralentissement de l'&#233;conomie qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001, les cours du p&#233;trole ont &#224; nouveau baiss&#233; pendant plusieurs mois, sans que l'OPEP n'y puisse quoi que ce soit. Les prix sont revenus dans la fourchette 22-28 dollars, objectif de l'OPEP, mais la principale raison en est l'inqui&#233;tude des march&#233;s face &#224; la guerre annonc&#233;e en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au mythe int&#233;ress&#233; r&#233;pandu un certain temps, jamais l'OPEP n'a eu les moyens de faire la pluie et le beau temps sur les march&#233;s p&#233;troliers. Et qans doute encore moins aujourd'hui que dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_30 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH191/art579-1-8a1fb.gif?1787940778' width='400' height='191' alt='' /&gt;
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&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Evolution du prix du baril du p&#233;trole exprim&#233; en dollars 1973 (source : OPEP)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les &#171; chocs p&#233;troliers &#187; : mais qui a donc &#233;t&#233; heurt&#233; ?
</title>
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		<dc:date>2002-11-21T23:55:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>P&#233;trole
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		<description>En 1973 a lieu ce qu'on a appel&#233; le premier &#171; choc p&#233;trolier &#187;. Les pays de l'OPEP annoncent une brutale hausse des prix du brut. Les commentateurs parlent alors d'un nouvel ordre mondial, o&#249; les pays producteurs imposeraient leurs int&#233;r&#234;ts au d&#233;triment des pays consommateurs. On met en cause les &#171; &#233;mirs du p&#233;trole &#187; qui menacent soit disant l'approvisionnement des pays d&#233;velopp&#233;s. &lt;br /&gt;1973 &lt;br /&gt;En r&#233;alit&#233;, les grandes compagnies p&#233;troli&#232;res, les &#171; majors &#187;, sont enti&#232;rement favorables &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Petrole-ces-trusts-qui-saignent-la-planete-" rel="directory"&gt;DOSSIER : P&#233;trole : ces trusts qui saignent la plan&#232;te
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Petrole-+" rel="tag"&gt;P&#233;trole
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1973 a lieu ce qu'on a appel&#233; le premier &#171; choc p&#233;trolier &#187;. Les pays de l'OPEP annoncent une brutale hausse des prix du brut. Les commentateurs parlent alors d'un nouvel ordre mondial, o&#249; les pays producteurs imposeraient leurs int&#233;r&#234;ts au d&#233;triment des pays consommateurs. On met en cause les &#171; &#233;mirs du p&#233;trole &#187; qui menacent soit disant l'approvisionnement des pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_31 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH365/art580-1-10819.gif?1787940778' width='400' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;image 400 x 365
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;1973&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les grandes compagnies p&#233;troli&#232;res, les &#171; majors &#187;, sont enti&#232;rement favorables &#224; cette augmentation. Mieux, cela les arrange que ce soit l'OPEP qui apparaisse au premier plan pour mieux voiler leur propre responsabilit&#233;. Cela ne signifie pas que les pays producteurs ont &#233;t&#233; de simples pions entre les mains de ces trusts mais que, pour une fois, leurs int&#233;r&#234;ts co&#239;ncident avec ceux des &#171; majors &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prix ont peu vari&#233; entre les ann&#233;es 1950 et les ann&#233;es 1960 alors que l'inflation a progress&#233;. Une part de l'augmentation de 1973 ne fait donc que compenser la baisse des revenus r&#233;els des pays de l'OPEP pendant la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies p&#233;troli&#232;res, elles, profitent d'abord elles aussi de la hausse d&#233;cid&#233;e par l'OPEP et qui s'applique &#233;videmment aux champs p&#233;trolif&#232;res qu'elles exploitent encore directement au Moyen-Orient ou ailleurs. Elles en profitent aussi, gr&#226;ce &#224; leur position d'interm&#233;diaires oblig&#233;s dans le transport et le raffinage, pour prendre leurs d&#238;mes sur ces activit&#233;s et rajouter ainsi de nouvelles hausses &#224; celles des prix &#224; la production. A plus long terme la fin de l'&#232;re du p&#233;trole &#224; bon march&#233; va leur permettre de rentabiliser des investissements dans les gisements aux co&#251;ts d'extraction plus &#233;lev&#233;s ou plus difficiles &#224; atteindre, comme en Alaska ou en Mer du Nord. Cela va aussi leur permettre de financer leur diversification vers d'autres sources d'&#233;nergie comme le charbon ou le nucl&#233;aire, m&#234;me si cette strat&#233;gie n'a vraiment r&#233;ussi que pour le charbon, dans lequel les trusts p&#233;troliers ont conquis une position dominante, le nucl&#233;aire s'&#233;tant r&#233;v&#233;l&#233; moins juteux que pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc bien les g&#233;ants du p&#233;trole qui ont tir&#233; le mieux profit de ce premier choc p&#233;trolier. On a beaucoup parl&#233; des milliards de dollars revenus aux Etats producteurs, moins de l'augmentation des profits des compagnies p&#233;troli&#232;res. En 1973, les b&#233;n&#233;fices d'Exxon ont augment&#233; de 60 % par rapport &#224; 1972, et de son c&#244;t&#233; la British Petroleum reconnaissait une progression de 370 % du b&#233;n&#233;fice net.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1979&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre 1973 et 1979, le prix du brut n'augmente quasiment plus, alors que le dollar, monnaie de paiement du p&#233;trole, perd annuellement 10 % de sa valeur. A nouveau, le deuxi&#232;me choc p&#233;trolier, en 1979, vise &#224; compenser ce manque &#224; gagner. Les &#171; majors &#187; profitent alors d'un red&#233;marrage temporaire de la production, notamment aux Etats-Unis, pour r&#233;&#233;diter leur coup de 1973 : elles suscitent une peur de la p&#233;nurie et font &#224; nouveau passer les pays de l'OPEP pour les seuls responsables de cette nouvelle hausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays ne vont pourtant pas en profiter longtemps. L'inflation et la chute du dollar au d&#233;but des ann&#233;es 1980 vont vite grignoter la hausse et la r&#233;duire &#224; n&#233;ant pour les pays producteurs. De plus, aux prix de l'or noir qui, comme ceux de toutes les mati&#232;res premi&#232;res, ne cessent de chuter alors que ceux des produits manufactur&#233;s augmentent s'ajoute le recul de la part de l'OPEP dans la production mondiale : elle passe de 50 % en 1979 &#224; 30 % en 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies, elles, peuvent bien accepter de voir chuter les prix &#224; l'achat du p&#233;trole ou les pays industriels faire un effort pour r&#233;duire leur consommation d'hydrocarbures sous l'effet du ralentissement de la croissance de l'&#233;conomie mondiale. Pour elles, l'&#232;re des &#233;conomies et de la diversification des sources d'&#233;nergie est aussi l'occasion de justifier et rentabiliser les investissements faits ou envisag&#233;s apr&#232;s le premier choc de 1973. La consommation de p&#233;trole augmente peu par rapport &#224; la consommation de gaz et d'&#233;lectricit&#233;, mais le charbon est remis au go&#251;t du jour. Les gisements ayant l'avantage d'&#234;tre proches des grands foyers industriels ou &#224; l'abri des secousses politiques d'un Moyen-Orient instable, sont de plus en plus exploit&#233;s. La Norv&#232;ge devient alors, par exemple, un des premiers producteurs mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats en tout cas sont l&#224;. Entre 1982 et 1992 les chiffres d'affaire sont multipli&#233;s par 5 ou 6, pour Exxon, Mobil, Royal Dutch Shell, 6,7 pour Total et 11,3 pour Elf/Aquitaine !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2000&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir de l'ann&#233;e 1999-2000, les compagnies m&#232;nent &#224; nouveau une politique de hausse des prix. A nouveau sont agit&#233;es responsabilit&#233; de l'OPEP et menace de p&#233;nurie. En r&#233;alit&#233; ce sont les trusts eux-m&#234;mes qui ont provoqu&#233; une p&#233;nurie des produits raffin&#233;s sur certains march&#233;s, comme le fioul domestique ou le carburant automobile aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une mani&#232;re de sp&#233;culer sur les cours du p&#233;trole mais aussi de faire financer explorations et recherches n&#233;cessaires &#224; l'avenir gr&#226;ce aux surprofits suppl&#233;mentaires faits sur le dos des producteurs comme des consommateurs. Et pourtant ces compagnies, encore plus puissantes et concentr&#233;es qu'en 1979, ont pu toutes ces derni&#232;res ann&#233;es tranquillement et sans trop d'investissements prendre possession de nouveaux champs p&#233;trolif&#232;res, en rachetant tout simplement les r&#233;serves et exploitations des autres. Mais on ne comble pas l'app&#233;tit des ogres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Variation des prix du p&#233;trole et des produits manufactur&#233;s de 1970 &#224; 1990 (indice 100 : prix 1980)&lt;/p&gt;
&lt;table class='table spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1970&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1973&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1975&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1979&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1981&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1985&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1990&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;P&#233;trole&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;5,9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;8,7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;29,9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;82,3&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;96,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;76,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;48,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Produits manufactur&#233;s&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;34,0&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;46,2&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;63,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;90,2&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;94,8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;87,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;136,8&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;L'arnaque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une des tromperies les plus flagrante des opinions occidentales est la responsabilit&#233; totale mise sur le dos des pays producteurs, en particulier arabes, dans les augmentation du prix de l'essence. Non seulement le prix &#224; la pompe a refl&#233;t&#233; de moins en moins le prix du brut et de plus en plus les hausses d&#233;cid&#233;es sur le transport et le raffinage. Mais de plus il a &#233;t&#233; grev&#233; par les taxes pr&#233;lev&#233;es par l'Etat qui n'ont cess&#233; d'augmenter. En France en 1991, les taxes de l'Etat repr&#233;sentaient 60 % du prix du p&#233;trole raffin&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Production et r&#233;serves
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;trole
</dc:subject>

		<description>En 1945, les Etats-Unis &#233;taient les premiers producteurs de p&#233;trole avec 65 % de la production mondiale. Loin derri&#232;re, le Venezuela produisait 13,4 %. Le Moyen-Orient ne repr&#233;sentait alors que 7,5 % de la production. &lt;br /&gt;Ce paysage a &#233;t&#233; consid&#233;rablement modifi&#233; avec une multiplication de la production par 6 dans les 25 ann&#233;es qui ont suivi : de 356 millions de tonnes en 1945 &#224; 2335 millions en 1970, pour atteindre 3600 millions de tonnes en 2001. De nouvelles sources&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Petrole-ces-trusts-qui-saignent-la-planete-" rel="directory"&gt;DOSSIER : P&#233;trole : ces trusts qui saignent la plan&#232;te
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Petrole-+" rel="tag"&gt;P&#233;trole
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1945, les Etats-Unis &#233;taient les premiers producteurs de p&#233;trole avec 65 % de la production mondiale. Loin derri&#232;re, le Venezuela produisait 13,4 %. Le Moyen-Orient&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Moyen-Orient s'entend comme la partie de l'Asie jusqu'&#224; l'Iran, inclus. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ne repr&#233;sentait alors que 7,5 % de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce paysage a &#233;t&#233; consid&#233;rablement modifi&#233; avec une multiplication de la production par 6 dans les 25 ann&#233;es qui ont suivi : de 356 millions de tonnes en 1945 &#224; 2335 millions en 1970, pour atteindre 3600 millions de tonnes en 2001. De nouvelles sources d'approvisionnement se sont impos&#233;es, et d'abord le Moyen-Orient capable de fournir un p&#233;trole &#224; bas prix. La production de cette r&#233;gion atteignait d&#233;j&#224; en 1956 plus de 20 % de la production mondiale, montant m&#234;me &#224; 38 % en 1974, pour se situer &#224; environ 30 % aujourd'hui. Une part toujours importante donc, mais quand m&#234;me un peu &#233;rod&#233;e par la concurrence de nouvelles sources apparues ces 3 derni&#232;res d&#233;cennies. En 1965, les sept premiers pays producteurs produisaient 80 % de la production mondiale, en 2001, 52 %. Le p&#233;trole reste quand m&#234;me tr&#232;s in&#233;galement r&#233;parti sur les diff&#233;rents continents et quelques zones produisent l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les principaux pays producteurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Europe, les gisements de la Mer du Nord, repr&#233;sentent maintenant 8 % de la production mondiale et fournissent une bonne part de l'approvisionnement de l'Europe Occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique subsaharienne (Nigeria, Angola, Gabon&#8230;) produit aujourd'hui 5 %, d&#233;passant l'Afrique du Nord (essentiellement Alg&#233;rie et Libye) et ses 4 %. Et l'exploitation de nouveaux gisements, en particulier en Guin&#233;e &#233;quatoriale, est en route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en Am&#233;rique du Nord les Etats-Unis (deuxi&#232;me producteur mondial avec 10 %) et le Canada (3 %) restent des producteurs de premier plan, en Am&#233;rique latine, malgr&#233; le d&#233;veloppement r&#233;cent du Br&#233;sil (2 %), de la Colombie et de l'Argentine, le Venezuela reste un producteur de premier plan, bien qu'un des plus anciens, comme le Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Asie, la Chine qui n'a commenc&#233; l'extraction que dans les ann&#233;es 1970, approche les 5 % de production mondiale, consacr&#233;s presque exclusivement &#224; ses besoins propres. Ceux-ci ne sont pourtant pas remplis, et elle doit importer du p&#233;trole du Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ex-URSS (premier producteur mondial de 1976 &#224; 1992), apr&#232;s une importante baisse de la production au milieu des ann&#233;es 1980 et jusqu'en 1995 environ, la Russie (produisant &#224; elle seule 10 % de la production mondiale ; en f&#233;vrier 2002 sa production aurait d&#233;pass&#233; celle de l'Arabie Saoudite !), l'Azerba&#239;djan et surtout le Kazakhstan avec la mise en exploitation de nouveaux gisements qui seraient les plus importants d&#233;couverts depuis 30 ans, se taillent la part du lion. Mais aux probl&#232;mes politiques cr&#233;&#233;s par l'effondrement de l'URSS, viennent s'ajouter ceux de l'exploitation de la zone de la Mer Caspienne (transport et diff&#233;rents projets d'ol&#233;oduc, droits sur les fonds de la Caspienne et leur partage entre les 5 Etats riverains).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Moyen-Orient reste donc la principale r&#233;gion du monde productrice du p&#233;trole, avec le poids lourd qu'est l'Arabie Saoudite, 12 %, mais aussi les autres Etats du Golfe (Qatar, Kowe&#239;t, Oman, Yemen, Emirats Arabes Unis), 9 % au total. Sans oublier &#233;videmment l'Iran et l'Irak : 8 % aujourd'hui pour des raisons politiques que l'on conna&#238;t, mais qui pourraient largement d&#233;velopper leur production.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les r&#233;serves de la plan&#232;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout en termes de r&#233;serves que le Moyen-Orient pr&#233;domine. Cette r&#233;gion rec&#232;le 66 % des r&#233;serves prouv&#233;es (25 % sont saoudiennes, 10 % irakiennes), c'est-&#224;-dire connues et exploitables avec les conditions techniques d'aujourd'hui. Dans le monde 76 % sont aux mains de pays de l'OPEP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indicateur R/P, qui compare les r&#233;serves &#224; la production actuelle d'un pays, d&#233;passe 100 ans pour 3 pays : Irak, Kowe&#239;t, Emirats Arabes Unis. Il d&#233;passe 50 ans en Arabie Saoudite, Qatar, Iran, Libye, Azerba&#239;djan, Nigeria, Venezuela. Il est aujourd'hui de 40 ans pour l'ensemble du monde. Il n'est que de 10 ans pour les Etats-Unis. Cela ne signifie pourtant pas que dans dix ans, il n'y aura plus une goutte de p&#233;trole aux Etats-Unis. Cet indicateur ne vaut que par rapport aux r&#233;serves connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le monde des gisements sont &#224; d&#233;couvrir, et donc &#224; mettre en valeur (mais au prix de quels investissements ?). D'autre part des techniques sont encore &#224; d&#233;velopper pour rentabiliser l'extraction (on estime aujourd'hui que pour une tonne extraite, deux restent en profondeur). Ensuite le nombre de puits offshore s'accro&#238;t sans cesse un peu partout (alors que 84 % d'entre eux sont aujourd'hui au large de l'Am&#233;rique du Nord) et les recherches sont pouss&#233;es pour pouvoir exploiter dans des zones encore plus profondes. Enfin il reste &#224; mettre vraiment au point l'exploitation du p&#233;trole dit non conventionnel (schistes bitumineux, huiles lourdes&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de l'&#233;puisement des r&#233;serves de la plan&#232;te ne se pose donc pas dans l'imm&#233;diat (contrairement aux dires de quelques proph&#232;tes de mauvais augure) mais seulement &#224; relativement longue &#233;ch&#233;ance. Mais aujourd'hui le probl&#232;me des puissances imp&#233;rialistes et des compagnies p&#233;troli&#232;res n'est pas celui des r&#233;serves en absolu, mais des r&#233;serves &#224; bon march&#233; (c'est-&#224;-dire qui demandent le moins d'investissements). Et de ce point de vue, malgr&#233; la place prise par les gisements africains ou d'Asie Centrale, celle du Moyen-Orient reste pour l'instant incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Production de p&#233;trole&lt;/h2&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_28 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH287/art578-1-f47c5.gif?1787866675' width='300' height='287' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;image 300 x 287
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;table class='table spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Arabie Saoudite&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;12%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Etats-Unis&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;10%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Russie&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;10%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Iran&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Mexique&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Venezuela&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Chine&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Norv&#232;ge&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Canada&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Royaume-Uni&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Iraq&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Emirats Arabes Unis&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3%&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;R&#233;serves prouv&#233;es de p&#233;trole&lt;/h2&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_29 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L330xH303/art578-2-9f189.gif?1787866675' width='330' height='303' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;image 330 x 303
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;table class='table spip'&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Taux R/P&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Arabie Saoudite&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;85,0&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Irak&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;11%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&gt; 100 ans&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Emirats Arabes Unis&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&gt; 100 ans&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Kowe&#239;t&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&gt; 100 ans&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Iran&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;9%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;67,4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Venezuela&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;63,5&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Russie&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;19,1&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Etats-Unis&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;10,7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Libye&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3%&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;57,3&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Moyen-Orient s'entend comme la partie de l'Asie jusqu'&#224; l'Iran, inclus. Cela inclut notamment l'Arabie Saoudite, le Koweit, l'Iran, l'Irak, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> P&#233;trole : ces trusts qui saignent la plan&#233;te
</title>
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;trole
</dc:subject>

		<description>Assurant une part de 40 % de la consommation &#233;nerg&#233;tique mondiale (celles du gaz naturel, du charbon et du nucl&#233;aire sont respectivement de 23, 22 et 7 %), le p&#233;trole reste bien la source d'&#233;nergie essentielle en ce d&#233;but du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle. Et cette supr&#233;matie, conquise sur le charbon il y a cinquante ans, a toutes les chances de demeurer encore un bon bout de temps. Non seulement parce que les r&#233;serves sont encore loin d'&#234;tre &#233;puis&#233;es mais surtout parce que les trusts&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Petrole-+" rel="tag"&gt;P&#233;trole
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Assurant une part de 40 % de la consommation &#233;nerg&#233;tique mondiale (celles du gaz naturel, du charbon et du nucl&#233;aire sont respectivement de 23, 22 et 7 %), le p&#233;trole reste bien la source d'&#233;nergie essentielle en ce d&#233;but du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle. Et cette supr&#233;matie, conquise sur le charbon il y a cinquante ans, a toutes les chances de demeurer encore un bon bout de temps. Non seulement parce que les r&#233;serves sont encore loin d'&#234;tre &#233;puis&#233;es mais surtout parce que les trusts &#233;normes qui ont assis leur fortune sur son exploitation n'ont nullement l'intention de laisser la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenir les robinets de cette source d'&#233;nergie c'est en effet tenir la cl&#233; de l'&#233;conomie capitaliste. D'o&#249; les paniques &#224; chaque menace, vraie ou suppos&#233;e, et d'o&#249; qu'elle vienne, de voir ces robinets se fermer ou r&#233;duire leur d&#233;bit. D'o&#249; aussi la vigilance des grandes compagnies comme des Etats sur lesquels elles s'appuient &#224; garder, d&#233;fendre ou &#233;tendre leur contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vigilance s'impose d'autant plus que la situation est en constant changement et d&#233;veloppement, avec des p&#233;riodes d'acc&#233;l&#233;ration, comme actuellement, semble-t-il. La demande toujours accrue du march&#233; exige en effet l'exploration et l'exploitation incessantes de nouveaux gisements, donc du contr&#244;le de pr&#232;s ou de loin de nouvelles r&#233;gions, celles des gisements mais celles aussi par lesquelles transitent l'or noir, ol&#233;oducs ou gazoducs (car l'exploitation du gaz naturel est intimement li&#233;e &#224; celle du p&#233;trole proprement dit, &#224; la fois parce qu'on les trouve dans les m&#234;mes zones et parce que ce sont souvent les m&#234;mes groupes capitalistes qui exploitent l'un et l'autre).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Par tous les moyens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est donc la course constante entre les principaux trusts. Course &#224; la concentration pour regrouper les moyens, capitaux et technologies, qui permettront de tenir t&#234;te aux concurrents ou les supplanter. Dans la courte p&#233;riode 1998-2000, cinq super-majors ont fini par s'imposer, am&#233;ricaines, britannique ou fran&#231;aise, assurant &#224; elles seules plus de la moiti&#233; de la production du secteur priv&#233; du p&#233;trole et d&#233;tenant 74 % de ses r&#233;serves. Ce qui n'emp&#234;che pas des outsiders, espagnols, italiens, russes ou m&#234;mes chinois, de lorgner sur les places &#224; prendre. Course surtout pour acqu&#233;rir la bienveillance et &#171; l'amiti&#233; &#187;, volontaire ou forc&#233;e, par l'argent si possible mais par la force si besoin est, des gouvernements et des Etats des pays qui ont le bonheur (ou plut&#244;t souvent le malheur pour leur peuple) de poqs&#233;der des gisements d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car cette lutte pour acqu&#233;rir droits d'exploration ou d'exploitation mais surtout monopole de la commercialisation et garantie que l'&#233;coulement du pr&#233;cieux liquide se fera sans anicroche ne se m&#232;ne pas entre gens de bonne compagnie par les seuls moyens diplomatiques, ni m&#234;me ceux de la corruption des gouvernements et des autorit&#233;s (ce sur quoi l'actuel proc&#232;s en France des anciens dirigeants de Elf a permis de lever un instant un voile que d'aucun entendent faire retomber au plus vite d'ailleurs). C'est par la guerre qu'en dernier ressort, s'il le faut, les trusts imposent leur mainmise, directe ou indirecte, m&#234;me s'ils pr&#233;f&#232;rent en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale que cette guerre soit men&#233;e par des mercenaires et les arm&#233;es des pays exploit&#233;s que par celles de l'Etat imp&#233;rialiste auquel ils s'adossent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Et d'abord par la force&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il suffit d'&#233;num&#233;rer les zones des conflits depuis la fin de l'URSS et des deux grands blocs (qui devait ouvrir une &#232;re de paix sur la plan&#232;te, rappelons-nous !) pour constater que pratiquement partout &#233;taient ou sont impliqu&#233;s des int&#233;r&#234;ts p&#233;troliers (pas seuls &#233;videmment, les autres trusts imp&#233;rialistes depuis ceux de l'agro-alimentaire jusqu'aux marchands d'armes ou de b&#233;ton n'entendant pas laisser pi&#233;tiner leurs propres int&#233;r&#234;ts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique &#224; feu et &#224; sang ? Au Congo, en Angola, au Tchad ou au Soudan, les compagnies essentiellement fran&#231;aises d'un c&#244;t&#233;, am&#233;ricaines de l'autre, mais parfois aussi canadiennes, italiennes, voire russes, paient et arment dictateurs et milices pour s'assurer l'exploitation des gisements offshore ou sahariens d&#233;couverts depuis dix ans. Les affrontements sanglants de leurs hommes de main ne les emp&#234;chant &#233;videmment pas de s'entendre aussi parfois pour se partager exploitation et b&#233;n&#233;fices. La comp&#233;tition n'a jamais emp&#234;ch&#233; les ententes temporaires ou ponctuelles et les retournements d'alliances font partie de la vie des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afghanistan ? Pendant des ann&#233;es les Etats-Unis ont soutenu les talibans dans l'espmir que ceux-ci imposeraient la paix au pays (fut-elle celle des cimeti&#232;res et des burkas) et permettraient donc la construction de l'ol&#233;oduc n&#233;cessaire &#224; l'&#233;vacuation du p&#233;trole de certains des pays asiatiques de l'ex-URSS. Puis, &#224; peine Ben Laden leur a-t-il fourni le pr&#233;texte d'intervenir dans la r&#233;gion, qu'ils n'ont surtout pas rat&#233; l'occasion de prendre pied militairement dans ces pays qui passent, &#224; tort ou &#224; raison, pour le nouvel eldorado p&#233;trolier du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle (en 2000, la d&#233;couverte de deux gisements g&#233;ants, Shah Deniz en Azerba&#239;djan (5,9 milliards de barils) et surtout Kashagan au Kazakhstan (25 milliards de barils) a mis l'eau &#224; la bouche de tous les p&#233;troliers de la plan&#232;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tch&#233;tch&#233;nie ? L'ignoble guerre men&#233;e par l'Etat russe contre un petit peuple n'est pas seulement due au nationalisme grand-russe de l'ex-KGB Poutine mais &#224; la situation strat&#233;gique du pays, passage du seul ol&#233;oduc actuel qui permet le transport d'une partie du p&#233;trole de la Mer Caspienne. Pas question de l&#226;cher au moment o&#249; les Am&#233;ricains envisagent la construction de tuyaux contournant la Russie ou l'Iran (la construction du gigantesque ol&#233;oduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (1750 km de long) a &#233;t&#233; inaugur&#233;e en septembre 2002 en pr&#233;sence des pr&#233;sidents d'Azerba&#239;djan, de G&#233;orgie, de Turquie, et... du secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricain &#224; l'&#233;nergie).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'Irak enfin ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Personne ne doute que si Bush, dont la famille fait partie de &#171; l'aristocratie texane du p&#233;trole &#187; a choisi l'Irak (plut&#244;t que la Cor&#233;e du Nord par exemple qui, elle, a r&#233;ellement l'arme atomique) pour objectif de sa pr&#233;tendue croisade anti-terroriste, c'est en bonne partie pour le p&#233;trole. Les r&#233;serves du pays sont parmi les plus importantes au monde et donc guign&#233;es par les compagnies am&#233;ricaines. S'en emparer serait aussi un excellent moyen de faire pression sur l'Arabie Saoudite, cette alli&#233;e si longtemps docile mais qui depuis quelque temps, forte de sa position dominante tant en mati&#232;re de production que de r&#233;serves, a des vell&#233;it&#233;s de prendre ses distances et de mener sa vie. Un Irak &#224; la botte et son p&#233;trole sous contr&#244;le permettraient de tenir la drag&#233;e haute &#224; toute vell&#233;it&#233; de chantage de l'Arabie Saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme personne ne doute non plus que les postures de la France et de la Russie, faisant mine de s'opposer aux va-t-en-guerre am&#233;ricains, n'avaient d'autre objectif que de pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts de leurs marchands en Irak, et en premier lieu leurs p&#233;troliers (Total aurait d&#233;j&#224; n&#233;goci&#233; des droits pour Majnoon, un champ prometteur de 20 milliards de barils, et de Nahr Umr, la compagnie russe Lukoil ceux sur le champ de West Qurna). Aussi le compromis pass&#233; &#224; l'ONU a-t-il bien des chances d'avoir simplement couvert un partage, mais lui plus discret, et dont on ne conna&#238;tra la teneur que plus tard, pour la r&#233;partition de l'exploitation des ressources p&#233;troli&#232;res irakiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les loups se mordent parfois entre eux, mais au final ce sont les moutons qu'ils d&#233;vorent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 2002,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.C.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_26 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH268/art576-1-cb29a.gif?1787940778' width='300' height='268' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;image 300 x 268
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Birmanie : sous la botte de l'arm&#233;e et de Total
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Total
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		<dc:subject>Birmanie
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		<description>Le parquet de Nanterre a ouvert, le 10 octobre, une information judiciaire sur les accusations de deux ouvriers birmans qui, selon le Monde, &#171; affirment avoir &#233;t&#233; forc&#233;s de travailler sur le chantier du gazoduc construit par le groupe p&#233;trolier fran&#231;ais TotalFinaElf en Birmanie &#187;. &lt;br /&gt;Depuis 1995 en effet, Total exploite un gisement de gaz en Birmanie et a construit pour cela un gazoduc, qui traverse une r&#233;gion o&#249; la junte militaire au pouvoir m&#232;ne une v&#233;ritable guerre contre des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Petrole-ces-trusts-qui-saignent-la-planete-" rel="directory"&gt;DOSSIER : P&#233;trole : ces trusts qui saignent la plan&#232;te
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Total-+" rel="tag"&gt;Total
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Birmanie-+" rel="tag"&gt;Birmanie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le parquet de Nanterre a ouvert, le 10 octobre, une information judiciaire sur les accusations de deux ouvriers birmans qui, selon &lt;em&gt;le Monde, &#171; affirment avoir &#233;t&#233; forc&#233;s de travailler sur le chantier du gazoduc construit par le groupe p&#233;trolier fran&#231;ais TotalFinaElf en Birmanie &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1995 en effet, Total exploite un gisement de gaz en Birmanie et a construit pour cela un gazoduc, qui traverse une r&#233;gion o&#249; la junte militaire au pouvoir m&#232;ne une v&#233;ritable guerre contre des minorit&#233;s ethniques. Pour &#171; s&#233;curiser &#187; le gazoduc, l'arm&#233;e a proc&#233;d&#233; &#224; des ex&#233;cutions sommaires et &#224; des d&#233;placements de population, et elle a en outre contraint de nombreux paysans &#224; des travaux forc&#233;s, de terrassement notamment, au service de Total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La firme, qui pr&#233;tend n'y &#234;tre pour rien, aurait m&#234;me directement subventionn&#233; des bataillons de l'arm&#233;e, et reste, selon l'opposante Aung Syi, le &lt;em&gt;&#171; meilleur soutien du r&#233;gime militaire &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on se rassure cependant : le chef d'accusation r&#233;dig&#233; par le parquet parle d'une &lt;em&gt;&#171; d&#233;tention suivie d'une lib&#233;ration avant le 7&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; jour &#187;, &lt;/em&gt;un d&#233;tail contestable qui classe les faits dans la cat&#233;gorie des d&#233;lits et non des crimes. Or selon la loi fran&#231;aise la prescription des d&#233;lits d&#233;marre 3 ans apr&#232;s les faits. Le dossier contre Total et ses dirigeants devrait donc &#234;tre class&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas que l'arm&#233;e et l'Etat birmans &#224; la botte de Total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.R.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_33 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH229/art583-1-f1b88.gif?1787940778' width='400' height='229' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;image 400 x 229
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les &#171; majors &#187; sont toujours l&#224;
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme
</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;trole
</dc:subject>

		<description>En 1950, la part des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole d&#233;tenue par les sept &#171; majors &#187;, ces compagnies p&#233;troli&#232;res g&#233;antes1 bas&#233;es aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, est de 98 %. Dans les ann&#233;es 1990, les m&#234;mes (ramen&#233;es &#224; six et aujourd'hui cinq2)n'en d&#233;tiennent plus que 5 %. Dans le m&#234;me temps, dans les pays exportateurs (d'anciennes colonies souvent), des compagnies sont apparues, qui exploitent aujourd'hui une proportion consid&#233;rable des ressources. Pourtant, malgr&#233; cette apparente&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Capitalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Petrole-+" rel="tag"&gt;P&#233;trole
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1950, la part des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole d&#233;tenue par les sept &#171; majors&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A savoir : Esso (futur Exxon), Texaco, Mobil, Chevron, Gulf, am&#233;ricaines ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187;, ces compagnies p&#233;troli&#232;res g&#233;antes1 bas&#233;es aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, est de 98 %. Dans les ann&#233;es 1990, les m&#234;mes (ramen&#233;es &#224; six et aujourd'hui cinq2)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ExxonMobil, Shell, BP Amoco, TotalFinaElf, et ChevronTexaco (Gulf ayant &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;n'en d&#233;tiennent plus que 5 %. Dans le m&#234;me temps, dans les pays exportateurs (d'anciennes colonies souvent), des compagnies sont apparues, qui exploitent aujourd'hui une proportion consid&#233;rable des ressources. Pourtant, malgr&#233; cette apparente d&#233;concentration de l'industrie p&#233;troli&#232;re, les compagnies des pays imp&#233;rialistes n'ont rien perdu de leur contr&#244;le de ce secteur, pi&#232;ce ma&#238;tresse de la machine capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir de l'&#233;poque coloniale, l'industrie p&#233;troli&#232;re est tr&#232;s fortement int&#233;gr&#233;e : les compagnies contr&#244;lent chacune l'ensemble du processus de production, de la prospection aux stations-service, en passant par le forage, le raffinage, le transport et le stockage. Dans ce secteur typiquement monopolistique, les prix du p&#233;trole sont fix&#233;s par l'entente entre elles des majors (avec le soutien des Etats auxquels elles s'adossent), et des profits &#233;normes rendus possibles par l'exploitation directe des gisements situ&#233;s en pays colonis&#233;s ou dans des Etats auxquels une rente d&#233;risoire est revers&#233;e. Les mouvements anti-coloniaux vont modifier les r&#232;gles du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Changement dans les r&#232;gles du jeu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans leur tentative d'&#233;mancipation les bourgeoisies colonis&#233;es, qui gagnent les unes apr&#232;s les autres leur ind&#233;pendance politique, reprennent progressivement aux compagnies occidentales le contr&#244;le des gisements de p&#233;trole. En 1963, l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante cr&#233;e la SONATRACH ; en 1972, l'Irak nationalise l'Irak petroleum company et en 73 la Basrah petroleum ; entre 1972 et 1980, l'Arabie Saoudite rach&#232;te ses actifs &#224; l'&#233;norme Aramco (Arab and american company, consortium de majors am&#233;ricaines cr&#233;&#233; en 1936) ; l'Etat v&#233;n&#233;zu&#233;lien nationalise tous les avoirs de l'industrie p&#233;troli&#232;re en 1976&#8230; En 1973, au moment du premier choc p&#233;trolier, les majors ne contr&#244;lent d&#233;j&#224; plus que 18 % de la production hors &#171; bloc de l'Est &#187;, et cette part va encore grandement diminuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; cette p&#233;riode l'industrie p&#233;troli&#232;re est largement scind&#233;e en trois activit&#233;s : la production (&#171; l'amont &#187;), toujours plus contr&#244;l&#233;e par les Etats producteurs ; &#224; l'autre extr&#233;mit&#233;, le raffinage et la distribution (&#171; l'aval &#187;), qui restent entre les mains des grandes compagnies ; et au milieu, un secteur sp&#233;culatif, qui se d&#233;veloppe rapidement dans l'espace ouvert entre les deux premiers, gr&#226;ce &#224; de nouveaux march&#233;s boursiers dits &#171; &#224; terme &#187; sur le march&#233; &#171; spot &#187; (il s'agit de jouer sur l'&#233;volution des prix entre la commande et la livraison du brut ; les noms sont &#233;vocateurs : &#171; Russian roulette &#187;, &#171; Boston bingo &#187;, &#171; Littlebrook lotery &#187;&#8230;.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 70, pour tenter de prendre le contr&#244;le des prix, l'arme de l'OPEP, c'est de pouvoir jouer sur la quantit&#233; de brut extrait : en s'imposant des quotas, ces pays esp&#232;rent arriver &#224; maintenir les cours. Cet atout, qui semble d&#233;cisif, s'av&#232;re en fait d&#233;risoire pour changer le rapport de forces avec les trusts imp&#233;rialistes. Ce qui permet aux majors de conserver la main sur l'industrie mondiale du p&#233;trole est justement le march&#233; n&#233; de la perte de leur position h&#233;g&#233;monique sur l'ensemble du processus de production. Sur ce march&#233;, initialement destin&#233; &#224; permettre aux compagnies un simple approvisionnement additionnel &#224; celui garanti par les contrats avec les pays producteurs, les cours sont fix&#233;s par la loi de l'offre et la demande. Pour d&#233;jouer la politique des quotas de l'OPEP, les compagnies se fournissent alors de plus en plus sur le march&#233; spot. Et les Etats producteurs suivent, l'alimentant eux-m&#234;mes de plus en plus, qu'ils soient ou non membres de l'OPEP, quitte &#224; enfreindre les d&#233;cisions de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de prix volontariste de l'OPEP, min&#233;e par les d&#233;saccords entre ses membres, est ainsi rapidement vaincue par la concurrence du &#171; march&#233; libre &#187;. Les prix auxquels m&#234;me l'OPEP doit se plier sont fix&#233;s par la sp&#233;culation (bien que le march&#233; spot ne concerne toujours qu'une part assez marginale de la production mondiale, de l'ordre de 20 %). Ainsi, apparemment les trusts imp&#233;rialistes de l'industrie p&#233;troli&#232;re n'ont plus la main sur les robinets ; mais ils restent en position dominante sur le secteur, et si l'amont repr&#233;sente une activit&#233; raisonnablement rentable, l'aval l'est encore beaucoup plus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Maintien de la domination des m&#234;mes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution depuis cinquante ans du march&#233; p&#233;trolier et des r&#244;les qu'y jouent respectivement les compagnies et les Etats producteurs, laisse ainsi voir l'ombre port&#233;e des &#233;volutions politiques g&#233;n&#233;rales : fin de l'&#233;poque coloniale au sortir de la seconde guerre mondiale, tentatives d'&#233;mancipation des bourgeoisies colonis&#233;es avec leur ind&#233;pendance, puis leur &#233;chec, qui a permis &#224; l'imp&#233;rialisme de vassaliser leur &#233;conomie sans en &#234;tre plus nominalement propri&#233;taire. Depuis les ann&#233;es 80, l'industrie p&#233;troli&#232;re s'est stabilis&#233;e dans cette configuration. Les grandes compagnies ont pu, pour des raisons strat&#233;giques, se red&#233;ployer momentan&#233;ment dans le secteur de la production (y compris parfois d'autres &#233;nergies concurrentes comme le gaz ou le charbon). Mais globalement la tendance a &#233;t&#233; au contraire &#224; davantage de concentration encore sur l'aval, ou sur les secteurs du raffinage n&#233;cessitant une technologie pouss&#233;e (o&#249; les trusts peuvent toujours pr&#233;tendre &#224; d'&#233;normes surprofits monopolistiques), laissant aux compagnies des Etats producteurs l'activit&#233; bien moins fructueuse de la simple extraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la forte r&#233;duction de leur implication dans la production, les majors ont donc encore accru leur domination sur le secteur p&#233;trolier. Elles ont pris un poids grandissant parmi les compagnies des pays imp&#233;rialistes elles-m&#234;mes, gr&#226;ce &#224; leur concentration. Une cons&#233;quence des chocs p&#233;troliers des ann&#233;es 1970 est en effet le rachat aux Etats-Unis de 43 des 62 plus grandes firmes p&#233;troli&#232;res, entre 1979 et 1989. Nouveau mouvement dix ans plus tard : en 1998, Exxon (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mondiale) rach&#232;te Mobil (3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;) et supplante l'ex-leader Shell ; en juillet 1999, TotalFina rach&#232;te Elf ; en octobre 2000, Chevron rach&#232;te Texaco&#8230; pour ne citer que les rachats les plus &#233;normes (la presse qualifie l'absorption de Mobil par Exxon de &#171; plus grosse fusion de l'histoire &#187;). Fin 2001, les chiffres d'affaires et les b&#233;n&#233;fices des cinq premiers groupes mondiaux &#233;taient respectivement et dans l'ordre : ExxonMobil (232,7 milliards de dollars, pour 16,9 milliards de b&#233;n&#233;fices), Royal Dutch/Shell (191,5 pour 13,1), BP Amoco (176 pour 14,2), TotalFinaElf (107 pour 6,28), et ChevronTexaco (103,1 pour 7,68). Pour donner un &#233;l&#233;ment de comparaison, le budget de l'Etat fran&#231;ais est de l'ordre de 230 milliards de dollars. Derri&#232;re les majors, on trouve des compagnies comme l'italienne ENI, l'espagnole Repsol, ou encore quelques ind&#233;pendantes am&#233;ricaines, sans parler des compagnies des pays producteurs (qui, sp&#233;cialis&#233;es dans l'extraction, tentent parfois de se d&#233;velopper dans le secteur aval). Parmi elles les compagnies russes comme Lukoil (d'Etat) et Ioukos (priv&#233;e) qui tentent de se faire une place parmi les compagnies imp&#233;rialistes en dehors du champ russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t MARCHAND&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A savoir : Esso (futur Exxon), Texaco, Mobil, Chevron, Gulf, am&#233;ricaines ; British Petroleum (BP), britannique, et Royal Dutch/SHELL, anglo-hollandaise ; auxquelles on associe en g&#233;n&#233;ral la CFP (Compagnie fran&#231;aise des p&#233;troles, future Total).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ExxonMobil, Shell, BP Amoco, TotalFinaElf, et ChevronTexaco (Gulf ayant &#233;t&#233; rachet&#233; par Chevron).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Un futur or ou noir ?
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		<dc:subject>&#201;cologie
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>P&#233;trole
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		<description>Quels probl&#232;mes attendent notre soci&#233;t&#233; dont l'activit&#233; est essentiellement bas&#233;e sur le p&#233;trole, une ressource qui ne peut &#234;tre effectivement in&#233;puisable. Les efforts consid&#233;rables de prospection des trusts aux quatre coins de la plan&#232;te (41 champs p&#233;trolif&#232;res g&#233;ants auraient ainsi &#233;t&#233; d&#233;couverts depuis 1980, dont les gisements sur les c&#244;tes d'Afrique, au Kazakhstan et en Iran) n'arrivent pas en effet &#224; enrayer le d&#233;clin continu des r&#233;serves mondiales puisqu'un baril seulement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Ecologie-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Capitalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme
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&lt;a href="http://nossl.convergencesrevolutionnaires.org/+-Petrole-+" rel="tag"&gt;P&#233;trole
&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quels probl&#232;mes attendent notre soci&#233;t&#233; dont l'activit&#233; est essentiellement bas&#233;e sur le p&#233;trole, une ressource qui ne peut &#234;tre effectivement in&#233;puisable. Les efforts consid&#233;rables de prospection des trusts aux quatre coins de la plan&#232;te (41 champs p&#233;trolif&#232;res g&#233;ants auraient ainsi &#233;t&#233; d&#233;couverts depuis 1980, dont les gisements sur les c&#244;tes d'Afrique, au Kazakhstan et en Iran) n'arrivent pas en effet &#224; enrayer le d&#233;clin continu des r&#233;serves mondiales puisqu'un baril seulement serait d&#233;couvert pour 2 barils consomm&#233;s. L'Agence d'information de l'&#233;nergie du D&#233;partement am&#233;ricain &#224; l'&#233;nergie estime que le pic de la courbe de production de p&#233;trole conventionnel (correspondant &#224; la moiti&#233; des r&#233;serves r&#233;cup&#233;pables mondiales) sera atteint en 2040, date apr&#232;s laquelle la production commencerait &#224; d&#233;cro&#238;tre. D'autres experts le situent m&#234;me en 2020. Et les r&#233;serves connues, exploit&#233;es avec les technologies actuelles, devraient &#234;tre &#233;puis&#233;es dans cent ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres sont certes &#224; prendre avec des pincettes. D'abord ils proviennent forc&#233;ment des milieux p&#233;troliers qui les distillent &#224; l'intention du public en fonction de leurs politiques (en vue de favoriser une hausse des prix ou de pousser des Etats occidentaux &#224; les aider &#224; prendre le contr&#244;le de nouveaux champs p&#233;trolif&#232;res). Ensuite ils sont bas&#233;s sur les donn&#233;es actuelles des connaissances, g&#233;ologiques comme technologiques. Ainsi, le p&#233;trole &#171; non conventionnel &#187; (sables bitumeux, huiles lourdes, offshore profond, huile de schiste) ne repr&#233;sente actuellement que 3,5% de la production mondiale. Ses techniques de forage et de raffinage sont effectivement beaucoup plus co&#251;teuses (le co&#251;t de revient d'un baril est 12 fois plus important que pour du p&#233;trole conventionnel saoudien). Mais ce sont plus de 200 bassins qui ont &#233;t&#233; d&#233;couverts dans le monde, et les r&#233;serves potentielles d'huile lourde au Canada et au Venezuela repr&#233;sentent le double des r&#233;serves de p&#233;trole conventionnel de l'Arabie Saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde n'est donc pas pr&#232;s de manquer de p&#233;trole, &#224; condition de faire les efforts d'investissement et de recherche n&#233;cessaires. Mais ce qui est vrai c'est que la pr&#233;vision &#224; long terme n'est pas la pr&#233;occupation des trusts qui se soucient comme d'une guigne des probl&#232;mes de l'&#233;puisement &#224; 20 ou 30 ans (alors vous pensez &#224; 100 ans !) pour piller tout de suite et au maximum ce qui leur co&#251;tera le moins cher et qu'ils pourront revendre au plus haut prix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le vrai probl&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais cette impr&#233;voyance (peut-&#234;tre tragique pour des g&#233;n&#233;rations futures) n'est presque qu'un p&#233;ch&#233; v&#233;niel en comparaison des cons&#233;quences que ce pillage a aujourd'hui m&#234;me sur l'environnement de toute la plan&#232;te. Simples exemples : au Tchad, le trac&#233; de l'ol&#233;oduc jusqu'au port de Kribi au Cameroun conduira &#224; la d&#233;forestation de la for&#234;t &#233;quatoriale sur des dizaines de km, &#224; la pollution quasi-certaine des nappes phr&#233;atiques, et pour finir au d&#233;placement de population de Pygm&#233;es ; aux Etats-Unis les fermes am&#233;ricaines, du fait de l'utilisation d'engrais d&#233;riv&#233;s du p&#233;trole, alli&#233;e &#224; l'emploi de pesticides, conduisant &#224; l'&#233;puisement et l'&#233;rosion des sols, perdraient chaque ann&#233;e plus de 4 milliards de tonnes de couches arables. Mais les cons&#233;quences de ce pillage sont surtout dramatiques pour les populations comme nous le montrons dans ce dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne veut &#233;videmment pas dire que le seul avenir de l'humanit&#233; serait dans le bouchage des puits et la fermeture des ol&#233;oducs et le retour au feu de bois et &#224; la charrette. Les hommes, s'ils veulent sortir de la mis&#232;re ont besoin de produire non pas moins mais beaucoup plus d'&#233;nergie qu'aujourd'hui o&#249; un tiers de la population mondiale n'a pas du tout acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233; et la moiti&#233; de mani&#232;re tr&#232;s limit&#233;e, quelques centaines de kWh par personne et par an. Si les deux pays les plus peupl&#233;s, la Chine et l'Inde, devaient accro&#238;tre leur production d'&#233;nergie par habitant seulement au niveau de la Cor&#233;e du Sud, leurs besoins exc&#233;deraient d&#233;j&#224; de 50 % la demande mondiale de l'ann&#233;e 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au remplacement du p&#233;trole par les autres sources d'&#233;nergie capables de fournir celle-ci en quantit&#233; suffisante, il suffit de les &#233;num&#233;rer pour savoir qu'elles peuvent faire tout autant sinon plus de d&#233;g&#226;ts. Ainsi les grands barrages hydro&#233;lectriques en Chine ou en Inde qui noient des r&#233;gions enti&#232;res et d&#233;placent des dizaines de millions de pauvres. Et elles repr&#233;sentent une menace aussi grande pour l'avenir de l'humanit&#233; (les nombreux Tchernobyl potentiels dispers&#233;s aujourd'hui sur la plan&#232;te) que le p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien l&#224; que nous touchons aux vrais probl&#232;mes. Le p&#233;trole, l'hydroelectricit&#233;, le nucl&#233;aire ou n'importe quelle autre source d'&#233;nergie ne sont des calamit&#233;s que parce que les d&#233;cisions de les exploiter et de bouleverser la nature reviennent &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s en vue de leur profit et non &#224; la collectivit&#233; qui pourrait les prendre en toute connaissance des tenants et des aboutissants et pour le mieux-&#234;tre de tous. Autrement dit c'est du capitalisme dont il faut se d&#233;barrasser, pas du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone CANETTI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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