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Bulletin NPA-Étincelle SNCF Paris Saint-Lazare

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  • Dès le 11, la direction nous voudrait en tenue au
    milieu des flux, au mépris de toute logique sanitaire.
    « Pour nos clients » nous dit-elle. Allons tous attraper et
    transmettre le Corona, les « clients » nous en seront
    reconnaissants ! S’ils sont irresponsables, qu’ils le soient
    avec leur propre vie. Ils n’ont qu’à déconfiner leurs
    gilets rouges de VI.

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  • Des ronds et des flèches dans les gares, des stickers
    sur les sièges, de la rubalise dans les chantiers, le port
    de masques (qu’on nous disait inutiles !) rendu
    obligatoire en toutes circonstances, des fiches métiers
    Covid-19 inapplicables, des grands appels à la
    responsabilité individuelle et hop : la direction dit
    qu’elle a fait tout ce qu’elle pouvait.

    Nos conditions de travail à la sauce déconfinement
    ressembleront à s’y méprendre à celles d’avant, sauf
    qu’on sera masqués et les mains pleines de gel hydro-alcoolique. Ce qu’il faut en plus pour assurer au
    maximum notre sécurité et celle des autres, il nous
    faudra l’imposer.

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  • Après nous avoir dit que les masques étaient
    parfaitement inutiles et les avoir même interdits sur les
    quais aux collègues qui ramenaient les leurs, voilà que
    les masques sont devenus o-bli-ga-toires. Les mêmes
    chefs qui nous interdisaient d’en mettre vont maintenant
    nous menacer de sanctions en cas de non port.

    Mais mieux encore. Les masques sont mêmes
    devenus SUFFISANTS. Vous voulez pas aller au milieu
    des flux sur les quais ou dans les rames ? Mais si allez-y, aucun problème puisque vous avez un masque ! Ces
    dirigeants qui s’inventent médecins, on va vite leur faire
    ravaler leurs faux diplômes !

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  • À partir du 11 mai nous serons à nouveau nombreux
    au travail. Il ne faudra pas attendre pour se réunir, sans
    se contaminer, et discuter entre cheminots de la
    nécessaire riposte aux attaques qui pleuvent : vol d’un
    sixième jour de congé, menaces de suppressions de
    postes, etc.

    Oui, il faut reprendre au plus vite le chemin de la
    lutte pour nos revendications : des moyens pour les
    mesures sanitaires, interdiction des licenciements,
    réduction du temps de travail et augmentation générale
    des salaires !

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  • La direction nous avait appelés à la « solidarité » pour
    nous demander de filer des jours de repos. La véritable
    finalité de la mesure commence à arriver dans nos
    services : ils veulent profiter de ces jours donnés pour
    nous faire bosser plus... et se passer d’embauches. Les
    collègues en CDD, eux, se retrouveraient au chômage.
    Belle leçon de solidarité de la direction !

    Montrons leur le vrai sens de ce mot en leur
    imposant l’embauche de tous les CDD et intérimaires !

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  • La SNCF annonce deux milliards de pertes – en fait
    de « manque à gagner » – suite à la baisse d’activité.
    Cela malgré le chômage partiel payé par l’État, les
    contrats régionaux maintenus... Ces deux milliards, la direction est décidée
    à nous les faire payer, en nous retirant six repos, entre
    autres.

    Pour faire passer ces attaques, Farandou a brandi la
    menace de suppressions de postes et de licenciements.
    Tu parles d’une nouveauté : c’est le sport favori de nos
    dirigeants depuis 30 ans, ils n’ont pas attendu la
    pandémie... Ne nous laissons pas faire, on ne sauvera ni
    notre santé, ni notre emploi en défendant la boîte mais
    bien en se défendant tous ensemble contre elle et ses
    attaques !

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  • Beaucoup de cheminots en télétravail ont été placés
    d’office au chômage partiel, donc payés par l’État, un
    jour ou deux par semaine, alors que leur charge de
    travail reste la même et remplit largement un temps
    plein. D’autres, en formation, qui suivent des cours à
    distance et s’exercent en ligne sont réputés travailler
    seulement deux jours par semaine...

    Voilà les magouilles qui occupent nos dirigeants. Et
    quand on voit les journées de service surchargées du
    plan de transport « déconfinement » pour les
    conducteurs et les agents départs, on se dit que la
    direction a pris goût à nous mettre le plus possible en
    chômage partiel pour toucher l’argent public.

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  • Des nouveaux sites de garage ouvrent à Flins et à
    Aubergenville. On nous envoie quelques photos, un
    plan et un SMS ou un mail : « c’est bon pour toi ? »
    Non, on ne nous habilitera pas sans journée de
    formation !

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  • L’outil de travail des ASCT, Cosmo, se met en
    sécurité et cesse de fonctionner au bout de 90 jours sans
    utilisation. La hiérarchie a donc reçu pour consigne de
    nous appeler pour prendre des nouvelles... de Cosmo.
    Tant de sollicitude nous bouleverse.

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  • Le déconfinement pour la direction, comme pour
    bien des patrons, semble signifier un retour à la
    normale. Vite remplissons les caisses ! Entre la
    fermeture des portiques dès le 11 au matin pour forcer à
    la vente au plus vite et les messages nous incitant à
    « déconfiner les cosmo », le message est assez clair !

    Pour nous aussi le message doit l’être : nos vies
    passeront avant leurs profits !

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  • Dans une lettre ouverte, les principaux patrons du
    transport de voyageurs interpelaient Édouard Philippe
    sur les conditions de reprise. Et la manière dont ils la
    voient n’est pas très loin de la nôtre. Mais quelle
    conclusion en tirent-ils ? Eh bien comme tout un tas de
    patrons (et de maires), ce qu’ils demandent en filigrane
    c’est d’être exemptés de toute responsabilité pénale dans
    la catastrophe probable a venir.

    Message reçu cinq sur cinq par le gouvernement qui leur
    donne raison dans une ordonnance. Aux travailleurs le
    « civisme » du retour au travail. Aux patrons le droit
    d’être irresponsables.

    Ça résume bien comment cette société tourne. Vite,
    changeons la !

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  • Port du masque obligatoire dans les transports, mais pas question pour les directions de gérer la distribution de ces masques. Que les voyageurs se débrouillent ! Par contre, dirigeants de la RATP et de la SNCF ont dit au gouvernement qu’ils étaient candidats pour verbaliser les usagers sans masque. Après nous avoir dit comme à tout le monde que les masques n’étaient pas utiles, et même défendu pendant un temps d’en porter sur la plateforme, on voudrait nous envoyer nous exposer pour mettre des amendes pour non utilisation de masque... Et puis quoi encore ?! 

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  • Édouard Philippe a déclaré que la distanciation sociale sera respectée dans les transports… tout en tenant le cap d’une reprise massive du travail à l’horizon du 11 mai. Et sans annoncer aucune mesure rendant cette distanciation sociale possible dans ces conditions.

    Fermer les entreprises non essentielles qui sont restées ouvertes, prolonger la mise en sommeil de celles qui ont fermé, aménager les horaires dans les autres : les solutions existeraient. Mais il s’agirait pour cela de tordre le bras du patronat…

    La direction compte bien nous envoyer en première ligne pour faire respecter ces « gestes barrière » dans des conditions où ils seront intenables. Hors de question de faire les frais de leur politique.

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  • Les chefs de certains secteurs envoient des questionnaires par SMS ou nous invitent début mai à des réunions virtuelles. Probablement qu’ils nous parleront des mesures dans l’organisation du travail (ou de l’absence de mesures !) en vue du déconfinement général et qu’ils nous diront que tout se passera très bien. On a bien vu que pour se protéger du virus, il ne faut compter que sur nous-mêmes et ne pas attendre d’éventuelles décisions venues d’en haut. La direction organise le déconfinement à sa sauce, on aurait bien intérêt à faire de même et se préparer à imposer nos conditions. 

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  • L’appel au « civisme » de Penicaud pour faire reprendre les chantiers a visiblement été reçu cinq sur cinq sur nos lignes. Au point qu’une petite visite d’un inspecteur du travail (filmée par les caméras de France 3) sur le chantier de Sèvres permet de découvrir qu’au lieu des 7 ouvriers annoncés... il y en a 30 !

    Le « civisme » c’est visiblement d’envoyer au boulot tout le monde sans aucun respect des critères de sécurité prévus en ces temps de pandémie.

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  • La propre réglementation de la SNCF prévoyait la dotation de masques FFP2 aux agents en contact avec les voyageurs en cas de pandémie, référentiel qu’elle a discrètement abrogé fin février au début de l’épidémie de coronavirus. Le gouvernement a eu plus d’un mois et demi pour préparer le déconfinement et va visiblement peiner à fournir la population ne serait-ce qu’en masques FFP1. 

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  • La direction a mis en place début avril des fiches de prévention sanitaire COVID-19. Celles-ci visent à préciser les mesures de prévention vis-à-vis des agents en complément des gestes barrières qu’elle demande de respecter… seulement quand elle le décide. En effet, si ces fiches précisent en rouge gras que la distance minimale d’un mètre entre deux agents doit être respectée, on peut lire dans un exemple un peu plus bas que si ces agents doivent travailler dans un local ne permettant pas de respecter cette règle, ils devront porter chacun un masque FFP1 ou équivalent.

    Le port du masque ne doit pas remplacer les gestes barrières mais doit s’y rajouter !

    Pour travailler en toute sécurité, imposons le respect des « gestes barrière » et le port de masques en toute occasion !

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  • Dans son discours de lundi soir, Macron a égrené
    une liste des métiers « en première ligne » d’où était
    une nouvelle fois absents les cheminots et les agents
    de la RATP. Des soucis à digérer la grève contre la
    réforme des retraites ? Ces « oublis » du président des
    riches sont nos plus beaux hommages.

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  • Macron a appelé de ses vœux la réouverture des
    écoles dès le 11 mai : le meilleur moyen donc de
    libérer les parents pour les renvoyer... au boulot !
    Quitte à les envoyer à la contamination et toute la
    famille avec.

    Des pétitions et des appels à garder nos mômes à la
    maison tournent déjà largement. La vie de nos gamins
    vaut plus que leurs profits !

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  • À peine Macron avait-il fini la sienne, que Farandou
    lui emboîtait le lendemain
    matin. Et, comme au garde à
    vous, le voilà qui annonce que
    le plan de transport va devoir
    augmenter pour préparer la
    grande reprise voulue par
    Macron (et le Medef derrière
    lui) pour le 11 mai. Alors que
    la SNCF a déjà bien du mal à
    faire en sorte que le peu de
    trains qui roulent soient
    nettoyés et désinfectés.

    Qu’on se le dise, hors de
    question d’aller risquer notre
    vie au boulot !

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  • Si les mots se veulent plus
    consensuels, le discours de
    Farandou promet bien les mêmes attaques que ses
    petits camarades du Medef. Il faudra « s’adapter » à
    la « situation économique dégradée » nous dit-il.

    Comme si nos quotidiens n’étaient pas déjà assez
    dégradés par les bas salaires et le sous-effectif.
    Pas question de payer la crise ! Par contre, toutes
    les raisons de faire passer les actionnaires à la caisse
    pour des embauches et des augmentations.

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  • Cinq jours de repos nous sont imposés par la
    direction pour permettre « d’assurer la reprise de
    l’activité à l’issue du confinement »
    . Alors que les
    cheminots sont 4 à 9 fois plus contaminés par le virus
    du fait de leur activité, le monde d’après auquel pense
    déjà la direction, c’est la reprise des cadences
    infernales et de la productivité à tout va. Comme le
    monde d’avant donc, mais avec des jours de repos en
    moins !

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  • La mesure ne passe clairement pas parmi les
    cheminots, d’autant moins chez tous ceux qui
    continuent d’aller travailler « normalement » c’est-à-dire
    en prenant tous les risques pour leur santé. Les
    réactions ne se sont pas fait attendre, malgré les
    difficultés à se mobiliser en période de confinement.
    Des collègues ont clairement fait savoir qu’ils ne
    poseraient pas d’eux-mêmes les jours et une pétition en
    ligne rassemble plus de 700 signatures à l’heure
    actuelle.

    La direction régionale répond par le mépris en
    refusant en toute illégalité une DCI pour lui remettre
    cette pétition. Si elle croit s’en tirer comme ça...

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  • Une des conséquences des cinq jours de repos
    imposés : l’entreprise a besoin de plus de conducteurs
    et s’acharne donc à faire revenir travailler des
    collègues qui habitent en province. Ces collègues
    passeraient quasiment autant de temps à se déplacer
    qu’à conduire des trains de
    banlieue. Voilà un non-sens
    complet du point de vue
    sanitaire : c’est prendre le
    risque qu’ils contractent le
    virus à Paris avant de rentrer
    chez eux dans des régions
    jusqu’à présent moins
    touchées.

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  • Il n’ y a plus dans les locaux
    de bouteilles d’eau, de café, de
    quoi grignoter et rares sont les
    micro-ondes accessibles. La
    direction s’en lave les mains.
    Un dirigeant a même déclaré
    que le café était à proscrire car
    c’est un moment convivial qui
    encourage les regroupements. What else ?

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  • Les salles de cuisine et de repos du 1er étage de la
    gare Saint-Lazare sont fermées, officiellement pour
    éviter que les cheminots ne s’y concentrent. Du coup
    on est forcé d’être dans ce qu’il reste d’espaces
    disponibles, comme les feuilles et les locaux de
    réserve. Malin !

    Au contraire, sur les plateformes encore bien
    fréquentées aux heures de pointe, pas de soucis pour y
    aller, ce serait même un devoir selon la direction !

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  • Aux collègues qui réclamaient des masques comme
    la réglementation le prévoit, combien de hiérarchiques
    grands ou petits nous ont expliqué (depuis chez eux le
    plus souvent) que « ça ne sert à rien » ?

    Maintenant qu’ils ont récupéré quelques stocks,
    miracle médical, c’est devenu utile et on nous conseille
    de les mettre. Si le ridicule ne tue pas, le virus, lui, le
    peut. Nous saurons nous souvenir de ceux qui
    s’amusent à jouer avec notre santé.

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  • Les masques tant attendus sont donc arrivés par endroit. Oui mais pas
    exactement les bons. Ce sont
    des masques chirurgicaux,
    valables uniquement si tout le
    monde en porte. Ce qui est
    loin d’être le cas.

    Pas un hasard si ceux
    prévus dans les textes étaient
    des FFP2.

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  • Alors qu’il manque de tout
    dans les structures médicales,
    des directions d’entreprise
    stockent discrètement des
    masques chirurgicaux en
    prévision de la reprise
    normale de leur activité. On a
    ainsi appris que La Poste
    disposait au début de
    l’épidémie de 24 millions de
    masques, la région SNCF Grand Est de 130 000 et ce
    sont 600 000 masques par semaine que PSA
    monopoliserait pour relancer sa production de
    voitures.

    Quels sont les stocks de masques ? Dans quel but
    les utiliser ? Quelles sont les activités essentielles à la
    lutte contre la pandémie et comment les réaliser dans
    les meilleures conditions de sécurité ? Ces questions
    devraient être discutées et tranchées par toute la
    société, en particulier par les travailleuses et
    travailleurs en première ligne, pas par une poignée
    d’actionnaires et de grands patrons guidés par la loi du
    profit, flanqués d’un gouvernement à leur service.

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  • Un exemple parmi quelques autres : un agent
    diagnostiqué symptomatique Covid-19 peut prendre
    du service « en priorité et rapidement » — dit-on en haut
    lieu — puisqu’il serait immunisé. Les propos sont
    burlesques et pas rassurants ! Quatorze jours
    d’isolement physique et psychologique prescrits par le
    médecin traitant ont permis au médecin du travail de
    conclure, lors d’une consultation téléphonique, à une
    parfaite guérison, simplement au son d’une voix
    essoufflée et fatiguée ! Et pourtant... il a suffi d’une
    mission partielle pour que la tension du collègue chute
    à 8 et qu’il manque de s’écrouler. La direction inquiète
    s’est précipitée... pour lui réclamer les chiffres de sa
    mission !

    Médecine « du travail » et médecine de santé ne
    semblent pas synonymes ! En tout cas, abasourdi, le
    médecin traitant a exigé de son patient d’être son
    unique interlocuteur médical !

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  • La direction prétend désinfecter les rames en
    circulation toutes les 24 heures, cabines de conduite et
    espaces voyageurs. Selon quels procédés ? Avec quels
    produits ? Moins elle en dit, mieux elle se porte. Et
    quand les syndicats demandent
    que soit apposée en cabine
    une signalétique garantissant
    au conducteur que la rame a
    été désinfectée, refus net.

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  • Nos patrons ont dû voir ces
    vidéos de délégués syndicaux
    de la RATP contrôler l’état de
    bus et de cabines RER
    garantis désinfectés et
    constater qu’ils ne le sont pas.
    Du coup, ils prennent une
    mesure énergique : celle
    d’interdire aux délégués
    syndicaux de se déplacer pour
    effectuer des contrôles, à
    moins d’en demander
    l’autorisation 48 heures à l’avance.
    On a beau ne pas être suspicieux, on se demande s’ils
    ne voudraient pas cacher quelque chose... Leur crasse
    en tout cas, ça va être dur !

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  • La SNCF met en avant qu’elle maintient largement
    (mais pas totalement !) la rémunération des cheminots
    et qu’ils pourraient bien en retour consentir à quelques
    efforts, comme le fait de céder des repos. Mais en
    sollicitant les dispositifs du chômage partiel, la
    direction s’apprête à nous payer avec l’argent public,
    celui de nos impôts, pas avec celui de ses bénéfices.
    Gouvernement et patronat s’apprêtent eux à présenter
    la note de cet argent magique aux cheminots comme à
    tous les travailleurs, en rognant sur nos droits et
    conditions de travail.

    Pas responsables de la situation, notre rémunération
    et nos repos devraient être maintenus à 100 % et payés
    par les grandes entreprises qui ont accumulé année
    après année des bénéfices records.

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  • La direction se rappelle tout à coup du mot
    « service public » pour maintenir la production coûte
    que coûte dans certains secteurs, tandis que dans
    d’autres l’activité a cessé, souvent face à nos coups de
    gueule et autres menaces de droits de retrait.

    Mais pour beaucoup d’entre nous c’est un peu des
    deux : on travaille un jour sur deux ou un jour sur trois dans
    certains postes d’aiguillages. À la conduite ça varie
    aussi, même jusqu’à un jour sur dix...

    La direction est bien la seule à avoir trouvé la
    solution pour concilier les deux consignes du
    gouvernement : « restez chez vous » et « au boulot ».
    Les « injonctions paradoxales » de ce gouvernement
    de DRH ont été bien intégrées par nos DRH...

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  • Alors que le lot de bien des cheminots est encore
    aujourd’hui d’être envoyé au charbon sans le minimum
    pour se protéger, la direction n’arrête pas de nous
    envoyer des communications pour nous dire combien
    nous serions « tous mobilisés ».

    Et c’est donc au chaud depuis chez eux qu’ils se
    mobilisent pour nous expliquer que les équipements de
    protection ne serviraient à rien.

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  • À l’Escale, des chefs ont même été jusqu’à interdire
    à certains d’entre nous d’utiliser les masques qu’on
    s’était procuré par nos propres moyens au motif que
    cela... effraierait la clientèle ! On propose à tous ces
    « responsables » prétendument bienveillants de venir
    eux-mêmes en gilet rouge rassurer la clientèle. Sans
    masque, cela va sans dire.

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  • À l’heure où nous écrivons ces lignes, la direction
    SNCF annonce sans grands détails son intention
    d’imposer cinq jours de congés au mois d’avril aux
    salariés confinés. Ça fait suite aux consignes de ne pas
    rendre leurs jours à celles et ceux d’entre nous qui
    avaient posé des congés avant le début du
    confinement. Hors de question que ça soit nous qui
    payons la crise alors que des milliards d’euros sont
    débloqués pour voler au secours du patronat. On ne
    payera ni de notre poche, ni de notre temps !

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  • À la traction, dès le début du confinement, la
    hiérarchie a emboîté le pas du gouvernement. Un
    dirigeant allant même jusqu’à nous expliquer la non
    utilité des masques, des gants, bref de tous les moyens
    de protection, pour finalement arriver à la même
    conclusion que les ministres : on n’a rien en stock, on ne
    peut pas vous en donner.

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  • Du coup, en l’absence de protections, nous sommes
    plusieurs à avoir refusé, non pas d’être des « héros de
    la Nation », mais des transporteurs de virus. On a aussi
    pu vérifier durant ces heures de confrontation avec nos
    dirigeants qu’ils ne jouent pas les apprentis sorciers
    uniquement en matière de ferroviaire... mais aussi en
    matière de santé publique !

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  • Malgré les promesses de la direction au début du
    confinement, dans les faits, tous les travaux de nuit sur
    les voies ne sont pas reportés. Ça fait prendre des
    risques inutiles aux collègues envoyés sur ces
    chantiers et, dans les postes d’aiguillage, où les
    effectifs ont été réduits, ça nous fait passer des nuits
    d’enfer pour assurer les protections.

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  • Depuis le début du confinement, de nombreux
    collègues sont en télétravail tout en gardant leurs
    enfants pour ne pas perdre de salaire. Télétravail ne
    veut surtout pas dire baisse de productivité pour les
    différentes directions. Le nombre de mails à traiter ne
    baisse pas et les réunions, discussions téléphoniques
    d’hier se font aujourd’hui en visioconférence.

    Bien difficile donc d’être présent pour ses enfants
    tout en télé-travaillant : c’est la double journée en
    même temps ! Il faut que nous ayons la possibilité
    d’être en congés garde d’enfants tout en ne subissant
    aucune baisse de rémunération.

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  • La prime d’intéressement va baisser pour tout le
    monde, 150 € de moins par rapport à l’année dernière.
    Et elle sera versée en juin et non pas en mai comme
    prévu. Explication : elle n’est calculée que sur les 11
    premiers mois de l’année, les résultats de décembre
    étant trop mauvais en raison de la grève. Ce serait
    donc la faute aux grévistes qui ont eu le culot de
    mettre en péril les résultats de la SNCF pour défendre
    leurs retraites... Heureusement cela ne restera pas
    impuni, vu que la prime est versée au prorata des jours
    travaillés !

    La direction n’en rate pas une pour gratter quelques
    euros ici ou là, c’est d’ailleurs un des secrets de leurs
    « bons résultats ». Alors, devrions-nous nous
    « intéresser » à notre propre exploitation ? Pas
    question d’accepter l’arbitraire et la carotte, on veut
    des augmentations de salaire !

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